LIVRE TROISIÈME
Mon nom esL allégresse, heureux qui le prononce t Venez dans mes jardins où l'on est transformé ; J'écarterai de voas les cailloux et la ronce.
Cueillez votre bonheur où Dieu vous l'a semé.
Pour entrer dans la gloire, où je veux vous conduire,
C'est peu d'avoir souffert, si l'on n'a pas aimé,
Si l'on n'a pas compris le ciel dans un sourire ;
Si des yeui, précurseurs du soleil idéal,
Pour vous montrer le but, n'ont commencé de luire.
Souri^ donc, et rougis sur le rosier natal, Comme une aube éveillant l'espérance immortelle , Donne, ô mystique fleur, donne l'oubli du mal
301 IDYLLES HÉBOIQCES.
A l'ami douloureux qui prie et qui t'appelle. L'amour de Béalrix , le tien, majeunosœur.
Exhale, en ses parfums, l'esprit qui renouvelle.
Laisse k ton bien-aimé respirer tout ton cœur.
Ordonnez, mon Dieu, je suis prête Au plaisir comme à la douleur ; Ordonnez, et ma main discrète Cueillera la ronce ou ta Qeur.
Mais, par cette croix que J'embrasse, Cette croix, mon souverain bien, Laissez, comme un don de la grice.
Laissez-moi ce chaste lien I
Vous pouvez donner ou reprendre , Mon Dieul mais, au mo^ps pour un jour, Pennetlez cette amitié tendre A mon cœur plein de votro amour.
Failes, sur la route éclaircie Od va cet homme triste et doux, Que son cœur au mien s'associe Pour des œuvres dignes de vous.
î.GoogIc
ROSA MYSTICA
Il est d'heureux devoirs, s'il en est de sévères. Nul, sans qu'une fleur brille au bord de son chemin, N'a marché vers le ciel même sur nos calvaires.
La terre a son Ëden peroiis au cœur humain , Oîi chaque brise apporte S l'âme une caresse ; Moi, qui t'ai traversé, je vous y tends (a main.
Donnez une heure encore à sa féconde ivresse. La douleur, devant Dieu , n'a toute sa beauté Que dans l'homme, investi de force et de tendresse,
Qui connaît le plaiùr et qui l'a nijeté.
Vous, donc, que Dieu destine à «on amer calice.
Allez, dans mes jardins, sourire en liberté,
Allei parer vos cœurs avant le sacrifice.
Goûtez h tous mes fruits I des plaines aux vallons, Glanez sur les hauts Hem, à tous mes échelons, A travers l'ombre, ou dans les flammes.
En marchant vers demain, jouissez d'aujourd'hui !
Premier degré du ciel, la terre a, comme lui, Des lieux de repoB pour les âmes.
Dieu De m'a pas donué ces fruits d'or, ces prés verts. Pour D'être pas cueillis, pour demeurer déserts'
A mes jardins il faut des hâtes.
Épuisez-moi , d'abord , de mes dons les meilleurs ; Puis, s'il est une voix qui vous invite ailleurs.
Partez pour des sphères plus hautes.