‹ Les Syndromes Parkinsoniens en Pathologie MentaleChapitre 27 sur 34 · DAT RR · texte numérisé non relu

DAT RR

— de l’anisocorie (P G > PD).

Le liquide céphalo-rachidien était normal.

Obs. V. — Mme V..., âgée de 73 ans, dans les antécédents de qui on ne relève rien d'autre qu'une scar latine à l'âge de 12ans, et des migraines fréquentes, présente un syndrome de mélancolie chronique avec obnubilation intellectuelle, tristesse, subanxiété, idées délirantes d’auto-accusation, de damnation, de négation d’organes, inertie et désintérêt, troubles conscients de la mémoire.

Au point de vue organique, on note :

— Un thorax en entonnoir :

— Un amaigrissement très accentué, avec amyotrophie des muscles interosseux, des éminences thénar et hypothénar ;

— L'abolition du réflexe patellaire droit et des réflexes achilléens droit et gauche ;

— L'abolition des réflexes cutanés abdominaux ;

— Une hypertonie généralisée : les muscles sont durs et saillants, l’extension complète des membres est impossible ;

On obtient après deux ou trois mouvements de flexion passive des membres supérieurs une roue dentée bilatérale ;

— L'abolition des mouvements aulomatiques des membres supérieurs pendant la marche, qui est lente et lourde, trainante, saccadée, sautillante ;

— Des mouvements brusques d’ins{abilité des doigts ;

— Une pigmentation café au lait, en taches polycycliques, de la face dorsale des mains et des joues.

Obs. VI. — Mme C..., âgée de 45 ans, atteinte de mélancolie anæieuse chronique avec syndrome neuro-endocrinien complexe, a des antécédents héréditaires très lourds (père et mère morts aliénés à la suite d’une « grippe infectieuse », un bisaïeul maternel suicidé, grand-père maternel alcoolique, grand-père paternel épileptique).

Elle-même fut toujours asthénique. Depuis son adolescence

nt

elle était timide et préoccupée de sa santé, s’ennuyait souvent. Depuis l’âge de 16 ans, elle eut des troubles digestifs très accusés. Les règles étaient irrégulières, abondantes et douloureuses.

En 1924 la dépression psycho-organique s’accentue, et en 1926 la malade exprime des préoccupations « hypochondriaques ». Elle se plaint de douleurs hépatiques et gastriques ; sa vue se trouble ; elle zézaie parfois.

En 1928 elle devient plus anxieuse, exprime des craintes imaginaires, a peur de-mourir. Elle présente alors une crise d'anxiété avec sensation d’arrêt du cœur, tremblement généralisé, facies vultueux.

En mars 1929, elle a des insomnies rebelles, de l’aménorrhée, reste inactive.

Depuis 1930 c’est une mélancolique qui présente de l’inhibition psychique avec sentiment d'impuissance, des crises d’anxiété avec agressivité, qui fait de multiples tentatives de suicide, refuse les aliments, exprime des idées de ruine, d’autoaccusation, d’incurabilité.

Le syndrome organique, schématisé, comporte les éléments . suivants :

— Asthénie extrême, avec fatigabilité au moindre effort ;

— Syndrome d'insuffisance thyroïdienne : peau pâle, jaune, infiltrée ; joues dures et œdématiées : cheveux rares, sourcils dégarnis ;

— Syndrome parkinsonien : hypertonie bilatérale avec crémaillère du membre supérieur droit, abolition des mouvements automatiques et exagération des réflexes de posture de ce côté ; crises d'hypertonie des mains (analogues à la tétanie), et du

membre supérieur droit, qui se durcit et devient impotent et

douloureux ;

— Tremblement irrégulier des membres, surtout des membres inférieurs ;

— Secousses brusques de la tête et des jambes ; tic de relèvement brusque de la tête ;

— Crises de catanlexie ;

— Dyÿsarthrie intermittente ;

— Troubles du sommeil : insomnie nocturne et accès prolongés de somnolence diurne ;

— Troubles oculaires : crises de nictitation palpébrale ; trouble épisodique de la vue ; anisocorie (PD > PG) :

— Troubles vaso-moteurs : extrémités froides avec crises d’acro-asphyxie ; œdèmes des chevilles, des joues, des paupières ;

— Troubles de l’équilibration : titubation pendant la marche, qui est lente et soudée ; titubation dans l'épreuve de Romberg ;

— Adiadococinésie ou pseudo-adiadococinésie par hypertonie ;

— Parésie paroxystique des membres inférieurs avec impotence ;

— Perturbation de la réflectivité ostéo-tendineuse : les patellaires sont très faibles, le gauche plus faible que le droit, les achilléens sont très faibles ;

— Troubles digestifs : ptose gastrique, constipation, langue saburrale, haleine fétide ;

— Anémie accentuée : conjonctives et lèvres décolorées ;

— Algies multiples : céphalalgies, troubles cœnesthésiques, sensation d’arrachement des yeux ;

— Instabilité du pouls (72-84) ;

— Tension artérielle basse 11-7 (Pachon) ;

— Hypertension du liquide céphalo-rachidien (45 au Claude) ;

— Da vitiligo, une pigmentation de la face en brun, des verrues multiples apparaissent par périodes depuis le début de la maladie.

Confusion mentale de cause indéterminée

Obs. VII. — Mme Pd..., âgée de 30 ans, atteinte de confusion mentale hallucinatoire (désorientation discordance, mobilité de

l'humeur, crises d’anxiété avec désordre des actes, hallucinations), dont le début a été précédé par une longue période de fièvre (3708, 38° pendant six mois, et 399 au moment des règles) et accompagné d'un amaigrissement accentué, a présenté au point de vue organique :

— De l’exagération des réflexes tendineux ;

— De l’engourdissement et des secousses brusques des membres ;

— Un tic de mâchonnement ;

— Une mydriase énorme ;

— Une Aypertonie bilatérale, plus accentuée à droite, la manœuvre de Froment provoquant un blocage des deux membres supérieurs ;

— Une abolition presque complète des mouvements aulomatiques à droite, une diminution très accentuée à gauche,

Psychoses maniaco-dépressives.

Obs. VIIL.— Mme N..., âgée de 45 ans. Psychose périodique.

Antécédents héréditaires : grand-père et père alcooliques, ont eu des troubles mentaux. Mère psychopathe.

Mme N... a eu la syphilis en 1913, a été traitée pendant deux ans.

Elle a toujours été constipée.

Normale jusqu en 1915, elle fut alors internée pour une crise d’excitation avec idées délirantes d'influence et mystiques. La guérison fut totale, après sept mois.

En 1921, elle eut un érysipèle .

En 1922, elle fut internée de nouveau (un mois), lors d’un accès semblable au premier ; mais elle présenta alors des douleurs très violentes dans les membres, avec une hyperesthésie cutanée extrême. La guérison fut complète.

En 1931, elle a présenté pendant huit jours de l’impotence du côté droit.

En 1932, la malade fut internée pour la troisième fois. On observait alors un syndrome d’excitation confuse, de type souvent maniaque, avec incohérence des propos, variabilité de l'humeur, fuite d’idées, impossibilité de fixer son attention, apparence d’automatisme mental de type représentatif, périodes d’inhibition psychique avec anéantissement et ébauche de cataplexie.

On notait aussi : des stéréotypies motrices, du maniérisme, du négativisme, une tendance à conserver les attitudes passives.

Un tremblement vibratoire de tout le corps, intermittent ;

L’exagération des réflexes ostéo-tendineux ;

Une paralysie faciale gauche ;

de la tachyeardie (128) ;

de la fièvre (38° pendant cinq jours), mais de la furonculose (à droite) ;

l'hypertension du liquide céphalo-rachidien (45) ;

de l’hyperazotémie (0,75).

Il n’y avait pas d'éléments de parkinsonisme.

Pendant ce séjour à la maison de santé, Mme N.., a souffert de douleurs dans les genoux, sur le trajet des sciatiques ; d’engourdissement des membres, surtout à droite, de céphalalgies ; d’insomnie.

On a observé plusieurs crises de cataplexie pendant la période de confusion, en même temps que de la palilalie.

Calme, consciente, mais non guérie, quand la malade quitte le service après un mois de traitement, elle est encore fatigable, a des troubles de l'attention volontaire, de l'excitation verbale, des troubles du jugement ; elle est subanxieuse.

On note alors :

l’exagération des réflexes tendineux ;

une hypertonie légère et une diminution des mouvements automatiques du membre supérieur droit, qui est animé d’un tremblement intermittent ;

un tic de nictitation palpébrale très accentué,

nn

La malade se plaint de diplopie intermittente, d'une baisse épisodique de l’acuité visuelle.

Mme N..… reprend une vie normale.

Le 6 mars 1933, elle est internée pour la quatrième fois.

Elle présente un syndrome de confusion mentale avec agitation, désordre des actes, théâtralisme, automatisme mental, idées délirantes mystiques.

Elle est opposante et catatonique par intervalles, se plaint « d'électricité dans les veines. »

Le pouls bat à 100,

On observe un tremblement vibratoire avec secousses du membre supérieur droit.

Le réflexe patellaire droit est très vif, le gauche polycinétique.

Les réflexes cutanés abdominaux sont abolis.

Les réflexes plantaires sont indifférents.

Le 13 mars, on observe un zona de la fesse gauche.

Mme N... quitte le service après un mois de traitement. Elle présente encore du mentisme, et des troubles du jugement, des accès de somnolence.

L'examen organique montre :

— Une hypertonie légère des deux membres supérieurs, plus accusée du côté droit, spontanément et par la manœuvre de Froment ;

— Une abolition presque complète des mouvements automatiques du membre supérieur droit ;

— Des mouvements d’instabilité des doigts, plus nets à droite ;

— Une diminution de la force musculaire du membre supérieur droit ;

— Une parésie faciale gauche ;

— Des crises de nictitation palpébrale avec spasme et révulsion des globes oculaires.

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