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à provoquer ensuite un dépôt qui, par centrifugations successives, rassemble sous un petit volume les bacilles ui étaient disséminés dans la masse visqueuse, bacilles qu'il est alors facile de colorer.
La recherche microscopique du bacille de Koch comporte une cause d'erreur qui est loin d’être toujours négligeable : c'est la possibilité d’une confusion avec des bacilles saprophytes qui le simulent parce qu'ils possèdent comme lui, et comme le bacille de la lèpre la propriété d’être acido résistants.
Ces bacilles acidophiles sont assez répandus, on les rencontre chez l’homme sur le tégument et les muqueuses superficielles, le plus connu est le bacille du smegma que l'urine renferme souvent; on l'a trouvé dans le tube digestif et Lichtenstein l'a vu dans les crachats; le bacille de la phléole, le bacille de la timothée et du gazon de Moeller, celui du beurre de Petri- Robinowitch; mais ces derniers n'apparaissent que très rarement dans les crachats humains. Les bacilles saprophytes résistent moins que le bacille tuberculeux à la décoloralion par les acides. [ls ont un aspect en général plus homogène et sont moins souvent moniliformes,d’ailleurs 1ls ne sont pas virulents pour les animaux de laboratoire, et au cas de doute,on pourrait recourir à l’inoculation des crachals à ces animaux. j
M. le professeur Roger a signalé en 1909, que des champignons du genre oospora déterminent des lésions pulmonaires cliniquement analogues à la tuberculose. Bien des savants pensent que le prétendu bacille de Koch n’est qu'un oospora et devrait être rangé parmi les champignons, car un grand nombre d'oospora jouissent de la propriété d’être acido-résistants et ont les mêmes caractères morphologiques que le bacille de Koch. Les arguments en faveur de cette assimilation
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sont assez nombreux, mais ils ne suffisent pas à entrainer la conviction. Ils méritent du moins de fixer l'attention des biologistes.
Une autre cause d'erreur, signalée par Hugenschmidt (Annales de L'Institut Pasteur 1896, n° 10) vient de ce que la salive de l'homme normal contient également le bacille de Koch qui se loge aisément et se cultive dans les cavités des dents cariées et dans les cryples amygdaliennes. . | |
Il peut arriver que les crachats ne soient pas expec-
Lorés au moment même où ils ont franchi l'isthme pharyngé et qu’ils séjournent dans la bouche des malades en se laissant malasser avant d’être expulsés. Il en résulte que l'expectoration représente un mélange de sécrétions bronchiques et salivaires.
Granulations de Müch. — I semble qu'il puisse exister dans l’expectoration des tuberculeux des formes de bacilles de Koch granuleuses non colorables par le Ziehl, mais décelables par le*Gram. C'est ce que tendent à montrer les travaux de Müch, Liebermeister et Rosenblet.
M. Rœpke (1) a contaté l’existence de ces granulations dans 12 p. 100 des crachats qui ne contenaient pas de bacille de Koch ; elles précédéraient donc l'apparition de ce dernier et possèderaient une grande valeur. Il faut cependant éviter de les confondre avec des . poussières inertes; la plupart du temps, les granulations sont rangées en file el conservent encore la forme du bacille.
Inoculation. — L'inoculation au cobaye est assurément la meilleure méthode pour mettre en évidence le bacille de Koch (Auclair). On sait que cette inoculation
(4) Deurscn. Méd. Woch, 12-19 octobre 1911.
est positive alors que l'examen des crachats ne révèle pas de bacille; c’est dire toute sa valeur. Mais l'emploi de procédés classiques comporte de très longs délais : ce n’est qu'après la quatrième semaine que l'on peut sacrifier l'animal inoculé. Ainsi y a-t-il avantage à employer une méthode d'inoculation qui, tout en fournissant des résultats très précoces, permettrait plus tard de vérifier le diagnostic par la constatation des lésions classiques de la tuberculose généralisée. L’inoculation de la mamelle du cobaye en lactation nous paraît répondre à ces desidérata.
Cette méthode, proposée par M. Nattan-Larrier, permet, par la recherche quotidienne des bacilles dans le lait, de se faire une opinion avant le huitième jour qui suit l'inoculation. En effet au bout de trois ou quatre jours la glande devient volumineuse; les ganglions inguinaux se tuméfient, et la mamelle ne tarde pas à s’ulcérer, puis la tuberculose se généralise.
L'inoculation doit se faire dans la glande d’une femelle en. pleine lactation, moins de vingt-cinq jours après qu'elle ait mis bas.
On recueille le lait par pression énergique les jours suivants; au cinquième, on voit déjà quelques bacilles englobés par des macrophages ou isolés dans l'intervalle des leucocytes, mais quelques jours plus tard, vers le huitième les bacilles se sont multiphiés et leur recherche est plus aisée. |
Cette inoculation ne comporte aucune cause d'erreur : la glande du cobaye ne renferme à l’état normal aucun bacille acido-résistant, et elle ne paraît pas fournir un milieu bien favorable au développement de ceux que l'inoculation pourrait y introduire.
Le procédé de Bloch consiste à malaxer les ganglions lymphatiques du cobaye, correspondant à la région
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inoculée, à extirper ces ganglions au bout de quelques jours et à les faire macérer dans l’antiformine pour homogénéisation. On lave, on centrifuge la pulpe ainsi obtenue et on recherche les bacilles dans le culot. Par ce procédé, on peut savoir au bout de dix jours si les crachats contenaient des bacilles. On peut aussi faire des coupes de ces ganglions et les colorer au Ziehl (Weber, Débré). F ;
Culture du bacille de Koch. — On a recommandé de nombreux milieux de culture, en particulier ceux de Hesse (glycérine agar et albumine de Heyden), de Bezançon et Griffon (sang gélosé), de Thomasczenski (pomme de terre à la gélose). En réalité ces procédés ne donnent pas de bons résultats et ils nécessitent une technique fort délicate.
Valeno a signalé en 1908 une méthode assez ingénieuse qui consiste à cultiver le bacille par simple séjour du crachat suspect à l'étuve à 37° pendant 48 à 72 heures, les autres microbes de l’expectoration n'empêchant en rien le développement et la recherche du bacille de Koch.
Examen cytologique. — Cette étude ne peut guère servir comme moyen de diagnostic; son principal intérêt réside dans les résultats différents qu'elle fournit suivant les formes évolutives.
La plupart des auteurs ont signalé dans les crachats des tuberculeux des fibres élastiques, des leucocytes, des cellules éosinophiles qui, pour beaucoup, se rencontreraient dans les crachats muco-purulents, et surtout dans les formes hémoptoïques ; celte éosinophilie étant la plupart du temps inversement proportionnelle à la quantité des bacilles.
En réalité ces recherches portent davantage sur la tuberculose confirmée que sur le début où comme le
fait remarquer M. Bezançon les malades crachent peu. [l n'est pas rare néanmoins d'y rencontrer des polynucléaires en pycnose et des cellules endothéliales macrophagiques, dont les caractères ne sauraient être considérés comme spécifiques, mais témoignent cependant d'un début de ramollissement. |
Examen chimique. — On a signalé l'abondance des chlorures dans l’expectoration des tuberculeux, en réalité cette voie d'élimination n'existe que quand il y a rétention chlorurée. Mascoti a montré que les tuberculeux excrètent dans les crachats ‘plus de glycogène que les individus atteints de simples lésions bronchiques. nes Labbé et Vitry étudiant les échanges azotés chez les tuberculeux ont constaté qu'ils perdaient une quantité d’azote appréciable par leurs crachats.
Enfin Lesieur a confirmé pour l’urée les résultats de M. Bezançon pour les chlorures, c’est-à-dire le parallélisme des varialions dans les urines, les crachats, et le sérum sanguin. |
M. Servonat a trouvé que les tuberculeux au début éhminaient une certaine quantité de chaux par leurs crachats; cette quantité est d’ailleurs bien minime, variant de 14 à 30 p. 100.
Albumino-réaction. — La présence de l’albumine chimiquement décelable dans les crachats des tuberculeux est connue depuis longtemps. Biermer avait signalé ce fait, mais il prétendait Que l’albumine se rencontrail dans tous les crachats. MM. Roger et Lévy Valensi frappés de ce que les crachats tuberculeux renferment toujours de l’albumine, et que les crachats des bronchiliques n’en renferment pas, ont basé sur ce principe un procédé de diagnostic spécial auquel ils attribuent une grande valeur.
= Quand l'examen chimique démontre l’absence d’albu-
mine, on peut réfuter le diagnostic de tuberculose.
Quand l’expectoration contient de l’'albumine, le résultat
mérite d’être discuté. La transsudation albumineuse se
produit dans la tuberculose et dans les affections aiguës
des voies respiratoires : congestions pulmonaires,
broncho-pneumonies, pneumonies. Elle fait constam-
ment défaut dans les bronchites aiguës. Dans la bron-
chite symptomatique des affections rénales, il ne s'agit pas d’une simple sécrétion de la muqueuse comme dans les bronchites ordinaires, il se fait une véritable trans-
sudation et l'expression de bronchite albumineuse se trouve ainsi justifiée. Enfin chez les cardiaques, on peut
observer tantôt de la bronchite véritable, c'est-à-dire
une sécrétion muqueuse, tantôt une transsudation
séreuse.
Cette réaction fixe la nature du processus morbide, et elle établit d'une façon certaine une distinction radicale entre les bronchites banales caractérisées par une hypersécrétion muqueuse et le processus tubercu-
leux caractérisé par une lésion plus profonde. MM. Lesieuret Privey (Paris Médical, 1911, page 504) faisant porter leurs recherches sur un grand nombre de sujets et résumant les statistiques des différents auteurs, arrivent à ces conclusions :
Dans la plupart des cas où la tuberculose était cliniquement probable et où l'albuminoréaction était positive sans bacilles dans les crachats, le diagnostic a été ultérieurement confirmé. L'albumoptysie est la règle dans la tuberculose pulmonaire, et même à la période initiale, avant l'apparition des signes pulmonaires, on la rencontre dans 75 p. 100 des cas environ.
M. Lœur (Presse Médicale, 15 juillet 1919) pense que la présence d'albumine dans les crachats est plus pré-
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coce que la présence du bacille, et qu'elle permet de dépister des tuberculoses ignorées, (si l’on tient compte des autres affections où l’on peut la constater).
En somme, le résultat négatif a une valeur absolument indiscutable, il permet de trancher le diagnostic entre la tuberculose au début et la bronchite simple : cas fréquents en clinique.
Epreuve au salicylate de soude. — Imaginée par MM. Falk et Tedesco, cette épreuve repose sur l'apparition dans les crachats des tuberculeux d’acide salicylique, après ingestion de salicylate de soude, dix ou quinze heures auparavant et de son absence dans les cas de bronchite aiguë ou chronique. |