TABLEAU II - SYNALGIES DESCENDANTES
1. PI. Un peuen avantdu vertex : filets cutanés de la brancheophthalmique
du nerf trijumeau. ----- PS. A la région sus-orbitaire gauche : filets de la branche ophthalmique du nerf trijumeau.
2. PI. Au-dessus de l’oreille droite, un peu en avant de la ligne qui joint
le vertex au conduit auditif externe de ce côté : filets de la branche maxillaire inférieure du nerf trijumeau. = PS. Un peu au-dessus du mamelon droit : nerfs intercostaux. — F.
3 PI Partie postérieure du cuir chevelu, sur la protubérance occipi-
tale externe : branches postérieures des ' î 0 et 3° nerfs cervicaux. PS.
Sur le rachis, sur le milieu d’une ligne horizontale qui joindrait les angtes inférieurs des deux omoplates : branches postérieures des nerfs dorsaux moyens.
4 PI Partie postérieure du cuir chevelu, sur la ligne médiane, au-
dessus du point irrité de la synalgie 3 : br. post. du 2e nerf cervical.
PS Un peu au-dessus du point sympathique de a synalgie 3 :
branches postérieures des nerfs dorsaux moyens.
{3. PI. Partie postérieure du cuir chevelu, au-dessous et à gauche du point irrité de la synalgie 3 : br. post. des 2e et 3e nerfs cervicaux. = PS. Un peu au-dessous et à, gauche du point sympathique de la synalgie 3 : br. post. des nerfs dorsaux moyens.
6 PI. Au-dessus et un peu en arriére de l’oreille droite: terminaisons des branches ant. et post. des premiers nerfs cervicaux. = PS. A la partie postéro-externe et supérieure de la moitié inférieure du bras droit : filets du nerf circonflexe et du nerf radial.
7. PI. A environ 5 centim. derrière l'oreille droite : terminaisons clos br. ant. et post. des premiers nerfs cervicaux. PS. A la partie posté-
rieure de la région axillaire droite : filets des 2e et 3e nerfs intercostaux et du nerf brachial cutané interne.
8 PI. A la partie moyenne de la joue droite : filets des branches maxillaires sup. et inf. du nerf trijumeau. PS. A la partie médiane du creux
axillaire droit : filets des 2e et 3e nerfs intercostaux et du nerf brachial cutané interne.
9. PI. A la partie supérieure de la joue gauche : filets des br. maxillaires sup. et inf. du nerf trijumeau. PS. A la partie antérieure de la ré-
gion axillaire gauche : innervation semblable à celle du point sympathique de la synalgie 8. — B.
10. PI. A la partie moyennede la région postérieure de la moitié gauche
du cou : branches post. des 5° et 6e nerfs cervicaux. - — : PS. A l’hypocondre gauche : filets des nerfs intercostaux moyens.
11. PI Au-dessus et à, droite du menton: lu-, maxillaire inférieure du nerf
trijumeau. PS. Sous la portion interne de la clavicule droite :
nerf sus-claviculaire (du plexus cervical superficiel).
12. PI. A la partie moyenne de la fosse sus-épineuse droite : br. descen-
dantes du plexus cervical. PS. A la partie moyenne de l'hypocon-
dre droit : filets des nerfs intercostaux moyens.
13 PI A la partie postérieure de l'épaule droite, au niveau et un peu
au-dessous de l'épine de l omoplate : filets du plexus cervical, des br. post. des premiers nerfs dorsaux et des rameaux perforants latéraux des premiers nerfs intercostaux. PS. A la partie antéro-inférieure du
flanc droit : filets des derniers nerfs intercostaux et des branches abdomino-scrotales du plexus lombaire.
14 Synalgie semblable à. la synalgie 12, mais s’effectuant dans la
moitié gauche du corps.
15. PI. A la partie postérieure de l’épaule gauche, au niveau de l’arti-
culation scapulo-humérale : br. descendantes du plexus cçrvical.
PS. Au niveau de la partie supérieure de la symphyse sacro-iliaque gauche : 4° et 5° nerfs lombaires et nerfs sacrés.
16. PI. Sur la partie moyenne de l’épine du scapulum gauche : br. des-
cendantes du plexus cervical et br. post. des premiers nerfs dorsaux.
PS. A la partie moyenne de l’hypocondre gauche : filets des nerfs intercostaux moyens.
17. PL A la partie postérieure de l’épaule droite, sur la portion la plus
externe de l’épine de l’omoplate : br. descendantes du plexus cervical
= PS. A la partie la plus externe de la région lombaire droite :
rameaux perforants latéraux des derniers nerfs intercostaux.
18 PI. Sur le rachis, entre les deux omoplates : br. post. des premiers nerfs dorsaux. =r— PS. Sur le rachis, au niveau de la dernière vertèbre lombaire : br. post. des 3 premiers nerfs lombaires.
19. PI. Au niveau de la partie inférieure du bord externe du seapulum
droit : br. post. des nerfs dorsaux moyens et rameaux perforants latéraux des nerfs intercostaux correspondants. PS. A la partie la plus inférieure de la portion interne de la région lombaire droite : br. post. du dernier nerf dorsal et du premier nerf lombaire.
20. PI. Partie externe de la fosse sous-épineuse gauche : br. post. des
premiers nerfs dorsaux et rameaux perforants latéraux des nerfs intercostaux correspondants. . — • PS. A la partie supérieure de la région lombaire gauche : br. post. des nerfs dorsaux. — B.
21. PI. A environ 6 centim. au-dessus de l'épicondyle gauche : filets des
nerfs circonflexe , musculo-autanê et radial. A la partie inféro-
moyenne de la région lombaire gauche : br. post. du dernier nerf dorsal et du premier nerf lombaire.
22. Synalgie semblable à celle du numéro 21, mais observée dans la
moitié droite du corps.
23. PI. A environ 7 centim. au-dessus et un peu en arrière de l’épicon-
dyle gauche : filets des nerfs circonjlexe, musculo- cutané et radial.
PS. Au-dessus de la fesse gauche, k 4 centim. environ au-dessous de la lèvre externe de la crête iliaque gauche : br. post. du 2° et du 3
nerf lombaire.
24. PI. A l'épicondyle gauche : filets des nerfs radial et musculo- cutané. =
PS. A la partie supéro-externe de la région lombaire gauche : rameaux perforants latéraux des derniers nerfs intercostaux.
25. PI. A la partie latéro-externe du bras droit, au-dessous de l’inser-
tion humérale du deltoïde : filets du nerf circonflexe. — -PS. Ala partie externe de la région lombaire droite : rameaux perforants latéraux des derniers nerfs intercostaux.
26. PI. Un peu plus bas que le point irrité de la synalgie 25 : filets du
nerf circonflexe. = PS. Un peu plus haut et en dedans que le point sympathique de la synalgie 25 : rameaux perforants latéraux des derniers nerfs intercostaux.
27. PI. A la partie postérieure et moyenne de l’avant-bras droit : filets
des nerfs brachial cutané interne et radial. = PS. A la partie inféroexterne de la région lombaire droite : br. post. du dernier nerf dorsal, du premier nerf lombaire et nerfs intercostaux correspondants.
28. A la partie postérieure de l’avant-bras droit, à la jonction du tiers
supérieur avec le tiers moyen (portion interne) : filets du nerf brachial cutané interne. — - PS. A la partie inféro-interne de la région lombaire droite : br. post. du dernier nerf dorsal et du premier nerf lombaire. — B .
29. PI A 8 centim. au-dessus de l’épicondyle gauche : iilcts du nerf mus-
culo-cutané et du nerf radial. PS. A la partie supérieure de l’hy-
pocondre gauche : nerfs intercostaux moyens.
30. PI A la partie postérieure de l’avant-bras gauche, à, environ 7 cen-
tim. au-dessous du coude : filets du nerf brachial cutané interne et du
nerf radial. — : PS. A environ 10 centim. au-dessous et un peu en dehors du mamelon gauche : nerfs intercostaux moyens.
31 IM. A la partie moyenne de la face dorsale de l'avant-bras gauche :
lilets du nerf brachial cutané interne et du nerf radial. . — — PS. Au niveau de l’angle inférieur de l’omoplate gauche : br. post. des nerfs dorsaux moyens. — F.
32. A la partie supéro-moyenne de la face dorsale du poignet gauche :
filets du nerf brachial cutané interne , du nerf cubital et du nerf radial. 1
PS. A la partie inféro-latérale gauche du dos : br. post. des nerfs dorsaux. — F.
33 PI. A la partie inféro-moyenne de la face dorsale du poignet gau-
che : filets du nerf radial et du nerf cubital . — PS. Au niveau du tiers postérieur de la crête iliaque gauche : br. post. des l01' et 2e nerfs lombaires. — F.
34 PI. A la partie moyenne de la face dorsale de la main gauche : lilets
du nerf radial et du nerf cubital. = PS. Au niveau de l’angle inférieur de l'omoplate gauche : br. post. des nerfs dorsaux moyens. — F.
35. PI. A la face dorsale de la main gauche, près de la racine du pouce :
lilets du nerf radial. PS. A la partie supérieure de la fesse gau-
che : br. post. des 2° et 3° nerfs lombaires. — F.
36. PI. A la partie supéro-interne de la face dorsale du poignet gauche
lilets du nerf brachial cutané interne et du nerf cubital. — A 8 centim. à, gauche et unpeu au-dessous del’ombilic : derniers nerfs intercostaux.
37. PI. Un peu au-dessous de l’angle supéro-interne du scapulum gau-
che : br. post. des deux premiers nerfs dorsaux. — : PS. A la partie la plus interne de l'hypocondre gauche : nerfs intercostaux.
38. PI. A la partie supéro-externe de la fosse sous-épineuse droite : br.
descendantes du plexus cervical et lilets des premiers nerfs dorsaux.
PS. A la partie externe de l’hypocondre droit : nerfs intercostaux.
39. PI A la partie postéro-supérieure de l’épaule, au niveau de l'arti-
culation scapulo-humérale droite : br. descendantes du plexus ccreieal. = PS. A la partie moyenne de la région lombaire droite : br.
post. des derniers nerfs dorsaux.
40. Pl Trés-voisin du point irrité de la synalgie 39 : br. descendantes du
plexus cervical. = PS. A quelques centimètres à droite et un peu au-dessus de l’ombilic : rameaux perforants antérieurs des derniers nerfs intercostaux.
C’est en 1883 que j'ai dressé, pour les besoins de ma thèse, les deux tableaux qui viennent d’être donnés. Ils résumaient, à cette époque, à peu près toutes les synalgies que nous connaissions alors. Nous les avons conservés tels quels afin de prêter à la comparaison, mais nous avons modifié nos planches en sorte de compen-
sation, — car nous croyons qu’une figure est toujours préférable à l’énumération topographique de points qui peuvent être facilement représentés parle trait.
Nous avons vu que notre premier tableau devait être augmenté de "27 nouvelles observations. De même, il faut aujourd’hui ajouter 12 si/nalqies descendantes , plus récemment observées, aux 40 du Tableau II. Le nombre de ces dernières s’élève donc maintenant à 52 et, sur cette quantité, 3 ont été notées par H. Brésard, 7 par mon père et 42 par moi. Je ferai aussi remarquer que ces répercussions douloureuses sont, comme les 58 ascendantes précédemment examinées, toutes physiologiques, sauf une, peut-être, que nous citerons ; enfin, toutes sont également provoquées à la surface de la peau.
Les 52 synalyies descendantes que nous allons analyser se répartissent de la manière suivante :
1 va de la tète à la tète ;
I va de la tête au bras ;
G vont de la tête aux épaules et aux aisselles;
G vont de la tète à la moitié supérieure du tronc ;
II vont du membre supérieur droit (1) à la moitié droite du tronc ;
12 vont du membre supérieur gauche à la moitié gauche du tronc;
14 vont du tronc au tronc ;
1 va de la partie la plus inférieure de la région lombaire (coté gauche) à la jambe gauche.
De ce dénombrement, qui nous apprend que 23 points irrités répercutent tous leurs douleurs sur le tronc, nous pouvons d’abord tirer une 2e RÈGLE GENERALE, ainsi conçue : tous les points irrités des membres supérieurs ont leurs points sympathiques sur le tronc ; — puis, cette 3e PiÈGLE, qui offre peut-être un peu moins de généralité
(I) Nous comprenons les épaules dans les membres supérieurs.
que les deux précédentes : tous les points irrités cle la tète ont (12 fois sur 14) leurs points sympathiques sur la moitié supérieure du tronc , y compris les régions axillaires avec les parties voisines des épaules ou de la poitrine. Enfin nous devons remarquer que, sur 15 synalgies descendantes ayant leurs points algogènes sur le tronc, une seule a son point sympathique sur l’un des deux membres inférieurs, et encore cette synalgie (précisément celle que nous avions à citer) est-elle née dans des conditions spéciales. Elle fut observée par mon père chez M. Charles C. homme âgé, porteur d’un épaississement brunâtre de la peau, affection bien localisée, occupant la région sacrée, vers la partie la plus inférieure et la plus interne de la région lombaire gauche, et qui, par intervalles, devenait prurigineuse. Un grattage suffisant, exercé par le malade sur cet épaississement cutané dans le but de calmer la démangeaison dont il était le siège, déterminait une douleur très vive à la partie supéro-externe et un peu postérieure de la jambe gauche. Or, si nous nous reportons aux considérations qui font suite au Tableau I, nous voyons que, sur 30 synalgies dont les points irrités se trouvent sur le tronc (15 ascendantes et 15 descendantes), — 26 ne le quittent pas, c’est-à-dire ont leurs points sympathiques également sur le tronc,
■ — 1 va à la tête, 2 aux membres supérieurs et 1 aux membres inférieurs. Nous sommes donc amenés à formuler une 4e RÈGLE en ces termes : les points irrités du tronc ont généralement leurs points sympathiques, ascendants ou descendants , sur le tronc.
Pour qui se souvient de ce que j’ai dit antérieurement sur les excitations portées aux points sympathiques, cette dernière règle doit sans doute paraître en désaccord avec mes conclusions, d’ailleurs un peu dubitatives. En effet, on pouvait a priori s’attendre à rencontrer un plus grand
nombre de douleurs se répercutant du tronc sur la tète et sur les membres. Faut-il donc abandonner l’idée qu’une irritation d’un point sympathique déterminé peut susciter une répercussion douloureuse au point irrité qui lui correspond? Je ne le crois pas. Nous avons, en effet, constaté déjà plusieurs fois ce phénomène dans l’observation de synalgies (pii ne quittent pas le tronc. Ainsi, outre l’exemple déjà cité et qui se rapporte à une syneslliésie douloureuse dorso-lombaire du côté droit, nous avons observé qu’un point sympathique de la fosse sousépineuse gauche ayant répondu à un point irrité de la partie inférieure et gauche du dos, un point sympathique très voisin de ce dernier tut aussi noté à la suite d’une irritation portée sur la fosse sous-épineuse gauche. Puis une douleur provoquée dans l’hypocondre du côté droit se répercuta dans la fosse sus-épineuse du même côté, là où fut déterminé un point irrité qui donna un point sympathique dans l'hypocondre droit, non loin du point irrité précédent. En troisième lieu, deux points de nom différent, situés dans la moitié gauche de l’hypogastre, se sont montrés en relation avec deux points assez voisins de la partie postéro-inférieure de l’avant-bras gauche. Une constatation du même genre doit être faite pour deux autres points de la région postérieure du même avant-bras gauche (points siégeant sur la ligne médiane verticale de ce membre) et deux points voisins, placés en dessous et un peu en dehors du mamelon gauche, qui leur correspondent. En présence de ces observations, il ne nous est pas permis, malgré le nombre restreint de semblables phénomènes de réciprocité, de nier immédiatement que par irritation d’un point sympathique on puisse éveiller une douleur au point algogène primitif, avec lequel il se trouve lié, — surtout si l’on songe à la difficulté qu’offre la détermination très exacte du lieu où
se répercute une douleur. Il faut donc attendre de nouvelles et plus nombreuses découvertes la solution définitive de cette question que la théorie des synalgies ne saurait perdre de vue.
Il est remarquable de constater que, sur le chiffre total de 110 synesthésies douloureuses formant l’ensemble des synalgies physiologiques que nous avons déjà pu enregistrer, (JG points sympathiques sont fixés au tronc : de ces derniers, 70 répondent à des irritations portées sur la tète, les quatre membres, le pubis, le scrotum, et 20 à celles du tronc même. A ne s’en tenir qu’à ces faits, on est tout naturellement conduit à considérer la surface du torse comme un grand centre sur lequel viennent se réfié ter, principalement sous forme d’éclairs douloureux, la majorité des impressions odynopoétiques qui intéressent les diverses parties cutanées du corps. Nous pouvons encore remarquer, au moins à titre de curiosité, que, dans lés 410 observations dont il s’agit, nous n’en trouvons aucune ayant trait à des répercussions douloureuses se faisant sur le membre même, soit inférieur, soit supérieur, où se rencontrent les points irrités corrélatifs.
Notons enfin que les deux points de toute synalgie descendante, comme presque tous ceux des ascendantes, existent sur la même moitié verticale du sujet et que, parmi les premières de ces synesthésies, nous avons aussi compté 14 synalgies tournantes qui, ajoutées aux 10 analogues ascendantes, portent à 24 le nombre de ces douleurs répercutées du plan antérieur au plan postérieur de l’individu, et réciproquement. Il en résulte une 5,vie RÈGLE dont voici l’énoncé : toutes les synalgies, ascendantes et descendantes , ont leurs deux points , irrité cl sympathique, sur la même moitié verticale du corps , — le plus souvent dans le même plan, antérieur ou ■ postérieur (tG fois
sur HO), — moins souvent un de leurs points dans l'un de ces plans et le point correspondant dans l'autre (24 fois sur 110).