‹ Les symphonies de l'hiverChapitre 13 sur 35 · I.A SYMPHONIE · texte numérisé non relu

I.A SYMPHONIE

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belle veuve, au coin du feu. Ainsi, sans se connaître (ils ne s’étaient même jamais vus), ces deux couples choisirent pour se marier, le même autel, la même heure, et le même jour.

Mais voyez la chose étrange et l’accident ! Ce même jour on eut dit que tous les célibataires de la paroisse, les vieux et les jeunes, les fous et les sages, s’étaient donné rendezvous à la bénédiction nuptiale. Je ne sais combien de couples, d’Ages, de nations et de peaux différentes, se présentèrent à l’église d’Adayes, pour être mariés par le digne Balthazar Polo; on appelle encore cette année extraordinaire, dans la paroisse d’Adayes : l'an des noces !

Toute chose ainsi disposée et convenablement arrangée, il y eut encore un obstacle, à savoir : la pudeur de mademoiselle Armande, et la honte de madame de Labédoyère. Armandc avait peur d’être vue et de rougir; madame de Labédoyère avait peur d’être en spectacle... et de ne pas rougir. — Sais-tu, Richard, disait Armande à son amant, que le père Polo a promis de faire des mariages demain, à midi, et après-demain, à quatre heures du matin? Quel malheur d’être mariés, devant tant de monde, et quand tout le inonde vous regarde ! Mais, au fait , mou Richard, si nous nous marions après-demain, mais de très- bonne heure, ni vus ni connus, comme on dit que se marient les gens à la mode, qui le saura, qui nous verra? Marions-nous, veux-tu, après-demain, à quatre heures du matin, veux-tu, mon Richard ?

A ces câliueries innocentes, le jeune homme ne pouvait qu'obéir. Klle était si jolie, et la raison était si belle, en cette

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