‹ Les Syndromes Parkinsoniens en Pathologie MentaleChapitre 28 sur 34 · SÉRIE · texte numérisé non relu

SÉRIE

Obs. IX. — Mme B.., née en 1898. Psychose maniacodépressive.

Mèré suicidée à l’âge de 48 ans.

Mme B..., jusqu'alors normale, non cyclothymique, fut atteinte de mélancolie anxieuse à l'âge de 25 ans, après une /aussecouche suivie d'un épisode fébrile. Ce premier accident dura cinq mois.

Quatre ans plus tard, en 1927, huit jours après un accouchement suivi de fièvre, commença d'évoluer une crise de manie aiguë, qui guérit en trois mois.

En décembre 1932, une nouvelle crise de manie s'installa peu à peu (à la suite d’une cure d’amaigrissement et de fatigue intense), au début de laquelle on note une azotémie importante ; la malade, internée à Ville-Evrard en février 1933. présente alors un accès de manie franche et, au point de vue organique : de la tachycardie (100), de la dysphonie (voix de rogomme, intonation virile), un tic de succion avec protrusion des lèvres. Pas d’hypertonie.

Sortie, plus calme, mais non guérie, aprè un mois de séjour à la maison de santé, Mme B... y est de nouveau internée en avril 1933 : elle présente alors un syndrome dépressif avec viscosité mentale très accusée, lenteur extrême des réactions psychomotrices, sans idées délirantes. Elle est très asthénique.

Le teint est jaune, bilieux, le facies figé et séborrhéique.

On note une Aypertonie généralisée, plus accusée du côté droit ; la manœuvre de Froment fait apparaïtre aux deux membres supérieurs une crémaillère, puis un blocage complet.

Les mouvements automatiques sont extrémement diminués des deux côtés, et davantage à droite.

On n’observe pas de tremblement.

Le pouls bat à 100 par minute.

Trois mois plus tard, la malade quitte le service, améliorée mais non guérie, encore figée, subanxieuse, rélicente, hostile et inconsciente du caractère pathologique de son état.

Le pouls bat à 96.

St NS SN =st ?

Les réflexes tendineux sont faibles.

On note une légère parésie faciale droite, une très forte déviation de la langue à droite. La langue est tremblante.

On observe un tremblement vibratoire fin des extrémités, surtout accusé du côté droit, avec de brusques mouvements d'instabilité latérale des doigts.

L'hypertonie est moins intense, et la manœuvre de Froment l’exagère surtout du côté gauche.

L'amplitude des mouvements automatiques est encore très réduite et sensiblement égale des deux côtés.

Démenee précoce.

Obs. X. — Mile A.., démente précoce, âgée de 26 ans.

Les premiers symptômes apparurent en 1928 : tics de la face, grimaces, trismus.

L’anxiété, jusqu'alors légère, s’accroît en décembre 1929, après le suicide du père, et de plus en plus pendant les mois qui suivent. On observe alors un défaut d'initiative, de spontanéité, une diminution consciente des sentiments affectifs, des obsessions, des idées d'influence.

Mile A... est très asthénique et maigrit brusquement,

On l’interne à la maison de santé de Ville-Evrard, en 1932, à la suite d'une tentative de suicide. |

Elle présente alors un syndrome hébéphrénique avec discordance, idées délirantes d influence et de suicide, négativisme, désordre des actes, ironie, oscillations de l'attention.

Ce syndrome psychologique reste sensiblement le même, dominé par la discordance, l’ambivalence, les troubles de l’associalion des idées, et l'anxiété, surtout nocturne, avec Aanemnes périodes d'amélioration passagère.

Le syndrome organique est très riche :

La malade se plaint souvent de /atique générale, de céphalalgies, de douleurs gastriques.

CE

On observe, par périodes, un amaigrissement brusque (11 kgr. en un mois).

Elle n’est pas réglée depuis deux ans.

Elle est gâteuse par intervalles.

L'insomnie est fréquente.

Elle a présenté en 1932 une éruption zostériforme bilatérale sur le trajet des sciatiques, quelques mois plus tard une éruption piquetée rouge de la face, et plusieurs fois de l’herpès labial.

On a observé des attitudes cataleptoïdes et hystériformes, des spasmes de la région sous-diaphragmatique (ébauche de danse du ventre), des tics de la face, un rictus rythmé de l’hémiface gauche, se produisant toutes les quatre secondes.

La tête est parfois maintenue dans l'attitude de l’oreiller psychique.

L'examen organique montre :

— Une amyotropie généralisée.

— Une hyperlonie bilatérale, variable d'intensité sur un membre ou l’autre suivant les jours, parfois plus accusée aux membres inférieurs; aux membres supérieurs, elle est plus marquée à gauche, mais tantôt la roue dentée est nette, tantôt la résistance est minime. On observe parfois une hypotonie relative, surtout nette au niveau des mains.

— La marche est assez souple, les mouvements automatiques variables : ils existent à droite ; à gauche ils sont parfois abolis, d’autres fois seulement diminués.

— Un tremblement vibratoire des extrémités, d'intensité variable ; on a observé plusieurs fois des crises de tremblement généralisé.

— Les réflexes tendineux des membres inférieurs sont abolis.

— Les pupilles, inégales (G => D) sont en mydriase très accentuée. On note de fréquentes crises de nictitation avec révulsion des globes oculaires.

Le liquide céphalo rachidien est hypertendu (40 au manomètre de Claude), mais normal par ailleurs.

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