‹ Les Syndicats Ecclésiastiques: Etude sur leur Légalité et leurs CausesChapitre 10 sur 34 · HO UE · texte numérisé non relu

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les biens naturels, les dons de la fortune, la puissance d'action du corps comme celle de l'esprit. Il en résulte... qu'un groupement exclusivement ouvrier, comprenant des ouvriers de métiers différents... n’est pas un groupement professionnel, pas plus que ne l'est une coalition patronale. Il en résulte aussi que dans un même métier, l'association des ouvriers seuls n'est que la moitié du groupement professionnel, tandis que le groupement professionnel intégral est l'association ou le système d’association, qui, dans un même métier, réunit les ouvriers et les patrons ». Sans doute, au sein des syndicats agricoles, une tendance à briser, là où la nécessité s'en présente, cette unité, ce caractère mixte, se rencontre de nos jours. L'ouvrier qui n’a que ses bras ne trouve guère de secours dans le syndicat agricole tel qu'il se présente à lui, car, par toutes ses tendances et tous ses services, ilest plutôt constitué pour ceux qui travaillent la terre à leur profit entier ou partiel, en tous cas dont la rémunération vient du rendement de l’agriculture et non d’un salaire fixe. Sans doute, par les coopératives de consommation (alimentation, habillement, ameublement ménager), par les sociétés d'habitations à bon marché, par les caisses de sursalaire familial, le syndicat agricole peut beaucoup en faveur du « prolétariat agricole » ; mais n'exagérons rien : en face de ces ouvriers agricoles et tant qu’il ne sera pas arrivé à les faire accéder plus ou moins à la propriété (par le bien de famille, le don ou le fermage gratuit de certaines parcelles, par le crédit agricole) le syndicat agricole mixte ressemblera surtout à un syndicat palronal. Aussi de bons esprits estiment que

open lorsqu'une nécessité réelle se présente, il est préférable au moment opportun et sans attendre l’heure des conflits ou des luttes, de grouper les ouvriers agricoles en syndicats séparés ; une commission mixte, permanente concilierait les intérêts opposés. Il y a déjà des syndicats agricoles purement ouvriers mais en petit nombre seulement, bûcherons du Cher et de la Nièvre, viticulteurs du Midi, et à tendance nettement socialiste. D'ailleurs le prolétariat agricole n’est pas somme toute très important, l’augmentation de la petite propriété, le machinisme rural ayant tendance à le diminuer ; c’est le nombre des exploitants qui s'accroît. Quoiqu'il en soit de cette question, le syndicalisme agricole est puissant tant parle nombre de ses adhérents que par les services rendus. Le syndicat est généralement mixte et communal, s’efforçant de créer des liens étroits entre ses membres. Au point de vue économique, il apparaît surtout comme un organisme d'achats en commun, achats d'outils et instruments, engrais (1), semences, achetés soit pour être répartis au prorata des besoins des associés, soit pour être conservés en commun, prêtés ou loués à des syndiqués (machines, étalons, etc...). Cette seconde forme de l’activité est l’indice d’un esprit corporatif plus intelligent. Mais le syndicat sait être mieux encore l’agent de toutes les œuvres de solidarité ; crédit agricole, mutuelles d'assurances, caisses de chômage, d'accidents de travail, de secours mutuels, offices de

(1) Le premier syndicat agricole fondé à Blois en 1883 par M. Taviray, professeur d'agriculture, avait pour missionil’achat en commun d'engrais

chimiques.

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