‹ Les symphonies. Idylles héroïquesChapitre 73 sur 143 · LUS AIGLES · texte numérisé non relu

LUS AIGLES

Nous montons si haut dans l'espace, Nous planons dans un ciel si pur, Que la terre à nos pieds s'efface Comme un rocher noir dans l'azur.

Dans la sphère où le jour s'allume, Nous allons baigner notre plume ; La lumière est notre élément; En vain l'aurore en feu ruisselle, Nous n'avons jamais devant elle Baissé nos yeux de diamant.

Eh bien, nous te cédons l'empire!

Nous n'avons pu suivre ton cœur, Ni respirer l'air qu'il respire Dans son vol sublime et vainqueur.

Hier, nous, les porteurs de la foudre, T'avons vu là-bas dans la poudre, Sous les barreaux d'une prison, Homme! Et voilà "que ta pensée, Malgré les fers, s'est élancée Et nous dépasse à l'horizon.

Va donc, plus libre et plus rapide Que l'oiseau roi sur les sommets, Jusqu'au monde où l'esprit te guide Nos ailes n'atteindront jamais;

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