HÉMOPTYSIE
Ce qui donne à ce symptôme une importance capitale dans la séméiologie de la tuberculose pulmonaire c’est son caractère dramatique qui effraie le malade et l'amène à consulter, alors que les autres symptômes concomitants par leur légèreté relative n'avaient pas jusque-là attiré son attention.
La division classique des hémoptysies suivant ‘la période de la maladie à laquelle elles se produisent était tout à fait insuffisante et ne répondait pas à leur étude clinique. M. Bezançon el ses élèves(deJong, Weil) ont modifié ces notions et, se basant sur le caractère évolutif de la tuberculose, ont décrit diverses variétés
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d'hémoptysies appartenant à la première période de la maladie.
C’est tout d’abord l'hémoptysie venant révéler l’existence d'une tuberculose jusque-là latente et qui redevient ensuite latente.
C'est ensuite l’hémoptysie de la tuberculose abortive qui correspond, comme la précédente, à une hémoptysie d'alarme, et s'accompagne d’une symptomatologie pulmonaire, c’est-à-dire une hémoptysie liée à une évolution légère des lésions.
Puis vient l'hémoptysie caractérisant par sa répétition une forme spéciale de la tuberculose qu'Andral et Peter ont appelée tuberculisation à forme hémoptysique.
Enfin, l'hémoptysie des tuberculoses fibreuses, qui caractérise les formes érétiques et qu'on observe aussi bien au début de celles-ci que pendant le cours de la maladie.
Et, pour terminer, l'hémoptysie marquant le début d’une tuberculose qui va évoluer, qu'il ne faut pas confondre avec les hémoptysies dites d'alarme que l’on observe dans les formes abortives.
On voit, de par cette division même, quelle importance prend l’hémoptysie comme symptôme et comme moyen de diagnostic dans la tuberculose pulmonaire. |
Néanmoins, comme le fait remarquer M. Piéry, des cliniciens comme Laënnec, Trousseau, Andral, la regardaient comme un symptôme douteux. C'est qu'avec leurs idées sur l'évolution fatale et nécessaire du tubercute, leur méconnaissance des formes latentes et aborlives, ces auteurs ne pouvaient admettre la nature tuberculeuse de ces crachements de sang si rapidement guéris.
Hémorragies supplémentaires, congestions arthritiques, hémoptysies hystériques, traumatiques, n'étaient
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le plus souvent que des objections ingénieuses opposées au diagnostic d’hémoptysie tuberculeuse.
Cependant, il existe d’autres causes d'hémoptysie, nous ne les citerons que pour mémoire, le diagnostic étant en général faëile en raison des symptômes qui accompagnent chacune de ces affections : Rétrécissement mitral, gangrène pulmonaire, vomique, anévrysme de l'aorte, cancer du poumon.
Plus difficile est parfois le diagnostic du kyste hydatique du poumon lorsqu'il se manifeste par des symptômes d’induration pulmonaire qui peuvent prêter à confusion.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur le diagnoslic différentiel classique de l’hémoptysie; 1l conviendra d'éliminer les différentes causes d’erreurs, de ne pas prendre une hématémèse pour une hémoptysie de vérifier si le sang ne provient pas de la gorge ou du nez.
Ce point est très important, beaucoup de médecins n'y prêtent pas assez d'attention comme le fait remarquer si justement M. Sergent.
On évitera enfin la confusion avec l’hémosialémèse décrite par Josserand et Gélibert qui s’observe chez des femmes névropathes et consiste en une expuition de sang dissous dans de la salive. L’hémoptysie s’en distingue aisément par sa répétition moins fréquente et surtout moins régulière. L’hémoptysie est done presque toujours un symptôme de tuberculose pulmonaire, qu'il s’âgisse d’une forme abortive ou d'un début vrai. Elle a une grande valeur diagnostique en ce qu'elle révèle souvent une tuberculose jusque-là insoupçonnée:; de plus, rapprochée des autres symptômes, elle peut servir dans une certaine mesure à individualiser la forme clinique en présence de laquelle on se trouve, et c’est ce