I.A SYMPHONIE
Par la Hnimwesca, nous étions revenus à ce bal célèbre qu! dure encore, après trois cents années; mats aussi l’orchestre, en ce moment, se complétait d’un second orchestre ( eh, que voulez-vous que fasse une humble plume exposée à deux orchestres?). Ici la plainte amoureuse, et plus loin le chant du bal. Donc, chante allegro! Donne ta joie! Et toi, humble adagio, donne ta douleur, que tout se mêle aux douleurs du poème de Shakspeare...
Écoutez cependant , et suivez la symphonie ! Elle vous raconte en quelques notes d’adieu, que maintenant la fête disparaît et s’efface, comme fait le rayon du soleil dans le nuage. En ce moment le vaste palais où la ronde entraînait tous les corps, avec ces Ames de vingt ans, il fait silence ; il est désert; les lumières sont éteintes; les danseuses se sont envolées. Il n’y a plus, dans ces murs, que la nuit, le silence et l’ombre où s’agitent les chastes murmures d’un beau soir d’Italie. Ainsi chante, en pleurant, V adagio, de sa voix la plus touchante.
Et, là-bas, sur la placé et dans la ruelle, au détour de la rue, on peut entendre encore la voix babillarde des moins amoureux ou des plus jeunes, qui fredonnent, en toute hâte, les derniers chants du bal. C’est bien la jeunesse frivole, oublieuse même de l’amour. Cependant plus ces voix insouciantes s’éloignent, et plus V adagio se lamente. Il pleure ainsi, jusqu’à ce que tout se taise, enfin, là- bas, comme ici. Vraiment le chant cesse et s’éteint; il fait nuit, tout à fait , dans la maison des Capulets. Nos deux amants eux-mêmes ils s’endorment. O plume impuissante à raconter ce doux sommeil , et ce songe enchanté !
AU VIECX DANTE.
HT
Alors paraît et se montre, en son fantastique appareil, la reine Mab. Pendant que se reposent , une heure , les passions de la terre , le drame peut bien faire halte quelque part, c’est un droit que n’a pas la symphonie; une fois lancée, il faut qu'elle aille toujours. La symphonie, elle est le rêve éveillé; elle est à la fois songe et mensonge, esprit, vérité, charme et désespoir! Elle se passe, et trèsbien , des vers du poète et des costumes du chanteur ; le monde est son théâtre; un jardin, une mansarde, un petit salon, un bosquet en plein veut, et quelques musiciens de bonne volonté , la symphonie est contente ; elle n’en veut pas davantage , et tant pis pour qui résiste à ses passions, à ses douleurs.
Mais quoi, n’écrit pas qui veut l’écrire, une symphonie ! Il ne suffit pas de dire : à coup sûr, je ne suis pas Beethoven ! Je le sais bien, mais je serais content , si seulement j’écrivais une chanson , adoptée aussitôt par les orgues de Barbarie; un joyeux air à boire , une valse , un galop, une mazurka! Moius encore? une humble sonate, pour le clavecin de celte petite blonde aux yeux noirs, qui de ses pieds d’enfant, et de sa main formée à peine, se débat, et se dépite, en ce moment, contre une sonate de Clementi?
Ma foi je l’essaie ! Et puisque la symphonie est en l’air au plus haut des cieux, je vais écrire une complainte!... On ne sera jamais Beethoven, on sera, peut-être, Adolphe Adam !
AU MARIAGE
Ma chanson est intitulée : Un Mariage écrit dans le ciel ! C’est peut-être un titre assez mal trouvé, pour une vulgaire chanson, mais enfin celui-là qui voudrait, d’un seul coup d’archet, briser la sagesse des nations, tenterait un crime inutile, absurde, odieux !
11 est écrit, depuis longtemps, que les mariages sont écrits dam le ciel, et à Dieu ne plaise que j’essaie une variation à ce doux proverbe. Il est vrai d’ajouter qu’en fait de mariage, il faut compter, au préalable, avec le notaire, avec le beau-père,- avec le prêtre, enfin. J’ai entendu dire autrefois que le hasard était un grand marieur de filles, mais le hasard se fait vieux; il a joué sa dernière partie, et conclu, depuis longtemps, son dernier mariage. On l’appelle encore un dieu, par habitude, et comme on dit : « Votre Majesté! » par politesse, à ces gens qui ont été rois et reines, un jour, et quelque part. Mais croyez-moi, ne vous fiez pas au dieu Hasard , il est trop capricieux, trop fantasque, et trop peu
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