‹ Les syndrômes ictéro-hémorragiques en pathologie tropicaleChapitre 17 sur 26 · ANSE · texte numérisé non relu

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vent encore est-elle émise alors sous forme dubitative. . Ces exemples que l’on pourrait multiplier sont encore actualité de nos jours.

C’est ainsi que tout récemment, le Professeur Tanon et M. R. Neveu viennent de remettre en relief les confusions possibles à ce sujet à propos d’une note communiquée à JOffice International d'Hygiène Publique, par le Professeur Ricardo Jorge, sur plusieurs épidémies nautiques de malaria à forme typhoidique simulant, du moins au début, la fièvre jaune.

« Elle montre combien le diagnostic peut être difficile quand on se trouve en présence de cas frustes ou des premières manifestations du typhus amaril. »

Cette déclaration des deux auteurs précédents présente un grand intérêt car elle montre ainsi que, de même qu'il y a une centaine d'années, l’affirmation d’un diagnostic ferme et précoce de fièvre jaune est encore actuellement des plus difficiles.

Nous allons rapporter ici l’observation de Ricardo Jorge citée par M. Tanon et M. Neveu afin de prouver néanmoins les réels progrès faits par la pathologie tro- picale grâce à l’étroite collaboration de la microbiologie moderne avec l'étude clinique qui était autrefois le seul mode de diagnostic.

Le cargo allemand « Ernst Brokelmann » arrive le 27 septembre 1930 à Lisbonne, revenant du Sénégal où il a fait escale à Dakar, Rufisque et Kaolak. Le médecin sanitaire de Lisbonne trouve 10 malades à bord sur 21 hommes d'équipage. Ils présentent tous de la fièvre, de la céphalalgie, une langue saburrale, de la bradycardie et une prosfration très accentuée avec délire.

Le 1°, le 2 et le 3 octobre, quatre de ces malades

meurent. Le navire poursuit sa route et de nouveaux cas se produisent à bord, un marin est débarqué à Dunkerque et deux à Amsterdam. |

Devant la violence de cette épidémie, on pense d’abord à une affection du groupe typhoïdique, mais les séroagglutinations restent négatives. On songe alors à la fièvre jaune, car l’un des malades a présenté un ictère caractéristique peu de temps avant de mourir.

Les autopsies montrent une hypertrophie de la rate, un aspect stéatosique du foie, des reins, du myocarde, et de l'œdème pulmonaire.

On émet alors l'hypothèse que ces matelots ont été contaminés dans une escale en AO.F. Déjà en 1911 un jauneux infecté en Guinée Portugaise était venu mourir au Lazaret de Lisbonne.

Mais avant de poser officiellement ce diagnostic, M. Ricardo Jorge demanda au Service de santé des colonies s’il existait des cas de fièvre jaune en A.OF. Le médecin inspecteur général Lasnet, répondit aussitôt qu'il n’y en avait pas pour le moment au Sénégal.

C'était là un argument de première importance, auquel s’en ajoutèrent deux autres : l’absence d’albumine et l’absence d’altération nécrotique du foie.

C'est alors que le docteur Luiz Figueiria eut l'idée de faire des frottis de la pulpe splénique dans laquelle il retrouva du plasmodium falciparum.

Il s’agissait d’une forme grave de paludisme contracté vraisemblablement à Kaolak où les marins étaient descendus à terre.

Ce parasite fut de même retrouvé dans le sang des malades en cours.

Fait curieux, cette épidémie de paludisme à forme

de SL —

ictéro-hémorragique n’est pas la seule. Des cas analogues furent signalés à bord de navires faisant escale à Lisbonne à peu près à la même époque.

Le vapeur allemand « Anna Marguareth Petersen », parti le 14 septembre de Balthurst, fut obligé au retour de relâcher à Lisbonne, car 9 hommes de l'équipage sur 18 étaient malades.

Tous présentèrent de la fièvre, de la céphalalgie, un abdomen douloureux.

Le paquebot français « Belle-Isle » revenant du Brésil et ayant fait escale à Dakar, arriva à Lisbonne le 4 novembre, avec trois matelots déserteurs anglais qui durent être hospitalisés pour fièvre, rachialgie, vomissements.

Pour ces malades, le traitement par la quinine trancha tout de suite le diagnostic.

Enfin, le 20 novembre, le vapeur « Margaret Cordes » dut relâcher à Lisbonne, venant de la Gambie Britannique, car 8 hommes sur 24 étaient atteints des mêmes symptômes.

Ces quelques observations récentes font ressortir les hésitations par lesquelles on passe encore de nos jours devant des symptômes simulant. tout au moins au début, la fièvre jaune, c’est-à-dire à la période où il serait efficace de prendre des mesures préventives énergiques afin d’enrayer le développement de cette maladie si son diagnostic pouvait être posé et surtout confirmé.

Nous voyons cependant que grâce aux examens de laboratoire, passés actuellement dans la pratique médicale courante, il a été possible d'éliminer d'autres affections en particulier, la fièvre thyphoïde, par des examens sérologiques négatifs, et d'affirmer l’origine paludéenne des cas étudiés par des recherches hématolo-

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