Courx, Les cris dans l’hérédo-syphilis, Archives de méde
cine des enfants, janvier 1908.
— Jr persistants les rapporte à des douleurs osseuses compa: rables aux douleurs ostéocopes de l'adulte.
L'’analogie est, en effet, assez marquée. La syphilis a une prédilection spéciale pour le système osseux, les pseudo-paralysies de Parrot ne sont pas rares, de même que la déformation des tibias en lame de sabre et les diverses exostoses; le tissu osseux de l’enfant est, de plus, particulièrement apte à subir l'influence de toutes les infections. L’adulte éprouve souvent dans les os et plus fréquemment dans les tibias des douleurs pongitives et profondes, plus marquées la nuit. Ne peutil en être de mème chez le nouveau-né, puisque nous avons vu que les cris de l'enfant sont continus, mais deviennent plus vifs par intervalles et ont une exacerbation nocturne évidente. ne
Quelques indices permettent-ils de localiser ces douleurs dans les membres inférieurs ? Il semble que oui, si l’on considère que dans certains cas l’enfant crie plus quand on le prend dans les bras que quand on le laisse dans son berceau. Le mouvement même du berceau est une cause de douleurs, et quand on berce l'enfant, ses cris redoublent au lieu de se calmer.
Il est d’ailleurs possible, comme le fait remarquer Comby, de sentir un décollement épiphysaire, une pseudo-paralysie ou maladie de Parrot. s
Si donc on se trouve en présence d’un enfant dont les pleurs ont une persistance anormale et sont plus violents la nuit, si cet enfant est placé dans de bonnes conditions hygiéniques et a une alimentation bien ré-
glée, si on ne peut déceler aucun trouble dans le fonc-
tionnement des organes, auquel on puisse attribuer ces cris, on doit penser à la syphilis.
IL faut alors en rechecher méthodiquement tous les symptômes et les siigmates, scruter les antécédents maternels et même si l’examen est négatif, appliquer le traitement spécifique.
La disparition rapide des cris viendra apporter une -
confirmation éclatante au diagnostic.