SCARABÉE
Le scarabée était en Égypte le symbole de la création par un seul , povoyevèg , de la génération , de la paternité , du monde et de l’homme (Horap. I. 10).
« Le scarabée , ajoute Ilorapollon , représente la « procréation par un seul, parce que cet insecte n a * pas de femelle ; quand le mâle veut engendrer, il « forme, avec de la bouse de bœuf, une boule à l’i- « mage du monde , qu’il roule avec ses pattes de « derrière d’orient en occident, en fixant l’orient; il e enfouit cette boule dans la terre pendant vingt- « huit jours, et le vingt-neuvième il la jette dans € l’eau. »
Le nom hébreu du scarabée est bïbï tsltsl , que Gesenius traduit par grillon ( hesliola stridens, grillus).
Lorsque cet insecte veut engendrer, il marche en reculant vers la région des ténèbres, l’occident; et le nom hébreu du scarabée se forme de bï tsl , 1 ’ ombre , les ténèbres , bb tsll , obscurcir, obombrer.
Il roule dans ses pattes postérieures la boule à
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l’image du monde , et le même mot bb^ tsll signifie rouler en dessous (Gesenius).
Il enfouit cette boule dans la terre , et plus tard la jette dans l’eau ; le même mot bb'S tsll signifie couvrir et submerger (Rosenmüller, Vocab.), d’où se forme nblï tsule , V abîme des mers (Gesenius).
Ce symbole présente le drame de l’initiation ; la boule de fumier dans laquelle doit éclore le nouveau scarabée est l’image de notre corps de pourriture; enfoui dans la terre , il meurt , et renaît à une vie nouvelle en étant fécondé par les eaux baptismales. L’initiation figurait la mort et une nouvelle naissance. (Couleurs symboliques, p. 168 et suiv.)
Le scarabée était le symbole du monde et de ïhomme, parce que, dans la doctrine des mystères, l’homme était le petit monde, et le monde était le grand homme (Coul. symb. p. 184). Dans la Grammaire égyptienne , le scarabée désigne le monde terrestre (Champ. Gramm. égypt. p. 337); et sur les caisses de momies, le grand scarabée aux ailes éployées, qui roule dans ses pattes la boule du monde , représente sans doute la mort et la nouvelle naissance du néophyte céleste.
L’homme est povoyevèî, c’est-à-dire régénéré par Dieu seul ; ce Dieu qui embrase le cœur et illumine l’esprit avait pour symbole le soleil; et Clément
d’Alexandrie nous apprend (Stromat. Y), ainsi qu’Horapollon (1. 10), que le scarabée figurait le soleil ; c’est ce que prouvent les monuments : le dieu Thra , une des formes de Phré (le soleil) , porte un scarabée çn place de tête.
Les pères de l’Église adoptaient ces symboles de l’Égypte, conservés par les gnostiques, lorsqu’ils nommaient Jésus le pvsyevèç, et le bon scarabée. Saint Ambroise semble traduire Ilorapollon lorsqu’il dit : Et bonus scarabæus , qui lutum corporis nostri ante informe ac pigrum virtutum versabat vestigiis : bonus scarabæus, qui de slercore erigit pauperem. (S. Ambros. in Luc. X, n° 113. Cfr. Leemans, Adnot, ad Horap.