‹ Les Synodes du DésertChapitre 14 sur 36 · I. Defferre et Jean Journet · texte numérisé non relu

I. Defferre et Jean Journet

SYNODES PROVINCIAUX

ture fera faite à la tête des affemblées religieufes ; & ceux qui refuferont de les obferver encourront les peines dénommées dans lefdits articles contre les délinquants ; & à l'égard de ceux qui ont contrevenu aux défenfes expreffes d'étendre le jour de la fête du Sacrement, nous le paffons fous fîlence pour cette fois, fous la condition qu'ils ne le feront plus à l'avenir & qu'ils le promettront en célébrant la Ste-Cène'.

Lorfqu'une églife écrira foit à un pafteur ou à une autre églife voifîne, tant pour lui donner des avis fur quelque cas particulier que pour lui en demander, toute lettre adrelTée au pafteur ou à ladite églife fera fignée de tous les membres d[u] conlilloire ou pour le moins de la plus grande partie, fans quoi ceux à qui ladite lettre fera adrelTée feront libres d'y avoir tel égard qu'ils trouveront à propos.

Le troifième article du quatrième chapitre de la difcipline, touchant la reddition des comptes, fera obfervé dans tout fon contenu, autant que faire fe pourra, par les raifons indiquées dans ledit article.

Un feul ou plufîeurs membres d'un confîftoire ne pourront porter aucune plainte dans un fynode en leur propre nom contre qui que ce foit, fans en avoir donné avis préalablement à tout le confiftoire & en avoir obtenu le confentement ; & ceux qui le feront, feront cenfurés.

Le fynode ordonne que l'art. 6 du chap. xi de la difcipline, qui ordonne aux pères & aux mères de porter ou faire porter leurs enfants aux affemblées religieufes pour y recevoir le faint baptême, foit religieufement & exactement obfervé, fous peine de cenfure contre ceux qui voudront f'y fouflraire.

Lorfqu'un pafteur de la province fera obligé de f 'abfenter pour des raifons particulières & indifpenfables , ou qu'il fera hors d'état de fondionner, l'autre pafteur fera alternativement deux affemblées dans

I. Sur les châtiments qu'entraînait le refus d'orner les maisons, le jour de cette fête, voy. les Mss. Rabaut, III, A. p. 167, lyS etc.

le quartier d'Orthez & deux dans le quartier de Salies, jufqu'à ce que l'autre pafteur fera de retour ou qu'il fera en état de fondionner.

Vu les grandes grâces que Dieu a fait[es] à nos chères églifes, de leur avoir procuré des pafteurs qui, avec le fecours du St-Efprit, les ont retirées de la trifte iîtuation où elles étaient depuis longtemps, n'ayant ni miniftère, ni facrement, défîrant ardemment d'étendre le règne de Jéfus-Chrift autant qu'il fe pourra, ce qui fait notre falut & notre gloire, l'affemblée, d'un commun accord, a trouvé néceffaire & très-bon de lailTer à la liberté & à la prudence de Meffieurs les pafteurs, que Dieu nous a donnés dans fon amour, de porter de temps en temps leur miniftère dans les lieux de la province où ils croiront pouvoir contribuer aux progrès de la religion, fans que les confiftoires aient droit de f en plaindre ni de les empêcher.

Pour la plus grande édification des églifes du quartier d'Orthez, on a trouvé convenable de faire une afî'emblée dans l'églife de Caftetarbe, une autre dans l'églife de Départ ou Magret^ & l'autre dans l'églife de Salles ou fes annexes, fans que cet ordre puiffe porter aucun préjudice à la liberté que l'affemblée donne aux pafteurs de porter leur miniftère dans les lieux où ils croiront être néceffaire.

Les églifes font très-fenfibles & très-reconnaiffantes aux bontés, aux foins & aux dépenfes de l'ami qui reçut avec tant d'attention notre très-honoré pafteur, M. Defferre % dans le temps de la plus grande crife, lorfqu'il était en quelque manière deftitué de tout lieu de fûreté. Nous aurions fouhaité ardemment pouvoir répondre à

I. Le clergé, préoccupé et irrité de la restauration du protestantisme en Béarn, avait obtenu du duc de Grammont, qui commandait dans la province, qu'il mît en mouvement ses soldats contre les religionnaires. L'épouvante fut si grande qu'une partie d'Orthez et des villages entiers prirent la fuite. Defferre avait été prié par ses coréligionnaires de se mettre à l'abri. Mais en pasteur « intrépide et zélé, il n'en voulut rien faire, écrit Journet, et repoussa leurs conseils en leur répondant que, tandis qu'il trouverait [des] asiles, il resterait, que le bon pasteur ne quitte jamais ses brebiset qu'il était tout résolu de subir tout ce que la Providence trouverait à propos de lui infliger.» — Mss. Rabaut, lîl, A. p. i53.

toutes fes bontés, en le dédommageant, d'un côté, de toutes les dépenfes qu'il a faites à fon occafion, ce qu'il n'a voulu accepter ; d'un autre côté, en faifant connaître à toutes les églifes fon nom, ce qu'il n'a voulu permettre par un effet de fa modeftie. Nous le remercions du meilleur de notre cœur, & fi Dieu nous fournit des occafions pour lui exprimer toute l'étendue de notre gratitude, nous les faifirons avec une véritable joie. En attendant, on a chargé M. Journet, pafteur, de vouloir le remercier au nom du fynode, ce qu'il a promis de faire auffi parfaitement qu'il lui fera poflible.

L'affemblée, pénétrée de la plus jufte Se la plus vive reconnaiffance de ce que la province des Baffes-Cévennes a daigné, par un effet de fa charité & de fon zèle, nous prolonger le prêt de M. Jean Journet, le digne pafteur, charge très-expreffément l'églife d'Orthez d'en faire incefïamment ce très-fincère Se très-refpedueux remercîment à ladite province.

Fait & arrêté dans notre affemblée fynodale, ce 17^ juillet lySS.

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