‹ Les synalgies et les synesthésies, étude de physiologie nerveuseChapitre 8 sur 20 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

Division des synalgies en s. ascendantes et s. descendantes. — Tableau I : Synalgies ascendantes. — lr* règle. — Considérations sur les synalgies ascendantes. — Synalgies tournantes, ascendantes. — Tableau Il : Synalgies descendantes. — Considérations sur les synalgies descendantes. — 2e règle. — 3' règle. — 4° règle. — Considérations sur l’ensemble des synalgies observées jusqu’à ce jour. — Synalgies tournantes, descendantes. — 5° règle.

Quand on examine les lieux respectifs des points irrités et des points sympathiques dans les différentes synalgies que nous allons énumérer, on s’aperçoit facilement que la répercussion douloureuse se localise dans des régions situées à un niveau tantôt supérieur et tantôt inférieur à celui du point algogène. C’est en vertu de l’observation de ce fait que j’ai groupé les synesthésies

douloureuses en synalgies ascendantes (premier cas) et en synalgies descendantes (second cas). Dans ces dernières, j’ai rangé toutes celles qui ont leurs points irrités sur le membre thoracique et leurs points sympathiques sur le tronc. Il me semble superflu d’expliquer le motif de cette détermination que l’on comprendra d’autant mieux, d’ailleurs, qu’on se représentera le sujet les bras étendus horizontalement.

Dans les deux tableaux qui suivent, j’ai indiqué autant que possible l’innervation de chacun des points synalgiques. De cette façon, rien qu’en jetant un coup d’œil sur ces tableaux, il sera facile au lecteur de s’assurer que les doideaî'S répercutées se Jbcent le plus souvent dans des régions dont les nerfs périphériques ne peuvent évidemment avoir aucun rapport avec ceux qui desservent les régions des points algogènes. Cette remarque est d’une haute importance. Puis, j’ai imposé un numéro d’ordre à chaque synalgie dont le point irrité et le point sympathique, relevés avec le plus grand soin, sont l’objet d’une courte description topographique, imprimée en caractères gras, à la suite des abréviations PI. (point irrité,) et PS. (point sympathique). Enfin les lettres F. ou B. désignent les synesthésies douloureuses observées par mon père ou par H. Brésard : les autres me sont personnelles.

TABLEAU I. - SYNALGIES ASCENDANTES

1. PI. Partie postéro-latérale externe du 4e orteil du pied droit : filets

des n. museulo-cutanô ( br. term. du n. sciatique proplité ext.), saphène externe (du n. sciatique proplité int.) et plantaire externe (br. term. du n.

tibial post.) ; grand n. sciatique, : PS. A l’épigastre (côté droit), en

un point situé à environ 3 centim. au-dessous des côtes et à droite de la ligne blanche : rameaux perforants antérieurs des 5 derniers nerfs intercostaux. — F.

2. Même synalgie que la précédente, mais du côté gauche. — F.

3. PI. A la surface inféro-interne de la jambe droite, à 15 centim. en-

viron au-dessus de la malléole interne : branche jambière du n. saphène interne (br. term. du nerf crural). = PS. Immédiatement au-

dessous du mamelon droit : rameaux perforants latéraux des 4e, 5e et 6*

nerfs intercostaux.

4. PI. A la surface interne de la jambe gauche, à la jonction du tiers supérieur avec le tiers moyen : branche jambière du n. saphène interne (br.term.dll nerf crural). = PS. Entre la clavicule gauche et le mamelon du même côté : nerf sus -claviculaire (v enu du plexus cervical superficiel ) et les trois premiers nerfs intercostaux.— F.

5 Pi. A la partie antéro-supérieure de la jambe droite, sous la rotule :

branche rotulienne du n. saphène interne (br. term. du nerf crural) et filets du n. musculo-culané externe (br terni, du nerf crural). = PS. A la partie moyenne du pli de l’aine droit : rameau crural du nerf génitocrural (br. collât, du plexus lombaire). — F.

6 PI. A la partie antérieure de la rotule gauche : branche rotulienne du

n. saphène interne (br. term. du nerf crural ) et filets du n. musculo-cutané

externe (br. term. du nerf crural). PS. A l'hypocondre gauche, sous

les côtes : rameaux perforants latéraux des 8e, !)" et 10° nerfs intercostaux

7. PI. A la partie antéro-latérale externe du genou droit : filets du ra-

meau fémoral du nerf fémoro-cutané (br. collât, du plexus lombaire) et filets venus du n. saphène interne (br. term. du nerf crural). = PS. A la partie moyenne du pli du coude droit : filets du nerf musculo-cutané et du nerf brachial cutané interne (tous deux br. term. du plexus brachial).

8. PI. A la partie supéro-externe du genou gauche : filets du rameau fé-

moral du nerf fémoro-cutané et filets du nerf saphène interne. = PS. Au voisinage de l’épine iliaque antéro-inférieure gauche : rameau fémoral du nerf fémoro-cutané (venu du 2° nerf lombaire). — F.

9 PI. A la partie postéro-externe et inférieure de la cuisse droite :

branche fémorale du nerf petit sciatique (br. collât, du plexus sacré). =

PS. A la partie postéro-supérieure (sous les dernières fausses côtes, près du rachis) de la région lombaire droite : rameaux des premières branches abdomino-pelviennes (br. postérieures des n. rachidiens).

ÎO. PI. Un peu plus en haut et dans une région plus externe que n’est le point irrité de la synalgie 9 : branche fémorale du nerf petit sciatique (br. collât, du plexus sacré). = PS. A la partie postéi’o-interne et su.

périeure du bras droit : filets du nerf brachial cutané interne (br. term. du plexus brachial ), du 3” nerf intercostal et du nerf accessoire du brachial cutané interne (?] (br. collât, du plexus brachial). — F.

11. PI. A la partie moyenne de la région postéro-interne de la cuisse

gauche: branche fémorale du nerf petit sciatique (br. collât, du plexus

sacré) et filets du nerf obturateur [?J (br. term. du plexus lombaire) PS.

Au niveau de l'angle inférieur de l'omoplate, tout près de cet angle (côté gauche) : 5e, 6e et 7° branches postérieures des nerfs dorsaux. — F.

12. PI. A la partie moyenne de la région postéro-externe de la cuisse

gauche : branche fémorale du nerf petit sciatique (br. collât, du plexus sacré). = PS. A l’angle inférieur de l'omoplate gauche : 6e et 7°

branches postérieures des nerfs dorsaux. — F.

13 PI. A la partie moyenne (plutôt dans la moitié inférieure) de la région postéro-externe de la cuisse droite : branche fémorale du nerf petit sciatique. PS. A la partie moyenne de l’omoplate droite :

3e et 4e branches postérieures des nerfs dorsaux. — F.

14. PI. A la partie supéro-externe (à la jonction du tiers supérieur avec

le tiers moyen) de la cuisse droite : rameau fémoral du nerf fémoro-

eutané (venu du '2e nerf lombaire). PS. A la partie supéro-externe

(un peu au-dessus de l’insertion humérale du deltoïde) du bras droit : lilets du nerf circonflexe (b r . term. du plexus brachial). — F.

15. PI A la partie moyenne de la région supèro-antérieure de la cuisse

droite : tilets du nerf perforant supérieur et du nerf perforant moyen de la branche cutanée du nerf crural (br. terni, du plexus lombaire). = PS. A la partie supérieure de l’épaule drolte.au niveau de l’articulation scapulo-humérale : lilets du nerf sus-acromial ( plexus cervical superficiel). — F.

16. PI. A la partie moyenne (un peu interne et inférieure) de la région

supèro-antérieure de la cuisse gauche : même innervation que celle

du point irrité de la synalgie 15. PS. A la partie moyenne de l’hy-

pocondre gauche : rameaux perforants latéraux des 8°, 9e et 10° nerfs intercostaux. — F.

17. PI. A la partie postéro-supérieure et un peu externe de la cuisse

droite: lilets du rameau fessier du nerf fémoro-cutané (venu du 2° nerf lombaire). PS. A la partie inféro-latèrale droite du dos : 8°, 9» et

10e branches postérieures des nerfs dorsaux et quelques liletsdes rameaux perforants latéraux des nerfs intercostaux correspondants. — F.

18. PI. A la partie antéro-supérieure et latérale externe de la cuisse

gauche : filets du rameau fémoral du nerf fémoro-cutané. = PS. A la partie supéro-externe du bras gauche, au niveau de l’insertion humérale du deltoïde : filets du nerf circonflexe (br. term. du plexus brachial).

19 PI. A la partie médiane la plus inférieure de la fesse droite : filets du nerf petit sciatique (plexus sacré) et quelques filets du nerf fémoro-cutané

(plexus lombaire). PS. Entre l’angle inférieur de l’omoplate

droite et la partie postérieure de la base de l aisselle correspondante : 3°, 4e et 5° branches postérieures des nerfs dorsaux et filets des rameaux perforants latéraux des nerfs intercostaux correspondants.

20. PI. A la partie infèro-externe de la fesse gauche : filets du nerf fémo-

ro-cutané et quelques filets du nerf petit sciatique. PS. Bien au-des-

sous du mamelon gauche, vers la pointe du cœur : rameaux perforants latéraux des 7e et 8° nerfs intercostaux.

21. PI. A la partie postéro-supérieure et interne delà fesse droite: filets

de la branche postérieure du 3e nerf lombaire. : PS. A la partie laté-

rale droite du vertex : lilets cutanés de la branche ophthalmique du nerf trijumeau et filets du grand nerf occipital (br.post. du 2° nerf cervical).

22. PI. A la partie postéro-supérieure et interne de la fesse gauche :

filets de la branche postérieure du 3* nerf lombaire. = PS. A la partie latérale gauche et un peu postérieure du thorax, au niveau des deux dernières vraies côtes : rameaux perforants latéraux des 7', 8° et 9" nerfs intercostaux. — .F.

23. PI. Au pli de l’aine gauche, au niveau de l’anneau crural : filets du

rameau crural du nerf génito-crural (br. collât, du plexus lombaire) et quelques filets [?] du nerf fémoro-cutané (plexus lombaire). = PS. A la partie moyenne de la région postéro-inférieure de l’avant-bras gauche : filets du nerf musculo-cutané, du nerf radial et du nerf brachial cutané interne (plexus brachial). — F.

24. PI. A la partie latérale gauche du pubis : filets venus des nerfs abdo-

mino-gènital supérieur et abdomino-génilal inférieur (branches collât, du plexus lombaire). = PS. A la partie antérieure de la base du creux axillaire gauche : rameaux perforants latéraux des 2e et 3' nerfs intercostaux-, filets du nerf brachial cutané interne (br. term. du plexus brachial).

25. PI. A la partie moyenne du pubis : même innervation que celle du point

irrité de îa synalgie 24. — ; PS. A la partie antérieure de la base du creux axillaire droit : même innervation que celle du point sympathique de la synalgie 24.

26. PI. A la muqueuse de l’anus : filets du nerf hémorrhoïdal (br. collât, du

plexus sacré). ■= A la partie supérieure et un peu postérieure de l’épaule droite, au niveau de l’articulation scapulo-humérale :

filets du nerf sus-acromial (plexus ceroical superficiel). — F.

27. PI. A la partie antérieure du flanc droit : 10e, 11e et 12e nerfs intercos-

taux. PS. A la partie inféro-externe de la moitié droite du dos :

8e, 9e et 10e br. post. des nerfs dorsaux et filets des rameaux perforants latéraux des nerfs intercostaux correspondants. — F.

28. PI. A la partie la plus antérieure du flanc droit: 10®, 11e et 12° nerfs

intercostaux. =. PS. A la région de la fosse sus-épineuse droite :

filets du nerf circonflexe (plexus brachial) et surtout du nerf sus-acromial (du plexus cervical superficiel). — F.

29. PI A la partie latérale droite du dos, au niveau des deux dernières

vraies côtes : 8e et 9e branches postérieures des nerfs dorsaux et quelques filets des rameaux perforants latéraux des nerfs intercostaux correspondants. = PS. A la partie postéro-supèrieure de l'épaule droite, au niveau de l'articulation scapulo-humérale : filets du nerf circonflexe (du plexus brachial) et du nerf sus -acromial (du plexus cervical superficiel) . — F.

30. PI. Au-dessous du mamelon gauche : rameaux perforants des 4e, 5e et G®

nerfs intercostaux. — — PS. Au tiers inférieur de la partie postérieure et moyenne du bras gauche : filets du nerf brachial cutané interne et du nerf radial (branches term. du plexus brachial). — F.

31. PI. A la partie moyenne et un peu supérieure de la région sternale :

rameaux perforants antérieurs des premiers nerfs intercostaux. ■ — PS. A la partie moyenne du front : filets de la branche ophthalmique du nerf trijumeau. — F.

A ces 31 répercussions douloureuses, je puis, aujourd’hui, ajouter 27 nouvelles synalgies ascendantes , — ce qui porte à 58 le nombre total de ces dernières. Toutes les synesthésies de ce genre, les anciennes comme les nouvelles, sont figurées dans mes planches; mais, afin de ne point surcharger celles-ci, je n’ai pas représenté les synalgies ascendantes qui, ayant un de leurs points sur le plan antérieur du sujet, offrent le point correspon-

dant sur le plan postérieur. Ces associations douloureuses y sont d’ailleurs implicitement contenues, puisqu’elles ont servi, dans la limite de leur importance, à déterminer les zones sympathiques qui font l’objet de notre Planche III. Cette remarque s’applique également à quelques synalgies dont les deux points ne quittent pas le tronc et, d’une manière plus générale, à toutes celles dont il est question dans le courant du présent travail. Cela est dit une fois pour toutes et nous n’y reviendrons pas à propos de notre second tableau.

Examinons donc de quelle façon se répartissent les 58 douleurs répercutées à un niveau supérieur à celui des régions irritées. D’abord, sur ce nombre, 22 associations sont dues à l’observation de mon père et les 36 autres à la mienne. Puis, à part une seule, la 26e de mon Tableau I, elles sont toutes provoquées à la surface de la peau et peuvent être considérées comme physiologiques, — par opposition aux synesthésies pathologiques dont nous avons déjà cité quelques exemples à la fin du Chapitre II. Enfin, quand, pour la facilité du langage, je dirai que telle synalgie va d’un lieu à un autre, du tronc à la tète, je suppose, je n’exprimerai de la sorte qu’une chose, à savoir que le point irrité de cette synalgie se trouve sur le tronc, à la peau, et le point sympathique correspondant sur la tète. Cette explication donnée, voyons comment se distribuent les 58 synalgies à examiner :

31 vont des membres inférieurs (1) au tronc ;

7 vont des membres inférieurs (cuisses) aux épaules ou aux bras, du môme côté;

1 va de la partie supérieure de la fesse droite au vertex ;

1 va du pli de l’aine gauche à l’avant-bras gauche, F.

(I) Les fesses sont comprises clans les membres inférieurs.

1 va du pli de l’aine droit à la poitrine, du même côté;

1 va du scrotum à la région ombilicale;

3 vont du pubis aux aisselles ou aux régions voisines ; il vont du tronc au tronc;

1 va du tronc à l’avant-bras, F. ;

1 va du tronc à la tète.

D’après cette énumération, l’on voit que nous connaissons 39 points irrités (ceux des plis de l’aine non compris) qui ont pour siège les membres inférieurs. Ces 39 synalgies ascendantes peuvent être dénombrées de la manière suivante :

14 vont du membre droit au tronc;

5 — — à l’épaule et au bras droits ;

1 va — — à la tête (moitié droite) ;

ITvontdu membre gauche au tronc (moitié gauche);

2 — — à l'épaule et au bras gauche.

D’une pareille statistique, on ne peut logiquement tirer qu’une conclusion, — et, cette conclusion, nous la transformons en une lre RÈGLE GÉNÉRALE, que nous maintenons jusqu’à nouvel ordre et dont voici l’énoncé: tous les points irrités des membres inférieurs ont leurs points sympathiques sur le tronc (31 fois sur 39) et, plus rarement , sur V épaule ou le bras correspondant (7 fois sur 39). Nous ne connaissons jusqu’à présent qu’une seule synalgie (la 21e du Tableau I) allant du membre inférieur à la tête: nous devons donc la considérer comme une exception; et encore, le point irrité de cette synesthésie douloureuse se trouvant si haut placé sur la fesse droite, on est presque en droit de se demander s’il n’appartient pas au tronc.

La distribution des 58 synalgies ascendantes que nous avons déjà observées prête encore à diverses considérations :

1° Les points irrités de la région pubienne et du scrotum ont

(4 lois sur 4) tous leurs points sympathiques sur le tronc , plus spécialement au niveau des creux axillaires et de la région mammaire.

En faisant rentrer les plis de Paine dans le domaine du tronc, nous constatons que les points irrités du tronc ont gêné râlement leurs points sympathiques sur le tronc (T2 lois sur 15), mais peuvent neanmoins suscite r ces derniers sur les membres supérieurs (éL fois sur 15) et exceptionnellement sur la tâte (t fois sur 15), — peut-être plus souvent si l’on tient compte de la remarque relative à la svnalgie 21 (Tableau I).

3° Sauf trois svnalgies sur lesquelles nous reviendrons plus tard, toutes les synesthésies douloureuses, ascendantes, ont leurs deux points, irrité et sympathique, sur la môme moitié verticale du corps.

4° Enfin, une douleur répercutée, ascendante, peut neutre dans le plan postérieur du sujet ét la suite d'une irritation synalyogine du plan antérieur, et réciproquement (nous avons noté ces synalgies tournantes -10 fois sur 58), mais, d' ordinaire, la répercussion douloureuse se reporte (48 fois sur 58) sur le môme plan que celui clu point irrité.

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