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plus forte » (1). La lutte des classes sera donc « la pierre angulaire du syndicalisme » (2). La grève sera l'arme de combat ; la grève entretient l'esprit combattif des foules ouvrières, la grève montre l’antagonisme des intérêts capitalistes et prolétariens, la grève ramène autour des syndicalistes toute la masse, indifférente en temps normal et qui vient s’agglutiner en période de lutte à ce noyau militant. La violence seule peut amener à la destruction de l’ordre bourgeois,. or la grève, générale, catastrophique, est le « mythe » (8), le schéma d'action qui représente symboliquement la violence et qui meut les foules dans le sens socialiste. Il faut aux hommes des idées qui les incitent à l’action, des idées-force, il faut même au prolétariat des principes mystiques : dans l’idée de Grève générale, les foules puiseront à la fois une tendance vers l’agir révolutionnaire et un assouvissement au besoin humain de l’Idéal.
De tels principes à l’organisation professionnelle, il y a loin. Sans doute, une question économique est en jeu : les problèmes de la production, de la distribution, de la consommation, préoccupent toute profession, mais ces problèmes la dépassent. La C. G. T. elle-même, sous la pression des besoins, a évolué. L’insucces de la grève générale de mai 1920, les abus d’une dictature soi-disant prolétarienne ont provoqué avec la baisse subite des effectifs une réaction ; sans
(1) Vie Sociale, supplément de l'Ame française, 6 septembre 1919 : « Histoire et Doctrine de la C. G. T. »
(2) Pouget, la C. G. T. p. 39.
(3) Georges Sorel « Réflexions sur la violence » 4e édition, p. 178.