LETTRE
que nous allons essayer d'établir, en donnant les divers caractères des différentes formes d’hémoptysies.
lo Hémoptysie de la tuberculose pulmonaire abortive. — La tuberculose abortive réalise à elle seule les trois premiers types cliniques d'hémoptysie que nous avons signalés.
Ces hémoptysies se montrent souvent comme le premier symptôme apparent de la tuberculose, aussi ontelles été décrites comme hémoptysies de début par les anciens auteurs. Aujourd'hui où nous connaissons
mieux la tuberculose pulmonaire latente — dont la tuberculose abortive jusqu'a l'apparition de l’hémoptysie n'est bien souvent qu’une modalité — et où nous
nous expliquons mieux la signification de ces hémoptysies, nous admettons, ainsi que le dit si justement M. Bezançon, qu'elles sont en réalité la première manifestation « à grand fracas » d’une tuberculose jusque-là latente et devenue manifeste suivant l’expression de Maragliano.
a) L'hémoptysie d'alarme, unique manifestation d'une tuberculose pulmonaire jusque-là latente et qui ue viendra ensuite latente, possède des caractères tout : fait particuliers qu’il importe de bien connaître et . permettront de la distinguer de l’hémoptysie liée à la tuberculose devant évoluer.
Cette hémoptysie d'alarme apparaît brusquement chez un sujet paraissant en parfaite santé, à la manière d'un accident mécanique qui résume à lui seul tout le processus morbide, elle ne s'accompagne pas des symptômes habituels de l’imprégnation bacillaire, l’appélit reste normal; il n’y a pas de fièvre, pas de sueurs et l’auscultation ne révèle aucun signe pulmonaire.
La brusquerie de son début est certainement un de ses caractères les plus importants.
Cette hémoptysie est en général assez abondante, elle peut réapparaître au bout de plusieurs années el s'accompagner cette fois de signes d'auscultation.
L'absence du bacille de Koch est la règle; cependant en raison même de l’abondance du sang, on ne devra pas se contenter d’un seul examen, et on devra recourir à l'homogénéisation. M. Bezançon rapporte l'observation d'un malade où l'examen microbiologique de l'hémoptysie survenue en dehors de toute poussée évolutive, était négatif mais où l’inoculation au cobaye était positive. Néanmoins ces cas sont l'exception, et l’on s'exposerail à de graves erreurs si l’on ne considérait comme tuberculeuses que les hémoptysies bacillifères ainsi que le voulait Hanot.
La cause anatomique de cette hémoptysie réside plutôt en l’ulcération d'une petite artériole qu’en un processus preumonique; ainsi que l’établissent l'absence de signes stéthoscopiques, de fièvre et l'abondance de l'hémorragie.
b) La deuxième variété est encore une hémoptysie d'alarme, elle se rapporte à une tuberculose pulmonaire du type abortif, mais cette fois, elle estaccompagnée d’une symptomatologie pulmonaire. Pour Bezançon et Israël de Joung, il s'agirait d’une poussée évolutive dont on peut retrouver facilement tous les sy mpiômes (amaigrissement, fièvre, sueurs, etc.).
Ce sont des malades qui semblent encore en pleine santé, qui travaillent et qui sont pris brusquement d'une hémoptysie, mais ils sont fatigués, anorexiques, amaigris. Tous ces pelits signes ne sont rappelés d'ailleurs qu'après l'accident hémoptoïque et ne les avaient pas amenés à consulter le médecin.
L'hémoptysie elle-même est constituée par des erachats d’un rouge rutilant, bien spumeux, qui durent de deux à huit jours. Mais leur abondance est ici bien