‹ Les Syphilides GangréneusesChapitre 11 sur 24 · ME · texte numérisé non relu

ME

Ne

VAE de diamètre, visibles sur le frontal et la partie supérieure des pariétaux:;

: b) des taches lenticulaires de micro-gommes dissémi-

nées sur le frontal, les temporaux, les pariétaux;

3° On remarque des anomalies, telles l’accentuation anormale des empreintes vasculaires, la fermeture exagérée de la selle turcique, un aspect flou des clinoïdes pos-

térieures qui traduit peut-être un foyer d’ostéite; /

4° Les examens ultérieurs, après deux mois de traitement, montrent des signes d'amélioration : les taches lenticulaires sont effacées, les images à l’emporte-pièce sont

moins étendues et de contour plus précis.

Examens de laboratoire :

1° BWwWHOOK din arEE le 28-8-1940;

2° Ultra négatif le 26-8-1940.

Recherches de germes associés. — Nous avons effectué les prélèvements le 2 septembre 1940 lorsque les lésions

étaient encore en pleine évolution.

A l’examen direct, on trouve une flore microbienne variée comprenant des cocci gram positif et gram négatif, de nombreux bacilles gram négatif, de très rares gram

positif, par contre il n’y a pas de fuso-spirilles.

Les ensemencements sont faits simultanément sur bouillon nutritif, gélose inclinée, anaerobie (pipette de Vignal). Au bout de 24 heures, ces trois milieux sont le siège d’une pullulation rapide et dégagent une odeur fétide; ils contiennent des staphylocoques, des stroptocoques, et un bacille grimpant du groupe des proteus rappelant le bacille gangraenæ eutis de M. Mira. Nous avons pu l’isoler facilement grâce à cette propriété grimpante, et nous en avons poursuivi l'étude tant à Pasteur

qu’à la clinique Saint-Louis :

Il s’agit d’un bacille mobile, gram négatif, anaérobie

facultatif, de morphologie très variable, tantôt en streptobacille, en navette, en haltère, tantôt sous forme de longs filaments dans les cultures vieillies, poussant à la température du laboratoire et possédant les caractères cultu-

raux suivants :

1° Sur gélose inclinée, il possède un aspect pathognomonique; il suffit d'ensemencer légèrement le fond du tube pour obtenir en 24 heures des colonies envahissan-

les, grasses, transparentes, grimpant le long du dièdre

PS

> forme la paroi du tube avec la surface de la gélose

fragmentant rapidentent le milieu; RE

E En bouillon nutritif, il roy oque un trouble rapide,

| dégage une odeur désagréable et Hit les aspects les plus

De

variés;

3° En gélose Veillon, il donne de nombreuses colonies sans dégagement de gaz;

Son pouvoir préotéolitique est facile à mettre en

évidence :

Sur gélatine, il provoque une liquéfaction rapide en

à 24 heures;

Sur sérum de bœuf coagqulé, une digestion rapide avec fragmentation du milieu;

Le lait est attaqué sans être coagulé en masse; il s’agit plutôt d’une floculation:

Le Lœwenstein n’est pas attaqué;

5° Son action sur les sucres semble variable :

Sur gélose lactosée tournesolée, il n’y a pas de modification du milieu; Sur eau peptonée lactosée, au contraire, on constate pullulation rapide avec dégagement de gaz lourds (tube à cloche):

Enfin il ne noircit pas la gélose au plomb, ne produit pas la réaction classique de lindol, et son pouvoir hémo-

Iytique semble nul.

Pouvoir pathogène chez l'animal. — La reproduction

expérimentale de la gangrène suivan' la technique de

recherches.

Nous nous sommes servi de culture de 24 heures, et pour exalter la virulence de ce bacille, nous avons eu recours à des passages successifs sur bouillon et différents animaux. Voici le résultat de nos expériences dans

leur ordre chronologique :

1° La souris est tuée en moins de 24 heures avec un

quart de cm;

2° Le cobaye 1, après avoir reçu un demi em? sous la

peau, fait un abcès ligneux qui se résorbe spontanément;

Le cobaye IT reçoit la même dose de bouillon contenant tous les germes de surinfection trouvés dans l’ulcération gangréneuse; il présente exactement les mêmes

symptômes que le cobaye n° [;

3° Le rat n° I, avec un cm de bouillon, fait un abcès

et une orchite qui se résorbent spontanément;

Le rat n° I] meurt en 24 heures, après avoir reçu un

quart de em* de culture provenant du rat n° I;

4° Le lapin n° 1 meurt en moins de 24 heures, après avoir reçu un cm” de culture pure.

Devant ces échecs, nous avons recours à de très petites doses, que nous injectons dans le derme de l'oreille du lapin.

Le lapin n° I, après avoir reçu trois dixièmes de em‘, fait un abcès localisé qui persiste pendant plus d’un mois.

Par passage on inocule le lapin n° III, au bout &e

MM. Mician et NATIVELLE a été le principal souci de nos

NPA

A rt Fe É x 4 j l L » 7 24 heures apparaît localement une réaction inflammatoire

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de toute l'oreille, mais l'atteinte de l’état général laisse prévoir une issue fatale à brève échéance; le train arrière est déjà paralysé. Il faut avouer que ce lapin n'était pas

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un sujet neuf; en effet, deux mois avant, il avait été

inoculé par voie encéphalique avec du liquide céphalo

rachidien, et ce liquide provenait d’un jeune hérédo syphilitique atteint d’une méningo-eucéphalite grave avec paraplégie. Une injection de 914 (un cgr.) provoque une véritable résurrection du lapin, et guérit les lésions locales; quinze jours plus tard, devant la réapparition des phénomènes paralytiques, on décide de sacrifier l'animal.

Nous n’osons tirer aucune conclusion.

Le lapin n° IV, inoculé par passage, présente au bout de 24 heures un gros œdème inflammatoire de l’oreille, suivi d’abcès qui s’ulcère le troisième jour, d'où s'écoule un pus jaune, fétide, contenant de nombreux bacilles; depuis il reste une ulcération de 10 mm. de long, de 3 mm. de large, recouverte d’une croûte jaunâtre, mais

non gangréneuse.

Le cobaye n° III, 3° passage, par voie sous-cutanée, fait un petit abcès ligneux; par voie intra-dermique, une petite plaque de nécrose de 3 mm. de diamètre qui guérit sans laisser d’ulcération. Trois semaines plus tard apparaît à 3 cm. de la première inoculation sous-cutanée, une petite ulcération gangréneuse contenant de rares bacilles,

provoquée probablement par des lésions de grattage.

Le cobaye n° IV, 4 passage, par voie intra-dermique,

fait une plaque de sphacèle de 8 mm. de diamètre qui

découvre ensuite une ulcération à bords taillés à pic. =

Cette ulcération guérit complètement en 8 jours.

Le cobaye n° V est inoculé par voie intra-dermique uniquement avec du bouillon contenant les germes tués par tyndallisation. Cette intradermo-réaction est complètement négative, ce qui semble montrer que les petites plaques de sphacèles sont bien dues à la présence des germes vivants et non aux protéines du bouillon.

En somme, nos seuls résultats positifs n’ont pu être obtenus qu'après de nombreux passages et uniquement

par la voie intra-dermique.

Remarque. —— A partir des cultures, nous avons préparé :

1° Un bouillon vaccin, en ensemençant largement et en stérilisant les cultures par l’iode, la glycérine et la

tyndallisation ;

2° Un auto-vaccin en centrifugeant le bouillon après stérilisation, puis en remettant les germes en suspension

dans l’eau physiologique.

Tests biologiques. — Chez un sujet sensible à l’arsenie, au sérum anti-diphtérique, il était important de rechercher si des réactions de sensibilisation, ou d’allergie, ne pouvaient pas apporter quelques éclaircissements dans

la pathogénie de tels accidents de la syphilis. Voici les résultats des tests cutanés :

1° Une intra-dermo au Dmelcos le 28-8-40, est négative le 30-8-40 (pourtant le malade a été traité par le

Dmelcos 8 mois avant);

SRE

À pas Une intra-dermo au sérum ee cÉseal le 3-9-40, est af | négative le 5-9-40; Ë |

Une: deuxième le 16-9-40, est ne le 18-9-40; | Une troisième le 27-9-40, est négative le 29-9-40;

se

ge Une intra-dermo à la tubereuline le 10-9-40, est posi- __ tive le 12-9-40 (nodule de 15 mm. X 15 mm.; érythème de 20 X 25 mm.), persistant encore 4 jours après avec des modifications de la peau qui prend un aspect sie rappelant le lichen scrofulosorum ;

4° L’intra-dermo à la Luétine le 3-10-40, est très posi-

tive au bras (nodule de 20 X 25 mm.; érythème de

SN UNS | dr

40 X 50 mm.), avec aspect lichénoïde; moins marquée au -— scrotum, où l’on note seulement le 5-10-40 une réaction

œdémateuse de 18 X 20 mm.;

5° Les tests cutanés aux arsénicaux : à trois degrés, friction simple, érosion, cuti-réaction, se sont tous montrés négatifs, soit au 914 le 16-9-40, soit à l’Acétylarsan

le 23-9-40; |

6° Une intra-dermo à l’auto-vaccin le 10-9-40, est posi- FER tive de 12-9-40 (nodule de 10 X 8 mm.); négative chez un =.

témoin atteint d’ulcère variqueux.

Evolution et Traitement. — Devant la gravité de ce processus térébrant et gangréneux, nous avons associé les thérapeutiques les plus actives, en tenant compte de l'in-

tolérance à l’arsenic.

1° Le Traitement d'attaque de la syphülis :

Bismuth : 12 Bivatol du 20-8-40 au 13-9-40.

Fe D't

Jours

Cyanure de mercure : 30 injections du 20-8-40 au 30-9-40. ; rad Iodure de potassium : 33 gr. du 26-8-40 au 3-9-40.

2° Le Traitement de l'infection associée :

a) 1162 F (à doses décroissantes de 4 à 1 gr.), 30 gr. du 1° au 12-9-40; 3

b) Auto-vaccin en injections sous-cutanées.

3° Traitement local : pulvérisations répétées au Dakin, puis au sérum physiologique. Pansements au sérum anti-

gangréneux, à l’huile goménolée, au bouillon vaccin.

4° Reconstituants généraux : Extrait hépatique.

L'évolution favorable commence à se manifester au

bout d’une dizaine de jours : le processus de destruction

s'arrête; la zone rouge périphérique pâlit, devient de

moins en moins douloureuse, l’ulcération se déterge; seul le fond reste encore couvert de débris fétides qui s’éliminent peu à peu. Le malade retrouve le sommeil et l’appétit. Cette amélioration rapide semble devoir être attribuée à l’action conjuguée des anti-syphilitiques; et à partir du 12 septembre on entre dans la.phase des réparations et des séquelles, tout en redoutant des rechutes éventuelles, En effet, les téguments se cicatrisent rapidement, l’écoulement nasal diminue, et ne contient plus de bacille (ensemencement négatif le 4-10-40), un orifice réduit intéressant uniquement l'aile gauche du nez reste à titre définitif, ainsi que la destruction du cartilage de la cloison, réalisant les aspects de « nez de boxeur » et

de « nez en lucarne ». Mais le malade continue à élimi-

ner de petits séquestres osseux, et son Wassermann est

encore fortement positif le 12 octobre 1940. Le 21 octo-

bre, il élimine un nouveau séquestre avec des débris

sphacéliques où l’on retrouve de nombreux bacilles qui

ont toujours les mêmes caractères culturaux et la même

virulence. Depuis, le malade a repris ses occupations et poursuit régulièrement son traitement; les BIW restent encore fortement positifs le 13 décembre 1940.

Observation 11. — Ethmoïdite syphilitique avec gangrène de la face (1).

Le N° 570, âgé de 49 ans, n’a aucun antécédent pathologique jusqu’en 1928, date à laquelle il contracte. la syphilis. L'accident primitif est un chancre induré, d’aspect banal, vérifié par un ultra positif; le malade se fait consciencieusement traiter pendant quatre ans, par des séries régulières, mais courtes, où alternent le Hg, le Bi et surtout l’arsenic. A la fin de la quatrième année, comme il paraît guéri, cliniquement et séréologiquement (BW négatif dans le sang et dans le liquide céphalo-rachidien), on lui conseille d'abandonner tout traitement; on lui recommande simplement de venir chaque année subir un contrôle sérologique.

Il paraît en parfaite santé jusqu’en 1938; au mois

d'août de cette année, il constate lui-même l'apparition

(1) Présentée à la Société de Dermat.: 7 novembre 1940.

es

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