VOIX DES RUINES
Il s'est écroulé sur sa base aaUque Le toit des aïeux, le toit rude et fier Oii l'hoaneur venait, d'une main rustique.
Pendre et k faucillç et l'épieu de fer.
11 s'est écroulé sous des bras serriles t Et, du vieux granit pris à ta maison, D'obscurs étrangers pour des œuvres viles Out.bâti des murs sans Forme et sans nom.
Et toi, tu t'en vas sur la roule adverse, Vivant sous la tente, éphémère abri,
SYMPHONIE DES MORTS
Que cliaqae saison déplace ou renTorse, Hais toujours plus loin du manoir chéri.
Perdant, chaque jour, avec le courage Un trésor du cœur, un legs des tombeaux.
Tu vais, sur les pas, l^ir, i chaque orage.
Quelque souvenir qu'on met en lambeaux.
Si la ronce, au moins, les fleurs des ruines, La nabire, oniant ce que l'homme abat.
Tenaient s'emparer des châres collines Où germa ton sang, un jour de combati
Hais du fier donjon il subsiste encore Lâchement, hélas, du temps épargné, Cn éla|e, au moins, que Ion nom décore, Un cintre ofi frémit ton chiffre indigné.
là, peutr^tre, au coin de la cheminée Où l'aïeul sacré dictait ses leçons, Quelque Bis d'esclave à bouche avinée Souille tes vieux murs avec ses chansons.
Un juif, étalé sous ton blason morne, A dressé l'échoppe en ta vieille tour ; Et sur le créneau, qui devient la borne, S'assied le tribun du vil carrerour.
Fuis donc, el bien laini toi qui tiens au culte Des grands souvenirs et du toit natal ; Va cacher ton nom sensible à l'insulte, Et soustrais ton cœur au siècle brutal.
Puis les temps nouveaux; ce sol te repoussel Il faudra mourir loin, sous d'autres cieui; Toi qui trouverais la tombe si douce Auprès de ta mère et de tes aïeux.
Tu connus, an moins, les pleurs et la joie Devant ce manoir, même abandonné; Tes enfants, jetés dans une autre voie.
Iront sans savoir où leur père est né.
Malheur h ton fils s'il a l'âme fiëre, S'il a gardé pur le sang dont il sorti Sa maison n'a plus nne seule pierre Pour marquer la fosse oJl sa mère dort.
Après son exil, au moins, l'hirondelle Revient, sous le chaume, à son même nid ; Toi, tu partiras, moins heureuse qu'elle.
Pour ne plus revoir ta tour de granit.
Nul homme, aujourd'hui, ne sème et nâ cueille Comme ses aïeux au même sillon;
SYMPHOMIE DES MORTS.
Le chêne esl mobile autant que la feuille; Tout roule entraîné dans le tourbillon.
Viensl sous l'arceau qui reste à la vieille chapelle, Sous cet abri qui tombe ainsi que les grands bois: Viens, dans l'ombre où l'esprit des aïeux te rappelle, Prie et pleure encore une fois.
Tu vas voir des autels se disperser la pierre;
Ton Dieu n'a plus d'asile et fuit l'homme vainqueur;
Si tu connais encor la soif de la prière
Ëroporie ton Dieu dans ton rœurt
Ce chef-d'œuvre béni de l'artiste et du prêtre Avec Tantique foi, demain, va s'écrouler.
Pleure et frappe ton fronti car tes mains ont, peut-être. Aidé ce siècle à l'ébranler.
Mais puisque la douleur à nos pieds te ramène. Défends nos saints débris contre un passant moqueur ; Et, pour garder une Ame à cette chair humaine, Emporie ton Dieu dans ton cœur!