L'AME HUMAINE
Quel blasphème a souillé ma bouche ? Qu'ai-je dit? Parce que la Nature, en de calmes retraites, Pensive et loin de nous poursuit ses fins secrètes, L'effort libre m'est-il à jamais interdit?
Ne fais-je qu'obéir à cette reine altière Alors qu'en frémissant je triomphe de moi? Suis-je étreint par la loi, l'impitoyable loi, Comme ce monde aveugle et morne, la matière?
Ah ! que des millions de prêtres à genoux Adorent, s'il leur plaît, la déesse aux longs voiles Dont l'invisible sein épanche un lait d'étoiles... Une libre puissance est apparue en nous.
Je ne renonce pas à ma noblesse humaine.
Si la Nature veut m'asservir à ses lois,
Ame fière, j'aurai ma révolte parfois,
El je crierai vers Dieu, si c'est Dieu qui nous mène !
Penché sur le cruel mystère d'où je sors, J'ignore si jamais j'en pourrai rien connaître ; Mais le cri du devoir retentit dans mon être, Et je n'ai jamais pu douter de mon remords.
Qu'est-ce donc que Ion àme? Ah I réponds, si tu l'oses. Ton patient travail dès l'aurore des choses, Obscur enchaînement d'efforts désespérés.
D'héroïques métamorphoses, La fit-il consciente et libre par degrés?
A-t-elle, quand le Verbe illumina l'abîme, Jailli de Dieu comme un éclair, Pour planer dans le vierge éther
Doù Ta précipitée un mystérieux crime, Et remontera-t-elle, un jour.
Aux régions de gloire où respire l'Amour?
La Nature, en ses jeux sublimes, forme-t-elle Une âme humaine, une âme éprise d'idéal.
Merveille fragile et mortelle.
Mais qui peut s'arracher aux étreintes du mal?
Tu le vois, aucun fil conducteur ne te guide Dans l'affreux labyrinthe où pleure ta raison. Parfois, pour assombrir encore ta prison. Brille et s'évanouit un mirage splendide. Puisque tu ne sais pas, de quel droit parles-tu? Le silence est une vertu...
0 songes de Platon, magnifiques idées
Dont mes nuits sans sommeil furent trop possédées !
0 voyages miraculeux De l'âme subissant d'innombrables naissances, Vagues élans d'amour, troubles réminiscences
De jours éternellement bleus I 0 le profond bonheur, quand les yeux de l'amie.
Éveillant mon âme endormie.
Firent chanter en moi les souvenirs du ciel !
Sous son regard tendre et cruel Mes ailes d'autrefois recommençaient d'éclore. Ses lèvres m'enseignaient le chemin de l'aurore,
Tandis qu'aux rayons de ses yeux Vous grandissiez en moi, plumes d'or et de flammes, Par qui s'élèvent les âmes