MENSURATIONS THORACIQUES
Hutchinson fut l'un des premiers qui étudia les variations de forme du thorax, de son volume et de sa capacité au cours des diverses maladies de l’appareil circulatoire. |
Il montra ME chez les individus normaux le périmètre passant par les mamelons suivait une progression arithmétique en rapport avec le poids des individus. Ce rapport étant d'environ 1 centimètre pour une augmentation de poids de 1 kg. 500. Il montra en outre que dans la majorité des cas, le périmètre moyen du thorax est égal aux 16/30 de la taille.
Mais c'est Woilliez qui a le plus mis en vogue l'étude de la mensuration thoracique et en a fait un moyen de diagnostic de la tuberculose pulmonaire.
Il établit tout d'abord que la dimension circulaire des deux côtés de la poitrine n’est pas la même et que géné-
ralement c'est chez l'individu sain, le côté droit qui est le plus développé : la différence entre les deux côtés étant de 1 centimètre environ à 1 centimètre et demi.
Woilliez se servait d’un cyrtomètre, instrument qui donnait la configuration exacte de la poitrine, et dont l'usage a été remis en honneur par M. Minor (de Philadelphie). M. Bernard, de Cannes, a fait construire récemment un appareil qui donne la conformation exacte du thorax et ses dimensions. |
M. Maurel conseille de prendre le périmètre thoracique sur un plan horizontal passant immédiatement au dessous de l'angle inférieur de l’omoplate, en un point qui correspond à la huitième ou neuvième vertèbre dorsale en arrière, à l'articulation sterno-xyphoïdienne en avant.
Mais à ce niveau le degré d’embonpoint peut fausser les résultats; aussi a-t-on conseillé de faire passer l’instrument juste au niveau des mamelons ; mais ici, autre cause d'erreur : la saillie plus ou moins accentuée que fait l'omoplale peut encore fausser le résultat.
MM. Barth et Roger conseillent un plan oblique dit sub-omo-sus-mammaire passant par l'extrémité inférieure des omoplates et à un centimètre au-dessus des mamelons.
Les médecins militaires pour qui la question possède une grande imporlance partagent leurs préférences entre le plan sous-pectoral et le mamelonnaire (Vallin Arnould, Dally). M. Poëls a fait remarquer que pendant le cours des mensurations il n’était pas indifférent que les membres supérieurs soient en croix, pendants ou levés. Cependant les différences sont minimes et pratiquement négligeables.
Guitrac recommande de mesurer l’espace qui sépare les deux mamelons (normalement vingt centimètres, et
= Jo
dix-neuf centimètres chez les tuberculeux). Cette mensuration donnant une idée exacte de la circonférence mamaire dont elle représente le quart.
M. Piguet pensant que le poids était à considérer dans cette appréciation du périmètre thoracique par rapport à la taille à imaginé un indice numérique qui aurait une grande valeur, |
Indice numérique — Taille — (poids + périmètre thoracique). Cet indice est d'autant plus élevé que l'individu est moins résistant el il admet comme moyen un indice compris entre 20 et 5, faible, un indice entre 29 et 30. M. Maurel compare le poids du sujet au nombre de cinq que recouvre la section du thorax obtenue par le cyrtomètre. A l’état normal un kilog de poids correspond à huit centimètres carrés.
D’après tous ces auteurs, un sujet maigre de poitrine s'il n’est pas tuberculeux a de grandes chances pour le devenir. Bien que Dally range parmi ceux-ci tout adulte qui n’a pas un périmètre thoracique égal à la moitié de -sa taille plus 2, et que les compagnies d'assurances refusent les proposants dont le tour de poitrine n'arrive pas à la moitié de la taille, il ne faut pas en conclure que tous ces sujets sont des tuberculeux latents.
Un individu au thorax long et étroit n’est pas el ne sera pas forcément un tuberculeux. Ce qui importe beaucoup c'est de savoir si celle conformation spéciale a toujours existé chez l'individu et si l’'amaigrissement s’est fait rapidement.
M. Félix Regnault, dans une étude anthropologique fort suggestive, divise les types humains normaux en longiformes, latiformes, et crassiformes, selon la prédominance d'un des diamètres suivants : longueur, largeur, épaisseur.
Il y a des races d'hommes latiformes : larges de poi-
trine, musclés, vigoureux, d'autres sont longiformes : à poitrine étroite et allongée, type très fréquent parmi les travailleurs intellectuels.
Pour M. Regnault, le longiforme est aussi normal que le latiforme : ce sont deux races d'hommes différentes, les longiformes ont des poumons fort longs au lieu d'être larges; ce qui fait que leur capacité respiratoire est égale à celle des latiformes. En faire un stigmate de tuberculose, c'est méconnaître l’anthropologie la plus élémentaire. at
Il semble que l'on doive attacher une plus grande importance à la mensuration de la course thoracique, c'est-à-dire à la différence entre le périmètre de l’inspiration complète et celui de l'expiration maxima. Les sujets chez lesquels cette différence est très légère sont des malingres fonctionnels, et cette notion prend une valeur scientifique au point de vue du diagnostic; car un individu peut avoir un thorax très étroit et très aplati et respirer parfaitement avec une course thoracique supérieure à celle d'un individu mieux conformé.
Cette mesure peut paraître très délicate, elle l’est en effet-si l'on oublie de prendre certaines précautions, car si l'observateur saisit facilement le moment où le sujet donne son inspiration maxima, il est plus difficile de se rendre compte si l'expiration est complète.
On emploiera le procédé de Topinard qui consiste à faire compter le sujet jusqu'à-ce qu'il ait besoin de faire une inspiration. À ce moment c'est qu'il a expiré tout l’air qu’il peut expirer normalement.
Si la course thoracique est petite, inférieure à six cenumètres, le sujet est un tuberculeux, actif ou latent. Les médecins d'assurance rejettent les sujets dont la course thoracique n’atteint pas cinq centimètres.
Il est à remarquer que la plupart des malingres
fonctionnels ont une respiration diaphragmatique : l'air des sommets se renouvelle très peu. C'est en se basant sur cette constatation que Hirtz (de Strasbourg), fait la comparaison entre le périmètre thoracique pris au niveau de l’appendice xyphoïde et celui pris sous les aisselles. Normalement le premier est plus petit de trois à quatre centimètres que le second. Si ces deux périmètres sont semblables, M. Hirtz pense que le sujet est suspect de tuberculose.