‹ Les symphonies: idylles héroïquesChapitre 9 sur 61 · LE PO^TE · texte numérisé non relu

LE PO^TE

La nature se plaint : sa voix, terrible ou tendre.

Parle d'une souffrance à qui sait bien l'entendre.

Tout menace ou gémit. De la source au torrent.

Le flot, qui va gronder, s'écoule en murmurant.

Comme un soupir san^ un qui remplit tout l'espace,

Dans les sapins tremblants le vent passe et repasse ;

Et, même aux plus beaux jours, la voix qui sort des Diers :

Atteste un mal obscur dans leurs gouffires amers. |

Ici , dans cette paix des douces bergeries,

Ëcoute ces taureaux et ces brebis chéries,

ToD chien, les blonds ramiers posés sur ces vieux ih,

Et tes agneaux bêlants... Tous ces bniits sont plaintif.

LE PATHE

J'entends, je vois partout s'appeler, se poursuivre, - Les animaux joyeux du seul bonheur de vivre. Tons semblent à les yeux ou tristes ou méchants. Jeune homme ans blanches mains, qui crois aimer les ciuiiaf'- . Quel noir démon t'invite ii ces peosers moroses , |

Enfant ? Et tu n'as vu que la saison des roses I 1

La neige des hivers où nous marchoDS pieds nus. Nos soucis, nos travaux, te sont tous i(

D,gniodD,CoOgIe

SYMPHONIE DU TORRENT

Toi , tu ne connais pas la volupté des larmes 1

Ces pleurs de la nature en sont pour moi les charmes ;

Vous l'aimez pour les fruits que vous lui dérobez,

Avides laboureurs sur la moisson courbés t

Moi, conduit aux déserta par la haine du monde.

J'y goûte leur douleur en sagesse féconde.

J'aime le champ natal et non pas les déserts.

J'ai là, dans ce vallon, j'ai des trésors bien chers :

Hes souvenirs d'en&nt et le toit de mes pères,

Mon vieux clocher, ma vigne et mes vergers piospères.

J'habite en paix leur ombre, et jamais je n'appris

Des hommes nos pareils la haine et le mépris.

Ami de ces forêts, frère des vieux érables,

J'aime nos bois sacrés bien moins que mes semblables,

Et quoique sur ces monts, tout l'été, sans ennuis,

le sache vivre seul bien des jouirs, bien des nuits.

C'est un bonheur plus grand, dès qu'arrive l'automne,

De rentrer dans le bourg que le pampre festonne.

Là, par mes compagnons , dans leur franche galté.

Du pâtre et du troupeau le retour est Tété ;

La table fume, et l'âtre est tout rouge de braise.

Et, le verre •■ la main, tous les soirs, à notre aise.

lOe LES SYMPHONIES.

Nous chantons; le vin vieux, à déraut de soleil, pendant les noirs hivers tient les-cœurs en éveil. Ainsi chaque saison, qu'un Dieu bon nous ramène, Nous apporte un plaisir aussi bien qu'une peine.

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