‹ Les Syndromes Parkinsoniens en Pathologie MentaleChapitre 23 sur 34 · Congrès d'Anvers · texte numérisé non relu

Congrès d'Anvers

mélancolie, etrapportent ces faits à |’ «€ hypertonie psychomotrice » qu'ils décrivent.

Cette hypertonie psycho-motrice, réalisée dans des états psycho-organiques variés, et dont l’exemple le plus caractéristique est fourni par la catatonie, est caractérisée par « l’existence concomitante d’une raideur intense d’apparence volontaire et d’un engourdissement psychique allant parfois jusqu’à l'aspect de la stupeur ». Elle est liée à l’en— gourdissement psychique, au contraire de la rigidité parkinsonienne ; elle disparaît lors du réveil provoqué du sujet, mais n’est pas modiñée à la suite de l’injection de 1 mgr. de scopolamine.

Nous n'avons pas pratiqué, chez nos malades, l'épreuve de la scopolamine, mais nous avons observé que l’atropine à doses élevées (5 à 15 mgr.) atténue ou fait disparaître la rigidité.

Nous regrettons de n’avoir pu accuser les caractères du parkinsonisme par des études physiologiques (chronaxie, tracés électro-myographiques, réactions labyrinthiques..….).

Certes, nous avons observé, dans quelques cas, l’association ou la succession des syndromes parkinsonien et catatonique, la catatonie apparaissant par crises, avec tous les caractères habituels, et s’accompagnant de stupeur. Cette association ou cette succession des deux syndromes a d’ailleurs été fréquemment observée dans l’encéphalite épidémique par Guillain et Gardin, Petit, Babinski, Catola, Lhermitte, Dufour, Tretiakoff et Bremer, Verger et Hesnard, Sabrazès et Massias, etc.

Mais, dans les syndromes parkinsoniens que nous décrivons, la rigidité est variable (mais les études de M. Froment ont bien montré que l'intensité de l’hypertonie parkinsonienne est inconstante), du moins n’observons-nous aucune variation momentanée des symptômes suivant l’état d’engourdissement psychique plus ou moins accentué, non plus que des stéréotypies, du néga-

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tivisme, du maniérisme. La rigidité s'accroît au cours des épreuves de déséquilibre. Les réflexes de posture sont exagérés, les réflexes d’attitude abolis.

Il existe néanmoins, entre le syndrome moteur et le syndrome psychologique, un parallélisme sur lequel nous avons déjà insisté : nos malades sont constamment calmes où bradypsychiques et le syndrome moteur s’efface au cours d’un accès d’agitation. [Il est d’ailleurs classique que les parkinsoniens sont bradyphréniques, et Ball insistait déjà sur les psychoses dépressives de la maladie de Parkinson. Abadie, d'autre part, a observé la disparition d’un syndrome parkinsonien au cours d’un accès maniaque contingent.

Mais l'existence de ce parallélisme psycho-moteur n’implique pas la subordination des troubles moteurs aux troubles psychiques ou inversement. Elle montre seule ment le rôle très important que jouent les éléments de la motricité dans le mécanisme de l’idéation et de la vie psychique. Ribot, puis Courbon, Petit et d’autres auteurs ont soutenu cette opinion. Parhon et Derevici, plus récemment, à propos d’un cas de mélancolie parkinsonienne, ont émis l'hypothèse que les mêmes lésions pouvaient produire l'apparition de syndromes psychologiques et moteurs parallèles, le déficit cellulaire entraînant la rigidité, la bradycinésie, la bradypsychie, tandis que des lésions irritatives des mêmes régions cérébrales produiraient l'excitation intellectuelle, l’aisance motrice et l’agitation. Pour non vérifiée qu’elle soit, cette hypothèse n’en est pas moins séduisante, et rend compte des faits cliniques.

Dans quelles régions du cerveau siègent les lésions, définitives ou passagères, qui sont à l’origine de ces syndromes parkinsoniens ? L'absence de documents anatomiques nous

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