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SEPTIÈME SYNODE NATIONAL

Septième Synode national

tenu dans les Basses-Cévennes, du au 9 sept. 1758.

Au nom de Dieu. Amen.

Aâes du fynode riational des églifes réformées de France, ajfemhlées fous la proteâion divine au Déjert, dans les Bajfes- CévenneSy depuis le premier Jeptembre mil fept cent cinquante-huit jiifquau neuvième du ?nême mois, auquel ont ajjîjîé en qualité de députés :

Pour la province de Saintonge, pays d'Ainiis, Angoumois & Périgord : Mejjïeurs Jean Louis Gibert & Pierre Dugas, pajîeurs, [faris] aucun ancien.

Pour la province du Haut & Bas-Vivarais, Velay & Fore^: MeJJieurs Jean Blachon & Alexandre Vernet, pajîeurs, avec deux anciens.

Pour la province du Bas-Languedoc : Mejfieurs Paul Rahaut & Pierre Redonnel, pajîeurs, avec deux anciens.

Pour la province du Haut-Languedoc, Haute-Guyenne, Haut- Agenais, Bordelais & Comté de Foix : Mejfieurs Paid Augujîe Lafon & Jean Sicard, pajîeurs, avec un ancien.

Pour la proviîîce de Provence: Monjieur Etienne Rolland, pajîeur, avec un ancien.

Pour la province du Dauphiné & Principauté d* Orange : Monjieur Alexandre Ranc, pajîeur, avec un ancien.

Pour la province des Baffes-Cévennes : MeJJîeurs Jacques Boyer & Jean Gai, pajîeurs, avec deux anciens.

Pour la proviîîce des Hautes-Cévennes : MeJJieurs Jean-Pierre Gabriac & Henry Cavalier, pajîeurs, avec deux anciens.

Pour la province de Béarn: Monjîeur Jean Journet, pajîeur, avec un ancien.

Lef quels députés ayant préfenté leurs lettres d'envoi, elles ont été lues & admifes.

PRES l'invocation du St-Nom de Dieu, on a élu à la pluralité des fuffrages : pour modérateur, M. Paul Rabaut, pafteur; pour modérateur-adjoint, M. Jean Gai, pafteur; pour fecrétaire, M. Henry Cavalier, pafteur; pour fecrétaire-adjoint, M. Pierre Dugas, pafteur.

Ledure ayant été faite d'une lettre que MM. les pafteurs de Normandie ont écrite pour juftifier leur province de ce qu'elle n'a point envoyé de députés au préfent fynode, la compagnie n'a pas trouvé leur excufe tout à fait légitime ^ ; en conféquence, elle enjoint à ladite province d'envoyer à l'avenir des députés aux fynodes nationaux, & à toutes les autres, qui ont trois pafteurs, de faire leur députation complète.

L'affemblée, furprife de ne voir aucun député de la province du Poitou, ni lettre d'excufe à ce fujet, après f être informée de ce qui pouvait en être la caufe, on a vu que c'était la faute de la province des Bafles-Cévennes, qui, n'ayant pas cru que le Poitou fît une province féparée de celle de la Saintonge, ne lui a pas donné avis de la tenue du préfent fynode, de quoi les députés des Bafl'es-Cévennes ont témoigné être fâchés.

Quelques pafteurs qui n'étaient pas députés par les provinces ayant fait prier l'affemblée fynodale de leur en permettre l'entrée, fans cependant prétendre d'y avoir voix délibérative, on n'a pas trouvé à propos de leur accorder leur demande.

I. La Normandie avait d'abord résolu de se faire représenter; elle s'était ensuite fait excuser.

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La compagnie, pénétrée de la plus vive douleur à la vue de la corruption qui règne dans le monde, des jugements de Dieu qui fe promènent fur la terre, & du trifte état où fe trouvent toujours les églifes de ce royaume, a réfolu que, pour tâcher de fléchir la colère de Dieu & attirer fa protedion & fa bienveillance, on y célébrera dans toutes un jeûne folennel, qu'on a fixé au jour qu'on appelle Fête-Dieu.

Les proteflants de ce royaume perfiftant dans les fentiments de fidélité & d'obéifTance qu'ils doivent au Roi, leurs députés confirment l'art. 2 du dernier fynode national tenu en lySô, conçu en ces termes : «La fidélité & l'obéifTance dues au Souv^erain ayant toujours «été un point capital de la doctrine des Réformés, tous les membres «du fynode ont proteflé, tant en leur nom qu'en ceux de leurs pro- « vinces, qu'ils perfévèrent dans cette créance, & qu'ils feront toujours «prêts à tout facrifier pour le fervice de Sa Majefté. »

L'affemblée confirme aufïi l'art. 4 du fynode de 1766, concernant l'union des églifes & portant ce qui fuit: «L'union des églifes a été «renouvelée & confirmée fous la très-humble obéiflance due au Roi par «tous les députés, tant en leur nom qu'en ceux de leurs provinces, « union qui confifte dans la conformité de la foi, du culte, de la difci- « pline, & dans une exacte correfpondance entre les provinces, foit en «temps de perfécution, foit en temps de calme, comme aufTi dans la « contribution des dépenfes qu'on eft obligé de faire pour le bien de la «caufe commune.»

Il a été unanimement réfolu d'adrefferune requête au Roi, notre augufte Souverain, au nom de tous les proteflants du royaume repréfentés par le préfent fynode national, dans laquelle il fera fait un tableau raccourci des maux où ils font expofés, & où l'on fuppliera Sa Majeflé, avec tout le refped & la foumiffion pofTible, d y apporter les remèdes que fa bonté & fa fagelTe pourront lui fuggérer. Cette requête fera drefTée par MM. Paul Rabaut, Pierre Redonnel & Jean Gai, pafleurs, avec trois laïques que la prudence ne permet pas de nommer ici.

Vin.

Les députés des Hautes-Cévennes ayant propofé que toutes les provinces, mais principalement celles qui fe trouvent à peu près dans les mêmes circonftances, foient à l'avenir plus uniformes dans l'exercice de la difcipline qu'elles ne l'ont été jufqu'à préfent, furtout à l'égard de ceux qui fe marient dans l'Eglife romaine ou qui y font baptifer leurs enfants, l'affemblée, reconnaiflant l'importance de cette uniformité, la recommande fortement & confirme à ce fujet les art. 7 & 8 du fynode national de l'année mil fept cent quarante-huit.

M. Grenier de Barmont, dit Dubofc, ayant interjeté appel au préfent fynode de la fentence de dépofition prononcée contre lui dans le fynode provincial du Haut-Languedoc, tenu les 20^ & 21^ avril 1757, ledit appel pris en confidération, quoiqu'on eût pu f'en difpenfer, attendu les fondions paftorales que le fieur de Barmont avait faites après la notification de fon a£le de dépofition, les pièces pour & contre examinées, les députés du Haut-Languedoc & le fieur de Barmont fommés devant Dieu de dire la vérité, entendus à différentes reprifes & confrontés contradidoirement, le fieur de Barmont ayant infinué que les députés de la province de Saintonge & Périgord lui étaient fufpeds par certaines confidérations qu'il a alléguées, & prié qu'on délibérât là-deffus, — la compagnie, répondant à fa demande, n'a trouvé aucun légitime fujet de récufation dans lefdits députés, feulement quelques préfomptions contre M. J. L. Gibert, pafteur, lefquelles ont porté l'affemblée à l'exclure du nombre des juges dans cette affaire.

Tout exadement difcuté & mûrement pefé, il a été jugé ce qui fuit : i"* Que ledit fieur Grenier de Barmont a dû fe regarder jufqu'à préfent comme dépendant de la province du Haut-Languedoc, nonobftant tout ce qu'il a dit pour prouver le contraire; 2"" Que, quoiqu'il eût été de convenance que les pafteurs de ladite province lui écrivilTent de fe rendre dans le temps prefcrit au lieu indiqué pour fubir la cenfure décernée contre lui par le fynode de la province, tenu le 23^ mars 1756, & confirmée par le national du mois de mai de la même année, cependant, comme ledit fieur de Barmont avait eu communication des arrêtés defdits f3modes & qu'il ne pouvait par conféquent pas ignorer le temps & le lieu où il devait fe tranfporter, l'affemblée a jugé qu'il était obligé de f'y rendre & qu'il était coupable de ne l'avoir pas

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fait; y Qu'en conféquence du contenu ci-deffus, & autres griefs tirés de certaines expreffions des deux lettres du fieur de Barmont, la province du Haut-Languedoc avait droit de le dépofer, ainfi qu'elle l'a fait ; toutefois, à caufe des circonftances où celui-ci f'efl; trouvé, de celles où les églifes du royaume fe trouvent en général, & vu le manque de plufieurs formalités prefcrites en pareil cas, comme de n'avoir cité ni entendu ledit fieur de Barmont & d'avoir admis deux de fes parties au nombre de fes juges, la compagnie a jugé unanimement que ledit fynode du Haut-Languedoc aurait agi plus fagement de fe borner à le fufpendre jufqu'à ce qu'il eût rendu raifon de fa conduite & manifefté fa foumiiïion à l'ordre eccléfiaftique; fur quoi l'on a trouvé ladite province très-blâmable & on lui enjoint de mieux obferver à l'avenir dans fes jugements les formalités prefcrites par la difcipline ; 4!" Que le commentaire que les anciens de l'églife de Bordeaux ont fait aux deux lettres mentionnées était, à plufieurs égards, violent, faux & peu charitable ; b"" Nonobftant tout ci-deffus & autres griefs à la charge dudit fieur de Barmont, l'affemblée voulant ufer de clémence à fon égard, en confidération des fervices qu'il a ci-devant rendus aux églifes, lève par le préfent jugement la dépofition décernée contre lui dans ledit fynode du Haut-Languedoc, & la convertit en une fufpenfion qui finira au premier novembre prochain, fous condition que le fieur Grenier de Barmont fe rendra alors, de même que les pafteurs du Haut-Languedoc, dans une églife de la même province, où M. Redonnel fe tranfportera, félon la commiffion que lui en donne l'affemblée, pour lever ladite fufpenfion, rétablir ledit fieur de Barmont dans le facré miniftère, & pour adrefler tant à lui qu'aux fufdits pafleurs du Haut-Languedoc les exhortations qu'il conviendra, afin qu'à l'avenir les uns & les autres foient plus exa6ls à fe conformer à l'ordre, le tout en préfence tant du confiftoire de la même églife que de telles autres perfonnes que ledit M. Redonnel jugera à propos ; ô"* A la réquifition dudit fleur de Barmont, il a été arrêté que, fi dans l'intervalle du temps marqué quelqu'un le taxait d'avoir exercé les fondions du St- Miniflère, il fera obligé de porter fes griefs en bonne & due forme, le jour défigné, par devant M. Redonnel, à défaut de quoi on n'y aura aucun égard; j"" Il a été décidé que, conformément à l'art. 53 du premier chapitre de la difcipline, ledit fieur de Barmont n'exercera point fon miniflère dans l'églife de Bordeaux, ni dans aucune autre de la province du Haut-Languedoc; & pour prévenir tout fujet d'alterca-

tion 6c éteindre la malheureufe divifion qui règne depuis quelque temps dans cette églife, on défend aufli à M. Sol, pafteur, d'y exercer fon miniftère, fil eft poffible ; 8" Enfin, l'afTemblée dépofe tous les anciens de ladite églife de Bordeaux, de même que les perfonnes à qui ledit fieur de Barmont a conféré ce titre depuis fa dépolition : les premiers, parce qu'ils n'ont pas obfervé les lois de l'ordre eccléfîaftique dans leurs pourfuites contre ledit fieur de Barmont, ni celles de la juftice & de la charité, & les autres, comme n'ayant pas été légitimement élus, fauf au pafteur qui fera donné à cette églife d'établir dans ladite charge d'ancien ceux de ces Meffieurs ou autres qu'il croira propres à l'exercer avec fruit & édification.

Le lieu & le temps où ledit fieur de Barmont doit être rétabli dans le St-Miniftère lui ayant été notifiés dans l'aflemblée, il a promis & protefte de fy rendre exactement, comme aufii d'exécuter dans toute fa teneur le jugement rendu contre lui.

Après que M. Grenier de Barmont aura été rétabli dans la charge du St-Miniftère, il eft laiffé à fa liberté d'en aller exercer les fondions dans la ville de Lyon, de défricher cette églife & d'y établir l'ordre. Bien entendu que dans ce cas il dépendra de la province du Dauphiné, avec laquelle il fera corps.

Le même fieur de Barmont fêtant plaint que les églifes du quartier du Haut-Languedoc lui étaient redevables de la fomme de 233 liv. pour refte de fes honoraires, celles du Montalbanais de 3oo liv. & celles de l'Agenais de 42 liv., on enjoint aux dites églifes de lui payer lefdites fommes le i^^' novembre prochain pour le plus tard, Se on charge MM. les pafteurs de la province d'y tenir la main.

Le fynode difpenfe MM. les fecrétaires de donner jamais à M. de Barmont copie des mémoires qui reftent entre leurs mains.

La province du Poitou n'étant pas affez pourvue de pafteurs, la compagnie l'exhorte à accepter le miniftère de M. Sol, au cas que

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celui-ci veuille le lui accorder; elle autorile auffi ledit fieur Sol, fuppofé que cette miffion ne lui convienne pas, à fe vouer pour telle autre province qu'il jugera à propos, bien entendu qu'il fe conformera toujours à ce que la difcipline prefcrit en pareil cas.

MM. les modérateurs & fecrétaires de la préfente aflemblce écriront une lettre à Bordeaux pour exhorter les fidèles de cette ville à dépouiller tout efprit de parti Se d'indépendance, & de revêtir des fentiments d'union, de paix & de concorde ^

L'égiife de Bordeaux ayant demandé d'être féparée de la province du Haut-Languedoc pour être jointe à celle de Saintonge & Périgord, & les deux provinces y ayant acquiefcé, l'affemblée approuve & confirme cet arrangement 2. Et comme il importe que l'égiife de Bordeaux foit inceffamment pourvue d'un pafleur non moins prudent que pieux & éclairé, pour terminer les divifions qui y régnent, & qu'on eft perfuadé que M. Pierre Redonnel poffède toutes ces qualités, la compagnie a unanimement jeté les yeux fur lui & l'a très-inftammentfollicité de vouloir fe defliner au fervice de cette églife, à quoi il a bien voulu confentir pour une ou deux années, à condition toutefois que, fi la province du Bas-Languedoc dont il dépend le rappelait plus tôt, il fera libre d'y retourner & qu'alors il fera libéré de cet engagement. On recommande aux fidèles de cette églife d'avoir pour ce digne pafteur tous les égards qu'il mérite & de déférer à fes pieufes exhortations.

Les provinces qui feront chargées de la convocation des fynodes nationaux, auront foin de fe conformer exactement à l'art. 2 du chap. IX de la difcipline.

1. Le 27 octobre 17 58, Paul Rabaut et Dugas, agissant au nom du synode national, adressèrent en effet une lettre « aux fidèles de l'église réforme'e de Bordeaux» pour leur recommander la paix, l'esprit de conciliation et pour leur faire connaître la nomination de «M. Redonnel, dont les lumières, le zèle, la piété et la modération ne contribueront pas peu à concilier les exprits.» — Mss. de Bordeaux.

2. C'est à dater de cette année que le Bordelais fut détaché du Haut- Languedoc, et qu'il figura désormais dans tous les actes synodaux de la province de Saintonge et Angoumois.

Dans la ferme perfuafion où eft l'afTemblée que les fidèles ne peuvent innocemment décorer les devants de leurs maifons le jour qu'on appelle Fête-Dieu, elle exhorte tous les pafteurs de la province & leur enjoint d'inftruire leurs troupeaux à ce fujet & de les porter, autant qu'il leur fera poffible, à f'abftenir d'un tel ade.

En conféquence de l'arrêté ci-deflus, les circonftances ne permettant pas à la compagnie d'entrer dans le détail des jugements, appels & de tous les différends furvenus à l'occafion des tentures dans les églifes d'Alais & de St-André-de-Valborgne, elle a nommé M. Paul Dalgue, pafteur des Baffes-Cévennes, & M. Pierre Dugas, pafteur du Périgord & fecrétaire-adjoint du préfent fynode, avec deux anciens dont l'un fera choiQ par le pafteur de chacun des deux quartiers refpedifs & l'autre par chacune des deux églifes; auxquels commiflaires elle donne plein pouvoir, après qu'ils auront pris connaifTance defdits jugements, appel & différends, d'en juger définitivement, & elle exhorte fortement tous ceux qui y font intéreffés de fe foumettre au jugement qui fera rendu par lefdits commiffaires, tout comme fil émanait de notre affemblée fynodale.

Ayant été jugé convenable pour l'édification de l'Eglife d^introduire dans le culte divin des cantiques fpirituels fur les principaux myftères de l'Evangile, on exhorte les pafteurs de f'en procurer le plus qu'il fera poffible, & de les faire parvenir aux fynodes provinciaux pour qu'ils en faffent choix. Ceux de ces cantiques qu'on aura choifis feront enfuite communiqués aux perfonnes pieufes & éclairées, & envoyés aux provinces voifmes avec les réflexions qu'ils auront donné lieu de faire, & portés enfin au fynode national prochain pour qu'il en décide & les revête de fon autorité.

Sur l'appel de l'églife d'Alais de l'art. 2 du fynode des Hautes- Cévennes, tenu le dix-neuvième avril dernier, concernant les préféances dans les fynodes provinciaux, attendu que les matières font difcutées dans lefdits fynodes avant de recueillir les fuffrages, l'afTemblée a décidé, conformément à la difcipline, qu'une églife ne peut pré-

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tendre primauté fur une autre, ni fur les préféances, ni à aucun autre égard. En conféquence le fufdit appel eft mis à néant, & les provinces font averties de ne pas permettre que pareilles queftions foient agitées dans les tribunaux eccléfiaftiques.

A la réquifition de la province de Béarn, on recommande l'exade obfervation de l'art. 33 du chap. v de la difcipline qui porte que dans chaque églife on dreffera des mémoires de toutes les chofes notables pour les faits de la religion, & que lefdits mémoires feront portés au fynode provincial, & de celui-ci au national.

xxm.

ReconnaifTant l'importance & la néceffité de l'art. 3i du chap. v de la difcipline, concernant ceux qui émeuvent des débats, pour rompre l'union de l'Eglife, fur quelque point de doctrine ou de difcipline, on en recommande l'obfervation.

On recommande aufli l'obfervation de l'art. 5 du chap. xii de la difcipline que les minières ne recevront à la Ste-Cène aucun fidèle des autres églifes qui n'ait fuffifant témoignage de fon pafleur ou d'un ancien, autant que faire fe pourra.

Sur la demande des députés du Dauphiné, on recommande l'art. i5 du fynode national de 1748, touchant ceux qui fe prévalent devant les magiftrats de ce que les mariages de leurs frères n'ont pas été célébrés félon les lois du Royaume.

Sur l'appel des églifes du Rouergue de l'art. 7 du fynode des BafTes-Cévennes, tenu le i®^ août 1758, qui porte que ladite province ne peut pas exécuter l'art. 27 du fynode national de 1756, qui l'a chargé d'accorder un pafleur fixe auxdites églifes , l'affemblée, ayant pris en confidération les raifons de ladite province, la difpenfe de ce qui eft prefcrit dans ledit article du fynode national & lui enjoint cependant de faire deffervir lefdites églifes du mieux qu'il fera poffible & d'y faire faire pour le moins fix vifites chaque année , jufqu'à ce qu'on pourra leur procurer un pafteur à titre.

xxvir.

M. Boyer, pafteurdes Baffes-Cévennes, ayant demandé que ladite province fût jointe à celle des Hautes, l'affemblée n'a pas jugé à propos de rien ftatuer à cet égard, attendu que MM. les députés defdites provinces n'ont aucune commiffion là-deffus.

Autant qu'il eft néceffaire d'avoir des pafteurs éclairés & pieux, autant il eft néceffaire de veiller fur la conduite des étudiants, & de mettre en ufage les moyens qui peuvent contribuer à les rendre tels que l'on fouhaite. Un de ces moyens, que l'affemblée a trouvé propre pour parvenir à ce but, c'eft d'enjoindre, ainfi qu'elle le fait par le préfent article, à ceux qu'on mande au féminaire d'envoyer chacun aux pafteurs de fa province, de fîx en fix mois, un témoignage de MM. les profeffeurs qui les enfeignent, dans lequel il foit fait mention des propofitions qu'ils auront rendues, des matières qu'ils auront étudiées, des examens qu'ils auront fubis & des progrès qu'ils auront faits, comme auffi de la conduite qu'ils auront tenue.

Avant d'envoyer les étudiants au féminaire, on les gardera pendant quelque temps dans le fein des églifes, afin que l'on puiffe mieux connaître leurs difpofitions & leurs talents ^

A la réquifition de M. Boyer, pafteur & député des Baffes-Cévennes, on recommande l'obfervation de l'art. 48 du premier chapitre de la difcipline.

MM. les députés du Haut-Languedoc ayant requis le miniftère de M. Louis Figuières pour leur province, & ledit fieur f'y étant accordé, l'affemblée l'en déclare pafteur fous la réferve qu'il ne foit pas réclamé par celle du Poitou dans l'efpace d'une année, à compter depuis la tenue du préfent fynode.

T. En 1753, Paul Rabaut écrivait à Antoine Court : « Il est très-vrai, comme on vous l'a dit, que la plupart des pasteurs ne se soucient pas trop que nos proposants aillent chez vous [à Lausanne], mais je suis fort éloigné de penser comme eux. »

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La province aj^ant fupplié raffemblée de lui procurer un pafteur, & M. Jean Martin, miniftre des Hautes-Cévennes, fêtant offert, la compagnie le lui affede pour toujours & fait les vœux les plus ardents pour le fuccès de fon miniftère.

xxxm.

Vu le preffant befoin qu'a la province de Béarn du miniftère de M. Jean Journet, celle des Baffes-Gévennes, dont il dépend, lui prolonge fon congé jufqu'au prochain fynode national.

Par un nouvel arrangement, MM. Paul Marazel, Jean Ducros, Antoine Gai & François Noguier, pafteurs des Baffes-Gévennes defferviront alternativement le quartier du Rouergue pendant fix mois chacun, jufqu'à la tenue d'un autre fynode nationaP.

On charge la province des Hautes- Gévennes d'examiner M. Etienne Gibert, propofant, & de le confacrer au St-Miniftère pour les églifes de Saintonge, fil en eft jugé capable, le tout aux frais defdites églifes.

Le fynode, informé que dans quelques églifes de la province du Haut-Languedoc il ne fêtait prefque point tenu d'affemblées religieufes depuis longtemps, & ayant appris par les députés de ladite

I. Le 9 janvier lySg, un correspondant de Rabaut lui écrivait de St-Affrique à ce sujet: «Vous savez qu'au dernier national du mois de septembre dernier il fut délibe'ré, aux grandes instances des de'putés de la province des Basses- Cévennes que nos églises seraient desservies par alternative de six mois, et jusqu'à ce qu'il y eût des pasteurs fixes pour notre province, par MM. Paul Marazel, Lasalle, Ladevèze et Randavel, tous quatre pasteurs de ladite province des Basses-Cévennes. — En ayant été instruit par des personnes qui avaient été présentes à cette délibération, nous avons fait tous nos efforts pour engager ces Messieurs à nous prêter leur main secourable, sans avoir rien pu avancer. Il ne nous reste maintenant qu'à recourir à vos sages conseils que nous vous prions d'avoir la charité de nous accorder pour nous procurer quelque soulagement dans les maux extrêmes que nous ressentons, ou en nous indiquant les moyens que nous devons prendre pour obliger les Messieurs, qui sont en charge de nous desservir, à remplir leurs engagements envers nous, ou en nous procurant ceux qui pourraient nous faire réussir à nous donner d'autres pasteurs qui eussent pitié de notre triste état. . . » — Mss. Rabaut, III, A. p. 161.

province que c'étaient les anciens de ces mêmes églifes qui f 'y font oppofés, on leur enjoint de ne plus former de pareilles oppofitions, & on exhorte les affemblées eccléfiafliques d'y veiller foigneufement.

La compagnie, affligée d'apprendre que la province du Poitou foit fi peu pourvue de pafteurs, & que c'était en partie la faute, tant de celui qui y eft aduellement que de la province en général, a trouvé l'un & l'autre très-répréhenfibles, & leur recommande de ne rien négliger pour remédier à un fi grand mal.

xxxvni.

Vu l'impoiïibilité où font les églifes de Provence, au fervice defquelles M. Jean Bétrine eft mort, de fournir à l'entretien de fa famille & le befoin où cette famille fe trouve, les provinces y ayant égard ont trouvé à propos de lui faire une petite penfion annuelle & fe font cotifées de la manière fui vante :

Celle de Saintonge 60 ■//■

Celle du Bas-Languedoc 5o »

Celle du BafTes-Cévennes 3o «

Celle des Hautes-Cévennes 24 »

Celle du Vivarais 24 )>

Celle du Haut-Languedoc 24 )>

Celle du Dauphiné 20 »

Celle de Béarn 1 2 »

Celle de Provence 72 )>

Toutes lefquelles fommes feront payées chaque année, à compter dès aujourd'hui, à M. Paul Rabaut, pafteur du Bas-Languedoc, qui aura la bonté de les faire parvenir à la veuve dudit fieur Bétrine & d'en fournir des reçus jufqu'à ce qu'un autre fynode national en ait autrement ordonné.

Sur les repréfentations que le fieur Bornac, dit Lapra, a faites par lettre à l'affemblée, tendant à annuler l'art. 25 du fynode national de 1744 le concernant, on a trouvé à propos de n'y rien changer, & cependant de recommander ledit Lapra à nos refpedables amis du

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pays étranger &: d'exhorter les églifes du Poitou de contribuer à fon entretien en reconnaiffance des fervices qu'il leur a ci-devant rendus.

L'affemblée, ayant appris avec joie qu'il y avait un pafteur à La Rochelle % a délibéré que tant le pafteur que l'églife dépendront du fynode de Saintonge, jufqu'à ce qu'il en foit autrement ordonné, & leur recommande de fe conformer au préfent article, qui leur fera communiqué par M. Dugas, pafteur.

Touchant l'appel interjeté par certaines perfonnes de la communauté de St-Michel-de-Dèze, fur l'art. 6 du fynode des Hautes- Cévennes, tenu le 12^ & 1 3^ juillet dernier, l'affemblée ne pouvant avoir fur cette affaire tous les éclairciffements nécelfaires, elle a nommé, pour la terminer définitivement, MM. Paul Dalgue & Pierre Dugas, pafteurs, avec telles autres perfonnes non fufpeclesaux parties intéreffées qu'ils jugeront à propos de f'affocier.

A la réquifition d'un député des Bafles-Cévennes, demandant que l'entière communauté de Boiffet foit annexée à l'églife d'Anduze, les députés du Bas-Languedoc ayant été entendus fur cette demande & y ayant acquiefcé, à condition que le hameau d'Atuech ne fera plus contefté à l'églife de Lézan, cet arrangement a été autorifé par la compagnie.

XLin.

En conféquence du prêt fait à l'églife de Bordeaux du miniftère de M. le pafteur Redonnel, MM. les pafteurs Guizot & Puget feront pour l'églife de Montpellier le fervice qu'ils étaient chargés de faire en Provence; & les pafteurs en Bas-Languedoc prendront, de concert, les arrangements néceffaires pour la defferte de ladite églife de Montpellier. ^

La province du Bas-Languedoc ayant demandé par fes députés d'être déchargée des églifes des Vans & de Pierremale, & de les

I. C'était le pasteur Pagon. Les religionnaires s'assemblaient par groupe de 20 personnes dans des maisons particulières, sous la direction d'un comité dont on trouvera plus loin, à l'année 1761, les statuts.

lyo LES SYNODES DU DÉSERT.

joindre à la province des Hautes-Cévennes, les raifons pour & contre difcutées, on n'a pas trouvé à propos de lui accorder fa demande.

La province du Bas-Languedoc eft chargée de la convocation du prochain fynode national.

Ainfi conclu & arrêté lefdits jours & l'an que deffus.

Paul Rabaut, pafteur & modérateur; Jean Gal, modérateur-adjoint ; Cavalier, pafteur & fecrétaire; DuGAs, pafteur & fecrétaire-adjoint.

Synodes provinciaux de 1759.

Synode du Bas- Languedoc.

Au nom de Dieu. Amen.

E fynode du Bas-Languedoc, affemblé au Défert fous la protedion divine , les vingt-cinquième & vingt-fixième avril mil fept cent cinquante-neuf % au nombre de feize ^9Ê>pafteurs de la province, deux des Hautes-Cévennes, deux des Baffes, & un propofant, & quarante-huit députés des églifes, après avoir imploré la direction du St-Efprit, a élu Mefîieurs Paul Rabaut, pafteur, modérateur ; Pradel , pafteur, pour modérateuradjoint; M. Pierre Encontre, pafteur, pour fecrétaire, & M. André Baftide, pafteur, pour fecrétaire-adjoint ; [Se il] a arrêté ce qui fuit :

Les confiftoires font exhortés d'obferver , autant que faire fe pourra, l'art. 4 du dernier fynode de cette province, portant qu'on n'enverra qu'un député de chaque églife à nos affemblées fynodales; & dans le cas [qu'Jil f'en trouve qui jugent à propos d'y en envoyer deux, il n'y en aura que trois de chaque quartier qui puiffent y avoir deux

Colloque du Haut-Languedoc du 28 septembre ijSg.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

(. Nous, les pasteurs et anciens des églises réforme'es du Haut-Languedoc, assemblés en colloque le 28 septembre lySg, après avoir imploré la favorable assistance et les lumières du St-Esprit, nous avons arrêté ce qui suit :

1. — M. Sicard, pasteur, a été nommé à l'unanimité des voix pour modérateur; M. Gardes, pasteur, pour modérateur-adjoint, et M. Gâches, ancien de l'église de Vabre, pour secrétaire.

2. — Pour la députation au prochain synode provincial, ont été nommés, pour les églises de la montagne, M. C, ancien de l'église de Lacaune, et M., ancien

voix, excepté l'églife de Nîmes, qui, parce qu'elle a deux pafteurs, pourra avoir deux députés qui auront droit de fuffrage.

Conformément à l'art. 4 du fynode national dernier, qui ordonne la célébration d'un jour de jeûne le 14^ juin prochain, la compagnie exhorte les fidèles de cette province à f'y préparer pour le rendre agréable au Seigneur.

Sur la queftion propofée, quelle conduite on doit avoir à l'égard des pécheurs qui, aj^ant été fufpendusde la Ste-Cène, demandent d'être admis à y participer avant le temps fixé pour leur pénitence, l'affemblée, fans prétendre altérer les articles de nos précédents fynodes & voulant conferver aux confiftoires l'autorité qu'ils ont d'en faire l'application fuivant l'exigence des cas, eft d'avis que lefdits confiftoires doivent pefer mûrement, tant les circonftances de la faute qui a mérité la fufpenfion, que les marques que les pécheurs donnent de leur

de l'église de Montredon, et pour leurs substituts, M. B., de l'église de Vabre, et A. Z., ancien de l'église de Gijounet; pour les églises de la plaine, M. T., ancien de l'église de Puylaurens, et de L'ancien de l'église de Castres, et pour leurs substituts, M. C, ancien de l'église de Puylaurens, et Cam..., ancien de l'église de Castres.

3. — L'assemblée a vu avec peine et avec surprise que les églises de Castres, Mazamet et Roquecourbe, n'ayent point envoyé leurs députés au colloque; et d'ailleurs n'ayant point trouvé les raisons que la personne a alléguées dans deux lettres adressées à M. Sicard pour s'en excuser, légitimes et valables, l'assemblée a chargé M. Gardes, modérateur-adjoint, de leur écrire pour les exhorter à ne pas tomber à l'avenir dans le même cas, et à se conformer mieux à l'ordre ecclésiastique.

Ainsi conclu et arrêté les jour et an que dessus.

Sicard, pasteur et modérateur; Gardes, pasteur et modérateur-adjoint; Gâches, ancien et secrétaire.

A cette date, septembre lySg, le fils d'Antoine Court, Court de Gébelin, écrivait à l'ancien député général des églises, B. Duplan, qui, réfugié à Londres, suivait attentivement les progrès du protestantisme dans sa patrie : «La lumière [se] répand de toutes parts : il y a peu de provinces qui n'ait ses ministres et son culte; une même a ses temples. Partout on compte des églises florissantes, nombreuses, éclairées, pleines de zèle. Cependant le vent de la persécution continue à les ravager; il fond ça et là comme un tourbillon impétueux qui déchire tout. Les provinces actuellement les plus exposées à sa fureur sont le Dauphiné, le Périgord, la Normandie.... D'autres provinces, sans être aussi maltraitées, éprouvent cependant à divers égards qu'il ne leur est pas libre de servir leur Dieu de la manière qui leur paraît la plus convenable. » — Collection Lloyd.

SYNODES PROVINCIAUX. iy3

repentance, & les admettre à la paix de l'Eglife plus tôt ou plus tard fuivant qu'ils paraîtront plus ou moins repentants; & elle enjoint aux fufdits confiftoires d'être très-fcrupuleux à cet égard & de n'abréger le temps de fufpenfion que lorfqu'ils auront tout lieu d'être convaincus du fmcère repentir des pécheurs.

Le plus tôt poiïible, les élèves feront examinés par les Meiïîeurs de la table, alTiftés de M. Puget, pafteur; & fil en eft quelqu'un en qui ils ne trouvent pas des talents qui faffent efpérer qu'ils pourront parvenir au St-Miniflère, ils font autorifés à les renvoyer.

On enjoint de nouveau, & très-expreffément, tant aux pafteurs qu'aux anciens de tenir la main à l'obfervation de l'art. lo du fynode national tenu en mai 1 766, qui recommande que, dans toutes les églifes, on ait des regiftres exacts des mariages & baptêmes, tant pour le paffé que pour l'avenir.

Déformais, les fynodes de cette province feront convoqués par les pafteurs d'un colloque; ils en feront chargés tour-à-tour; & pour commencer, il eft arrêté que les pafteurs du colloque de Nîmes convoqueront le fynode prochain.

Les pafteurs font exhortés de faire ledure dans les affemblées religieufes des art. 27, 28 & 29 du chap. xiv de la difcipline, & d'en prefTer fortement l'obfervation, & les anciens de fe joindre aux pafteurs pour empêcher qu'ils ne foient violés & pour exercer contre les délinquants les cenfures portées par les fufdits articles.

A l'avenir, les députés des églifes n'apporteront aux fynodes que des proportions fignées par un fecrétaire ou par plufieurs membres des confiftoires, fans quoi elles ne feront pas reçues; & pour faire voir que l'affemblée fynodale en aura eu connaiffance, ils les remporteront vifées par le fecrétaire de la compagnie.

Il eft réfolu qu'aucun muficien ne pourra exercer fa profeftion dans aucun lieu, fans le confentement du pafteur & des anciens de ce même lieu.

M. B.... ayant demandé au confiftoire de St-Geniès copie du jugement rendu contre le fieur Defferre, & ce confiftoire ayant renvoyé l'examen de cette demande au colloque de Nîmes, & ce colloque au préfent fynode, la compagnie eft d'avis de la lui accorder.

Il eft enjoint aux confiftoires, qui ne font pas dans l'ufage d'élire à la pluralité des fuffrages & à baffe voix leurs députés pour les colloques & pour les fynodes, de fe conformer à cet égard à l'ufage établi dans les autres confiftoires de la province.

L'aflemblée, confidérant les avantages que les églifes retireraient d'un livre où feraient enregiftrés les ades des fynodes tant nationaux que provinciaux, exhorte les confiftoires à avoir un tel livre & à y infcrire les fufdits ades ^

Sur le recueil fait par MM. Pierre Redonnel, André Baftide & Pierre Encontre des fynodes nationaux & provinciaux qui fe font tenus depuis la révocation de l'Edit de Nantes, il fera fait un choix des articles qui pourront fervir aux églifes, & cela par un nombre de pafteurs qui feront nommés par leurs confrères.

Les dépenfes faites depuis le fynode dernier par l'églife de Nîmes, pour les profélytes néceiïiteux, lui feront rembourfées, & l'on rcmbourfera auffi celles qui fe font faites pour le même fujet par un particulier, fe portant favoir : les premières à i53 liv. 8 f . & les fécondes à 3i liv. i5 f.

L'art. 12 de notre dernier fynode étant fujet à divers inconvénients, & la compagnie confidérant que les particuliers en pourront remplir l'objet, qui eft de procurer aux profélytes ce qui leur eft néceffaire, a jugé à propos de l'annuler; & cependant elle exhorte tant les

I. Voy. au tome III la notice sur les manuscrits qui ont servi à cet ouvrage.

SYNODES PROVINCIAUX. lyS confiftoires que les fidèles à accueillir les fufdits profélytes & à leur

rendre tous les bons offices qui dépendront d'eux.

La compagnie a alloué les dettes fuivantes : A l'églife de Nîmes pour le fynode national . iSo H- 7 f . A ladite pour le dernier fynode provincial . 40 )> A ladite pour dépenfes à l'occafion d'une affem-

blée eccléfiaftique 10 »

A M. O. pour le fynode national 26 ))

Aux héritiers de M. Gauch 100 )>

A MM. Vincent & Puget pour le fynode des

Balîes-Gévennes 1 1 » 1 5 f.

A l'églife de Montpellier pour le fynode national 20 ))

A l'Eglife de St-Geniès pour dépenfes faites

en diverfes occafions 81»

En tout 469 y/- 2 f .

MM. François Sauffine & Teiffier, pafteurs, fe font chargés de deffervir fix mois chacun le quartier de Vallon, à condition que, l'année prochaine, ils feront déchargés dudit quartier.

MM. Pierre Encontre & Thérond, pafteurs, defîerviront de concert les diftricls de Montpellier & Bédarieux, à condition, pour le premier, qu'il fera placé dans l'intérieur de la province l'année prochaine, fuppofé qu'il ne puiffe pas exercer commodément fon miniftère dans ce pays-là, & encore que le fieur Lombart, élève, fera affedé aux fufdits diftrids pour cette année là.

L'affemblée a annexé St-Laurent à l'églife du Caylar, ainfî qu'il l'était auparavant.

Ainfi conclu & arrêté les fufdits jours & an.

Paul Rabaut, pafteur & modérateur; Pradel, pafteur & modérateur-adjoint; Encontre, pafteur & fecrétaire; Bastide, pafteur & fecrétaire-adjoint.

lyô LES SYNODES DU DÉSERT.

En vertu du pouvoir que le fynode en a donné à MM. les pafteurs, ils ont élu, pour députés au fynode des Hautes-Cévennes , MM. Allègre & Lafon, pafteurs, & pour les Baffes, MM. Guizot & Pierre Saufline, aufti pafteurs; & ils ont nommé, pour faire le choix des articles des fynodes nationaux & provinciaux qui pourront fervir aux églifes, MM. Paul Rabaut, Pradel, Vincent & Puget.

Ainfi conclu & arrêté les fufdits jours & an.

Encontre, pafteur «Se fecrétaire; Bastide, pafteur & fecrétaire-adjoint.

Synode du Vivarais et Velay.

Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre. Amen.

Aâes du fynode provincial des églifes réfonnées du Vivarais & Velay ^ ajffemblé fous la proteâlion divine au Défert, dans le Haiit- Vivarais, le vingt-Jixième avril mil fept cent cinquante-neuf, auquel ont affiflé deux pafteurs, dou\e anciens, députés defdites églifes.

Après la lecture de la parole de Dieu & l'invocation de fon St- Nom, a été réfolu ce qui fuit :

On écrira au nom de cette affembléc à M. Laftaigne, étudiant à L[aufanne], pour lui fignifier l'art. 28 du fynode national du mois de feptembre 1758 & lui enjoindre à f'y conformer exactement, en nous envoyant de fix mois en fix mois des témoignages de fa conduite & de fcs études.

Conformément à l'art. 4 du fynode national de 1766, qui renouvelle & confirme l'union entre les églifes, l'afTemblée exhorte

SYNODES PROVINCIAUX

fortement celles de cette province à être toujours étroitement unies, & défend aux églifes particulières de rien entreprendre, fans l'avis & le confentcment de toutes les autres.

Ayant fait ledure de la lettre de M. Gofte à notre affemblée, par laquelle il demande encore une prolongation de congé pour quelques mois, en ajoutant que, fi on lui refufe cette prolongation, on lui en accorde un abfolu pour aller delTervir telle églife qu'il jugera à propos, la compagnie a trouvé déplacée cette efpèce de menace de quitter les églifes, au cas qu'on ne lui accorde pas fa demande. Elle en a même été d'autant moins fatiffaite, qu'elle feft fort bien rappelée que prefque toutes les fois que ledit M. Gofle a demandé quelque congé, ce qui lui eft arrivé afTez fouvent, il a accompagné fa demande des mêmes expreiïions. Cependant, quoique peu fatiffaite de cette façon d'agir, qui marque trop d'indépendance & trop peu d'attachement pour nos églifes, elle lui accorde la prolongation qu'il demande, lailTant d'ailleurs à fa liberté de revenir quand il le jugera convenable ou de prendre tel parti qu'il trouvera à propos, ne voulant le gêner en

aucune façon.

Peirot, pafteur-modérateur; Vernet, pafteur & fecrétaire.

Synode du Vivarais et Velay.

Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre. Amen.

Aâes du Jynode provincial des églifes réformées du Vivarais & Velaj, affemblé fous la proteâion divine au Défert, dans le Haut- Vivarais^ le dixième oâobre mil fept cent cinquante-neuf, auquel ont ajfîfîé trois pafîeurs & treize anciens, députés def dites églifes.

Après la ledure de la parole de Dieu & l'invocation de fon St- Nom, a été réfolu ce qui fuit :

L'affemblée a reconnu que M. Laffagne aurait dû envoyer un certificat, comme on l'avait exigé de lui dans l'article premier du fynode du 26^ avril dernier ; elle charge un des pafteurs de lui écrire àcefujet & de Texhorter en même temps à f appliquer à l'étude pendant l'hiver, à fe montrer par ce moyen en état de fervir les églifes & à fe tenir prêt à fe rendre au milieu d'elles au printemps prochain, fî on trouve à propos de l'appeler.

L'art. 3 du fynode de lySy n'ayant pas été exécuté pour des raifons connues à la compagnie, elle charge MM. les pafteurs d'écrire

au plus tôt à l'églife d'A pour le lui communiquer & pour

exhorter vivement les fidèles de cette cglife à fe conduire au baptême de leurs enfants d'une façon plus régulière & plus édifiante qu'ils ne l'ont fait jufqu^à préfent.

L'aflemblée ayant appris avec douleur qu'il y a dans cette province des proteftants qui abufent de l'autorité des lois pour retenir des biens qui ne leur appartiennent pas, elle exhorte les pafteurs à exercer, contre ceux qui font dans ce cas, la difcipline dans toute fa rigueur, conformément à l'article

SYNODES PROVINCIAUX. 179

On établira dans chaque églife un nombre de jeunes gens pour foulager les anciens dans leurs fondions, & pour faire régner l'ordre dans les affemblées religieufes.

Peirot, pafteur-modérateur ; J. Blachon, pafteur; Vernet, pafleur & fccrétaire.

^Ar >^ >ALO

Synode du Béarn.

Au nom de Dieu. Amen.

Aâes du Jj^node provincial des églifes de Béarn, affemblé fous les aufpices de la divine Providence au Déjert, le neuvième janvier mil fept cent cinquante-neuf^, auquel ont afjifîé deux pafîeurs & trente anciens.

Après avoir imploré le fecours du St-Efprit, on a élu à la pluralité des fuffrages pour modérateur fieur Jean Journet, pafteur, & pour fecrétaire fieur Pier[re] L. g. d''% ancien de l'églife d'Orthez.

Colloque du Béarn du 10 septemb?'e lySg.

Au nom de Dieu. Amen.

I. Les églises du Béarn, assemblées sous les yeux de Dieu, ce 10 septembre 1759, au nombre de seize anciens et d'un pasteur, après avoir imploré le secours du St-Esprit, ont délibéré ce qui suit :

1. — M. le pasteur Journet nous ayant produit une lettre de M. Pic, proposant des Hautes-Cévennes et étudiant à Lausanne, dans laquelle ledit M. Pic, à la prière dudit M. Journet, veut bien avoir la bonté de se prêter pour le service de nos églises, l'assemblée, très-reconnaissante aux offres que ce Monsieur nous fait, a délibéré de se rendre le plus tôt possible et pour cela il a été convenu, pour accélérer son arrivée, de lui faire compter 120 liv. pour fournir aux frais de son voyage, conformément à la demande qu'il nous en a faite dans sa lettre.

2. — Les églises du Béarn, pour des raisons très-importantes qui ne leur permettent pas de faire consacrer M. Pic dans leur sein, ont délibéré de prier la province des Hautes et Basses-Cévennes de nous faire le plaisir de l'examiner et de le recevoir au St-Ministère, s'il en est jugé capable, comme aussi de vouloir laisser assister dans l'assemblée des pasteurs préposés pour l'examen et la réception dudit sieur Pic un député de la province du Béarn que nous avons chargé de payer tous les frais qui se feront en cette occasion.

3. — Toutes les dépenses qu'il conviendra de faire à l'occasion de MM. Pic et Lanne seront payées par égales portions par le quartier d'Orthez et de Salies.

Les ades du fynode national, tenu dans les Baffes-Cévennes depuis le premier feptembrejufqu' au neuvième dudit mois 1758, ayant été lus à l'affemblée, chacun des membres a trouvé que les députés, envoyés audit fynode par l'affemblée fynodale tenue le i^" juillet de la même année, avaient exactement rempli la commiffion qui leur avait été donnée par ledit fynode, & ont promis, chacun au nom de leurs églifes, de f'y conformer & de les faire obferver de tout leur pouvoir aux fidèles de leurs églifes.

Les fufdits députés au fynode national ayant produit à l'affemblée l'état des dépenfes qu'ils ont faites pour aller affifter audit fynode national, elle les a acceptées & acquittées.

Le fieur Pierre Lanne, natif de Rayonne & profélyte depuis quelque temps, ayant été interrogé : i*' fil avait embraffé fmcèrement & de bonne foi la religion proteftante, a répondu que oui ; 2'' fil avait quelque doute fur notre fainte religion, a répondu que non ; 3"* fil fe dévouait de bon cœur & fans réferve au fervice de la province de

4. — L'église de Salies est chargée de faire tout son possible pour faire le recouvrement de la taxe des dépenses réparties sur toutes les autres églises annexées à la sienne, et celle de Salies est chargée d'en faire de même dans celles qui sont de son ressort et remettre l'argent, les dûs et les autres, à l'église d'Orthez, à qui ces sommes sont dues.

5. — Les églises payeront à M. Defferre, notre très-honoré pasteur, pour le service qu'il a fait dans nos églises pendant le cours de cette année, la somme de 600 liv., avec protestation que nous sommes mortifiés de ne pouvoir pas lui témoigner une reconnaissance plus étendue et plus sensible.

6. — L'église d'Orthez payera à M. Defferre, notre cher pasteur, la somme de 200 liv., celle de Bellocq 100 liv., et celle de Salies 100 liv. pour remplacer les 100 liv. qui doivent lui revenir du pays étranger et qu'on a déléguées à M. Pic pour fournir aux frais de son voyage depuis Lausanne jusqu'en Béarn.

7. — Les anciens sont exhortés de faire instruire avec tout le soin possible la jeunesse, chacun dans son église, et de ne laisser présenter à la Ste-Cène qui que ce soit, sans avoir examiné préalablement et sans avoir confirmé le vœu de leur baptême, selon que la discipline des Eglises réformées de France l'ordonne.

8. — Les églises du Béarn sont très-mortifiées de ne pouvoir conserver M. Defferre, pasteur dans leur sein, vu le dessein qu'il a formé de se retirer ailleurs, pour des raisons à lui connues ; mais elles se font un plaisir et un devoir de l'assurer en toute vérité de leur attachement inviolable, qu'elles ne perdront jamais de vue les importants services qu'il leur a rendus, en les retirant du triste état où elles se trouvaient réduites.

Fait et arrêté ce dixième septembre dans notre assemblée colloquale.

Jean Journet, ministre du St-Evangile; Labourdette, secrétaire.

Béarn, fuppofé que Dieu lui fît la grâce de parvenir au St-Miniftère auquel il veut fe deftiner, a répondu que oui; 4° que dans le cas [qu']il voulût rompre les engagements qu'il vient de prendre avec la province, il fera obligé de reftituer aux églifes de Béarn les dépenfes qu'elles font pour fon entretien, il a promis, en tel cas, d'en faire la reftitution.

Les églifes d'Orthez, Salies & Salles font chargées de faire les avances de 3oo liv., qui feront remifes à M. Journet, pafteur, pour habiller fieur Pierre Lanne, acheter un cheval, & fournir à fon voyage en Suiffe, où il délire de palTer, favoir : l'églife d'Orthez, 100 liv.; celle de Salies, i5o, & celle de Salles, 5o; defquelles fommes les autres églifes de la province feront au plus tôt le rembourfement de ce que chacune devra payer auxdites églifes, à proportion de fa cote du miniftère, félon la répartition qui en fera faite par ledit M. J. Journet, pafteur, & deux anciens, l'un de l'églife de Salies & l'autre de l'églife d'Orthez, ainfi qu'ils en font chargés par l'affemblée, comme auffi de faire l'emploi de ladite fomme de 3oo liv. en faveur dudit fieur Lanne.

Les commiffaires mentionnés dans le précédent article font encore chargés par le fynode de répartir fur toutes les églifes de la province la fomme de huitante livres, qu'elle accorde à un ancien d'une églife qui fe trouve dans la néceffité.

M. Defferre, pafteur, ayant demandé fon congé pour fe retirer où il lui plaira, les églifes, convaincues de l'extrême befoin qu'elles ont de fon miniftère, pénétrées d'ailleurs pour fa perfonne de la plus fmcère amitié & de la plus tendre affedion qu'il a fu f'attirer par fon affabilité, fa bienveillance & par fon exactitude à remplir les fondions du St-Miniftère, pendant l'efpace de quatre ans, au milieu d'elles, au grand contentement & édification de tout le troupeau, lefdites églifes lui ont refufé fa demande, dans laquelle ledit M. Defferre a conftamment perfifté, & a allégué des raifons qui ont porté l'affemblée à déférer, avec un extrême regret, à ce qu'il fouhaite, toutefois pour quelque temps feulement, & dans l'efpérance qu'il fera tous fes efforts pour retourner au plus tôt dans le fein de la province; ce qu'il a promis & protefté. G'eft en conféquence de ce congé, accordé à

M. Defferre fous les conditions exprimées, que raflemblée fynodale a prié M. Journet, pafteur, de drefTer en fa faveur une atteftation des plus amples, que chacun des membres du fynode a promis de figner lorfqu'il en fera requis.

vn.

Les pères & mères font exhortés de ne faire préfenter leurs enfants au St-Baptême que par des perfonnes d'un âge compétent, qui foient de bonne vie, en édification à l'Eglife Se dont le confiftoire puilTe rendre un bon témoignage.

Un ancien de nos églifes ayant eu le malheur de tomber dans une faute fcandaleufe, l'alfemblée, déplorant fa conduite, voulant fe conformer à la difcipline & édifier l'Eglife du Seigneur, le fufpend de la charge d'ancien pour trois ans & le prive de la participation à la Ste-Cène pour une année, fe réfervant toutefois la liberté de diminuer fa fufpenfion à proportion de la vivacité de fa repentance, ou de la prolonger, fil perfiite dans fa faute.

A la réquifition de l'églife de Salies, Taffemblée exhorte MM. les anciens d'être à l'avenir plus exa6ls à recueillir dans les alfemblées religieufes les deniers des pauvres, tant ceux qui font de l'églife où l'affemblée fe tiendra que ceux des autres églifes qui fe trouveront dans ladite affemblée ; & ceux qui négligeront de le faire feront cenfurés.

L'églife d'Offe, défirant de favoir ce qu'elle doit payer pour le miniftère, l'afl'emblée fynodale a fixé fa cote à la fomme de loo liv. par année.

L'églife de Salles-Mongifcard, avec fes annexes, défirant d'avoir à leur tour la première communion, l'aflemblée, ayant égard à leur demande, a décidé qu'elles jouiraient de ce privilège lorfque leur tour fe préfentera.

Il a été aufii convenu que pour la defl'erte de l'églife de Pontacq & fes annexes, on prendra deux afl'emblées fur l'églife d'Orthez,& une fur l'églife de Salles-Mongifcard, avec fes annexes.

SYNODES PROVINCIAUX

L'églife de Salies prendra les deux tiers des deniers des pauvres qui fe lèveront dans les affemblées religieufes qui fe feront dans le quartier de Sauveterre, La Baftide & Garreffe, etc., & les quartiers de Sauveterre, La Baftide & Garreffe, etc. prendront un tiers defdits deniers qui fe recueilleront dans l'églife de Salies.

Ainfi fait & arrêté le neuvième janvier 1759.

Jean Journet, pafteur-modérateur.

Synode de Saintonge, Angoumois et Périgord'.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

Les églifes de Saintonge, Angoumois & Périgord, affemblées en fynode fous la protedion divine, les vingt-neuvième & trentième juin mil fept cent cinquante-neuf 2, au nombre de fept pafteurs & autant d'anciens députés, après avoir imploré le fecours du St-Efprit, ont délibéré ce qui fuit :

La compagnie a élu à la pluralité des fuffrages MM. Redonnel, pafteur, pour modérateur; Gibert aîné, pafleur, pour modérateuradjoint; Dugas, paffeur, pour fecrétaire, & Picard, pafteur, pour fecrétaire-adjoint.

1. C'est le premier Synode de Saintonge que Ton possède; mais, bien avant cette date, d'autres synodes s'étaient assurément réunis.

Colloque de Saintonge du ig juillet ijSg.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

2. Les églises de Saintonge assemblées en colloque le 19 juillet 1739, après avoir imploré le secours de Dieu, [ont] arrêté ce qui suit :

I. — L'église de LaTremblade ayant envoyé deux députés au présent colloque contre ce qui est prescrit à l'art. 7 du colloque précédent, de même que contre la discipline qui défend qu'aucune église n'ait primauté sur l'autre, l'assemblée a été d'avis de n'admettre qu'un desdits députés.

Les églifes de Souhe, Bordeaux & Jarnac, Charente, ont fourni la fomme de 60 liv., à laquelle cette province avait été taxée par le dernier fynode national pour la penfion de Madame la veuve Bétrine, favoir en Souhe 24 liv., Bordeaux 24 liv., Jarnac 12 liv., total 60 liv.

Sur la propofition qui a été faite au fujet de ceux qui tendent devant leur maifon, au jour de la fête appelée du Sacrement ou du Sacre, la compagnie, gémiffante de ce que plufieurs, par une infirmité déplorable, fe font tant oubliés que d'exécuter les ordonnances des magiftrats qui engagent leur confcience à déférer à la créature l'honneur qui eft dû au Créateur, ne pouvant affez témoigner la jufte douleur qu'elle reçoit d'une lâcheté fi inexcufable, interpelle la confcience 'de ceux qui font tombés en des fautes fi répugnantes à la vraie piété, par la frayeur du Dieu vivant, par le zèle de fa gloire, par les entrailles miféricordieufes du Fils de fa dilection, & par les foins que tous les fidèles

2. — La compagnie, ayant lu et examiné les art. 6 et 7 de l'église de La Tremblade, les a unanimement improuvés, comme contraires à la charité chrétienne.

3. — Ayant été rapporté à l'assemblée que les art. i, 3, 4, 14 et 1 5 du précédent colloque, tenu le iei-etle2 décembre lySS, n'ont pas été exactement observés jusqu'à présent, et lesdits articles ayant été examinés de nouveau, on en a reconnu l'importance et la nécessité; en conséquence, on en recommande fortement l'exécution.

4. — MM. les pasteurs Gibert et Dugas continueront à desservir les susdites églises alternativement, jusqu'à ce qu'on juge à propos de prendre d'autres arrangements.

5. — L'assemblée exhorte les fidèles qui n'ont pas décoré le devant de leurs maisons, la dernière fête du Sacre, à ne payer l'amende à laquelle ils sont ou pourront être condamnés qu'après s'être laissés exécuter; et comme lesdites amendes ou exe'cutions occasionneront des frais considérables, les églises se chargent de défrayer lesdites dépenses.

6. — Tant pour l'édification que pour prévenir plusieurs inconvénients, l'assemblée exhorte les fidèles de rester chacun dans leurs églises respectives, et de n'aller dans les autres que rarement et pour des raisons légitimes.

Ainsi conclu et arrêté ledit jour et an que dessus.

Colloque de Saintonge du 1 1 novembre lySg.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

Les églises de Saintonge, assemblées en colloque le 11 novembre 1759, ont arrêté les articles suivants :

I . — Lecture ayant été faite d'une lettre de nos chers et honorés frères, les pasteurs et anciens de l'église de Bordeaux, par laquelle on nous demande le

SYNODES PROVINCIAUX

doivent avoir de leur falut, les exhortant de reprendre leur zèle, fe rendre fidèles imitateurs de la foi de leurs frères, & témoigner par leur perfévérance au bien la fincérité de leur repentance, & de l'affedion au fervice de Dieu, les exhortant de plus à prendre garde à ce que dit St-Paulà ceux de l'églife de Corinthe, qui aiïiftaient contre leur devoir aux feftins religieux des idolâtres, — fuivant qu'il eft dit au chap. x, verfet 21, de fa première épître aux Corinthiens, — & les confiftoires à prendre garde d'ufer avec autant de charité & de modération que de fermeté de la liberté que le dernier fynode national leur laifTe d'employer les moyens qu'ils jugeront bons pour empêcher les fidèles de participer à une telle dévotion.

Quelques particuliers de l'églife de Marennes, qui ont refufé jufqu'ici d'affifter aux affemblées religieufes de ladite églife au temple de La Pimplière, ayant député au préfent fynode pour demander un autre pafteur, à l'infu du confiftoire de ladite églife, la compagnie, juftement affligée d'une telle conduite, rejette leur demande comme

secours du ministère d'un de nos pasteurs pendant six mois, l'assemble'e, prenant en singulière considération ladite demande et les raisons sur lesquelles elle est fondée, aurait souhaité très-ardemment de pouvoir l'accorder dans son entier; mais ne pouvant satisfaire ses désirs à cet égard dans toute leur étendue, à cause du grand nombre d'églises confiées à ses soins, de leur éloignement les unes des autres, et du petit nombre de pasteurs qu'elle a pour les desservir, elle est obligée de borner le secours qu'on réclame à l'étendue d'un mois ou environ, et elle a nommé pour le remplir M. Etienne Gibert, pasteur, lequel elle charge de se rendre audit Bordeaux, le plus tôt qu'il lui sera possible; et fait les vœux les plus sincères et les plus ardents pour le succès de son ministère.

2. — A cause du préjugé dans lequel sont encore un grand nombre de fidèles qui les porte à regarder le Symbole que nous appelons des Apôtres comme une prière, et qui le récitent ou l'écoutent dans cet esprit, la compagnie est d'avis, afin de détruire ce préjugé, qu'on fasse dans toutes les assemblées religieuses la lecture dudit Symbole, après celle des Commandements de Dieu, et elle enjoint à toutes les églises de se conformer au présent article. Mais comme il est nécessaire qu'on excite l'attention du peuple, et que chacun sache ce que c'est que ce symbole, et combien il est nécessaire d'avoir la foi qu'[ilj renferme, on usera, avant de le lire, des paroles suivantes :

« Ecoutons encore avec attention et avec respect l'abrégé des vérités de la «Religion chrétienne que nous avons le bonheur de professer; cet abrégé est «contenu dans le Symbole que nous appelons des Apôtres; nous devons croire les «vérités qu'il renferme, être toujours disposés à les confesser sincèrement ; et «cette foi doit nous exciter efficacement à la pratique de la piété et des bonnes «œuvres. Dieu veuille que ce soit dans ces sentiments et dans ces dispositions «que nous en écoutions la lecture ! — Je crois en Dieu, etc. »

Ainsi conclu et arrêté ledit jour et an que dessus.

étant contraire au bon ordre, les exhorte de la manière la plus prefTante de fe réunir avec leurs frères dans la même alTemblée au fufdit temple, jufqu'à ce que l'églife ait une autre maifon plus convenable pour célébrer le culte divin.

M. Sol, pafleur, ayant interjeté appel du jugement rendu contre lui par le dernier fynode national, art. 9, demande en outre que ce dit appel foit inféré dans nos a6les fynodaux, & que l'on écrive à la province du Bas-Languedoc pour la prier d'accélérer la tenue du prochain fynode national. L'affemblée, prenant en confidération les demandes dudit M. Sol, pafteur, a arrêté qu'il ferait fait feulement mention dudit appel dans nos actes, & charge MM. les fecrétaires d'écrire pour demander la tenue dudit fynode national.

Les fréquentes perfécutions, auxquelles les églifes qui compofent cette province eccléfiaftique font expofées, réduifent fouvent nombre de nos frères dans de triftes ûtuations : on exhorte les fidèles d'y avoir égard, Se d'exercer la bénéficence chrétienne envers ces chères vidimes de la perfécution.

On enjoint aux colloques d'avoir foin de faire parvenir déformais leurs arrêtés aux fynodes provinciaux.

Les articles ci-defTus ayant été lus & approuvés, & les cenfures faites, le fynode f'eft féparé.

Conclu & arrêté lefdits jours & an que deffus.

Redonnel, pafteur & modérateur; Gibert, pafteur & modérateur-adjoint; Dugas, pafteur & fecrétaire; Picard, pafteur & fecrétaire-adjoint.

Synodes provinciaux de 1760.

Synode du Bas- Languedoc.

Au nom de Dieu. Amen.

E fynode du Bas-Languedoc, affemblé au Défert le trentième avril, premier & deuxième mai mil fept cent foixante, au nombre de feize pafleurs de la province, deux des Hautes- :^^l)Cévennes, deux des Baffes, un propofant& cinquante-quatre anciens, députés par les églifes, après avoir imploré le fecours de Dieu & élu à la pluralité des fuffrages MM. Paul Rabaut, pafteur, pour modérateur ; Jean Pradel, pafteur, pour modérateur-adjoint; Pierre Encontre, pafteur, pour fecrétaire, & Simon Gibert, auffi pafteur, pour fecrétaire-adjoint, a délibéré ce qui fuit :

Qu'à caufe de la corruption qui règne dans le monde, du fléau de la guerre qui défoie l'Europe, & de celui de la perfécution qui afflige nos églifes, il fera célébré un jeûne le 20® août prochain, & que les fidèles feront exhortés à fe difpofer à le célébrer d'une manière agréable au Seigneur.

A la réquifition du colloque de Sommières, qui demande que l'article premier du fynode précédent foit expliqué, la compagnie déclare que par ledit article on n'entend pas priver aucune églife du droit des fuffrages & qu'ainft les quartiers compofés de plus de trois églifes pourront envoyer un ou deux députés de chacune des églifes qui les compofent.

Pour faciliter l'enregiflrement prefcrit par le fj^node national dernier, chaque pafteur extraira & fera extraire de fon regiftre les mariages Si baptêmes qu'il a faits, & fera tenir aux confiftoires des églifes ce qu'il trouvera leur appartenir.

Conformément à la demande du colloque de Nîmes, les affemblées des jours de jeûne fe convoqueront, autant qu'il fera poffible, au centre de chaque quartier, & les deniers des pauvres feront partagés aux églifes qui le compoferont, à proportion de ce qu'elles paient pour l'entretien du miniftère.

Ledure ayant été faite d'une lettre du fieur Defferre, portant demande en cafTation du jugement rendu contre lui par le confiftoire de St-Geniès, affifté de MM. Baftide& Allègre, pafteurs, la compagnie n'ayant pas les pièces fur le bureau, & voulant f'inftruire avant de prononcer, a commis MM. Pierre Sauflîne & Pierre Encontre, pafteurs, & MM. R... & D... ou M..., anciens, pour procéder à la recherche & examen defdites pièces, faire la confrontation des parties, récoler Se ouïr de nouveau les témoins, drelTer procès-verbal, & le tout pour être porté au prochain fynode, afin qu'il y foit ordonné ce qu'il appartiendra.

La plainte, portée par le fieur R..., de Boifiières, reflbrtifl'ant du colloque de Nîmes, la compagnie l'a renvoyée à ce tribunal.

M. Puget, pafteur, ayant demandé un congé de trois mois pour faire des remèdes, l'afiemblée le lui accorde. Se fait bien des vœux pour le prompt & entier rétablifi'ement de fa fanté.

Le différend entre les fieurs Mouline & Coulorgue eft renvoyé au confiftoire de l'églife de Caveirac, à qui il appartient de droit d'en juger.

Le député de l'églife de St-Geniès ayant demandé que cette églife fût partagée en deux, l'afiemblée a renvoyé l'examen de cette demande

SYNODES PROVINCIAUX. 189

au colloque, & en attendant, elle accorde à ladite églifc que le pafteur qui la deffervira, avec les autres qui lui feront annexées, aura foin de lui donner, outre fa portion d'affemblées qu'elle doit avoir les jours de dimanche, celles qu'il pourra faire les jours de fête.

Conformément à la demande des anciens de Lagorce & autres lieux, déformais Vallon fera une églife, & Lagorce, Les Sallelles & Villeneuve-de-Berg en feront une autre.

L'affemblée, répondant favorablement à la demande portée par les députés de l'églifede Garrigues, a divifé cette églife en deux qui feront compofées, l'une de MoulTac , Caftelnau , St-Dezery & Valence, & l'autre de Garrigues, St-Chaptes, Ste-Eulalie, Bourdic, Aubulfargues & Collorgues.

La demande de l'églife de Ners, portant que le lieu de Brignon foit féparé de la fufdite églife & annexé à Moufîac, eft renvoyée au prochain colloque, qui en fera l'examen, afin que fur le rapport qui en fera fait au fynode prochain, il y foit déterminé ce qui fera trouvé bon.

Sur le différend furvenu entre MM.Larnac & Foucard, d'une part, &. MM. Méric & Mazel, de l'autre, la vénérable affemblée, en vue de le terminer entièrement, a nommé MM. Paul Rabaut & Jean Pradel, pafteurs, qui f'affocieront chacun un ancien de leur diflrict, & fe joindront au confiftoire de l'églife de Ners pour prononcer fur ledit différend.

Vu la plainte portée par le confiftoire de l'églife de Ribaute contre M. Fayet, pafteur, le député entendu aufïï bien que ledit AL Fayet, la vénérable affemblée a jugé la plainte mal fondée, & ceux qui l'ont portée dignes de répréhenfion & de cenfure ; &, en conféquence, elle a chargé le pafteur, qui fera donné à cette églife, d'afîembler ledit confiftoire & de lui adreffer, en préfence dudit fieur Fayet, l'admonition qu'il mérite, comme aufïï de déclarer dans l'affemblée de cette églife qu'en ce que M. Fayet dit, touchant ceux qui avaient fait le charivari, il ne fit que fon devoir.

La compagnie a alloué au fieur M lafomme de 10 liv. 10 fols

qu'il dépenfa à l'occafion de la tenue du fynode national dernier.

Les 20 liv. qui, l'année dernière, furent allouées à l'églife de Montpellier lui feront rembourfées, Si on lui rembourfera auffi les 36 qu'elle fournit à des profélytes en l'année 1769.

Les pafteurs qui feront députés au prochain fynode des Baffes- Cévennes lui repréfenteront que notre province, étant obligée de fournir à l'entretien de plufieurs veuves de miniftres, elle n'a pas pu fe charger de faire une penfîon de 24 liv. que l'églife de Montpellier lui a demandée pour la veuve de feu M. Bénézet, & qu'elle efpère que ladite province des BafTes-Cévennes, à qui ladite veuve appartient, aura la charité de lui accorder ce petit fecours.

La vénérable affemblée recommande l'obfervation de l'arrêté du fynode de St-Maixent tenu en i5o9, portant que les fyndicats, pratiquant monopole & recherchant des fignatures pour autorifer les divifions qui naiffent en quelques églifes, feront foigneufement réprimés par les colloques Se fynodes, lefquels y apporteront les cenfures convenables félon leur difcrétion & prudence. Cet article fe trouve dans le chapitre des confiftoires, art. 12.

L'afTemblée, répondant favorablement à la demande des églifes de Provence, leur a accordé jufqu'au mois de mai prochain M. Puget, ce digne pafteur, animé d'une vraie charité, ayant bien voulu fe confacrer à cette bonne œuvre ; & elle exhorte lefdites églifes à avoir pour lui tous les égards convenables, comme aufïi à fe former des pafteurs qui leur appartiennent en propre.

Pour que déformais tout fe faffe avec ordre & bienféance dans les affemblées fynodales, les députés des églifes y auront un rang affigné & ne pourront parler qu'à leur tour; celui des pafteurs fera réglé fuivant l'ordre de leur réception & leur âge, & celui des églifes

SYNODES PROVINCIAUX

de manière que ceiles d'un colloque, qui auront occupé la première place l'année précédente, occuperont la dernière l'année fuivante, ainfi de même d'année en année. S'il arrive qu'un pafteur ou un député parle hors fon rang, il fera repris ; & fil récidive, il fera cenfuré fuivant l'exigence des cas. Nul auffi ne pourra f'abfenter du fynode fans de fortes raifons.

Sur les demandes des églifes de Montpellier & de Pignan, portant qu'elles foient féparées l'une de l'autre, l'affemblée, confidérant que l'abfence de M. Puget, pafteur, fait un vide qui rend néceffaire l'augmentation des quartiers, & réfléchiffant d'ailleurs que ces deux églifes ont toujours été annexées & qu'elles peuvent fe rendre des fervices mutuels, n'a pas voulu permettre la féparation. Et pour que l'union règne entre elles, il a été arrêté que le pafteur qui leur fera donné, fera fa réfidence à Montpellier, & ne fera obligé qu'à faire douze alTemblées à l'églife de Pignan, qui, pour le refte, fera deffervie par un propofant.

La vénérable affemblée exhorte l'églife de Maffillargues de f 'afTembler, autant qu'il lui fera poffible, tantôt à la portée de celle du Caylar, & tantôt de celle de Lunel.

MM. les pafteurs font exhortés à faire la répartition des élèves & à régler le fervice que ceux d'entre eux qui font déjà placés devront rendre aux églifes du quartier de Vallon, & à celles du quartier de Bédarieux.

Ainfi conclu & arrêté les mêmes jours & an que delfus.

Paul Rabaut, pafteur & modérateur; Pradel, pafteur & modérateur-adjoint; Encontre, pafteur & fecrétaire; GiBERT, pafteur & fecrétaire-adjoint.

Synode du Bas- Languedoc.

Au nom de Dieu. Amen.

Aâes du fynode du Bas-Languedoc y ajfemblé au Dêfert les quiu- :[ième, fei^ihite & dix-feptihne odobre )nil fept cent foixante, auquel ont ajjljîé quatorze pajîeurs de la province, deux des Bajes-Cépennes, un des Hautes, & trente-huit anciens, députés par les églifesK

L'affemblée, [étant] fur le point de procéder à l'élection des Meffieurs qui doivent compofer la table, fe font préfentésMM. Simon Gibert, Paul Rabaut, Paul Vincent, Claude Teiffier, André Baftide & Jean Pradel, pafteurs, lefquels ont repréfenté que, dans ce fynode, f'agiffant furtout de prononcer fur l'affaire du fieur Defferre, & que, ne pouvant être juges, les quatre premiers, parce qu'il font témoins dans la procédure, le cinquième, parce qu'il a déjà jugé, & le dernier par des raifons qui lui font particulières; [elle] les a trouvés fondés & leur a permis de fe retirer.

I. Dans l'intervalle des deux synodes de cette année, le 12 juin 1760, à midi et quart, celui qui avait, en 171 5, convoqué le premier synode du Désert, qui avait été l'agent le plus actif, le plus clairvoyant et le plus dévoué de la réorganisation du protestantisme par le rétablissement des synodes, Antoine Court, était mort.

Il était mort, entouré des siens et de tous les jeunes étudiants qu'il ne cessait d'attirer à Lausanne, et pour lesquels il avait fondé le séminaire. «Ils se sont distingués dans la maladie de mon père, écrivait Gébelin (collection Lloyd), ne le quittant point sur la fin, le veillant nuit et jour et cherchant à soulager mes ennuis et mes alarmes.» Le vieux proscrit s'était éteint d'une maladie de langueur sur la terre d'exil; mais c'étaient des français, des jeunes gens de Normandie, de Saintonge, d'Angoumois, du Périgord, du Béarn, du Haut-Languedoc, des Hautes- Cévennes, du Vivarais et du Dauphiné qui avaient recueilli son dernier soupir.

On remarquera qu'aucun synode de cette année ne fit allusion à cet événement qui remplissait cependant de deuil tous les amis et tous les anciens élèves qui assistaient à ces assemblées. Ils ne parlaient jamais ni de leurs martyrs ni de leurs morts.

Court de Gébelin avait immédiatement communiqué aux pasteurs du royaume la triste nouvelle. Presqu'cn même temps, le i5 juin, il écrivait la lettre suivante à Paul Rabaut :

«Monsieur et cher ami. Vous aurez reçu une lettre qui vous annonçait un coup terrassant pour moi et qui devait vous être commune avec MM. les pasteurs

SYNODES PROVINCIAUX

Après cela ont été élus, à la pluralité des fuffrages, MM. Pierre Encontre, pafteur, pour modérateur ; Jean Guizot, pafteur, pour modérateur-adjoint; Pierre Sauffine, pafteur, pour fecrétaire, & François Sauffine, auffi pafteur, pour fecrétaire-adjoint.

Ledure faite du proteft que M. Baftide, pafteur, fit notifier à MM. Pierre Encontre & Pierre Sauffine, pafteurs, & MM. R.... M.... ou D...., anciens, contre la commiffion qui leur fut donnée par notre dernier fynode, art. 5, — la compagnie ayant examiné les raifons données dans ledit proteft, après avoir entendu celles de MM. les commifTaires, a trouvé qu'ils avaient bien fait de fufpendre leur commiffion, & de demander la convocation de la préfente affemblée, pour en remplir elle-même l'objet & terminer cette affaire.

Le fieur Defiferre étant entré dans l'aflemblée Se ayant demandé que MM. les pafteurs, députés des Hautes & Baffes-Cévennes, n'y eufl'ent pas voix délibérative fur le différend qu'il a avec Marie Briffac, par la raifon que ledit différend pourrait être porté au fynode national, &: qu'alors lefdites provinces ne pourraient être admifes à en

de votre province. Le triste état dans lequel je me trouvais et la multitude de mes embarras me priva d'y joindre quelques mots pour vous; je le fais à pre'sent, encore est-ce en courant. Vous, ma marraine, la chère Cabrière et nos autres bons amis seront sans doute fort touche's de ma situation et de celle de ma sœur: nous nous trouvons tout à coup sans père, sans biens, obligés de chercher à vivre de notre industrie. Depuis 17 ans que je suis secrétaire de mon cher père pour les égl[ises], j'ai négligé mes études et refusé tous les postes qu'on m'a offerts dans les pays étrangers, quelque avantageux qu'ils me fussent; mais j'étais charmé d'être de quelque utilité à des égl[ises] pour lesquelles mon père s'est sacrifié, dont je désire passionnément le bonheur et dont les chefs possèdent tout mon attachement et toute mon affection. Je me flatte que vous, en particulier. Monsieur et cher ami, voudrez bien m'honorer de votre bienveillance et de votre amitié, et me servir dans l'offre que je fais aux égl[ises]. Je compte infiniment sur votre attachement pour nous et sur votre crédit, et tâcherai de mériter de plus en plus votre affection. Vous en aviez beaucoup pour mon cher père ; il se plaignait cependant de vous; vos longs silences l'accablaient de douleur; il eût voulu sans cesse de vos lettres; il les méritait pour son dévouement pour vous. Le mien pour vous durera aussi autant que ma vie, et je ne cesserai jamais d'être, Monsieur et cher ami, votre très-humble et très-obéissant serviteur

d'HARCOUGT.

— Mss. Rabaut, III, A. p. 189.

juger, la compagnie a trouvé cette raifon non valable ; & vu les avantages qui réfultent de la confédération qui règne entre ces deux provinces & la nôtre, elle a prié ces Meffieurs de continuer à fiéger comme membres légitimes du préfent fynode.

Les raifons de récufation, que le fieur Defferre a alléguées à Taffemblée pour exclure de la qualité de le juger MM. Mathieu Lafon & François Sauffine, pafteurs, examinées, elles n'ont pas été trouvées de mife ; &, en conféquence, la compagnie a confervé à ces Meffieurs le droit qu'ils ont de juger K

Ledure ayant été faite d'une lettre en forme de mémoire, adreffée à notre dernier fynode par le fieur Defferre, portant demande en caffation de la procédure & du jugement rendu contre lui par le confifloire de l'églife de St-Geniès, affifté de MM. Baflide & Allègre, pafteurs, — ladite procédure, ledit jugement, mémoire juftificatif de la main du fieur Defferre, — certificat de MM. Baptifte Mitier, do6teur en médecine, & d'Aimé Mitier, maître chirurgien juré & accoucheur de la ville de Nîmes, en date du 29^ odlobre 1754, — lettre écrite à M. Gibert, pafteur, en date du 1 5^ juillet, même année, — minute d'une lettre en date du 4^ mars 1767, écrite au fieur Defferre par MM. Baftide & Allègre, fignés dans ladite minute, pour lui faire part de la procédure qu'ils avaient été appelés de faire contre lui, & le fommer de répondre aux diverfes queftions contenues dans ladite lettre, — lefquelles pièces avaient été mifes fur le bureau par MM. Pierre Encontre & Pierre Sauffine qui les avaient en leur pouvoir, — tout lu & examiné, la compagnie a jugé qu'il y avait dans la procédure plufieurs défauts de formalité, & voulant les redifier, a arrêté d'appeler Marie Briffac, accufatrice, & le plus grand nombre de témoins qu'il fera poffible de fe procurer, pour être récolés, favoir ladite Briffac fur fes plaintes & exportions. Se lefdits témoins fur leurs dépofitions, contenues les unes & les autres dans la fufdite procédure.

I. Une lettre de Paul Rabaut à Antoine Court raconte en détail l'origine de cette affaire (1754) qui, cinq ans plus tard, on le voit, n'était pas encore terminée. — Mss. Court, n« I, t. XXVIII, p. 78.

SYNODES PROVINCIAUX

En conféquence, a comparu devant l'aflemblée Marie Briffac, qui a confirmé fes plaintes & l'expofé qu'elle avait fait devant MM. Allègre & Baftide, — enfuite dix témoins, qui ont perfifté dans leurs témoignages, comme en fait foi la procédure qui fera attachée aux actes de la prélente affemblée ; après quoi, le fieur Defferre ayant été cité, il f'eft préfenté, & fur l'interrogat qui lui a été fait, fil voulait entendre les plaintes & exportions de Marie BrilTac, fon accufatrice, a répondu que non, qu^'il fe foumettait au jugement rendu contre lui par le confiftoire de St-Geniès, jufqu'au prochain fynode national, excepté l'article qui le condamne à époufer Marie Briffac, — que c'ell; au fynode national à juger de fon affaire, & qu'il protefte contre tout ce que pourrait faire le préfent fynode, comme nul & abufif.

L'alTemblée, délibérant fur le proteft du fieur Defferre contenu dans l'article précédent, & fondée fur ce que ledit fieur a reconnu luimême la compétence de cette affemblée, ainfi qu'il paraît par le mémoire en forme de lettre qu'il adreffa à notre dernier fynode, & par les art. 4 & 5 du préfent, — fur ce que le délit, fil efl réel, a été commis dans une églife qui eft du reffort de cette province, — & fur l'art. 10 du chap. vni de la difcipline, — la compagnie a décidé que le fufdit proteft n'eft qu'une pure chicane qui ne doit point l'arrêter, & qu'elle doit paffer outre au jugement.

Uaffemblée, fuivant la délibération prife dans le précédent article, après avoir entendu de nouveau la ledure des plaintes & expofitions faites & confirmées par Marie Briffac, les dépofitions des dix témoins récolés, le tout exactement difcuté & mûrement pefé, la compagnie a jugé que par ce qui réfulte defdites dépofitions des témoins récolés, ledit fieur Defferre fe trouve malheureufement coupable de cohabitation avec ladite Marie Briflac. En conféquence, elle a confirmé le premier chef de condamnation porté au jugement rendu par le confiftoire de St-Geniès, aflifté de MM. Baftide & Allègre, contenant fufpenfion, interdiction contre ledit fieur Defferre de toute fonction du miniftère dans l'étendue de la province. En outre, elle exhorte fortement ledit fieur Defferre à réparer l'honneur de ladite Marie Briffac ; & vu ce qui eft contenu dans fa lettre en forme de mémoire, portant

igô LES SYNODES DU DÉSERT.

fur la réputation & intégrité dudit confîftoire de St-Geniès, & defdits MM. Baftide & Allègre, fes premiers juges, elle ordonne, que les invedives, les fauffes imputations, & généralement tout ce qui peut les bleffer, foit rayé & biffé dudit mémoire; — juge enfin que par là il a encouru les plus vives cenfures qu'elle lui décerne, l'exhortant au nom de Dieu à reconnaître fes fautes & à f'en repentir.

Parce que le fynode f 'affemble pour toute la province, & vu qu'il importe de corriger l'abus qui f'eft déjà gliffé, en ce que certaines églifes n'envoient pas des députés aux affemblées fynodales, il a été arrêté qu'elles entreront toutes pour leur quote-part dans les frais qui fe feront pour ces fortes d' affemblées, & que cela fera exécuté par rapport à ceux qui fe font faits pour la préfente.

Ainfi conclu Sl arrêté le même jour & an que deffus.

P. Saussine, pafteur & fecrétaire.

SYNODES PROVINCIAUX

Synode du Vivarais et Velay.

Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre. Amen.

Aâes du fynode provincial des êglifes réformées du Vivarais & Velay, affemblé fous la proteâion divine au Défert, dans le Haut- Vivarais y le vingt -deuxième avril mil fept cent foixante, auquel ont ajfiflé trois pafîeurs & quatorze anciens, députés def dites églifes.

Après la ledure de la parole de Dieu & l'invocation de fon St- Nom, a été réfolu ce qui fuit :

Sur les plaintes portées par le miniftre Vernet, contre le nommé J...., ancien de C, au fujet d'un mariage entre coufîns germains, que ledit J.... lui a fait bénir, fans l'avertir des railons de parenté qui devaient l'en empêcher, & des démarches que les fufdits fiancés avaient faites pour obtenir la bénédidion de leur mariage dans l'Eglife romaine, la compagnie, fcandalifée de la conduite de cet ancien, l'a jugé indigne de pofTéder cette charge, & lui défend d'en faire dans la fuite aucune fondion.

A l'égard des parties qui ont furpris la bénédidion de leur mariage & que ledit J. ... a favorifées, elles feront cenfurées publiquement.

J. Blachon, modérateur; Peirot, miniftre; Vernet, pafteur & fecrétaire.

Synode du Haut-Languedoc.

Notre aide soit au nom de Dieu. Amen.

Le vingt-huitième novembre mil fept cent foixante^ le fynode provincial des églifes réformées du Haut-Languedoc, du Montalbanais, de l'Agenais, & du Comté de Foix, alTemblé en la perfonne de M. François Rochette, pafteur de l'Agenais, & d'un ancien, député; de M. Jean Sicard, de M. Jean Gardes & de M. Pierre Sicard le jeune, tous ces trois, pafteurs du Haut-Languedoc, avec deux anciens, députés

Colloque du Haut-Languedoc du 24 janvier lyôo.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

I. Nous , les pasteurs et anciens des églises re'formées du Haut-Languedoc, assistés de M. Louis Figuières, pasteur des églises du Comté de Foix, et de M. Jean Pierre Gabriac, pasteur des églises des Hautes-Cévennes, assemblés en colloque le 24 janvier 1760, après avoir imploré la favorable assistance du St-Esprit, nous avons arrêté ce qui suit :

1. — M. Jean Gardes, pasteur, a été nommé à l'unanimité des voix pour modérateur, et M. Pomier, ancien de l'église d'Espérausse, pour secrétaire.

2. — M. Pierre Sicard, surnommé Duval, et M. François Rochette, surnommé la Roche, proposants desdites églises du Haut-Languedo(>; qui viennent d'arriver de Lausanne, avec M. Pierre Pougnard, surnommé Dézerit, proposant des églises du Poitou, ayant exhibé une attestation qui leur fut expédiée le 2 5 octobre dernier, signée de M. Court, ancien pasteur et représentant, A. Polier de Bottens, grand pasteur, Besson, pasteur, et Court fils, lecteur en morale et logique.

Comme ils ont fait leurs études, qu'on a procédé à leur examen, et qu'ils ont été jugés en état d'exercer avec fruit le St-Ministère évangélique, restant seulement à leur imposer les mains, et leur donner le caractère de ministre du Seigneur, et en conséquence demandé que cette imposition de mains leur soit accordée, tout comme à M. Pougnard qui nous a été adressé à ces fins, il a été fait lecture de cette attestation, et toute l'assemblée a été très-édifiée des témoignages avantageux qui leur sont donnés, tant par cette attestation que par une lettre que MM. Court ont écrite à leur sujet à Messieurs les pasteurs de cette province.

Et, de suite, il a été présenté une lettre que M. Bagel, ancien de l'église de Montauban, a adressée à MM. Jean Sicard et Gardes, pasteurs, où il est dit que les églises de Montauban furent assemblées en colloque par le soin de quelques anciens, que M. Laton, pasteur, fut invité de s'y rendre, et qu'ils délibérèrent que pour l'ordre il faut qu'on leur laisse le droit d'examiner les candidats avant qu'ils puissent être admis, de laquelle lettre signée Bagel pour tous, il a été fait lecture et un examen exact, tout comme de deux lettres que M. Lafon a adressées à MM. Jean Sicard et Gardes, à ce sujet ; et après, ayant été lue une lettre écrite par M, Viala, pasteur des églises de l'Agenais, et une lettre écrite par M. Bachan, ancien et secrétaire des mêmes églises, où ils réclament un de MM. Pierre Sicard ou

SYNODES PROVINCIAUX. igg

chacun; de M. Paul Lafon, pafteur des églifes du Montalbanais avec deux anciens, députés ; de M. Louis Figuières, pafteur des églifes du Comté de Foix avec deux anciens, députés, a élu à la pluralité des voix, pour modérateurs MM. Jean Sicard & Paul Lafon, pafteurs, & MM. Louis Figuières & François Rochette, pafteurs, pour fecrétaires; & après avoir imploré le fecours de Dieu, a délibéré ce qui fuit :

L'affemblée n'a pas trouvé valides les raifons du colloque de l'Agenais pour le difpenfer de laifler venir tous fes pafteurs à ce préfent fynode & remplir fa députation. En conféquence, il fera écrit une lettre au nom de ce fynode audit colloque pour le porter à fe tenir à l'avenir aux règlements de notre difcipline.

Rochette pour aller desservir leurs églises, et consentent conséquemment que l'imposition des mains leur soit accordée; et tout examiné et considéré, il a été unanimement délibéré que, vu les attestations expédiées auxdits sieurs Pierre Sicard, François Rochette et Pierre Pougnard, demeurant le consentement résultant des lettres du pasteur et secrétaire des églises de l'Agenais, sans s'arrêter à la lettre rejetable dudit sieur Bagel, on imposera incessamment les mains auxdits sieurs Pierre Sicard, Rochette et Pougnard, et qu'on les revêtira du caractère de ministres de l'Evangile.

3. — M. Rochette se transportera dans l'Agenais pour desservir les églises de ce pays-là conjointement avec M. Viala, et M. Pierre Sicard desservira les églises du Haut-Languedoc de concert avec Messieurs les autres pasteurs.

Ainsi conclu et arrêté les jour et an que dessus. ^ J. Gardes, pasteur et modérateur; Pomier, ancien et secrétaire.

Copie d'une lettre de MM. Court adressée à MM. les pasteurs de la province du Haut-Languedoc et Haute-Guyenne.

Dans notre lettre du 4 septembre adressée à M. Armand nous vous apprenions que MM. Duval et Rochette étaient dans les épreuves. MM. les directeurs du séminaire leur avaient associé deux autres séminaristes, M. Dézerit à qui la province du Poitou a adressé une vocation avec la permission à MM, les directeurs de le faire consacrer là où ils en trouveraient le moyen, et M. Pic qui était destiné aux églises du Béarn. Ces quatre Messieurs ont achevé tous leurs examens consistant en une proposition de huit jours, un examen de théologie de vive voix, un de morale aussi de vive voix, trois analyses sans la clef, une de théologie sur les motifs que la mort de Jésus-Christ fournit aux hommes pour être vertueux, une de controverse sur l'invocation des Saints, et la troisième de morale sur la cinquième demande de l'oraison dominicale, enfin un examen de vive voix sur l'Evangile, consistant en une explication de la parabole de l'ivraie, ou un discours d'une petite demi-heure sur cette matière fait après autant de temps de méditation. Après tous ces examens que l'on a cru suffisants pour connaître la capacité des candidats, joints à ce que l'on en connaît déjà par les examens qu'on a fait subir aux mêmes séminaristes de six en six mois, MM. les directeurs du séminaire ont trouvé MM. Duval, Rochette et Dézerit ou Pougnard, capables de

Sur la demande faite par les églifes de l'Agenais de fe démembrer de cette province pour fe joindre à celle de Saintonge, l'affemblée a jugé unanimement de leur refufer leur demande, & confirme l'art. 3

recevoir rimposition des mains. Quant à M. Pic, ils ont cru devoir lui accorder quelque temps pour perfectionner ses études.

Avant et pendant les examens, nous avons, MM. et t[rès]-h[onorés] f [rères], mis tout en usage pour obtenir la permission de consacrer ici ces Messieurs ; mais des raisons de prudence et de politique auxquelles nous n'avons rien pu opposer ont malheureusement rendu nos soins inutiles : ils se voyent donc oblige's de retourner dans le sein de l'Eglise sans consécration.

Nous espérons. Messieurs, que vous voudrez bien à leur arrivée donner l'imposition des mains aux deux premiers susnommés et sans faire faire d'ulte'rieures épreuves, car ils ont été examinés ici avec toute l'attention et le soin possibles, en ayant égard cependant aux circonstances, mais sans blesser la conscience, et l'on apportera toujours la plus grande attention à ne jamais donner les mains à ce que des sujets qui n'auraient ni les talents ni les mœurs nécessaires pour un emploi aussi respectable fussent introduits dans la vigne du Seigneur.

Par rapport à M. Dézerit, comme le Poitou a un besoin indispensable de son ministère, ainsi que vous le savez parfaitement, et qu'il est attendu avec la plus vive impatience, nous vous conjurons, Messieurs et très-honorés frères, par tout ce qu'il y a de plus sacré, de ne point refuser votre secours à cette portion de l'héritage du Seigneur, et de vouloir bien nous aider en cette bonne œuvre; vous le pourrez efficacement en imposant les mains à M. Dézerit dans le même moment qu'aux deux Messieurs de votre province, mais comme la saison est fort avancée, que M. Dézerit est pressé, nous vous prions de prendre incessamment des mesures, afin que sitôt qu'ils seront arrivés, cette cérémonie puisse avoir lieu; vous en sentez trop vous-mêmes l'importance et l'indispensabilité pour que nous nous arrêtions davantage sur ce sujet. Il ne nous reste qu'à implorer le secours de Dieu sur vos délibérations et sa bénédiction sur tous vos travaux.

Nous ne pensons pas que vous vous fassiez de la peine de consacrer ces trois Messieurs sans de nouveaux examens; vous comprenez qu'il en résulterait pour les directeurs du séminaire une cessation totale d'examens pareils, puisqu'ils deviendraient dès lors inutiles, et que ce n'est pas par plaisir qu'ils suspendent leurs autres occupations pour vaquer à celle-là.

M. Vernet est dans ce pays depuis le i6, il nous a appris que vous deviez vous être assemblés en corps à la fin du mois dernier sur un sujet relatif à un de ceux dont traitait notre lettre du 4 septembre. Il nous tardera d'être instruits du succès de cette assemblée et de la nature de ses délibérations.

Le Seigneur vous garantisse de tout danger, et vous conserve comme la prunelle de l'œil. On ne saurait être avec un plus sincère attachement et un dévouement plus parfait. Messieurs et très-honorés frères, vos très-humbles et très-obéissants serviteurs.

Court, père et fils, ce 9 octobre

Attestation du 25 octobre i^Sg.

Nous soussignés déclarons que M. Pierre Sicard et Duval, Pierre Pougnard, dit Dézerit, et François Rochette, dit la Roche, ont souhaité d'être examinés, pour savoir s'ils sont en état d'être revêtus du sacré caractère de ministre de l'Evangile.

SYNODES PROVINCIAUX

du fynode provincial du i8 août lyôS. De plus, elle trouve lefdites églifes très-répréhenfibles : 1° dans l'ordre de leur demande; 2° par l'entreprife de confentir, à l'infu des autres parties de cette province, que leurs pafteurs & deux anciens fuffent au fynode de la Saintonge,

On a d'abord procédé à l'examen de leurs mœurs et conduite, sur quoi ils ont rapporté un témoignage très-avantageux, nous ayant toujours paru de forts honnêtes gens, qui avaient à cœur leur devoir, et qu'ils travaillaient à se mettre en état d'édifier les fidèles, autant par leurs bons exemples que par leur doctrine et leurs discours.

Quant aux progrès qu'ils ont faits dans la théologie, la morale et l'art de prêcher, leur ayant fait subir des examens à ces divers égards, nous avons trouvé que selon les talents que Dieu leur a départis et à proportion du temps qu'ils ont employé à l'étude, on ne pouvait qu'être très-content de leurs succès, et recevoir les diverses épreuves qu'on leur a fait faire et qui ont consisté dans :

i» un sermon sur un texte prescrit huit jours à l'avance;

2» deux tâches sur deux questions, l'une de théologie positive, l'autre de controverse;

3° une dissertation sur une question de morale;

4° des examens de vive voix sur la théologie et la morale ;

5° un paraphage sur un morceau de l'Evangile sur lequel ils n'ont eu qu'une heure de préparation.

Ayant satisfait du plus au moins à ces diverses épreuves, nous jugeons ces Messieurs avec le secours du Très-Haut, et persuadés qu'ils ne négligeront rien pour leur application et leurs efforts, pour s'en rendre dignes, nous les jugeons en état d'exercer avec fruit le St-Ministère évangélique, c'est pourquoi si nos circonstances nous l'eussent permis nous n'aurions pas hésité de leur donner le caractère de ministre du Seigneur.

Nous prions Messieurs nos très-honorés frères auxquels ils s'adresseront de vouloir bien, ensuite du témoignage que nous leur rendons ici, leur procurer l'avantage après lequel ils soupirent, priant Dieu qu'il lui plaise les combler, les uns et les autres, de ses grâces les plus précieuses.

Lausanne, ce 25 octobre ijSg.

Court, ancien pasteur et représentant; A. Polier de Bottens, grand pasteur; Besson, pasteur; A. Court fils, lecteur en morale et logique.

Attestation pour M. Pien^e Sicard.

«Nous, les pasteurs des églises réformées du Haut-Languedoc, assistés de «M. Figuières, pasteur du Comté de Foix, et de M. Gabriac, pasteur des Hautes- «Cévennes, certifions que le sieur Pierre Sicard, surnommé Duval, originaire de «St-Sever, en Rouergue, envoyé de la part de notre province en 1754 au sémi- «naire pour y perfectionner ses lumières et revenu parmi nous au mois de «novembre de l'année dernière, muni des attestations avantageuses de la part de «MM. les vénérables directeurs dudit séminaire. Nous ayant demandé d'être reçu «au St-Ministère et pour cet effet exhibé à notre colloque, assemblé le vingt- « quatrième du courant, sesdites attestations par lesquelles il compte qu'il pouvait « être reçu sans ultérieurs examens, ledit sieur Sicard les ayant subis dans le pays «étranger à la satisfaction de MM. les examinateurs, ledit colloque lui ayant «accordé sa demande et nous ayant commis, nous, pasteurs sus nommés, pour

OÙ ils prirent voix propofitive & délibérative ; y en ce qu'elles demandent avec affectation ce démembrement, & qu'elles chargent leurs

«faire la cérémonie, il a été consacré, dans une assemblée publique de religion, « convoquée à cet effet dimanche dernier, par l'imposition des mains, par des « exhortations et par la prière, et reçu au nombre des pasteurs de nos églises, avec « pouvoir de prêcher la parole de Dieu, d'administrer les saints sacrements institués « par Jésus-Christ, et d'exercer la discipline ecclésiastique partout où la Provi- «dence l'appellera. Nous prions Dieu, le Père des lumières, de bénir ses pieux «travaux, d'augmenter en lui ses dons et ses grâces, et de le couvrir toujours de « sa puissante protection.

«Au Désert du Haut-Languedoc, le vingt-huitième janvier mil sept cent « soixante.

«SicARD, pasteur; Jean Gardes, pasteur; Figuières, ministre; « Gabriac, pasteur. »

Attestation pour M. François Rochette.

« Nous, les pasteurs des églises réformées du Haut-Languedoc, assistés de «M. Figuières, pasteur du Comté de Foix, et de M. Gabriac, pasteur des Hautes- « Cévennes, certifions que le sieur François Rochette, surnommé Dumont, origi- «naire de Vialas, en Cévennes, envoyé de la part de notre province en 17 56 au «séminaire pour y perfectionner ses lumières, est revenu parmi nous au mois de « novembre de l'année dernière, muni des attestations avantageuses de la part de « MM. les vénérables directeurs dudit séminaire. Nous ayant demandé d'être reçu «au St-Ministère et pour cet effet exhibé à notre colloque, assemblé le 24 du cou- «rant, lesdites attestations par lesquelles il compte qu'il pouvait être reçu sans «ultérieurs examens, ledit sieur les ayant subis dans le pays étranger à la satisfac- «tion desdits sieurs ses examinateurs, ledit colloque lui ayant accordé sa demande «et nous ayant commis, nous, pasteurs sus nommés, pour faire la cérémonie, il a «été consacré dans une assemblée publique de religion, convoquée à cet effet « dimanche dernier, par l'imposition des mains, par des exhortations, et par la « prière, et reçu au nombre des pasteurs de nos églises avec pouvoir de prêcher «la parole de Dieu, d'administrer les saints sacrements institués par Jésus-Christ « et d'exercer la discipline ecclésiastique partout où la Providence l'appellera. Nous « prions Dieu, le Père des lumières de bénir ses pieux travaux, d'augmenter en lui «ses dons et ses grâces et de le couvrir toujours de sa puissante protection.

«Au Désert du Haut-Languedoc, le vingt-huitième janvier mil sept cent « soixante.

«Sicard, pasteur; J. Gardes, pasteur; Gabriac, pasteur; « Figuières, pasteur. »

Attestation pour M. Pierre Pougnard.

« Nous, les pasteurs des églises réformées du Haut-Languedoc, assistés de «M. Figuières, pasteur du Comté de Foix, et de M. Gabriac, pasteur des « Hautes-Cévennes, certifions que le sieur Pierre Pougnard, surnommé Dézerit, «originaire et proposant du Poitou, envoyé de la part de MM. les vénérables «directeurs du séminaire dans cette province pour y recevoir l'imposition des « mains avec deux de leurs proposants, ledit sieur Pougnard muni des attestations «avantageuses qu'il a exhibées à notre colloque, assemblé le 24 du courant, par « lesquelles il compte qu'il pouvait être reçu au St-Ministère sans ultérieurs exa-

SYNODES PROVINCIAUX

députés d'un appel injurieux à ce fynode par devant le prochain fynode national ».

Après un mûr examen Ton a délibéré de dépofer les anciens qui ont fait baptifer ou rebaptifer leurs enfants dans l'Eglife romaine, & qu'on les pourfuivra d'ailleurs également que les autres proteftants qui tombent dans le même cas, conformément aux délibérations prifes fur ce fujet dans plufieurs de nos fynode nationaux & aux anciens règlements de notre difcipline. — Synode national de 1748, art. 7, & de celui de 1756, art. i5.

A l'égard de la demande que le diftrid: de l'Agenais a faite à l'affemblée de leur continuer le miniflère de MM. Viala & Rochette, pafteurs, elle lui accorde fa demande, fous la condition qu'ils n'iront plus dans d'autres provinces, hors le temps d'une violente perfécution.

La compagnie défapprouve la conduite de M. le paileur & des anciens des églifes du Montalbanais en ce qu'ils ont écrit à M. Martin & qu'ils ont pris le parti de le retenir dans leur églife, fans le commu-

«mens, les ayant subis dans le pays étranger au gré et à la satisfaction de MM. 0 ses examinateurs, ledit colloque désirant toujours de contribuer de tout son «pouvoir à l'avancement de la gloire de Dieu et à l'édification de l'Eglise, nous a «commis, nous, pasteurs sus nommés, pour le consacrer, ce qui a été exécuté «dans une assemblée publique de religion, convoquée à cet effet dimanche dernier, «par l'imposition des mains, par des exhortations et par la prière, avec pouvoir « de prêcher la parole de Dieu, d'administrer les saints sacrements institués par «Jésus-Christ et exercer la discipline ecclésiastique partout où la Providence « l'appellera. Nous prions Dieu, le Père des lumières, de bénir ses pieux tra- « vaux, d'augmenter en lui ses dons et ses grâces et de le couvrir toujours de sa « puissante protection.

«Au Désert du Haut-Languedoc, le vingt-huitième janvier mil sept cent « soixante.

«SiCARD, pasteur; Jean Gardes, pasteur; Figuières, pasteur; « Gabriac, pasteur. »

— Mss. de Puylaurens et de Castres.

I. Les églises de l'Agenais, comme celles du Bordelais, demandaient à être rattachées au synode de Saintonge; d'un autre côté, la Saintonge se souciait peu que l'Agenais et le Périgord fissent partie de leur circonscription ecclésiastique (art. I du colloque de Saintonge du 18 juin 1760). Le synode national de 1763 (art. 20 et 22) finit par démembrer en trois provinces l'ancien synode du Haut- Languedoc : Haut-Languedoc et Comté de Foix; — Montalbanais; — Périgord et Haut-Agenais.

niquer aux autres parties de cette province ; ce faifant déclare n'y avoir lieu d'agréger ledit M. Martin dans cette province, & enjoint au pafteur & aux églifes de Montauban de ne plus contrevenir à l'ordre eccléfiaftique ^.

Vu la néceffité où fe trouvent les églifes de Montauban d'un pafteur pour féconder M. Lafon dans la deflerte du quartier de Montauban, il a été délibéré qu'on écrira à une province voifine pour la fupplier de vouloir accorder en prêt un de fes pafteurs pendant une année, pour pouvoir l'y envoyer; & en attendant, M. Rochette leur accordera fon miniftère pendant deux mois, à compter du mois de janvier prochain ; & fi le pafteur qu'on demandera n'était pas arrivé dans ce temps, M. Sicard le jeune leur accordera après fon miniftère pendant deux mois fuivants, fans pouvoir ni l'un ni l'autre leur accorder davantage; & chacun d'eux fera tenu de retourner dans fon quartier à la fin de deux mois. Pour ce qui eft des frais que ces Meflieurs feront à ce fujet, les églifes de Montauban les fupporteront.

Tous les proteftants qui, non contents de fe joindre aux catholiques romains, pour empêcher les progrès de l'Evangile, détournent les autres proteftants d'aller aux faintes affemblées, de prêter du fecours aux miniftres, & les menacent de les citer ou de les faire citer devant les puift'ances, feront excommuniés, après leur avoir repréfenté leur tort de vive voix ou par écrit.

Colloque du Haut-Languedoc du i6 novembre ij6o.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

I. Nous, les pasteurs et anciens des églises réformées du Haut-Languedoc, assemble's en colloque le 16 novembre 1760, après avoir imploré l'assistance de l'Esprit divin, avons délibe'ré ce qui suit :

1. — Ont été nommés à la pluralité des voix, M. Sicard, pasteur, pour modérateur, M. Jean Gardes, pasteur, pour secrétaire, et Marquié, ancien de l'église de Montredon, pour secrétaire-adjoint.

2. — Le nombre des députés pour le prochain synode provincial ne s'étant pas trouvé complet, le colloque a nommé, à l'unanimité des voix, M. Gâches, ancien de l'église de Vabre, et M. Pomier, ancien de l'église de l'Espérausse, et pour leurs substituts, M. Sabrier, ancien de l'église de Lacaune, et le sieur Calas, ancien de l'église de Ferrières.

Ainsi fut conclu et arrêté les jour et an que dessus.

Sicard, pasteur et modérateur; J. Gardes, pasteur et secrétaire; Marquié, ancien et secrétaire-adjoint. — Mss. de Puylaurens et de Castres.

SYNODES PROVINCIAUX. 2o5

La compagnie permet à M. François Fageau, originaire du Haut- Languedoc, d'aller à Laufanne occuper une place au féminaire en qualité d'étudiant de cette province & jouir des privilèges y annexés, comme auffi au fieur Michel Monméja d'y aller de même, lorfqu'il y aura une place vacante, en qualité d'étudiant de cette province, & y jouir des mêmes privilèges, à condition que l'un & l'autre reviendront dans cette province, lorfqu'ils en feront requis par le fynode provincial.

Les candidats feront tenus de fervir pendant fix mois en qualité de propofants dans cette province, foit pour les former au gouvernement de l'Eglife, foit pour connaître fils font propres auxdites églifes.

Il ne fera plus loifible de donner aucun certificat à des gens fans aveu & mendiants.

Les anciens feront tenus de fe trouver aux colloques qui feront convoqués à peine de dépofition.

L'alfemblée a chargé le quartier du Montalbanais de la convocation du prochain fynode provincial.

Ainfi a été conclu & arrêté au Défert du Haut-Languedoc le même jour & an que deifus.

SiCARD, pafteur & modérateur; Lafon, pafteur & modérateur-adjoint; Figuières, fecrétaire; RocHETTE, pafteur & fecrétaire-adjoint.

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