‹ Les symptômes et le diagnostic de la tuberculose pulmonaire dans sa période de début (chez l'adulte)Chapitre 41 sur 48 · ANOMALIES RESPIRATOIRES DU SOMMET · texte numérisé non relu

ANOMALIES RESPIRATOIRES DU SOMMET

Pour les auteurs classiques, la rudesse de la respiration était le premier signe de la germination des tubercules. Louis, le premier avait signalé cette anomalie comme signe de début. Guénau, de Mussy, en 1859, dit

que l’auscultation permet de constater une « diminution du bruit respiratoire qui est moins mœælleux, plus rude ».

Grancher après avoir insisté d’abord sur le caractère rude et grave de l'inspiration au sommet d'un poumon a, plus tard, attaché davantage d'importance encore à la diminution du murmure vésiculaire surtout pendant l'inspiration. Ce serait pour lui le premier signe de la période de germination.

« J'ai écrit autrefois que l'inspiration rude et basse me paraissait la plus fréquente de ces inspirations anormales ; depuis deux ans, où nos études de. dépistage de la tuberculose pulmonaire nous ont permis, à mes élèves et à moi, d'acquérir une grande expérience sur ce point, je pense que l'inspiration faible est au moins aussi fréquente à l’extrême début, sinon plus fréquente que l'inspiration rude et basse ». Pour M. Queyrat, les diverses altérations du murmure vésiculaire n’apparaissent que successivement au début de la {tuberculose : la diminution du murmure vésiculaire à l'inspiration serait le premier indice de la germination des tubercules dans le poumon, puis si la tuberculose évolue, il apparaîtrait un deuxième signe : l'inspiration granuleuse ; c'est-à-dire qu'au lieu d'être duvêteuse, l'inspiration devient légèrement râpeuse.

Viendraient ensuite l'inspiration rude et plus tardivement l'inspiration et l'expiration saccadée, quelquefois les deux ensemble. À ce moment, la percussion permettrait de constater une légère submatité et la palpation l’exagération des vibrations vocales.

M. Queyrat a bien fait remarquer que la tuberculose pulmonaire ne suit pas toujours cette gamme chronique; elle peut s'arrêter momentanément ou définitivement au stade initial et la persistance de la diminution du murmure vasiculaire témoigne de l'ébauche ancienne

de la tuberculisalion pulmonaire, car le poumon touché ne voit jamais sa respiration se rétablir ad integrum.

Enfin la respiration soufflante et l'expiralion prolongée marqueraient une élape plus avancée de la maladie.

Pendant que ces diverses modifications se succèdent à un sommet, l’autre ne reste pas indifférent. Grancher admet que le sommet opposé se prend à son tour relardant de quelques mois sur le premier. © Il est rare en effet que la submatité apparaisse à gauche sans allération du murmure vésiculaire à droite. » 3

Lorsque la matité s'accentue, que les vibrations s'accroissent, et que la respiration devient soufflante, les craquements ne larderaient pas à apparaître marquant la fin de la période de conglomération des tubercules et le commencement de leur ramollissement.

À ce moment, le murmure vésiculaire est parfois très faible, à peine perceptible; plus souvent, il est reniplacé par un souffle dont le fimbre varie depuis Île souffle doux jusqu'au souffle tubaire proprement dit.

Telle est l'opinion des classiques sur les respirations anormales au début de la tuberculose pulmonaire ; nous étudierons suécessivement chaque anomalie et verrons quelle est sa vérilable valeur séméiologique ; mais il importe de faire remarquer comme l'ont fait d’ailleurs tous les classiques, que pour avoir quelque valeur, une respiralion anormale doit être fixe et persistante, les différentes affections aiguës du poumon pouvant les provoquer d’une façon transitoire.

L'erreur fondamentale des classiques était de prendre la tuberculose pulmonaire pour seule et unique, alors que ses manifestations sont lrès variées et échappent souvent à une classification trop simpliste. À chaque manifestation appartient une anomalie de la respiration,

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mais comme ces manifestalions ne sont jamais isolées, el qu'elles se combinent de différentes façons, l’interprétation de ces anomalies est parfois très délicate.

Encore faut-il bien se pénétrer de cette idée qu’une anomalie respiratoire ne fait qu'indiquer une lésion de l'appareil pleuro-broncho-pulmonaire, sans en préciser autrement la nature ; ces diverses anomalies en effet, si elles sont dues le plus souvent à la tuberculose ne lui appartiennent pas en propre. Il conviendra de rechercher d’autres symptômes ou signes de la maladie qui confirmeront ou infirmeront le diagnostic.

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