OBSERVATIONS
Nous ne pouvons rapporter, dans le détail, les 151 observations positives sur lesquelles nous avons fondé notre travail, ni résumer en quelques lignes les éléments les plus importants de chacune d’elles, ce qui leur enlèverait tout caractère clinique.
C’est pourquoi nous avons préféré n’en citer qu’un petit nombre, choisies de telle sorte que chaque forme clinique soit appuyée d’un exemple. Les syndromes parkinsoniens de tous nos malades ont des caractères semblables à ceux que nous décrivons dans ces quelques observations ; l’évolution clinique est analogue dans tous les cas.
Artério-sclérose cérébrale.
Obs. I. — M. D..., âgé de 86 ans, atteint de cérébro-sclérose lacunaire, a présenté des troubles mentaux caractérisés par : de l’affaiblissement intellectuel, de l’amnésie de fixation et d’évocation, des bouffées de confusion mentale onirique, vespérale ou nocturne, de la subanxiété avec instabilité, des idées délirantes de préjudice.
Guéri après deux mois de traitement des troubles qui avaient motivé l’internement, M. D... ne présentait plus, quand il a quitté la maison de santé, qu'un affaiblissement des facultés intellectuelles.
Le syndreme organique n’élait pas modifié. Depuis de longues années M. D... se plaignait de vertiges ; il avait présenté
des crises de parésie transitoire du membre supérieur droit.
Lors de son internement, nous avons observé :
— Une attitude soudée; la marche, à petits pas, était difficile et lente, sans balancement des bras ;
— Une hypertonie bilatérale légère, très accentuée par la manœuvre de Froment ;
— Un fremblement parkinsonien du pouce gauche, intermittent ;
— Une nstabililé de la main gauche, avec itrémulation des doigts ; la main droite est plus stable ;
— Un fremblement-rythmique du maxillaire inférieur ;
— L'exagération des réflexes de posture ;
— Une paralysie faciale gauche avec ptosis de la paupière gauche ;
— Des réflexes ostéo-tendineux et cutanés faibles et inégaux ;
— Un signe de Babinski bilatéral ;
— Une ébauche de clonus du pied droit ;
— Liquide céphalo-rachidien normal, mais hypertendu (40).
-— Azotémie importante (4 gr. 25 puis 0,75);
— Claugor du 2e bruit à la base du cœur ;
— Tension artérielle 14-9 (Pachon);
— Polyurie avec albuminurie légère ;
— Thorax en entonnoir.
Psychoses polymorphes.
Obs IL. — Mme H..., sans antécédents notables, présente un syndrome psycho-organique polymorphe dont le début remonte à 1927:
Douce, vive, active jusqu'alors, elle devient bizarre, indifférente à ses affaires, inquiète; elle erre sans but dans sa maison, exprime des idées de suicide. Elle devient lente, figée, a des yeux hagards. Elle souffre de céphalalgies chaque matin. Elle ne dort pas, ou dort mal. Ses règles sont irrégulières. On remar-
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que des troubles de l'écriture, variable d’une page à l’autre, d'abord fine, puis grosse.
Après un traitement en cure libre, une crise d’agitation coléreuse avec grossièretés et violences provoque l’internement en
Mme H..., est traitée à la maison de santé de Ville-Evrard de 1931 à 1933.
Au point de vue psychologique, elle est dans un état de morosité irritable (D' Petit). Elle est souvent déprimée, manque de spontanéilé ; elle est réticente, ironique, méchante. Elle persifle et proteste sans cesse, n’admet aucun traitement. Elle est négativiste par intervalles et présente de courtes crises d’excitation coléreuse.
Plus docile lors de sa sortie, elle conservait néanmoins des sentiments de rancune contre son mari et contre les médecins, et d'énormes troubles du jugement.
Le syndrome organique présenté par Mme H., est fort riche.
L’asthénie est très accusée et constante.
Les réflexes ostéo-tendineux sont exagérés.
L'aspect général est soudé, le facies figé, mais le regard vif et brillant.
L’hypertonie est généralisée, mais nettement plus accusée du côté gauche, où l’on observe une crémaillère très nette.
Les réflexes de posture sont exagérés du côté gauche.
Les mâchoires sont serrées par un /rismus permanent.
Les mouvements automatiques du membre supérieur gauche sont abolis.
Les mains sont instables et tremblantes ; on observe par intermittence des secousses rythmiques du pouce droit analogues à celles du tremblement parkinsonien classique.
La langue est très instable.
Les muscles péri-buccaux sont animés de contractions fibrillaires.
On observe parfois des crises de tremblement généralisé.
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La parole est monotone, par instants spasmodique.
Les mains sont froides et cyanosées, la peau en est squameuse.
Les pupilles sont en mydriase, le contour en est légèrement déformé.
Il existe une paralysie faciale droite.
On observe un tic fréquent de plissement du frontal.
Le pouls est irrégulier : tantôt 80 pulsations par minute, tantôt 110.
Tension artérielle 15-9 (Pachon).
Le liquide céphalo-rachidien est hypertendu.
Mme H... a une fille atteinte d'un syndrome psycho-organique qui à débuté en 1930 par un 2ctère avec prurit, sans fièvre. De vive et normale qu'elle était avant, Mlle H.. est devenue lente, timide, distraite ; elle est souvent anxieuse, irritable ; son activité psychique est très ralentie. Elle a des cauchemars. Sa parole est monotone. Elle a présenté de l'insomnie ét de la somnolence, des céphalalgies, des secousses violentes des membres pendant la nuit (pendant plusieurs mois), des alternatives d’amaigrissement et d’obésité (20 kgr. d'écart), de la dysménorrhée.
Obs. LIL. — Mile G..., âgée de 56 ans, est atteinte d’un syndrome psycho organique polymorphe chronique.
Elle a présenté des convulsions à l’époque de la dentition. À l'âge de 10 ans, une muladie infectieuse éliquetée « fièvre typhoïde » provoqua un ralentissement extrême du développement psychique, jusqu'alors normal : Mlle G... aura toujours un comportement puéril.
A l'âge de 27 ans, apparaissent : de l'insomnie nocturne avec agitation, des alternatives d’obésité et d’amaigrissement (de 50 à 90 kgr.), des crises hystériformes accompagnées de perte de conscience et suivies de troubles de la parole, qui est embarrassée ou impossible.
Des crises d’anxiété hallucinaloire avec idées de persécution
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mal systématisées, une inertie progressive,se manifestent à la même époque et font interner la malade.
Elle présente pendant plusieurs années des crises d’anxiété avec colère, cris et violences, du négativisme, des idées de persécution mal systématisées, des stéréotypies verbales et graphiques, des crises hystériformes, des crises de tremblement, des crises de sueurs, des algies multiples, des accès de fièvre inexpliqués.
Elle se calme cependant peu à peu, et vit en liberté pendant quinze ans.
Internée de nouveau en 1933, c’est actuellement une malade calme, lucide, affectueuse, très adaptée, qui lit les journaux et s'intéresse à tout. Mais elle conserve une activité très réduite, elle est souvent inerte et exprime de temps à autre de vagues idées de persécution.
Elle présente, à un degré très accentué, des s/éréolypies verbales avec palilalie et tachyphémie parox ystique accompagnées d'anxiété et accrues par les émotions (qui provoquent même de l’inhibition verbale), et des stéréotypies graphiques.
C’est une parkinsonienne chez qui le syndrome est particulièrement mobile : on avait noté, il y a un an, de l’hypertonie et l'abolition des mouvements automatiques du côté gauche ; les membres gauches sont actuellement souples, alors qu'on observe une crémaillère du membre supérieur droit, une abolition totale des mouvements automatiques, l’exagération des réflexes de posture et l'abolition des réflexes d’attitude de ce côté.
La marche est lente etsoudée.
Les réflexes de posture sont exagérés.
Le facies est figé et asymétrique (parésie faciale droite).
Les réflexes ostéo-tendineux sont exagérés, l'antibrachial droit polycinétique.
Le liquide céphalo-rachidien est normal.
A. Baudard [A
Syndromes à prédominance d’anxiété.
Obs. IV. — Mme L.., née en 1865, a présenté à l’âge de 68 ans un syndrome dépressif avec asthénie, anxiété et crises de larmes, tentative de suicide ; elle a guéri en trois mois.
Depuis la ménopause, survenue à l’âge de 44 ans, Mme L..., était très asthénique, dormait mal la nuit, somnolait après les repas, avait des crises de sueurs ; depuis sa jeunesse, elle souffrait de troubles”digeshfs, et à l'âge de 60 ans, on avait dù intervenir sur la vésicule biliaire (lithiase).
Lors du syndrome dépressif anxieux qui avait motivé son internement, l'examen organique a montré :
— Une Aypertonie bilatérale que la manœuvre de Froment révêlait prédominante du côté droit lorsqu'on examina la malade pour la première fois ; lors de sa sortie, on observait: au membre supérieur droit une résistance cireuse, au membre supérieur gauche une crémaillère très accentuée par la manœuvre de Froment ;
— Une abolition des mouvements automatiques du côté gauche, une forte diminution du côté droit. La marche était lente, saccadée, les bras restant collés le long du tronc ;
— Des secousses brusques et irrégulières des doigts ;
— Un tremblement céphalique (existant depuis trois ans, accru en même temps qu'apparaissait l'anxiété\, transversal, arythmique, avec des oscillations brusques, mais d'intensité extrêmement variable, pouvant être momentanément arrêté sous l'influence de la volonté, plus accentué quand l'attention est détournée, quand la malade parle, cessant parfois complètement. Ce tremblement, était moins intense après sédation de l’anxiété ;
— Un tremblement de la langue, qui était instable ;
— Des fibrillations des muscles de la joue droite, des museles du menton et des muscles péribuccaux ;