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Ce conseil extraordinaire se réunit le 20 décembre

2. Après les persécutions de lySi et de 1752, les religionnaires avaient eu quelques mois de calme. « Une espèce de tranquillité, écrivait-on, a succédé à la violente bourrasque.» Mais bientôt de nouvelles mesures furent mises en exécution. « Il paraît, par les dernières [nouvelles] qu'on a reçues de Montpellier, écrivait Paul Pabaut, (18 février 1754) que nos affaires iront fort mal, si le Seigneur n'y remédie : on assure qu'on a résolu de contraindre nos gens soit mariés, soit à marier, à faire solenniser leurs mariages dans l'Eglise romaine après quatre mois d'épreuves, et que toute la grâce qu'on veut leur faire, c'est de les dispenser de l'abjuration; qu'on entend de même que les baptêmes se fassent dans l'Eglise romaine, et qu'à l'égard des assemblées on est si peu disposé à les tolérer, qu'on fera feu sur celles qu'on pourra surprendre. Du reste, il y a tout lieu de craindre qu'on ne fasse une recherche générale pour capturer les ministres. Il y a quelques jours que nous en fûmes menacés ; mais il est apparent que cela n'aura lieu qu'après la tenue des Etats, c'est-à-dire dans le courant du mois prochain. Ce sera alors aussi, à ce qu'on croit, que la persécution commencera.» (Mss. Court,

lumières en qualité de propofant de notre province, ou un congé qui le libère entièrement de la dépendance où il était de notre corps eccléfiaftique, il a été convenu qu'un d'entre nous ferait chargé de lui marquer en réponfe que les raifons de fa défertion n'ont pas été trouvées fuffifantes pour le difculper; que cependant nous confentons, autant que notre pouvoir peut f'étendre, qu'il foit admis dans notre féminaire en qualité de propofant de notre province, à laquelle il fera tenu d'affeder fon miniftère. Sera auffi écrite une lettre à notre repréfentant pour l'informer de notre dite délibération au fujet de M. Puget, le lui recommander & le prier d'employer fes foins auprès de nos amis pour que le fufdit jouiffe des mêmes avantages que les autres féminariftes.

M. Bétrine, pafteur de Provence % nous ayant requis de lui faire part de nos confeils au fujet des altercations fufcitées par quelques membres du confiftoire de Lourmarin, on lui écrira pour favoir fi cette fâcheufe affaire eft finie, &, fuppofé qu'elle ne le foit pas, on l'exhortera à mettre en ufagetous les moyens pacifiques dont il pourra

n"^ I, t. XXVII, p. 59.) Rabaut ne se trompait pas. Le Duc de Richelieu, qui commandait en Languedoc, fit publier, le 16 février, un ban terrible contre les religionnaires. Ensuite, on lança les espions et les soldats à la «chasse» des pasteurs. Le clergé avait eu raison des objections du Pouvoir. «On remplit, écrivait Rabaut, de troupes absolument tous les villages où il y a des protestants.» Ailleurs il ajoutait : «Il y a autant d'espions que de mouches... Nous errons dans les Déserts, sans savoir où reposer notre tête.» Un pasteur des Basses-Cévennes, Teissier, dit La Page, fut surpris et arrêté dans la nuit du 14 au i5 août 1754, conduit à Montpellier, jugé, condamné à mort et exécuté sur la place de l'Esplanade, trois jours après son arrestation. Il mourut comme ceux qui l'avaient précédé dans le martyre, en héros. — Dans ces circonstances, il parut impossible de convoquer le synode. Mais les pasteurs avaient besoin de se voir et de se concerter : le conseil extraordinaire fut réuni. «Nous nous sommes vus, écrivait Paul Rabaut, mes associés et moi, le 20^ du mois dernier. En attendant qu'on vous écrive expressément au sujet de Monsieur Puget, je vous dirai ici que nous sommes tous d'avis qu'il entre dans le séminaire ; j'ai vu avec plaisir qu'on n'a pas eu de peine à s'y résoudre, et j'y ai concouru de grand cœur. Ces Messieurs ont senti de nouveau la nécessité d'établir un comité pour expédier les affaires avec plus de célérité et moins de péril ; il sera composé pendant six mois de MM. Pradel, Gibert et moi; au bout de quel temps, deux sortiront et seront remplacés par deux autres et ainsi de suite.» — Mss. Court, n" i, t. XXVIII, p. 14.

I. Conformément à l'art. 5 du synode du 17 septembre i753, Bétrine avait été réhabilité le 17 janvier 1754. «Le i7« du courant, écrit Paul Rabaut, nous réhabilitâmes M. Bétrine, conformément à l'arrêté de notre dernier synode. Les églises de Provence lui ont adressé une vocation et il doit s'y rendre incessamment.» — Mss. Court, n« 1, t. XXVII, p. 33.

SYNODES PROVINCIAUX

f 'avifer pour rétablir la concorde & la paix ; & en même temps, on écrira auffi aux anciens defdites églifes pour les preffer de concourir à un but fi défirable

Colloque du Haut-Languedoc du 1 5 janvier jj54.

I. Les églises du Haut-Languedoc, assemblées en colloque le i5 janvier 1754, après avoir imploré la protection de Dieu et les lumières de son St-Esprit, ont délibéré ce qui suit :

1. — M. Viala ayant différé de se rendre dans sa province, sur le rappel qui lui en avait été notifié, l'assemblée a prié M. Sicard, modérateur, d'écrire à ladite province pour lui spécifier les motifs de son retardement et la prier d'attendre pour quelque autre année le prêt qu'elle nous en avait fait. Le premier motif est une chute dangereuse que M. Viala fit et dont il a beaucoup souffert; le 2^^, la nécessité où nos églises sont de retenir pour quelque temps ledit pasteur; et le 2)^ enfin, le danger éminent qu'il encourrait sur son passage, vu les circonstances présentes.

2. — Sur la demande que M. Viala fait d'une attestation pour le temps qu'il a desservi ces églises, l'assemblée, édifiée de sa doctrine, de son zèle et de ses bonnes vie et mœurs, lui a accordé sa demande, le priant de vouloir faire ses efforts auprès de sa province pour nous le céder autant qu'elle le pourra, et qu'il voudra bien continuer d'exercer son ministère dans nos églises.

Copie de V attestation accordée à M. Viala dans l'article précédent.

«Nous, pasteurs et anciens des églises réformées du Haut-Languedoc, assemblés «en colloque le i5 janvier 1754, requis par M. François Viala, pasteur, de lui «accorder une attestation, tant de sa doctrine que de ses bonnes vie et mœurs, « pendant deux années qu'il [est] resté au milieu de nous, déclarons, conformément «à la vérité, qu'il a exercé son ministère d'une manière conforme à la pure « doctrine, et que ses mœurs sont irréprochables, ce qui lui a attiré généralement «l'estime et l'affection de tous les fidèles; et que ce n'est qu'avec douleur que « nous le voyons partir. Nous osons espérer de sa bonté et de sa charité, aussi « bien que de celles des églises des Hautes-Cévennes, qu'elles nous feront la grâce « de nous l'accorder encore pour quelques années, vu la triste situation où nous « nous trouvons. »

3. — L'assemblée, se voyant privée de la présence de M. Dubosc, contre toute attente et avec regret, a résolu de députer un membre de ladite assemblée pour le prier de se rendre au milieu de ces églises, afin de les secourir, M. Sicard se trouvant chargé de toutes les églises du Haut-Languedoc, dont les travaux sont immenses, à cause du départ de M. Viala.

4. — En conséquence de la délibération ci-dessus, l'assemblée a prié M. Sicard d'écrire une lettre à M. Dubosc, et nommé M. Villeneufve pour en être le porteur, auquel on a assigné la somme de soixante-douze livres pour les frais du voyage.

5. — Comme il est d'une absolue nécessité d'établir un trésorier-général, l'assemblée a trouvé à propos à cet effet M. R. L. P., habitant de Castres, auquel les églises seront tenues de remettre les fonds dont il doit être chargé, pour les faire passer à leur destination, selon que le cas l'exigera, et ledit trésorier sera tenu d'en rapporter l'emploi.

Ainsi a été convenu et arrêté les jour et an que dessus.

Sicard, pasteur et modérateur, B. d. et S. aussi signés. — Mss. de Puylaurens et de Castres.

llï.

Le fieur F ayant été contraint de faire des dépenfes confidé-

rables à l'occafion de fa capture, on fera des collectes dans les églifes pour le défrayer.

Sur la propofition faite fil ne ferait pas à propos de célébrer incefTamment un jour folennel de jeûne Se d'humiliation, il a été dit que, vu la proximité de celui du premier dimanche du mois de mars indiqué par le fynode national de 1748, il convenait de f'en tenir à celui-là, quoique les circonftances en demandalTent un autre.

Comme il furvient fouvent des cas, furtout dans les triftes circonftances où nous fommes, qui demanderaient que tous les pafteurs raffemblafTent afin de réfoudre ce qu'il y aurait à faire pour le plus grand bien des églifes, ces fortes d'affemblées ne pouvant avoir lieu que rarement & qu'en expofant aux plus éminents périls ceux qui les compofent, il a été jugé néceflaire, pour expédier les affaires avec plus de célérité & moins de péril, d'établir un comité compofé de trois pafteurs, qui pourront faider de telles perfonnes intelligentes qu'ils jugeront à propos. Le comité fera chargé de répondre aux lettres adreffées aux corps des pafteurs, & de dreffer les mémoires, requêtes, placets, etc. qu'il jugera néceffaire de faire parvenir aux PuifTances. Avant de répondre aux fufdites lettres, à moins qu'il ne foit queftion d'affaires preflantes, il confultera les autres pafteurs & fe conformera à l'avis qui aura le plus de fuffrages. Les conftituants dudit comité feront tenus de lui faire part des événements les plus intérefTants arrivés dans leurs diftrids refpedifs, afin qu'il puiffe en faire l'ufage convenable. Au furplus, les membres du comité ne pourront rien décider que d'un confentement unanime. Ils garderont en liafTe les lettres auxquelles ils auront fait réponfe, & tiendront regiftre tant defdites réponfes que des autres écrits par eux compofés au nom des corps qui les aura établis, pour les montrer à leurs conftituants lorfque ceux-ci le fouhaitcront. De fix en ftx mois, deux des membres du comité fortiront & feront remplacés par un nombre égal de pafteurs choifis parmi ceux des poftulants qui feront plus anciens dans le miniftcre. On tiendra une note des frais que fera le comité relative-

SYNODES PROVINCIAUX. ^5

ment à l'objet de fa commiffion, lefquels feront payés par les églifes, &, en cas de refus, chaque pafteur y entrera pour fa quote-part. Et afin que ledit comité puilfe inceffamment commencer fes fondions en procédant à la nomination de ceux qui doivent le compofer, ont été élus à la pluralité des fulîrages, MM. Simon Gibert, Jean Pradcl & Paul Rabaut.

Ainfi conclu Si arrêté le fufdit jour & an que dcffus.

Synode du Vivarais et Velay'.

Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre. Amen.

Aâes du fffiode provincial des églijes réformées du Vivarais & Velay, tenu fous la proteSion divine au Défert dans les Boutières, le vi7igt -neuvième avril mil fept cent cinquante-quatre , auquel ont ajfijîé trois pafîeurs, un propofant & dou^e anciens, députés defdites églifes.

Après la lecture de la parole de Dieu & l'invocation de fon St-Nom, il a été réfolu ce qui fuit :

Colloque de l'Agenais du lo février ij54.

I. Malgré les circonstances tragiques que traversait en ce moment le protestantisme, Grenier de Barmont se maintenait dans les églises de l'Agenais qu'il avait «défrichées.» (Voy. p. 1 1 et 19). Il y groupait les églises en colloque, comme on avait fait dans le Haut-Languedoc, dont l'Agenais dépendait ; et l'on voit que, le 10 février 1754, il y réunit un colloque assez important dont certains articles avaient pour but de répondre aux injonctions du synode du Haut-Languedoc du 1 5 janvier précédent.

Au mois d'avril, de mai et de juin 1734, il prêcha au Désert, dans la paroisse de Dimeuilh, terre de Clairac, dans la paroisse de Lafitte, au bois de l'Abbé, — aux Gabachoux, — aux Cruguts, entre Tonneins et Clairac. Il fut, par contumace, condamné à mort par le sénéchal d'Agen, qui instruisit sa procédure, ainsi que celle d'un certain nombre de religionnaires. Mais il tomba gravement malade, et quitta l'Agenais en juillet 1754. Il se dirigea vers Bordeaux.

J. P. G. a fatilïait à l'art. 4 du fynode du 8^ mai 1753, qui lui enjoignait de faire bénir fon mariage au plus tôt, là où il pouvait être

Colloque du Bordelais du ly décetnbre i'/54.

La santé de de Barmont était sérieusement ébranlée; mais, dès qu'il fut convalescent, il s'occupa, avec les pauvres moyens dont il disposait, de grouper autour de lui les religionnaires qui se trouvaient à Bordeaux et d'organiser solidement l'église. « Il chercha d'abord de s'insinuer dans l'esprit de ceux qu'on lui représenta pour être le plus en état de l'aider dans une entreprise si louable ; il parvint à leur faire goûter le plan qu'il avait dressé, dicté par le zèle et la prudence même, à l'observation duquel nous devons, après la bénédiction du Toutpuissant, l'établissement de vingt sociétés.» (Mss. de Bordeaux.) C'est en cette année que l'église de Bordeaux fut reconstituée, et que le Bordelais entra définitivement dans le cadre des provinces synodales du royaume.

Colloque du 77 décembre 1^54, le premier tenu dans ces églises depuis la révocation de l'Edit de Nantes.

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

Nous soussignés, pasteurs et anciens des églises réformées de B[ordeaux], assemblés en colloque au Désert, en Guyenne, ce dix-septième décembre mil sept cent cinquante-quatre, ayant depuis environ cinq mois arrêté entre nous les articles du plan ci-dessous, dont l'exécution nous a jusqu'ici heureusement réussi par la grâce de Dieu, reconnaissant la nécessité de nous y conformer exactement dans la suite, pour le soutien des églises déjà dressées et pour en planter de nouvelles, déclarons qu'après l'invocation du St-Nom de Dieu, nous avons procédé, suivant les lois de la discipline, à l'élection d'un modérateur et d'un secrétaire, dans le dessein de passer en délibération les articles dudit plan à l'effet de nous servir de loi et de règle, comme il est porté par ses préliminaires duquel la copie s'ensuit :

Plan.

Nous, pasteurs des églises réformées de L.. et amis particuliers de la ville et faubourgs de B[ordeaux], assemblés au Désert ce 17 juillet 1754, navrés de douleur à la vue de l'ignorance et des désordres qui régnent parmi nous, hélas! depuis trop longtemps, affligés de n'avoir au milieu de tant de réformés aucune forme de gouvernement ecclésiastique, et d'être, ou peu s'en faut, les seuls protestants de ce royaume qui vivent sans culte, sans sacrements, sans instruction, et sans consolation au lit de la mort, animés du noble et pieux dessein de nous repentir, de glorifier et servir Dieu à l'exemple de nos frères, autant que les circonstances où nous nous trouvons peuvent nous le permettre ; reconnaissant pour cet effet la nécessité d'introduire au milieu de nous l'ordre ecclésiastique, la prédication du St-Evangile, etc., espérant que le même Dieu qui par sa Grâce a fait prospérer son œuvre entre les mains des premiers héros du christianisme et de la primitive Eglise dans des temps plus orageux encore que les nôtres, daignera aussi bénir notre travail pour sa gloire et notre salut, déclarons, qu'après avoir imploré le secours du St-Esprit, et réfléchi mûrement sur le pour et le contre du motif qui nous assemble, nous avons conclu et arrêté d'un commun accord ce qui suit, pour nous servir de règle dans l'exécution de l'œuvre importante et sainte que nous méditons, promettant de l'observer exactement, autant que l'édifi-

SYNODES PROVINCIAUX

béni, & les autres particuliers nommés dans le même article font de nouveau exhortés d'y fatiffaire au plus tôt.

cation de nos frères, les devoirs des charges qui nous seront commises et les circonstances où nous pourrons nous rencontrer le permettront. Ne pourra aucun d'entre nous modifier, augmenter, diminuer, ni altérer aucun desdits arrêtés, qu'en vertu du consentement unanime de tout le corps ecclésiastique des églises réformées de cette ville, ou par les délibérations prises dans leurs colloques. Nous confessons et déclarons très-sincèrement devant le Scrutateur des cœurs que nous sommes fidèles sujets de Louis XV, notre auguste Monarque et souverain Seigneur, et que nous serons toujours soumis à ses ordres en tout ce qui ne sera pas contraire aux mouvements d'une conscience éclairée et à ce que le Roi des Rois nous ordonne. En protestant hautement contre tous ceux qui ne rendent pas à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu, nous n'avons d'autre dessein que celui d'avancer le règne de notre Sauveur et de travailler au salut éternel de nos âmes, dont nous lui rendrons compte un jour.

1. — Les pasteurs qui desserviront ces églises ne pourront paraître dehors de jour, mais garderont le dedans en se conduisant selon leur prudence ordinaire; cette précaution nous paraît très-nécessaire pour le succès de nos desseins, et pour obvier à des suites funestes, tant par rapport à eux que par rapport à nousmêmes.

2. — On les exhorte à ne voir personne de ceux qui ne seront pas admis dans l'église, à moins que ce ne fût par le consentement d'un ou de deux anciens de l'église dans laquelle lesdits pasteurs se trouveront.

3. — Les fidèles qui logeront les pasteurs n'introduiront auprès d'eux ni parents, ni amis, ni voisins, sans la permission expresse desdits pasteurs; ceux-ci s'obligent aussi à leur tour à n'appeler personne, non pas même de ceux qui seront admis aux sociétés, qu'après avoir consulté quelque ancien et les chefs de la maison où ils seront logés.

4. — Pour plus grande prudence, Messieurs les anciens ne pourront pas non plus faire voir le pasteur à qui que ce soit, ni chez eux ni ailleurs, qu'en vertu de son agrément. On exhorte les anciens qui sauront où le pasteur loge de ne s'y rendre qu'autant qu'on les demandera.

5. — Comme Messieurs les anciens sont sans doute plus prudents, plus circonspects que la plupart des simples fidèles, on les prie de faire autant qu'il se pourra la conduite du pasteur, ou du moins d'en donner la commission à quelque personne mûre, sage et discrète.

6. — Il est enjoint à Messieurs les anciens de garder un secret inviolable concernant les retraites du pasteur ; ceux qui le violeront en faveur de qui que ce soit seront censurés, pour la première* fois, et remerciés en cas de récidive ; les fidèles qui tomberont dans ce cas seront réprimés en présence de deux anciens, pour la première faute, et pour la seconde, à la tête d'une assemblée.

7. — Le total des protestants admis dans l'église, et par conséquent disposés à donner gloire à Dieu, sera distribué pour le présent et pour l'avenir en districts ou quartiers; chacun de ces districts ne comprendra que 18 personnes.

8. — A proportion que le Seigneur bénira notre travail, et que, selon l'expression d'un apôtre, il ajoutera des gens à l'Eglise pour être sauvés, on formera de nouveaux districts sur le plan de ceux dont il est parlé dans l'article précédent.

9. — On élira un ancien à la tête de chaque district pour en avoir la conduite et l'inspection.

10. — Les anciens devront être des gens sans reproches, remplis de sagesse et

Les livres deftinés aux pauvres n'ont pas encore été diftribués,

ayant bon témoignage ; on n'en recevra aucun sans le consentement de ceux qui, étant déjà en charge, seront à portée de les bien connaître.

11. — Si l'on n'en trouve pas en nombre suffisant pour en pourvoir chaque district, dans ce cas, ceux qui seront le plus à portée des quartiers qui en manqueront en auront la conduite jusqu'à ce qu'on les en ait pourvus.

12. — Vu les difficultés des temps, les circonstances fâcheuses où nous nous trouvons, prévoyant d'ailleurs que nous ne pourrions nous assembler dehors sans nous exposer à un péril éminent et certain, nos assemblées religieuses se tiendront constamment dedans.

13. — Chaque assemblée ne sera composée que de 19 personnes, savoir d'un ancien et de son district; on ne pourra augmenter le nombre qu'en vertu d'un arrêté de notre colloque, dont il sera parlé ci-après ; les anciens qui y contreviendront seront désapprouvés.

14. — On fera une assemblée pour chaque district, autant qu'il sera possible, avant de commencer la tournée.

1 5. — Il ne sera pas nécessaire que les anciens donnent avis à Messieurs leurs collègues de la convocation de leur district, attendu que ni eux ni leurs fidèles ne peuvent s'y rendre, suivant l'art. i3.

16. — Messieurs les anciens avertiront eux-mêmes ou feront avertir par une personne de toute confiance les fidèles de leur district de se rendre au lieu de l'assemblée, pour le faire avec toute la prudence possible ; si au cas il y avait des fidèles dans l'usage de fréquenter la maison désignée ou liés d'amitié avec le propriétaire, on pourrait leur donner avis de s'y rendre de jour, au nombre de 3 ou 4 tout au plus. A l'égard des restants, on ne les avertira que de nuit, un moment avant leur départ, avec ordre aux uns d'être rendus à telle heure, aux autres à telle autre, et défense à tous de s'attrouper au delà de 2 ou 3 : ce qu'on leur fera aussi observer pour leur retour.

17. — Comme on ne saurait prendre trop de précautions, on donnera à chaque fidèle un cachet ou quelque marque particulière, qu'on sera obligé de remettre à l'ancien ou à son ordre, en arrivant au lieu de l'assemblée ; ceux qui n'en seront pas munis, quels qu'ils soient, ne seront pas admis au saint exercice.

18. — Reconnaissant qu'après le secours de Dieu le soutien des églises oppressées est le secret, nous exhorterons fortement les fidèles de le garder inviolablement, concernant les assemblées, les personnes qui s'y rendront, le lieu où elles se tiendront, etc. ; ceux qui ne se conformeront à ces avertissements seront poursuivis, comme il est porté par l'art. 6, el^meme exclus des saintes assemblées.

19 et 20. — La compagnie ayant mûrement réfléchi sur le total des districts, sur la nature et le nombre des affaires qui peuvent survenir au milieu d'eux, veut et entend qu'ils soient séparés en certains corps distincts ; que trois desdits districts forment une église et que chacune ait son consistoire.

21. — Le consistoire de chaque église ne sera composé que du pasteur et de trois anciens. On ne pourra juger, décider, ni délibérer dans ledit tribunal que sur les affaires qui auront pour objet l'église dépendant dudit consistoire.

22. — L'autorité de chaque consistoire sera indépendante de tout autre tribunal semblable; elle ne sera subordonnée ou soumise qu'aux tribunaux supérieurs, tels que sont les colloques et synodes.

23. — Lorqu'ils surviendra quelque affaire à examiner ou à mettre en délibération qui intéressera tout le corps des églises d'ici, elle ne pourra être discutée

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mais ils le feront au plus tôt, & enfuite on en rendra compte, conformément à l'art. 2 du précédent fynode.

ni jugée ailleurs que dans le colloque, qui sera composé du pasteur et des anciens de toutes les églises d'ici, ou d'un député de chaque consistoire.

24. — Les colloques éliront les députés des synodes, et les consistoires ceux des colloques, lorsque ces derniers tribunaux s'assembleront par députation.

2 5. — Les anciens garderont un secret inviolable sur tout ce qui sera mis en délibération dans les tribunaux ecclésiastiques, sous peine aux contrevenants d'être déposés de leur charge pour toujours.

26. — Personne ne sera admis dans nos assemblées religieuses qu'après mûr examen, et qu'en vertu du consentement des trois anciens les plus voisins.

27. — On lira les psaumes dans les assemblées jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu de nous donner un temps plus favorable pour les chanter.

28. — Messieurs les anciens ou leurs agents travaillant pour l'augmentation des églises ne pourront proposer à personne la nécessité de s'unir au corps des fidèles que comme d'une chose avenir. On pourrait leur parler à peu près comme s'ensuit : «N'avez-vous rien à m'apprendre sur les affaires du temps concernant les assemblées? Partout on en tient, partout on en parle; tous s'empressent à donner gloire à Dieu, tandis que nous sommes les seuls qui vivons sans culte, sans instruction et sans sacrements. Quelle différence mettez-vous entre leur état et le nôtre ? Elle est bien grande à mon avis et toute à leur avantage. On s'expose, j'en conviens, mais outre que Dieu protège l'innocence opprimée, et que le salut vaut bien la peine qu'on risque quelque chose, Jésus-Christ ne nous a-t-il pas frayé le chemin? Moïse ne préféra-t-il pas l'opprobre du Christ aux trésors d'Egypte, et St-Paul n'estime-t-il pas toutes choses comme du fumier, pourvu qu'il gagne Jésus-Christ son Sauveur? Prenez garde, je n'entends ni n'approuve que nous levions l'étendard d'une manière inconsidérée, sans faire réflexion et sans peser les circonstances qui nous environnent. Je voudrais qu'on se conduisît (on pourrait ici leur faire part du plan). Si jamais un pareil établissement avait lieu parmi nous, je vous déclare que je serais de la partie, s'il m'était connu; et vous, en seriez-vous ?» — Avec ces précautions, ignorant ce qui se passe, son refus ne saurait nuire à celui qui l'invite, ni à la cause commune.

Fin du plan.

29. — Vu la difficulté des temps, la position triste où nous nous trouvons et les dangers de la persécution, raisons qui nous obligent à rechercher les moyens les plus prudents pour notre conservation, les colloques qui se tiendront à l'avenir ne seront composés que d'un député de chaque consistoire, députés qui seront élus à voix basse, selon la discipline.

30. — La compagnie, expliquant l'art. i5 du plan ci-dessus, défend aux anciens de se rendre dans les sociétés de leurs collègues, à moins qu'ils n'y soient appelés par le pasteur et un ancien.

31. — Messieurs les anciens tiendront un catalogue exact de tous les fidèles qui composeront leur district.

32. — On ne fera point de collecte à la tête des assemblées, mais on pressera les fidèles d'élargir leur charité lors de la collecte générale que chaque ancien fera dans son district tous les mois de janvier, dont le provenu sera dans la suite comme ci-devant employé à des usages pieux.

33. — On élira à la première occasion M. L. C. pour diacre et trésoriergénéral, à l'effet de gérer et distribuer les deniers ci-dessus, selon son équité ordi-

L'art. 4 du fynode précédent, concernant nos chers frères qui font fur les galères, n'ayant pas été exécuté jufqu'à préfent, MM. les anciens ont promis que la collecte qui leur eft deftinée ferait prête après la fête de la Pentecôte.

Peirot, pafteur & modérateur; Coste, pafteur; Vernet, pafteur & fecrétaire.

naire et suivant l'intention de la compagnie ; il ne sera obligé de rendre compte de ladite distribution qu'une fois l'an, au pasteur et à deux amis de toute confiance.

34. — Monsieur le mode'rateur, pour lequel l'assemblée est remplie d'estime et de reconnaissance, nous ayant représenté que nos églises, dont l'établissement après Dieu est son ouvrage, ne peuvent subsister que par la plus grande prudence ; persuadés, comme il vient de nous le témoigner, que sa douleur serait inexprimable, s'il arrivait qu'elles fussent dans la suite l'objet de la fureur des persécuteurs dont nous sommes environnés, auquel cas, humainement parlant, nos chères églises seraient bientôt détruites, extrêmement édifiés de son amour pour l'ordre, de sa prudence, de son affection pour les anciens, et du cas qu'il lait de leurs avis, n'entreprenant rien concernant la cause commune qu'en vertu de leur consentement; prévoyant qu'ayant établi nos églises, personne n'est plus propre que lui à les maintenir : — en conséquence de tout ce dessus, nous lui promettons unanimement de n'appeler ni recevoir aucun pasteur pour desservir nos églises, d'où qu'il vienne et quelque muni d'attestations qu'il soit, qu'après en avoir obtenu de sa part l'agrément exprès.

35. — L'article 35, pris, roule sur les honoraires et l'entretien du pasteur, [il] est inséré dans le corps du présent livre, page 6^, sur feuille volante, en qualité d'article secret.

Ainsi a été conclu et arrêté les même jours et an que dessus ; en foi de quoi : Grenier de Barmont, pasteur et modérateur.

— Mss. de Bordeaux.

Synode provincial de 1755.

Synode du Vivarais et Velay'.

Notre aide soit au nom de Dieu qui a fait le ciel et la terre. Amen.

Aâes du fynode propmcial des églifes réformées du Vivarais & Velay tenu fous la proteSion divine au Défert, dans le Haut- Vi-

I. Gautier, fatigué et malade, se préparait à quitter la Normandie. «Mes veilles et mes fatigues ont surpassé mes forces,» disait-il. Le comité de Lausanne envoya, pour lui succéder, Louis Campredon, dit La Blaquière, dit Duthil, qui arriva à Rouen, en juillet 1754. «J'ai vu M. Duthil, répondit Gautier, et je crois que c'est l'homme qu'il fallait pour cette province.» (Mss. Court, 3o août 1754.) Celui-ci, à peine arrivé, s'empressa de visiter les églises du pays de Caux, et il écrivait bientôt: (3o nov. 1754) «On avait autrefois établi des anciens dans chaque église, mais ceux que j'ai vus ne sentent guère les devoirs de leur charge: ils m'ont paru se borner à des fonctions 'qui n'ont pas directement pour objet le rétablissement de la discipline; ils croient s'en acquitter suffisamment en avertissant le peuple de se rendre aux assemblées. Je vais donc m'appliquer, dans une seconde tournée, à nommer des anciens et à leur expliquer en détail la manière dont ils doivent s'intéresser au rétablissement de la discipline. Après que j'aurai ainsi élu des anciens dans chaque église, pris d'entre les personnes les plus propres à seconder mes vues, et que j'aurai tâché de leur inspirer le goût de l'ordre, je ferai assembler un colloque pour confirmer les arrangements particuliers faits dans chaque église et pour leur donner une force qui m'autorisera plus particulièrement à les faire observer. »

Colloque de Haute-Normandie du g février ijSS. Actes du colloque des églises réformées de Haute-Normandie, assemblées au Désert, le neuvième février mil sept cent cinquante-cinq.

Après l'invocation du nom de Dieu, on a délibéré ce qui suit : I. — Lecture ayant été faite des témoignages de la consécration au St-Ministère de M. Louis Campredon, sous le nom de Duthil, lesdits témoignages ont été reconnus pour bons et valides. En conséquence de quoi l'assemblée a autorisé ledit M. Duthil à exercer les fonctions de pasteur dans les églises de ce quartier.

parais, le vingt-neuvième avinl mil Jept cent cinquante-cinq, auquel

2. — Les églises de ce district se conformeront aux canons de la discipline des églises réformées de France, autant que faire se pourra; pour cet effet, chaque église tâchera de s'en pourvoir d'un exemplaire que leurs anciens liront avec soin pour s'en procurer une connaissance exacte, afin que l'on ne s'éloigne jamais de l'esprit d'une disciphne si sagement dressée.

3. — Il y aura en chaque église un corps d'anciens, aussi nombreux qu'il se pourra, afin qu'ayant plus d'autorité, ils dirigent l'église avec plus de facilité et de succès.

4. — L'élection des anciens se fera dans le consistoire par l'avis des anciens déjà établis, qui de concert avec le pasteur, leur donneront la main d'association.

5. — Les anciens seront attentifs à s'acquitter des devoirs de leur charge, selon l'art. i3, du chap. III de notre discipline, portant que l'office des anciens est de veiller sur le troupeau avec le pasteur, faire que le peuple s'assemble et que chacun se trouve aux saintes congrégations, faire rapport des scandales et des fautes, en connaître et juger avec le pasteur, et en général avoir soin de toutes choses semblables qui concernent l'ordre, l'entretien et le gouvernement de l'église.

6. — Vu la difficulté des circonstances qui ne permettent pas d'établir des anciens et des diacres en même temps, la disribution des deniers des pauvres sera une fonction annexée à la charge d'ancien.

y. — Le consistoire dans chaque église nommera un ou deux anciens pour faire l'office de lecteur dans les saintes assemblées qui se feront dans ladite église.

8. — Les anciens seront chargés les jours de communion de pourvoir à tout ce qui sera nécessaire en pareil cas, et de faire approcher les fidèles de la table sacrée avec ordre et sans confusion.

g. — On tâchera de se procurer le plus de maisons d'assemblée qu'il sera possible, afin que, si l'une vient à manquer, le culte ne soit point interrompu, et que d'ailleurs, les saints exercices se faisant alternativement dans des maisons différentes, on puisse éviter l'éclat et diriger l'église avec plus de prudence.

10. — Le consistoire devant être composé du pasteur et des anciens suivant l'art. 1^'' du chap. V de notre discipline, nulle décision qui serait portée parles anciens d'une église sur les affaires ecclésiastiques ne pourrait avoir force de loi, si le pasteur desservant ladite église n'avait assisté à ladite délibération, ou s'il n'y donne son suffrage.

11. — Ne pourront les anciens autoriser aucun sujet à exercer dans les églises de ce district les fonctions de pasteur, que ledit sujet ne soit envoyé par nos illustres amis et bienfaiteurs du pays étranger, et qu'il ne soit de plus agréé par le pasteur du quartier.

12. — Les anciens, qui seraient connus d'une conduite scandaleuse, pourront être déposés par le consistoire où présidera le pasteur ; et la cause de leur déposition ne viendra, autant que faire se pourra, à la connaissance du peuple.

1 3. — Le pasteur actuellement desservant des églises de ce district se trouvant seul dans un vaste quartier, le nombre des assemblées a été fixé à trois par an dans chaque église, lequel règlement tiendra jusqu'à ce que les occupations dudit pasteur lui permettent d'en faire un plus grand nombre, ou qu'il ait pu se procurer quelque adjoint.

14. — La Ste-Cène sera célébrée deux fois par chacun, à Noël et à Pâques, autant que faire se pourra.

I 5. Comme dans toute société la subordination doit être la base de l'union et de l'harmonie, les fidèles sont exhortés à reconnaître l'autorité des anciens qui

SYNODES PROVINCIAUX

ont ajjlfté quatre pajîeiirs, un propojant & fix anciens, députés defdites églifes.

sont établis pour faire régner l'ordre, la bonne discipline et pour conserver parmi nous le pur ministère de la parole de Dieu.

16. — Que, s'il arrive à quelqu'un des fidèles de se soustraire aux règlements qui auront été portés et que les anciens lui notifieront, le pasteur lui adressera des semonces, selon la parole de Dieu, et, s'il persiste, le consistoire pourra procéder contre eux selon l'esprit de notre discipline.

17. — Les fidèles sont exhortés à se rendre aux saintes assemblées avec toute la prudence possible; à quoi les anciens veilleront exactement, et s'ils découvrent quelqu'un d'entre les fidèles qui s'éloigne des règles de prudence qui seront prescrites, le consistoire, de concert avec le pasteur, pourr[a] infliger telle peine que la discipline et le bon ordre exigeront.

18. — Les fidèles sont exhortés à ne recevoir qui que ce soit pour exercer les fonctions de ministre de l'Evangile ou de prédicateur que premièrement il ne leur soit présenté par le pasteur du quartier ou par les anciens.

19. — Pour éviter toute confusion dans les églises et pour rendre aux anciens l'exercice de leur charge plus facile, il ne sera permis d'aller d'une église dans l'autre, à moins qu'il n'en soit autrement ordonné.

20. — Qu'aucun fidèle ne se rendra aux saintes assemblées que sur l'avis des anciens, à eux seuls appartenant le droit de convoquer les assemblées religieuses, et s'il se trouve dans les saintes assemblées des personnes qui n'auront pas été averties conformément au présent article, elles seront censurées comme méconnaissant l'ordre établi dans l'Eglise.

21. — Par une suite de l'article précédent, on procédera contre ceux qui pourraient s'ingérer de leur propre autorité jusqu'à ne les pas avertir eux-mêmes dans la suite.

22. — Il ne sera permis d'amener aux saintes assemblées des enfants au-dessous de l'âge de 12 ans, soit pour éviter le trouble que les jeunes gens causent d'ordinaire dans les saintes assemblées, soit pour ne les rendre sachant de tout ce qui s'y passe.

23. — Les jours de communion, les anciens, de concert avec le pasteur, prendront une connaissance particulière de la conduite des fidèles, et s'il en est qui se soient rendus indignes d'approcher de la sainte table, les anciens les avertiront de ne pas se présenter; et ne se fera l'avertissement en présence de toute l'assemblée.

24. — Pour apaiser le courroux de Dieu et pour conserver une sainte harmonie avec les autres églises de ce royaume, on célébrera un jeûne annuel, fixé au premier dimanche du mois de mars par l'art. 2 du synode national, tenu en Languedoc (1748), lequel jeûne sera annoncé aux fidèles par les anciens, chacun dans son église, afin qu'il soit régulièrement célébré par tous les fidèles.

25. — Les anciens auront soin de veiller sur ceux qui ne fréquentent pas les saintes assemblées sous des prétextes frivoles, et tâcheront de les ramener à leur devoir par les voies de la douceur, aussi bien que ceux qui ne communient pas par un efi'et de la timidité ou autrement.

26. — Comme on s'est aperçu qu'il y a quantité de pauvres, les fidèles sont exhortés à s'élargir en leur faveur par des aumônes, dont les anciens feront la distribution, selon la connaissance qu'ils tâcheront d'acquérir du besoin de chacun ; et ladite distribution ne se fera que par l'avis du consistoire, autant que faire se pourra.

Après la lecture de la parole de Dieu & l'invocation de fon St-Nom, [il] a été réfolu ce qui fuit :

27. — Pour se conformer à l'art. 23 du chap. XIII de notre discipline, portant que les mariages seront bénis par le ministère des pasteurs et non d'autres, ceux qui, sans vocation, s'ingèrent dans cette fonction, et ceux qui auront recours à eux pour la bénédiction de leur mariage seront poursuivis selon les lois de notre discipline, — de tels mariages étant scandaleux, dans un temps où Dieu nous suscite des pasteurs légitimement élus.

28. — Dans le cas où les fidèles sont obligés de passer dans une autre église pour recevoir la bénédiction de leur mariage, ils seront tenus d'amener un ancien de leur église pour témoigner de leur conduite ou de se munir d'une attestation des anciens, qui fasse foi de leur bonne vie et mœurs, faute de quoi le pasteur sera autorisé à différer la bénédiction dudit mariage, jusqu'à ce qu'il ait suffisant témoignage des anciens.

29. — Les églises de ce district auront soin de se conformer à l'art. 1 1 du synode national des églises réformées de France, tenu en 1744, portant qu'on se servira dans toutes les églises de V Abrégé du catéchisme d'Osterwald, comme étant le plus clair et le plus méthodique, et les pasteurs et les anciens exhorteront les fidèles à se pourvoir dudit catéchisme et tiendront la main à ce que les membres des églises en fassent usage.

30. — Conformément à l'art. 12 du même synode national, les églises tacheront de se pourvoir de Bibles d'Osterwald, pour en faire usage en lisant les réflexions après les chapitres.

31. — Pour conserver l'union et l'intelligence entre les églises de ce district, pour connaître des infractions qu'on pourrait faire aux délibérations colloquales et pour juger des différends qui peuvent survenir dans chaque église ou d'une église par rapport à une autre, l'on assemblera tous les ans un colloque dans le mois de mai.

32. — Lesdits colloques seront composés d'un député de chaque église. L'on pourra cependant en députer deux, selon l'importance des matières qui devront être agitées dans lesdits colloques.

33. — Nul ancien ne pourra se présenter au colloque en qualité de député, s'il n'a été nommé par les autres anciens de son église, de concert avec le pasteur.

34. — Les colloques connaîtront de l'exactitude de chaque église à fournir à l'entretien du St-Ministère, et aviseront aux moyens de remédier à l'ingratitude du peuple.

35. — Les anciens dans chaque église auront soin de faire des listes des personnes aisées qui peuvent fournir à l'entretien du St-Ministère ; et chacun des fidèles mentionnés dans lesdites listes se taxera lui-même, pour ne recevoir que de ceux qui sont de pleine volonté.

36. — La taxe de la première année servira pour la suite, afin que l'on puisse faire une exacte répartition de la contribution de chaque église.

37. — Pour décharger les anciens de tout injurieux soupçon, le pasteur fera son reçu au bas des listes, afin que lesdits anciens puissent présenter à chaque fidèle, s'il est besoin, le reçu de sa taxe.

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