‹ Les symptômes et le diagnostic de la tuberculose pulmonaire dans sa période de début (chez l'adulte)Chapitre 33 sur 48 · TRUE · texte numérisé non relu

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l’urée au début de la tuberculose; d’ailleurs l'étude des échanges azotés présente à cette période beaucoup moins d'interêt que l'étude des échanges minéraux. Andral, Williams et Lebert admettent que la fièvre symptômatique du début produit une diminution de l'urée.

Au contraire, Grancher et Hutinel pensent qu'au début les matières azotées peuvent être en excès. M. Lucet pense avec M. Ronsin « qu'il ne faut pas attribuer au début de la phlisie une augmentation ou une diminution absolue de l’urée » .. « l'urée subit des variations qui sont moins sous la dépendance du degré de la maladie, ajoute Audiganne,que sous celle de l’état du malade, et suivant que cet état s'améliore, reste stationnaire ou empire, l'urée augmente, reste stationnaire ou diminue ». :

Les recherches de Arloing, Dumarest et Maignon ont amené ces auteurs à conclure que lorsque la tuberculose n'est pas évolutive, l'élimination de Purée et'de l’azote tolal.est généralement au- “dessus de la moyenne.

Urates. — L'Urine des tuberculeux à la première période laisse parfois un dépôt d'urates, tantôt blanchâtre, tantôt rosé ou franchement rouge. Ce fait est intermiltent, apparaissant après des fatigues ou à la suite d'une.alimentalion carnée excessive.

Azole urinaire total. — MM. Labbé et Vitry ont observé que l'azote urinaire total chez les tuberculeux est constant, quelle que soit la quantité de matières albuminoïdes ingérées. Cette constance imdique qu'une partie de l'azote ingéré n’est pas utilisé par l'organisme jusqu’à excrélion urinaire.

Cœæfficient azoturique. — Ge cœfficient qui exprime le rapport de l'azote de l’urée à l'azote total, très éludié chez les tuberculeux, a toujours été lrouvé très faible.

DÉGOUY 7

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Cependant, en ce qui concerne la période de début, les avis sont partagés et l'opinion de A.Robin et de Degrez d’après laquelle il dépasse la normale chez les tuberculeux au début et mème chez les « pré-tuberculeux » n'est pas acceptée par tous. 1] semble que cette augmenlation qui est fréquente ne soit pas constante. On la constale dans les formes rapides avec amaigrissement; elle manque dans les formes à évolution lente et qui n’ont pas un grand retentissement sur l’état général.

Chlorures. — Tous les auteurs s'accordent à trouver qu’au cours de la tuberculose pulmonaire et surtout de la tuberculose fibreuse le chiffre des chlorures est inférieur à la moyenne et cela non seulement quand les sueurs, la diarrhée et les vomissements viennent créer une voie de dérivation, mais dans les formes qui évoluent sans complication.

Cette diminution est toujours plus accentuée dans les périodes d’hyperthermie et au cours des bronchites surajoutées si fréquentes.

Cependant MM. Piéry et Elienney d’une partet Claret d'autre part ont trouvé que le début de la tuberculose évolutive est caractérisé par une chlorurie nette.

D'après ces mêmes auteurs le taux des chlorures urinaires serait notablement diminué au cours des tuberculoses abortives. La notion pratique la plus importante qui découle des faits précédents c’est la possibilité pour le clinicien de suivre pas à pas l’évolution du processus : tuberculeux : la connaissance du taux des chlorures permettant de distinguer une tuberculose active d’une tuberculose arrêlée. M. Piéry veut que la courbe des chlorures urinaires prenne place chez les tuberculeux à côté des courbes thermiques et pondérales.

Phosphates. — Les phosphates urinaires sont-ils augmentés au début de la tuberculose pulmonaire ? Iei l’on

retrouve encore des résultats contradictoires chez les différents auteurs qui se sont préoccupés de cette question.

L'opinion des classiques c’est qu’au début de la tuberculose, la phosphaturie est la règle.

Cette phosphaturie se présenterait sons des aspects bien différents : tantôt elle serait absolument latente, ne donnant-lieu ‘à aucun syndrome urinaire, l'analyse seule la révélant. Dans d’autres cas au contraire, elle s'accompagnerait de polyurie accentuée, de boulimie, d’exagération de la soif ct d’asthénie profonde. M. Robin a particuhèrement insisté sur la grande élimination des phosphates au début de la tuberculose pulmonaire, et

sur le rôle de la déminéralisation.

Cependant cetle théorie n'était pas admise en Allemagne. En France, M. Ronsin à trouvé que les phosphates au début de la tuberculose sont normaux ou abondants. Audiganne ne les à jamais trouvé augmentés même au début. Plus récemment M. Gouraud écrit :

« La phosphaturie, au cours de la turberculose, est plutôt l'exception. »

On péut dire des phosphates ce que nous avons dit de l’urée. Le relèvement de leur taux urinaire, à condition qu’il ne dépasse pas la normale est plutôt un signe d'amélioration.

Il est certain que le tuberculeux est un déphosphatisé du moins quand à ses os et à ses muscles et il est fort probable que la phase de déphosphatisation est très précoce et que par là même elle passe le plus souvent inaperçue. On peut parfois la saisir sur le vif mais le fait n’est pas fréquent et devient d'autant plus rare qu’on s'éloigne davantage de la période de début.

Chaux et Magnésie. — Ces deux bases terreuses ont été peu étudiées en raison mème des grandes diflicultés de

leur dosage. La plupart des auteurs les considèrent comme augmentées tout au moins au début. M. Robin pense que la déminéralisation calcique se manifeste déjà dans la période prétuberculeuse et qu'elle s’accroit avec les progrès de la maladie. Crofton attribue l'abondance d’excrétion du calcium à l'affinité de ce corps pour une deutéro-albumose produite par le bacille de

Koch. Z

Déminéralisation. — D'après M. Robin le coefficient urinaine de déminéralisation c’est-à-dire le rapport qui existe entre le résidu inorganique de l'urine et le résidu total {état normal 30 à 32 p. 100), monterait à 34 p. 100 chez les individus en puissance de tuberculose, el à 37 p. 100 chez les turberculeux au premier . degré, il s’abaisserait ensuite au dessous de la normale avec les progrès de la maladie: c’est plutôt Ià un signe de turberculose latente, la déminéralisation n’augmentant pas au moment du début évolutif.

Quant au coefficient de déminéralisation protoplasmique obtenu en soustrayant du total du résidu organique le chlorure de sodium (si variable suivant les individus et l’alimentation),1l descend aussi peu à peu. Enfin le coefficient de mobilisation azotée c'est-à-dire la quantité de matières minérales nécessaires pour mobiliser Î gramme d’azote organique augmente à mesure que la tuberculose pulmonaire progresse.

Albuminurie. — M. Tessier se plaçant au point de vue clinique a montré Ja grande fréquence de l’albumi-. nurie dans la tuberculose pulmonaire. Ce serait pour lui un signe très précoce, qui disparaîtrait lorsque se ferait l’évolution bacillaire.

Cette albuminurie est généralement intermittente : parfois, elle prend lallure cyclique à cyele matinal ou bien à type orthostatique; auquel cas, elle apparaît vers

onze heures du matin contrairement à l’albuminurie orthostatique pure qui apparaît habituellement de quinze à vingt minutes après le passage à la station verticale.

À ce propos M. Tessier pense qu'en dehors des conditions étiologiques ordinaires : scarlatine, typhoïde, | diphtérie, l’albumine orthostatique doit êtré rapportée à une tuberculose latente ou à un début de tuberculose évolutive car chez presque Lous les malades qui en sont atteints, on trouve une tare de tuberculose antérieure et si d'autre part, on suit de nombreux sujets ayant eu de l’albuminurie orthostatique, on les voit évoluer soit vers la tuberculose pulmonaire ce qui est le cas le plus fréquent, soit vers une autre manifestation tuberculeuse. Pour la plupart des auteurs, l’albuminurie solitaire, intermittente apparaît surtout au début de l’évolution d’une tuberculose, ou bien comme l’a montré Piéry au cours d’une tuberculose latente, où lorsqu'elle se trouve accompagnée d’anémie et d'hyperthrophie thyroïdienne elle possède une haute valeur diagnostiqne. Elle est ordinairement peu abondante, quelques traces, quelques centigrammes; de plus, elle varie d'un jour à l’autre pouvant disparaitre et reparaître ensuite, accompagnant souvent les poussées évolutives. Elle s'observe souvent en même temps que la fièvre; mais le plus souvent elle disparaît complètement lorsque la lésion progresse ou prend une marche plus rapide.

Recherche de la tuberculine, des anticorps, etc...

La tuberculine a élé recherchée, soit directement dans l'urine, soit dans l'extrait sec. Mais les résultats sont très inconstants. Ce n'est pas un procédé de diagnostic.

Quant aux anticorps, agglutinines et précipitines, 1ls n'ont pas encore été constatés dans les urines; s'ils s'y trouvent, ce qui est probable, c'est en quantité trop faible pour qu’on ait pu les y décéler jusqu'à présent.

Il n'en n’est pas de même de la toxine spéciale décrite par Marmoreck : on pourrait toujours en révéler la présence, aussi bien dans l'urine que dans le sérum, etil y aurait là un procédé de diagnostic d’une cerlaine valeur. (Nous en ferons l'étude plus loin).

Diazo-réaction. — La plupart des auteurs avec Nordmann s'accordent à trouver que la diazo-réaction au début de la tuberculose pulmonaire est tout à fait exceptionnelle, cependant grâce à elle, lez-Nissen aurait pu faire quelques diagnostics très précoces, alors que manquaient la fièvre et les signes stéthoscopiques. MM. Loeper et Oppenheim ne rencontrent cette réaction au début de la tuberculose que d’une façon exceplionnelle; Hamant, Nicaudié, Garis et Pellou ne la trouvent Jamais.

Réaction de Moriz Weisz. — Cette réaction serait due, comme la diazo-réaction, à l'oxydation d’un urochromogène de l'urine et à sa transformation en urochrome. Mais plus simple que celle-ci, elle serait aussi plus précoce et plus sensible, car elle permettrait de mettre en évidence un urochromogène + que ne rend pas manifeste la diazo-réaction.

Sa technique est extrêmement simple : On ajoute à un certain volume d'urine III à IV gouttes d'une solution aqueuse dn Mn0*K à 1/1000. Si l'urine n'est pas modifiée dans sa couleur, la réaction est négative; si l’urine prend une belle teinte jaune d'or caractérisüque, la réaction est positive.

Elle est négative dans les localisations bacillaires extra-pulmonaires, mais elle ne se rencontre que chez

les tuberculeux déjà avancés, et si l’on a pu la trouver dès le début c'est tout à fait exceptionnellement. Sa valeur diagnostique est done minime. (Vitry, Revue de la tuberculose, 1914-1915; Martelli et Pizetti. ZE policlinico, 1914, p. 182. Desclaux. Journal des praticiens, 21 juillet 1917).

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