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che affectant :
a) Un type d’ethmoïdite prolhférante et hyperplasique; 3
l'exploration des bourgeons charnus ne permet, en aucun
point, d'obtenir le contact osseux.
b) Lésions externes : nr:
1° Cornet moyen : dégénérescence hyperplasique. ES
2° Toute la région (méat moyen, cornet inférieur, 4 méat inférieur gauche) forme, par le fait de la des- 54 truction complète du cornet inférieur, une vaste à cavité tapissée cependant par une muqueuse, sans ee
qu’en aucun endroit on ne trouve de contact osseux. ne
c) Perforation du voile du palais, séquelle de l’épisode de 1938.
En résumé, syphilis à type hyperplasique dominant dans la région ethmoïdale ayant abouti à latrophie de la paroi externe de la fosse nasale gauche, où les atteintes osseuses, à l'heure actuelle, sont secondaires. (Cependant, huit jours après cet examen, un séquestre assez volumineux s’est éliminé spontanément.)
Du point de vue externe, la déformation est beaucoup plus due à la rétraction cutanée cicatricielle qu'à un
effondrement du septum.
ns
Examen radiologique, le 15 octobre 1940, fait par
M. PETEUIL :
g Cd
Il n’y a ni ostéite de la voûte, ni des os propres du
uez. Seul l’ethmoïde semble considérablement attaqué,
formant une plage transparente sur les clichés de face.
Examens de laboratoire :
Dans un premier prélèvement fait le 15 octobre 1940, par grattage de la cloison nasale, on ne trouve que des cocci gram positif; quelques-uns gram négatif, mais pas de bacilles; résultats que confirment les ensemencements
sur gélose et sur bouillon. Mais, trois semaines plus tard,
. le 7 novembre 1940, notre malade élimine spontanément
un séquestre osseux excessivement fétide et nous l’apporte aussitôt; ensemencé en bloc dans du bouillon il provoque, en 24 heures, un trouble important et dégage une odeur fétide. Ce bouillon contient une flore microbienne variée où, parmi des cocci, on remarque de nombreux bacilles gram négatif.
Une goutte repiquée dans l’eau de condensation d’une gélose inclinée donne, en 24 heures, des colonies grimpantes, caractéristiques qui permettent d'isoler facilement ce bacille et d’en poursuivre l’étude à Pasteur et dans le laboratoire de la clinique de l'hôpital Saint-Louis.
I s’agit d’un bacille gram négatif, plus ou moins mobile, changeant de morphologie suivant l’âge des cultures,
tantôt en coccobacille, en navette, en haltère, tantôt sous
forme de longs filaments.
Il donne : sur bouillon nutritif, un trouble en 24 heures
avec émanation fétide.
Sur gélose inclinée, des colontest grasses, grimpantes, : cet rapidement envahissantes,
En anaérobie, gélose veillon, des petites colonies sur
le trajet de la piqûre, avec dégagement local de gaz formant des bulles perlées.
Sur gélatine, en piqûre, une liquéfaction relativement
lente, débutant à la partie supérieure,
Sur sérum de bœuf coagulé, des cultures rares non
envahissantes.
Sur lait, une coagulation rapide avec alcanisation du
milieu. $
Sur gélose lactosée tournesolée, il ne semble pas pro- ne
__ duire de virage du milieu. É 10
Sur eau peptonée, il donne la réaction classique de ea
Pindol. Fe.
| | Sur gélose au plomb, il tend à la liquéfier mais ne la pe | noircit pas. ”
Son action hémolytique semble nulle.
En somme, il possède la morphologie et les caractères culturaux du bacille que nous avions isolé chez le premier malade; il semble moins protéolytique, plus atténué, ainsi que le montre l’étude de son pouvoir pathogène : il ne tue pas la souris et ne provoque chez le lapin que des abcès ligneux qui n’évoluent pas vers la
suppuration. Il ressemble davantage au proteus vulgaire. Enfin, ce bacille nous a permis, comme dans lenpre- La . A L a 2 . | s
mier cas, suivant la même technique, la préparation d’un
bouillon vaccin et d’un auto-vaccin.
Tests biologiques : Nous nous sommes bornés à l’étude .
de l'allergie syphilitique; nous avons pratiqué simultanément : PRE 1° Une intra-dermo au sérum de cheval, le 13 novembre | 5 1940 :
Légèrement positive le 15, petit nodule de 5 mm. X
3 mm., sans érythème.
2° Un Luo-test, le 13 novembre 1940 :
Fortement positif le 15, nodule de 10 mm. X 10 mm.
érythème de 15 mm. X 18 mm. avec aspect phlycténulaire
qui persiste une huitaine de jours environ.
Cette deuxième observation est identique à la première, néanmoins les ravages de la syphilis et de la gangrène
sont restés beaucoup plus limités. >
Observation III (inédite). — Gangrène de la narine
chez un syphilitique tertiaire.
Le N° 135009, âgé de 43 ans, est entré à la clinique de l'hôpital Saint-Louis, le 21 novembre 1940. Dans ses antécédents on ne note rien de particulier jusqu’en 1928, où il contracte la syphilis. Le contage date, semble-t-il, du mois de juillet et les premiers symptômes commencent à se manifester fin 1928. Le malade est hospitalisé dans le service de M. LORTAT-JACOB, pour une gangrène foudroyante des organes génitaux qui aurait suceédé à
une balanite avec phimosis; devant la gravité de l’état
; Fe À | général, un débridement d'urgence est suivi d’hémorra-
ne gies si abondantes qu’elles nécessitent une intervention chirurgicale. Sur ces entrefaites, une roséole, des syphi-
lides papuleuses et un BW positif viennent affirmer l'existence de la syphilis. (Il faut rappeler qu’un premier examen de sang, trois semaines auparavant, avait été négatif.) Après deux mois de traitement, le malade quitte l'hôpital se croyant définitivement guéri; il ne lui reste comme séquelle que des mutilations légères du gland du frein et du prépuce. Par négligence, il croit inutile de poursuivre son traitement et garde l’apparence
d’une santé parfaite pendant plus de dix ans.
En mars 1940, il est mobilisé; au cours de la visite d’incorporation, les cicatrices génitales attirent l’attention, et on l’envoie consulter au centre dermatologique de la région de Paris. A cause de ses antécédents, bien que le BW soit négatif, on décide de ie traiter. Ses occupations ou sa négligence ne lui permettent pas une grande régularité, puisqu'il ne reçoit, du 7 mars au 4 juin 1940, que 6 Quinby et 1 Muthanol.
La retraite de juin interrompt définitivement ce début
de traitement.
Mais, en septembre 1940, des papules apparaissent sur le gland et le fourreau et s’ulcèrent rapidement. En même temps, l’orifice narinaire gauche se couvre de croutelles accompagnées d’un écoulement muco-sanglant légèrement fétide; puis rapidement le bord de la narine noircit
et se sphacèle.
A son entrée à la clinique de l'hôpital Saint-Louis, le
21 décembre 1940, la gangrène commence à envahir la
narine gauche; elle occupe la circonférence de son bord
libre. Cette bordure sphacélique sertit la narine, tel un anneau, plus large en haut et en dehors (6 mm.) que sur le reste de l'orifice (8 mm.). Elle est entourée d'une zone légèrement rouge, indolore, non fétide, sans réaclion ganglionnaire, Il existe, en mème temps, une ulcération génitale qui creuse la face inférieure de la verge, depuis le frein jusqu'à la racine, ayant 4 cm. de long, 2 em. de large et 5 mm. de profondeur, ulcération à bords taillés à pie et indolore. Le BW est complètement positif, le 15 décembre 1940, ainsi que celui de sa femme. L'état général est bien conservé, à part une céphalée nocturne d'apparition récente.
L'examen somatique est complètement négatif : il-n’y a pas de modification des réflexes, pas de signe d'Argyl Robertson; le cœur et l'aorte semblent normaux, la T.A. est de 10-8 au Vaquez.
Nous avons recherché s'il n'y avait pas, comme dans les autres cas, une ostéite svphilitique naso-cranienne
profonde et une surinfection microbienne,
1° Examen endonasal fait le 24 décembre 1940, par MM. BOUCHEr et BOURDIAL. Il semble s'agir exclusivement dune syphilis naso-faciale. On note l'atteinte des différents plans de l'orifice narinaire : muqueux, cutanés, cartilage alaire. L'examen endonasal, bien que gêné, ne dénote aucune lésions osseuses où muqueuses à part, bien entendu, le vestibule narinaire atteint par l'inflam-
mation gommeuse,
2° Examen radiologique fait, le 24 détembre, par M. PETEUIL. Il n° y a pas d’ostéite des os propres du nez;
le crâne (de face et de profil) ne montre aucune anomalie,
CPE 3° Recherche de la surinfection microbienne. L'examen
AA
de la sérosité issue de la bordure sphacélique ne montre
# ni spirilles ni germes associés. Par culture, on obtient 4 simplement, au bout de 48 heures, quelques colonies de 2 staphylocoques blancs, Un deuxième examen, le 7 jan- F vier 1941, donne le même résutat; il n'y a donc pas de $ surinfection microbienne.
7 Test biologique : Une intra-dermoréaction au sérum de
cheval, faite le 4 janvier, est positive le 6 janvier (nodule
de 5 mm. sur 5 mm.; erythème de 12 mm. sur 10 mm.).
Evolution et traitement : Sous l'influence d’un traitement Arséno-Bismuthique massif, sans s’attarder aux faibles doses, l’amélioration est remarquable. La premièr injection de 914 est faite le 21 décembre; dès la deuxième (0,60), le sillon d'élimination se forme le 24 décembre; après la troisième injection (0,75), la plaque de sphacèle tombe le 28 décembre, laissant une ulcération qui échancre la narine gauche et qui tend à se réparer rapidement. Ainsi, du 21 décembre 1940 au 6 janvier 1941, le malade a recu en tout 3 gr. 30 de 914 et 1 Bismuth et déjà le nez, ainsi que la verge, sont presque complètement guéris.
Cette observation présente certaines analogies avec les précédentes : même évolution gangréneuse d'une gomme tertiaire, mêmes traitements insuffisants; mais aussi cer-
{aines particularités ;
1° Le chancre avait déjà été à votent d'un
grène génitale, gangrène infectieuse, il est vrai ce qu
semblerait indiquer une prédisposition spéciale du sujet.
2° La syphilis est uniquement localisée al orifice nari= = naire, respectant le reste des fosses nasales et la voûte
cranienne.
3° Le sphacèle est purement Sens puisqu A 2 n'existe pas de germes de surinfection et il a cédé remar-
quablement au 914.