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Obs. XI. — M. M..., dément précoce, âgé de 33 ans, présenta de l’insomnie avec cris de l’âge de 6 mois à l’âge de 2 ans. À 2 ans, il eut une crise convulsive isolée ; il urina au lit jusqu’à l’âge de 5 ans.
Le développement intellectuel et affectif s’effectua normale- Met.
C’est à l’âge de 12 ans qu’on nota les premières bizarreries de caractère, une périodicité dans le travail scolaire et l’activité générale, et, par périodes, des crises de bégaiement ou d’embarras de la parole.
A l’âge de 14 ans, il se plaint de fatigue matinale intense et devient paresseux. Il est obèse, a toujours soif et faim, absorbe d'énormes quantités de liquide et d'aliments. Il a des algies, notamment « la sensation d’une bête dans la poitrine qui le dévore ».
En 1917, on note des symptômes de grippe (céphalalgie, courbature, asthénie), sans fièvre.
C’est alors qu'apparaissent de l'anxiété et des hallucinations nocturnes, des réactions violentes entrecoupant de longues périodes d'inertie subanxieuse (signe du miroir).
Plusieurs internements sont nécessaires dès 1918. La rémission classique ne dure que quatre mois. En 1925, le malade est définitivement interné à la maison de santé de Ville-Evrard.
C'est alors un hébéphrénique inerte, impulsif, stéréotypé, gâteux par intervalles.
On note déjà de l’hyperlonie avec exagération des réflexes de posture. En 1926, M. Guiraud observe un fremblement de la tête qui fait l’objet d’une présentation à la Société clinique de médecine mentale. Ce tremblement céphalique disparaît plusieurs fois en 1929 à la suite d'injections de nucléinate de soude, puis reparaît.
On note, en 1929, de la catatonie avec tendance à la conservation des attitudes, puis une hypertonie généralisée, mais plus marquée du côté gauche, avec abolition des mouvements automatiques du membre supérieur droit ; un tremblement inter-
mitlent et variable du membre supérieur droit, qui prend parfois les caractères du mouvement de fileuse de la maladie de Parkinson.
On a observé à la même époque des myoclonies des muscles masticateurs, des muscles des paupières et des sourcils, des secousses des globes oculaires, et, transitoirement, l’exagération du réflexe patellaire gauche, polycinétique, avec ébauche de clonus de la rotule, sans signe de Babinski.
Actuellement M. M..., est inerte, inactif, bradypsychique, indifférent en apparence (mais parfois affectueux avec ses parents), stéréotypé, souvent somaolent, parfois impulsif (mais les impulsions sont de moins en moins fréquentes à mesure que la maladie évolue).
L’hypertonie est bilatérale, très accusée, mais d’intensité variable ; le malade a été soumis à un traitement par les ondes courtes, au cours duquel on a observé que l'hypertonie cède au moment de l’acmé thermique.
Les réflexes de posture sont exagérés.
Les mouvements automatiques du membre supérieur droit sont abolis.
Le tremblement céphalique est discontinu, constitué de secousses antéro-postérieures rythmées, d'intensité variable, Il s’exagère quand l’hypertonie maintient un assez long temps la tête du malade dans la position de l'oreiller psychique, et sous l'influence des ondes courtes, alors que l'hypertonie disparait.
Il est accompagné souvent d’un tremblement du maxillaire inférieur, synchrone.
Aux membres supérieurs, le tremblement est intermittent, de type vibratoire ou caractérisé par le mouvement de fileuse classique.
La marche est soudée, traînante, le dos est voûté ; la mise en train est lente et difficile. On observe parfois de la kinésie paradoxale.
La voix est lente et monotone, parfois spasmodique.
Les bras du malade sont couturés de vergetures.