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LES FEUILLES MORTES

Chaque arbre a perdu sa couronne, Et le rameau, chauve et tremblant.

SYMPHONIE DES MORTS

Aux coups d'un vent aigu, frissonne Sous ses longs flls de givre blanc.

Hais la feuille, encore amassée En tapis, au bord du chemin, Offre à ta rêveuse pensée Un doux sentier jusqu'à demain.

Là, tu peux, d'un pas qu'elle allège.

Suivre encor tes lieux favoris.

Avant que la fange ou la neige Du passé couvre les débris.

Viens saisir à leur jour propice.

Par la brnme à demi voilés.

Les murs que le lierre tapisse Et les vieux donjons écroulés.

Quand l'essaim des feuilles jaunies Tourbillonne encor sur les bois.

C'est une heure où les agonies Ont encor quelques douces voix.

Avant de plus mcn'nes bruines Tiens donc, sans attendre le soir.

Si tu veux revoir tes ruines Sans Uasph^e et sans désespoir.

Oui, je veux les revoir avant dos jours plus sombres, Avant que bous mes pas le sol en soit glacé; Des choses que j'aimais j'aime encor les décombres, Et, dès loDgIemps, mon cœur habite le passé.

J'attache h ses débris mon regard qui s'épure; J'y vois fleurir encor mes printemps révolus, Et, dans tes mille voix, je démêle, à Nature, Et j'écoute parier les temps qui ne sont plus.

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