‹ Les Syndromes Parkinsoniens en Pathologie MentaleChapitre 14 sur 34 · DAMON ES · texte numérisé non relu

DAMON ES

la face, à la moindre émotion ou sans cause : ce sont une rougeur uniforme qui s'atténue brusquement, ou des plaques rouges polycycliques, plus longtemps persistantes, qui s'étendent au cou et à la partie supérieure du thorax. Généralement bilatéraux, ces phénomènes congestifs peuvent ne s’observer que d’un côté, comme chez une de nos malades, mélancolique parkinsonienne, dont la rougeur survient à droite, du côté de l’hypertonie et ne dépasse pas le milieu du front, l’arête du nez, le milieu de la bouche, du menton et du cou.

Le dermographisme est fréquent.

Nous observons souvent des modifications très importantes, d’un jour à l’autre, dans le calibre des veines : saillantes et gonflées aujourd’hui après la pose d’un garrot, demain elles seront extrêmement fines, molles et fragiles, sur un membre uniformément cyanosé.

Les crises de sueur surviennent à l’occasion d’un choc émotif quelconque, ou sans cause; elles sont souvent nocturnes.

La séborrhée de la face est souvent intense, et durable : la peau est luisante et grasse.

La sialorrhée est rarement très accentuée telle que la salive s’écoule par les commissures labiales ; dans la plupart des cas on n’observe aux commissures qu’une légère mousse quand le malade parle, tandis qu’il fait de vains efforts de déglutilion ; on note une légère dysarthrie.

L’acrocyanose, avec humidité et refroidissement des extrémités, est souvent observée, bilatérale d’habitude, mais parfois unilatérale, et alors du côté le plus hypertonique.

Les phénomènes d’acroasphyxie, avec doigts blancs, sont plus rares.

Les œdèmes, blancs ou rosés, durs, atteignent surtout les extrémités (pieds et chevilles, mains plus rarement), mais aussi quelquefois la face (joues, paupières). Ils siè-

gent des deux côtés ou sont unilatéraux, apparaissent quelquefois alternativement d’un côté, puis de l’autre.

Le Métabolisme musculaire est quelquefois perturbé, mais non d’une façon constante. Chez cinq malades, sur onze examinés à ce point de vue, la créatinine urinaire était nettement augmentée (de 1 gr. 10% à 1 gr. 76 Yo). Des traces d'acétone étaient révélées dans les urines de ces mêmes malades.

Ces résultats concordent avec ceux obtenus par MM. Froment et Velluz chez les parkinsoniïens encéphalitiques.

Les Troubles digestifs nous ont paru d’une extrême fréquence. Déjà, Uréchia, qui avait étudié à ce point de vue une série de 24 parkinsoniens, avait trouvé la ptose gastrique dans 76,16 % des cas. En l’absence d’examen radiologique systématique, ilne nous est pas possible de citer des chiffres. Mais, la grande majorité de nos malades sont des constipés chroniques ; leur digestion est lente, ils sont somnolents après les repas, ils se plaignent d'un poids sur l'estomac, de régurgitations acides. Chez beaucoup d'entre eux, le début de la maladie a été marqué par des troubles digestifs prolongés. Il semble que, dans un grand nombre de cas au moins, l’hypotonie des muscles lisses accompagne l’hypertonie de la musculature striée.

Les ictères sont fréquents, mais nous paraissent relever directement de l'infection initiale.

L’Asthénie, que beaucoup d'auteurs ont notée, mais qu'il n’est pas habituel de décrire parmi les signes du syndrome parkinsonien, nous paraît au contraire devoir prendre une place très importante dans la symptomatologie. Si elle n’a pas la valeur diagnostique des signes majeurs, plus objectifs, elle apparaît avec une telle constance qu’elle doit être tenue, nous semble-t-il, pour un signe de premier ordre.

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