‹ Les Syndromes Parkinsoniens en Pathologie MentaleChapitre 8 sur 34 · ABOLITION DES MOUVEMENTS AUTOMATIQUES · texte numérisé non relu

ABOLITION DES MOUVEMENTS AUTOMATIQUES

« Complète ou incomplète, la perte des mouvements automatiques ou associés doit prendre place parmi les trois signes primordiaux des syndromes parkinsoniens » (Souques).

Pour la mettre en évidence au niveau des membres supérieurs, le procédé le plus simple est de faire marcher le malade : les deux bras restent collés le long du tronc, en demi-flexion le plus souvent, si le syndrome est bilatéral ; ou l’un conserve son balancement normal, tandis que l’autre est immobile ; parfois cette abolition n’est pas absolue, mais nous tenons compte d’une diminution importante, surtout lorsqu'elle est unilatérale ; elle est plus nette dans la marche très rapide, et la différence d'amplitude des mouvements de balancement des bras, d’un côté et de l’autre, est alors frappante.

Nous obtenons toujours des résultats concordants par le « procédé du moulinet » de Souques : le malade étant debout, on le prie d’exécuter avec l’un des bras des mouvements rapides de circumduction ; l’autre bras reste immobile en cas de syndrome parkinsonien, tandis que

chez les gens normaux il présente des oscillations : le contrasté est net en cas d’abolition unilatérale, si l’on fait exécuter là manœuvre successivement d’un côté, puis de l'autre.

Aux membres inférieurs, l'abolition se manifeste quand on rénversé brusquement en arrière la chaise sur laquelle est assis le sujet : les jambes ne présentent pas l’ample mouvement d'extension, que l’on observe chez les sujets normaux. Mais c’est une manœuvre peu facile à réaliser et qué nous pratiquons rarement.

Au niveau de la tête et du tronc, c’est le défaut d’harmonie des mouvements qui marque la disparition de l’automatisme. C’est surtout net chez les déments précoces et les mélancoliques parkinsoniens, chez qui nous observons souvent l’abolition de tous les mouvements automatiques. Chez nos autres malades, le déficit automatique est unilatéral dans un grand nombre de cas.

L’abolition de tous les mouvements automatiques n’implique pas nécessairement l'existence d’une hypertonie généralisée ou très intense. L’hypertonie peut être unilatérale et l’automatisme nul des deux côtés du corps. Le membre hypertonique peut être, seul, privé de ses mouvements automatiques ; c’est le cas le plus fréquent, mais ce n’est pas une règle ; il n’est pas rare de noter l'abolition des mouvements automatiques du côté opposé à l’hypertonie. Ces perturbations sont donc indépendantes de la rigidité, fait que Souques a déjà signalé, dès 1922.

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