‹ Les Syndromes de la Linite PlastiqueChapitre 13 sur 17 · DER · texte numérisé non relu

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: / suffisance pylorique qui serait le propre de ces formes infiltrées. Elle n'exclut pas un certain degré de rétrécissement d’ailleurs peu facile à apprécier du fait que l'estomac ne se contracte pas et que le pylore reste toujours béant. Ces faïts-ont été récemment confirmés el précisés comme nous le verrons plus loin. | :

Voici les observations que Pimpanneau apporte dans sa thèse sur le diagnostic radiologique du cancer de l'estomac à l’appui de conclusions identiques.

OBSERVATION 37 (in thèse Pimpanneau)

M. V., graveur, 70 ans. Entre 28 janvier 1911. Début en octobre 1g10.

Cliniquement : douleur épigastrique 1 heure après les repas, suivie de vomissements qui le calment. Un vomissement marc de café, gros amaigrissement, dégoût des viandes.

Radioscopie. — Estomac en forme de bande irrégulière située sous le bord inférieur du foie. Insuffisance pylorique.

OBSERVATION 38 (idem.)

M. L., employé de commerce, 6 ans. Entre le 27 juin 1912: | È = - Forme dyspeptique. Amaigrissement de ro kgs. Radioscopie.. — Estomac très petit, descendant à 4 travers de doigt du diaphragme, région cardiaque dilatée, région pylorique et moyenne irrégulièrement rétrécie, insuffisance pylorique. é 2

les OBSERVATION 4o (idem)

M. L., cocher, 58 ans. Entre le 7 novembre 1911. Début il y a > mois. Dysphagie pour les aliments solides, | rejet de glaires et de sang, amaigrissement.

Radioscopie. — Rien à l’œsophage, le lait bismuthé s’arrête un peu au cardia, puis traverse rapidement un très petit estomac rigide pour aller remplir l'intestin sous forme de taches irrégulières.

OBSERVATION 43 (idem) ee

M. F., 43 ans. Entre le 20 mai 1911. Début 5 mois aupavant. Signes cliniques ayant fait penser à un cancer de l’œsophage, jamais de signes gastriques. Mort par cachexie progressive.

Autopsie. -— Estomac très petit, du type globuleux, avec masses bourgeonnantes, œsophage ét cardia intacts.

Radioscopie. — Le lait bismuthé s'arrête pendant un temps au cardia au-dessus duquel il existe une dilatation large de 2 travers de doigt. Puis l'estomac se remplit et reste rétracté

sous le diaphragme.

En résumé, on retrouve dans ces observations la rigidité stomacale, la stase cardiaque et l’insuffisance pylorique. La dernière est intéressante, car c'est un exemple typique d’un cas où le diagnostic nc pouvait être fait que par la radioscopie ; il n'existait aucun signe gastrique mais seulement des symptômes œsophagiens propres à égarer le diagnostic. Ceci montre bien à la fois l’existence réelle mais la valeur trompeuse du syndrome de Soupault.

LE 'SRR TEE

Pimpanneau, dañ: sa thèse, conclut à la grande valeur séméiologique de l'insuffisance pylorique ; il dit qu'en dehors des cas où le pylore est fixé par des adhérences péritonéales chroniques on ne trouve cette incontinence pylorique que dans le cancer du pylore, surtout à forme infiltrée. :

Voici donc bien l'élément sûr du diagnostie elinique de la linite plastique : ce sont les renseignements fournis par la radioscopie. |

‘Toul ce que nous avons rapporté jusqu ici en fait abondamment la preuve. Les dernières observations: que nous citons montrent la nature de ces renseignements. Enfin et surtout l'observation de notre malade peut être considérée comme résumant tous ces faits. En particulier elle constitue l'exemple le plus net du syndrome radiologique de la linite plastique. Elle est, du reste, conforme aux conclusions des radiologues que nous avons citées et très analogue aux observations reproduites. Mais il noùs semble que les caractères radiologiques en sont plus marqués, ce qui s'explique par la précision typique des lésions analomiques. |

On peut considérer que ce qui a été décrit au cours de cette observation est le type du syndrome radiologique complet de la linite plastique ainsi constilué par trois termes caractéristiques.

1° Slase œsophagienne avec rétrécissemient filiforme du cardia. On voit l’image sombre de la bouillie bismuthée qui monte dans l'æsophage et passe

sous {orme d'un mince filet noir par un cardia rigide à La fois sténosé et incontinent.

2° La traversée stomacale se fait en trombe dans un tuyau rigide. On voit un mince filet noir correspondant à une cavité rétrécie aux parois inextensibles et rigides. Il n’y a pas de poche à air.

3° Insuffisance pylorique. Il n'existe pas d'antre prépylorique où se constituent ies bouchées comme normalement. Il n'y a pas de segmentation prépylorique mais, au contraire, le bismuth tombe dans le duodénum par le pylore à contours fixes et rigides.

Il n'y a pas un seul caractère de ce syndrome qui ne dise qu'il s’agit d’une linite plastique.

On comprend que dans certains cas le syndrome s'estompe un peu : la sténose cardiaque manque souvent ; parfois la linite se localise au pylore, Aussi, si le syndrome que nous venons de décrire peut être. considéré comme le syndrome complet, le schéma donné par Béclère est sans doute le plus fréquent.

Mais cet ensemble. peut encore se dissocier.

Dans certains cas la linite ne frappe que les parois stomacales, respectant les orifices. Il existe, dès lors, un tube rigide entre deux orifices perméables. Le pylore normal peut se contracter, aussi, ce qui domine c'est la stase œsophagienne ; l'estomac rigide ne se dilate pas ; le pylore, en réponse à l’excitation alimentaire, se ferme ; la cavité gastrique inextensible et incontractile, ne peut ni se dilater ni se vider par en bas et Ié trop plein monte dans l’œsophage. C'est à ce type que répond le syndrome clinique de

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Souppault. Sur l'écran, on constate : 1° la slase œsophagiene mais sans rétrécissement ; 2° la réduction de la cavité gastrique qui prend un aspect tubulaire, ies contractions ont disparu ; 3° le pylore est normal.

Dans d’autres circonstances le processus dé linite atteint l'estomac, s'étend au cardia et à la partie inférieure de l’œsophage. La sonde a révélé un rétrécissement réél du conduit. L'écran montre, outre le petit estomac tubulaire et incontractile, la béance d'un cardia rétréci comme chez notre malade.

Enfin, ce qui est beaucoup plus fréquent dans les formes localisées, c’est le pylore et la partie inférieure de l'estomac qui sont atteints, le cardia est indemne. Alors ce qui domine c’est l'insuffisance pylorique. Il n’y a eu, cliniquenient, que peu de signes fonctionnels et l’écran montre cette incontinence du pylore. Ce signe présente à lui seul une valeur considérable. Déjà nombreux sont les cas publiés d’insuffisance pylorique traduisant un néoplasme.

Aubourg en rapporte un en avril 1914 :

Il n’y avait pas de signes cliniques précis ; la radioscopie a montré l’incontinence du pylore et une intervention a révélé un néoplasme.

Mais, surtout, le Professeur Carnot publié avec Mauban, en mai 1918, un cas d'insuffisance du PYlore due à une linite plastique qui correspond exaclement à la forme dont nous parlons et nous permet de l’individualiser.

Le malade dont il s’agit avait présenté une symptomatologie très voisine de celle relatée dans notre

observalion ÿ; il fut trouvé, à la radioscopie, porteur d’une incontinence pylorique. Cette incontinence constante n'était modifiée ni par l'ingestion d'une solution acide, ni par l'épreuve du repas fictif ; elle n'était donc pas en rapport avec l’achylie gastrique constalée. Comme cette incontinence s'accompagnail d'une rigidité du pylore en même temps rétré ei on porta le diagnostic de linite plastique de la région pylorique, qui fut vérifié à l'intervention.

Le Professeur Carnot rapporte, en outre, dans la ième communicalion, deux autres cas d’insuffisarnce pylorique ; elle répond dans le deuxième à un réflexe dû à des adhérences gastro-coliques ; à l'inverse du cas précédent, c’est une incontinence fonctionnelle qu'on peut faire cesser par divers artifices (repas fictif, ingestion d'acide).

Dans la IT observation, l'insuffisance est encore fonctionnelle liée à la paresse du sphincter.

Il résulle de ces trois observations une opposition nette entre le syndrome d’incontinence symplomatique dune lésion organique du pylore et celui qui traduit une insuffisance réflexe. Laubry rapproche de la première observation un cas personnel analo-

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On comprend du reste que la linite plastique qui dissocie la musculeuse et transforme l'estomac là où clle le touche en une paroi rigide, réalise presque toujours lPinsuffisance du pylore, mème si elle le ré- (récit. Caussade et Rénon avaient expliqué l'atrophic stomacale constatée dans leur cas de cancer <clére-

Ro

sant pylorique par l'incontinence de cet orifice. Petibon, dans sa thèse, montre le pylore de son malade: avec ses parois épaisses el il note la dissociation de la musculeuse.

En somme, l’incontinence pylorique est, au niveau du pylore, l’homologue du manque de péristaltisme au niveau de l’estomac. :

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