TON
. On a observé, par périodes, à la base du cou, une éruption en collier, polycyclique, brun cuivré.
Le père du malade est parkinsonien (il ne l'était pas en 1926) et présente : de l’abolition des mouvements automatiques du membre supérieur droit, un tremblement classique avec mouvement de fileuse du côté droit, une démarche soudée avec flexion légère de la tête en avant.
Obs. XII. — M. D..., dément précoce, 35 ans.
L’atfection a débuté à l’âge de 27 ans par une phase d’anxiété hypochondriaque, avec asthénie et sentiment de transformation de la personnalité qui pousse le malade à suivre des cours de rééducation psychique.
Il est interné pour la première fois à Saint-Dizier en 1928 pour « stupeur mélancolique avec délire hypochondriaque », puis en 1929, après une vaine tentative de vie libre, à la maisou de santé de Ville-Evrard. C'est un hébéphrénique qui présente «un syndrome dépressif avec lenteur extrême des réactions psychomotrices et intellectuelles, des phénomènes de barrage, des idées hypochondriaques, des idées de grandeur, du désintérêt, de la suggestibilité avec catatonie ». Il n’a qu'une conscience imparfaile du caractère pathologique de son état.
Au point de vue organique, l'interrogatoire révèle des troubles cœnesthésiques extrèmement riches interprétés de façon délirante ; l'examen montre un syndrome parkinsonien fort net : le facies est figé, inexpressif, les paupières mi-closes, tombantes, le tronc courbé en avant ; la marche se fait d’une seule pièce, tous les mouvements automatiques sont abolis. On met en évidence une hypertonie bilatérale, variable dans son intensité : certains jours on observe une « crémaillère » bilatérale, d’autres fois de la catatonie avec tendance à conserver les attitudes passivement imprimées ; les réflexes de posture sont exagérés. Le tremblement, vibraloire aux membres supérieurs, à fines oscillations, est bilatéral, intermittent : il revêt parfois aux membres inférieurs le caractère de pédalage. La langue
LL'é
est instable et trémulante. La voie est lente, monotone ; on observe parfois de la palilalie.
Les réflexes patellaires sont vifs.
Les pupilles sont inégales (G > D).
La sialorrhée est intermittente.
La respiration est superficielle et irrégulière.
Après un traitement régulier par le nucléinate de soude, M. D... s'améliore quant à ses troubles mentaux, il est conscient du caractère pathologique de son état, mais reste parkinsonien. Il peut êlre rendu à sa famille en mars 1930.
Après sa sortie, il se montre très variable, souvent inerte, mais parfois actif, se tenant droit et faisant jusqu’à 35 km. à bicyclette dans une journée.
Mais, à la suite d’une vaccination antityphoïdique, il redevient raide, a des crises de parésie transitoire du bras gauche, se plaint de céphalalgies et d’algies dorsales. Les idées de persécution, les menaces, les crises d’excitation obligent à un nouvel internement en juin 1931.
Le syndrome psycho-organique est le même que lors du précédent internement fait, d’une part, de viscosité mentale et d'inertie, entrecoupée de rares crises d’anxiété avec agitalion, d'autre part d’un syndrome parkinsonien : le malade est toujours soudé, l’hypertonie continue, avec des paroxysmes ; on note en outre des crises de tremblement qui débutent du côté droit et s'étendent à la tête, des crises de tremblement du côté gauche avec pédalage, de la kinésie paradoxale intermittente, des tics de déglutition et de hemmage.
Le facies figé est luisant, séborrhéique.
Les mains sont froides et cyanosées, /e calibre des veines très variable : elles sont parfois invisibles après position d’un garrot sur un membre uniformément bleu, d'autres fois au contraire très saillantes.
Actuellement, l’état mental et physique reste le même, fait de bradypsychie, bradycinésie, somnolence, semi-mutisme ; la voix est monotone, on note de la palilalie intermittente.
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Un traitement par les ondes courtes est sans effet sur la maladie, mais fait céder transitoirement l’hypertonie, au moment du maximum thermique, alors qu’apparaissent des spasmes, débutant dans le domaine du cubital et s'étendant à toute la main (mouvements alternatifs de flexion-extension des doigts).
Obs. XII. — Mme Gi.., âgée de 36 ans, démente précoce.
Antécédents : père alcoolique, mère internée (mélancolie chronique), un frère interné, Elle est la deuxième de treize enfants, dont six vivants. Mariée, elle a un enfant en bonne santé. Elle n'a jamais eu aucune maladie notable.
En 1929, huit jours après la naissance d’un deuxième enfant (qui devait mourir quelques semaines après), Mme Gi... présente une « sorte de crise d’éclampsie » (crise de nerfs avec glossoptose), et de la /ièvre.
Toujours triste depuis lors, elle devint anxieuse en novembre 1930, eut des hallucinations visuelles, fit des interprétations délirantes et exprima des idées de persécution mal systématisées. Elle guérit en quelques mois.
En 1931, au début de l'hiver, apparut un syndrome mélancolique avec idées et tentatives répétées de suicide, idées d’auto accusation, mutisme, gâtisme, sitiophobie, qui motiva l'internement.
A la maison de santé de Ville-Evrard, la malade se présente d’abord comme une mélancolique (bradypsychie, bradycinésie, semi-mutisme, passivilé), puis comme une hébéphrénique discordante, maniérée, impulsive, souvent muette et sitiophobique, exprimant des idées délirantes polymorphes mal systémalisées.
Au point de vue organique, on a noté :
— Une purésie du membre supérieur gauche, avec impotence ;
— l'abolition des réflexes cutanés abdominaux ;
— de l’hyperesthésie cutanée ;
— Une Aypertonie généralisée, très accentuée au niveau des membres inférieurs, moins intense au niveau des membres supérieurs, et néanmoins on a observé une crémaillère bilatérale. Sur les extrémités souples survenaient des crises d'hypertonie;
— La catalepsie isolée de l'index gauche, qui conservait toutes les positions passives, avec de brusques oscillations dans le sens antéro-postérieur ou latéral ;
— La position de l'oreiller psychique, et, si cette position se prolongeait, l'apparition d’un éremblement oscillatoire antéropostérieur ou latéral de la tête;
— Des crises de cataplexie ;
— Un tremblement variable des membres, avec secousses de l’avant-bras gauche et des doigts de la main gauche ;
— Un fremblement de la langue, avec instabilité ;
— Des froubles vaso-moteurs : pieds et mains froids, œdème des membres inférieurs ;
— Une mydriase très accentuée avec paresse des pupilles à la lumière ;
— De la glycosurie intermittente (1 gr. par litre);
— De la tachycardie (120) ;
— Des troubles respiratoires (respiration irrégulière et superficielle avec des périodes d’apnée de 30 à 45 secondes.
Actuellement très améliorée, affectueuse et active, Mme Gi... est en liberté ; elle ne présente plus que des troubles importants de l’association des idées (mais le niveau mental a toujours été bas).
Le dernier examen montrait encore :
— Un tremblement énorme des extrémités, surtout marqué à gauche, avec instabilité des doigts et des mains:
— Un tremblement de la langue ;
— Des fibrillations des muscles péribuccaux ;
— Une légère hyperlonie bilatérale que la manœuvre de Froment accentue plus à gauche (blocage) ;
A. Baudard 5
00e — Des mouvements automatiques, des réflexes de posture normaux ; — De la sialorrhée ; — Une inégalité des réflexes tendineux, plus vifs à gauche. — Un pouls régulier (64).
Obs. XIV. — Mile G..., âgée de 29 ans, atteinte de démence précoce, est malade depuis 1928 et internée depuis 1930.
Le début de l'affection a été marqué par de l'anxiété, des interprétations délirantes multiples et un syndrome érotomaniaque, sans accident infectieux.
Depuis quatre ans, et actuellement, Mlle G..., est inerte, muette, suggestible, et en apparence indifférente.
Le syndrome organique est particulièrement intéressant chez cette malade.
Elle est habituellement courbée en avant, l’épaule gauche élevée et la tête inclinée sur cette épaule ; le facies est figé.
On observe par périodes la catalonie la plus typique, avec négativisme et conservation des attitudes.
On observe constamment, même en dehors des périodes de catatonie, une hypertonie généralisée, sensible au membre supérieur droit, mais nettement plus accusée au membre supérieur gauche, où les mouvements de flexion font apparaître la «crémaillère ».
Les mouvements automatiques du membre supérieur gauche sont abolis pendant la marche; leur amplitude à droite est faible.
Les doigts de la main droite sont habituellement fléchis dans la paume ; les quatrième et cinquième doigts de la main gauche sont en flexion irréductible, mais les deux dernières phalanges en extension ; tandis que ces deux doigts sont immobiles, les trois autres doigts de la main gauche participent incessamment à un Mouvement rythmé « d'émiettement », dont on observe bientôt la reprise si.on essaie de l'arrêter : le pouce
GTS
commence à émietter contre l’index, puis contre le médius alors que l’index se met en extension.
La main droite présente, très rarement, une ébauche de ce même mouvement. Une tentative d'arrêt de ce rythme détermine des réactions anxieuses (expression d'angoisse, agitation motrice, niclitation, spasmes du frontal).
Le clignement des paupières habituellement baissées est rare, mais on observe des salves de niclitalion accompagnées de fibrillations des muscles sourciliers. La malade résiste quand on veut ouvrir ses paupières ; on peut observer néanmoins une ascension du globe oculaire droit en haut et à droite, tandis que le globe gauche s’élève suivant la verticale.
Le réflexe rotulien gauche est plus vif que le droit, l’achilléen droit est très faible ; chaque choc du marteau détermine une secousse de la moitié correspondante du corps.
Il existe une parésie faciale droite.
Les troubles vaso-moteurs sont habituels : mains froides et moites, cyanose des pieds et des chevilles.
Le pouls bat habituellement à 90-95.
La tension artérielle est de 11-8 (Pachon).
Le liquide céphalo-rachidien est hypertendu (57 au Claude), normal par ailleurs.
Cet état chronique est entrecoupé de crises d’'hypertonie : nous avons pu observer assez longuement l’une d'elles qui a duré trois jours, et a évolué avec les modalités suivantes :
Brusquement, le matin, pendant qu'on l’habillait, Mlle G..., s’est laissée tomber à terre et est devenue absolument rigide. Elle était en état de stupeur muette.
Tous les muscles du corps étaient très durs à la palpation, saillants sous les téguments ; les attitudes passives, difficiles à provoquer en raison de l’hypertonie, étaient indéfiniment conservées. La flexion des jambes sur les cuisses était très difficile à produire, et la flexion brusque provoquait une trémulation prolongée de la jambe,
Le lendemain, on observait une déviation conjuguée de la
tête et des yeux vers la droite, se reproduisant aussitôt qu’on l'avait réduite ; un trismus intense, avec grincement des dents. L'hypertonie, généralisée, était plus accusée à la racine des membres. La flexion des membres inférieurs était absolument impossible ; aux membres supérieurs, l’hypertonie était extrêmement variable : tantôt ils étaient rigides comme des barres de fer, tantôt on pouvait en mobiliser les segments et on observait alors une crémaillère bilatérale; ou pendant un instant très court, un relâchement musculaire complet; parfois, pendant de très courts instants, les attitudes passives étaient conservées d’un côté ou de l’autre (on a noté alors l’abaissemen spontané du membre supérieur gauche préalablement levé, quand on élevait le membre supérieur droit).
Les muscles du thorax étaient hyperexcitables.
Le réflexe rotulien gauche était plus vif que le droit : la percussion du tendon rotulien gauche provoquait la fibrillation des muscles du dos du pied et une trémulation latérale des muscles des deux derniers orteils.
Les pieds chauds, moites, rouges, étaient marbrés de larges placards violacés. Les mains étaient froides et moites, tous les doigts fléchis dans les paumes.
On notait un dermographisme très accentué, avec signe de Marañon.
La salive s’écoulait sur l’oreiller par les commissures labiales. |
Les muscles de la ‘houppe du menton étaient animés de fibrillations continues, avec mimique de sanglot.
L’urée sanguine était de 0,75 Yo.
Le troisième jour de cette crise, l’hypertonie était moins intense, et de nouveau prédominante à gauche; les troubles vaso-moteurs étaient moins accentués. Le quatrième jour, la malade était de nouveau dans l’état habituel.
Obs. XV. — Mme B. G..., née en 1904, a présenté un syndrome hébéphrénique ayant évolué en deux épisodes.
Hérédité normale.
Aucun antécédent pathologique, sinon des céphalalgies prolongées à l’âge de 13 ans.
En 1918, Mme B. G..., fut atteinte d’une grippe accompagnée de céphalalgies occipitales intenses, après laquelle elle se plaignit de « n'être plus en bonne santé ».
À la suite d’un nouvel accident grippal, en mai 1926, elle devint timide; en août on observa pendant quatre jours une succession de crises de nerfs, toniques, conscientes, qui furent suivies d'une anxiété persistante : la malade fait une tentative de suicide par pendaison, elle a peur, elle dit qu’on se moque d’elle.
Elle est internée à Ville-Evrard en novembre 1926.
Eile présente alors un syndrome dépressif avec lenteur des réactions psycho-motrices, subanxiété, idées de suicide inexpliquées, discordance affective intermittente, suggestibilité. Elle est consciente de son état pathologique,
Elle ne dort pas; ses règles sont supprimées; elle souffre de céphalalgies occipitales ; elle est catatonique par intervalles ; certains jours elle pousse de petits cris rythmés.
Sous l'influence d’un traitement au nucléinate de soude, l’éta de la malade s'améliore rapidement, et elle peut quitter la maison de santé le 31 janvier 1927.
Elle a recouvré son activité normale, mais reste peu expansive. Elle prend un emhompoint marqué (20 kgr.) dans les mois qui suivent sa sortie. Elle est de nouveau bien réglée.
A la fin de 1927 elle se marie. Sa santé reste bonne. Une grossesse survient en 1931, très bien supportée.
Mais, après l'accouchement, apparaissent des crises de larmes immolivées etune /alique générale intense qui font suspendre l'allaitement maternel.
Dans le courant de l’année 1932 la dépression s’accentue, l'anxiété réapparaît, sauf pendant les règles (qui sont normales). Mme B... G .…. délaisse son ménage et son enfant, devient indifférente, se dit incurable, exprime des idées de suicide familia
collectif. Elle ne dort plus, présente de l'instabilité motrice, devient raide, et pousse jour et nuit des gémissements rythmés.
On l'interne pour la deuxième fois en novembre 1932.
Elle présente un syndrome dépressif avec viscosité mentale, désintérêt, semi-mutisme, suggestibilité absurde. Le facies est hébété, congestionné et séborrhéique.
Elle souffre de céphalalgies.
Les règles sont supprimées.
La langue est saburrale, tremblante, avec des empreintes dentaires ; l’haleine fétide.
Les réflexes tendineux sont très exagérés.
L'hypertonie généralisée, est plus accusée à droite (la manœuvre de Froment produit une blocage complet).
Les mouvements automatiques des membres supérieurs sont abolis des deux côtés pendant la marche.
L'amélioration est progressive sous l'influence d’un traitement par le nucléinate de soude et l’arsylène.La malade très améliorée quitte le service en février 1933. Mme B... G... est alors consciente des troubles qu'elle a présentés. Son interrogatoire ne montre ni inhibition psychique, ni automatisme mental. Mais elle ne parle pas spontanément et demeure subarxieuse.
Elle est de nouveau réglée.
Les réflexes achilléen et antibrachial sont plus vifs à gauche qu'à droite.
Les pupilles sont inégales (D > G).
L'hypertonie, bilatérale, est plus accentuée à gauche.
Les mouvements automatiques des membres supérieurs, sont abolis à gauche, faibles à droite.
On observe un #remblement très accentué des extrémités, vibratoire, avec brusques secousses des doigts et des mains, plus marqué à gauche.
La langue est saburrale et tremblante et porte des empreintes dentaires.
Le facies est figé.
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Oa observe des plaques vaso-motrices sur le cou et le thorax.
Les ongles de la main gauche sont hippocratiques.
Le pied gauche est froid et le siège de fourmiülements parfois d'ailleurs bilatéraux.
Les extrémités sont souvent engourdies.
Mme B... G... s’est progressivement améliorée et mène une vie normale depuis plus d’un an.
Obs. XVI. — M. R..., né en 1907, a présenté, à deux reprises, un syndrome hébéphréno-catatonique ayant nécessité l’internement.
Antécédents héréditaires. — Parents cousins germains. Mère morte aliénée, après avoir été internée quatre fois. Père figé, bradycinétique et bradypsychique, avec de brusques arrêts dans le discours ; tremble. Un oncle maternel dément précoce.
Antécédents personnels. — Malpropre jusqu’à l’âge de 5 ans. Rougeole dans l’enfance. A toujours été timide.
En 1926 M. R..., se plaint d’asthénie physique et intellectuelle, et doit interrompre ses études pendant quelques mois. Ea janvier 1927, il présente pendant quelques jours un état «grippal » (céphalalgie, fatigue, rhume, pas de fièvre). En mars, il est de nouveau fatigué, et, le 10, devient subitement incohérent, excité et menaçant.
Il est interné le 12 à la maison de santé de Ville-Evrard. Le certificat immédiat (D' G. Petit) note : « Paraît atteint de démence précoce hébéphrénique caractérisée actuellement par un état confusionnel avec alternatives de stupeur avec mustisme et d’agitation violente avec incohérence des propos, désordre des actes, refus partiel d’aliments, insomnie. »
Le liquide céphalo-rachidien est hypertendu (45), normal d’ailleurs. On a observé de la cafatonie.
M. R..., quitte la maison de santé après avoir été soumis pendant les trois mois du séjour à un traitemént par le nucléinate de soude. Il est alors calme et conscient, mais asthénique. On n’observe aucun signe organique notable.
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Revu en août 4930, M. R.., est en bonne santé ; il présente un léger tremblement des mains.
En 1931-32, il fait son service militaire, sans incidents.
En mai 1932, il fait une chute de bicyclette, suivie de perte de connaissance ; il a une fracture du maxillaire inférieur, des plaies multiples de la face ; il reste neuf jours à l'hôpital. Il est normal le lendemain de l'accident.
Le mois suivant, on observe des troubles du jugement ; le 4 juillet, une crise oculogyre verticale prolongée, à la suite de laquelle il est excité et troublé. L’excitation croit les jours suivants.
Le 7 juillet 1932, M. R..., est de nouveau interné à Ville- Evrard. Il présente « un syndrome hébéphréno-catatonique caractérisé par des alternatives de stupeur avec semi-mutisme, d’excitation hypomaniaque, avec plaisanteries et jeux de mots, de grande agitation avec désordre des actes, impulsions violentes ou menaces à l'égard de l’entourage. Séborrhée très accusée du visage » (D' Petit).
On observe de très fréquentes crises de nictitation palpébrale,
Le liquide céphalo-rachidien, normal, est hypertendu (50).
M. R..., est en traitement à la maison de santé du 7 juillet au 15 décembre 1932 ; dès octobre il est calme, lucide et conscient.
Lors de sa sortie on observe un syndrome organique net :
Regard fixe ;
Paralysie faciale droite très accusée ;
Anisocorie au profit de la pupille droite ;
Vivacité et inégalité des réflexes, exagérés du côté gauche:
Hypertonie apparaissant aux deux membres supérieurs après quelques mouvements passifs de flexion et d'extension ; la manœuvre de Froment l’exagère des deux côtés, mais plus à droite.
Diminultion des mouvements automatiques des membres supé-
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rieurs pendant la marche ; l’amplitude est surtout très réduite du côté droit :
Pas de tremblement ;
Pouls 72 ;
Mains moites et froides, cyanosées ;
La séborrhée du visage est moins accentuée qu'à l'entrée.
M. R...se soumet depuis près de deux ans à une thérepeutique régulière (nucléinate de soude, salicylate de soude, uroformine). Sa santé reste bonne, sauf pendant de courtes périodes où il est fatigué, nerveux et irritable. Néanmoins M. R..., est calme et poursuit ses études.
Au point de vue organique, on a observé :
— L'abolition, puis la réapparilion du réflexe achilléien droit et du réflexe patellaire droit ;
— L’'accentuation du syndrome parkinsonien droit : crémaillère et abolition des mouvements automatiques du membre supérieur droit ; ces symptômes sont actuellement moins accentués ;
— Un tremblement intermittent des extrémités, plus marqué à droite ;
— La persistance de la paralysie faciale droite el de l’inégalité pupillaire.
— Un strahisme externe passager de l’œil droit, accompagné de douleurs du globe et de phénomènes d'éblouissement ;
— De l'excitation génitale intermittente.
Le pouls bat entre 78 ct 84 habituellement, mais on a noté de la tachycardie (100).
Epilepsie.
Obs. XVII. — M. L..., âgée de 39 ans, atteint d’épilepsie traumatique avec alcoolisme chronique.
En 1917, à la suite d’une commolion cérébraie par ensevelissement, M. L. a éprouvé des vertiges. La première crise comitiale n’a eu lieu qu’un an après.
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À la suite d’un épisode fébrile, étiqueté « grippe », survenu en 1918, marqué par une fièvre élevée (390), des céphalalgies et des rachialgies pendant plus d’un mois, les crises convulsives deviennent fréquentes et graves.
Ces crises apparaissent par séries, séparées par des périodes assez longues.
Les habitudes éthyliques sont postérieures à la guerre.
Interné d’office après violences et menaces de mort, le malade a des troubles profonds du jugement ; il est réticent et revendicateur et nie les faits les plus évidents.
Il a pu néanmoins, devenu plus conscient après un an d’internement, être remis en liberté sous condition.
Examen organique :
— Hypertonie bilatérale, plus accusée à droite par la manœuvre de Froment ;
— Tremblement des membres supérieurs, plus accentué à droite, exagéré par les mouvements volontaires ;
— Tremblement de la lanque, qui est fibrillante et instable ;
— Dysarthrie ;
— Instabilité dans le Romberg sensibilisé ;
— Les réflexes ostéo-tendineux sont normaux ; les réflexes pupillaires normaux.
Délire d’interprétation.
Obs. XVIII. — Mme Pey..., née en 1866, internée depuis 1931, présente depuis de longues années, un « délire de persécution avec interprétations délirantes, et idées délirantes systématisées à l'égard de son mari qu’elle accuse de l’avoir fait séquestrer pour s'emparer de sa fortune. Elle est méfiante et réticente, a des troubles profonds du jugement, est inconsciente de son état et présente de l’affaiblissement intellectuel ». Elle est inactive.
C'est une diabétique floride et obèse,
L'examen montre ;
et
— Un tremblement généralisé : trémulation de la tête, fibrillations des muscles de la face et de la houppe du menton, tremblement très accentué des mains, surtout du côté gauche ;
— Une abolition des mouvements automatiques du membre supérieur droit, une forte diminution de ces mouvements du côté gauche ;
— Une hyperlonie légère, plus accentuée du côté gauche par la manœuvre de Froment ;
— Une Aypertrichose très accentuée du visage, alors que la moitié externe des sourcils a disparu ;
— Une légère exophtalmie avec regard brillant ;
— De l’hypertension du liquide céphalo-rachidien (40 au manomètre de Claude) ;
— De l'hypertension artérielle : 27-10 (Pachon) ; les artères temporales sont flexueuses ;
— Une albuminurie légère (0,15) ;
— Une hyperazotémie légère (0,45):
Psychoses hallucinatoires chroniques.
Obs. XIX. — Mme T..., âgée de 50 ans, est atteinte de psychose hallucinaloire chronique. |
Dans ses antécédents, on relève, en 1919, un zona de la fesse avec douleurs sciatiques (brülures, ayant persisté très longtemps).
Internée en 1923, elle était alors anxieuse, hallucinée, impulsive, et exprimait un délire de persécution systématisé. Elle était déprimée et insomnique. Son comportement a toujours été variable : le plus souvent docile, aimable, active, elle était par périodes impulsive, ou opposante et muette ; parfois maniérée et théâtrale.
Elle est actuellement active et calme, a des hallucinations épisodiques, qu'elle rectifie parfois.
Le polymorphisme du syndrome organique présenté par Mme T. est particulièrement caractéristique ; elle s’est plainte
ES He
d'asthénie, de céphalalgqies occipitales «atroces », d’algies de l'épaule droite, de géne respiratoire de l'hémi-thorax droit.
On a observé :
— De l’insomnie nocturne, de la somnolence diurne prolongée ;
— Une éruption d’herpès accompagnée de fièvre ;
— L'abolition des réflexes patellaires, qui existent actuellement, mais sont inégaux ;
— Une parésie transitoire du membre supérieur droit, avec impotence ; ä
— Des troubles de la marche, qui était vacillante et festonnée ;
— Des crises de tremblement généralisé ;
—— Un tremblement de la main droite, avec mouvements de .atéralité du médius :
— Des crises de nictitation palpébrale ;
— De l’anisocorie (PD>PG).
L'examen actuel montre :
— Une parésie faciale droite ;
— L'inégalité des réflexes patellaires (droit plus vif) ;
— Un hémisyndrome parkinsonien droit (existant depuis 1928), avec hypertonie extrêmement accusée et ébauche de crémaillère du membre supérieur droit, abolition des mouvements automatiques, exagération des réflexes de posture et abolition des réflexes d’attitude de ce côté.
Le liquide céphalo-rachidien est hypertendu.
Obs. XX. — Mme Tl.., est une malade âgée de 46 ans, atteinte de psychose hallucinatoire chronique caractérisée, au point de vue psychologique, par des hallucinations cœnesthésiques extrêmement importantes (rayons X, piqûres aimantées, bcülures...), des hallucinations auditives verbales (énonciation des actes, injures), et visuelles (plus rares), des phénomènes d'écho de la pensée, de prise de la pensée, etc... Le délire, à type de persécution scientifique, est mal systématisé : Mme TI..., inculte, a un niveau mental très bas.
En 1922, la malade fut atteinte d’une maladie infectieuse étiquetée « méningite », caractérisée par : de la fièvre (39%), des céphalalgies occipitales intenses, des algies à type de brûlures, une agrypnie absolue pendant quinze jours, ét de la sitiophobie.
Puis elle ne présenta plus aucun phénomène pathologique jusqu’en 1928 ; un épisode d’agitation anxieuse hallucinatoire provoqua l'internement à celte époque.
Examen organique actuel.
— Pradycinésie très accusée ; la marche, lente, soudée, se fait à petits pas, le tronc plié en avant ; l'épaule droite est abaissée ;
— Facies figé ;
— Hypertonie bilatérale, égale des deux côtés, avec résistance cireuse et décontraction saccadée ;
: — Exagération bilatérale des réflexes de posture ;
— Mouvements automatiques abolis à droite, très diminués à gauche ;
— Tremblement vibratoire des mains, très accentué, avec de brusques mouvements d’instabilité des doigts ;
— Tremblement intermittent du maxillaire inférieur, menu et fin ;
— Fibrillations des muscles péribuccaux et des muscles de la houppe du menton ;
— Langue tremblante et instable, molle, avec empreintes dentaires ;
— Sialorrhée ;
— Dysarthrie spontanée, accusée par les mots d’épreuve ;
— Irrégularité du contour de la pupille droite (les pupilles, moyennement dilatées, réagissent à la lumière) ;
— Réflexes ostéo-tendineux très vifs ; le patellaire et l’achilléen droits sont très exagérés et polycinétiques ;
— Pigmentation brune des mains ; pigmentation café au lait des joues et du front ; taches lie de vin sur le front et les joues. Ces dyschromies seraient postérieures au début de la maladie.
Si
La malade se plaint de diplopie intermittente (mais l'examen oculaire ne révèle aucune paralysie) ; de parésie transitoire du membre inférieur droit ; d'algies multiples, dépersonnalisées.
Le liquide céphalo-rachidien est normal.
Obs. XXI. — Mme Ca..…, née en 1884, est atteinte de psychose hallucinatoire chronique.
Elle présenta de fréquents épistaxis pendant sa première enfance, et plus tard, des « troubles de la vue » qui l'obligèrent à interrompre ses études.
A l’âge de 20 ans, elle a « déliré » pendant une nuit à la suite d'un accident de voiture.
En 1918 elle eut une « grippe » avec fièvre élevée. Elle se plaignit par la suite de céphalalqies fréquentes.
C’est en 1925 qu’apparaissent les premiers troubles de comportement : elle va se plaindre au commissariat de police que les voisins font du bruit ; elle devient froide, hautaine, « raide » ; elle est plus nerveuse à l’époque des règles.
En 1928 elle n’est plus réglée.
En 1930 elle a des crises de somnolence, est asthénique, a des Iypothymies avec sueurs abondantes ; elle maigrit ; elle est anxieuse ; elle se plaint des voisins, de la police, d’être suivie dans la rue, etc... A la suite d’une crise douloureuse de type angineux avec sensation d'arrêt de cœur et sentiment de mort, une hallucination visuelle lui représente le Christ qui vient de la ressusciter.
Elle est internée depuis juin 1930.
Au point de vue psychologique, c’est une malade calme, déprimée, généralement aimable, mais parfois muette et opposante, ou grossière et menaçante. Elle exprime des idées délirantes systématisées de persécution, a des hallucinations épisodiques. On a observé chez elle l'illusion des sosies. Elle est habituellement subanxieuse.
En 1930-1931, elle a présenté des crises de calatonie avec mutisme, de la sitiophobie.
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Elle souffre. de troubles cœnesthésiques variés (ses organes ballottent, son cœur, son estomac, ses intestins sont malades etc...) de sensations électriques, de gastralgies, de céphalalgies.
Pendant les semaines qui ont suivi son internement, on observa souvent une température égale ou supérieure à 380, des vomissements avec traces de sang, des selles « marc de calé », sans que l'examen clinique et radiologique révélât la moindre lésion.
Le pouls battait à plus de 100 pulsations par minute.
En janvier 1933, Mme C... eut un zona intercostal gauche, sans fièvre.
L'examen organique actuel confirme les précédents et révèle :
— L’'inégalité des réflexes tendineux, qui sont plus vifs du côté gauche ;
— Une paralysie faciale droite ;
— Une hyperionie bilatérale légère, que la manœuvre de Froment montre prédominante à droite ;
— L'abolition des mouvements automatiques du membre supérieur droit, leur faible amplitude à qauche ;
— Un tremblement fin des extrémités, plus accentué à gauche, où les doigts ont des mouvements d'instabilité ;
— Les pupilles réagissent bien à la lumière et à l’accomodation ; elles sont égales, mais on a observé précédemment une anisocorie nette, au profit de la pupille droite.
Le teint est jaune, le front et le contour des yeux pigmentés de brun.
Le liquide céphalo-rachidien est hypertendu (50 au Claude) et les examens de laboratoire, pratiqués à trois reprises, ont révélé une fois de l’hyperalbuminose (0,50) et 3 lymphocytes par mm*.
Paralysie générale.
Obs. XXII. — M. Bo... âgé de 51 ans, est atteint de paralysie générale d'évolution rémittente, qui a nécessité 4 interne-