‹ Les Syphilides GangréneusesChapitre 8 sur 24 · FAT · texte numérisé non relu

FAT

HE 5 TA ñ # » se 2 K

tance du terrain et de la sensibilisation dans la pathogénie de la syphilis ; depuis, à l'étranger, FORDYCE, CHIALE, DUJARDIN et, en France, H. GOUGEROT ont

apporté à plusieurs reprises de nouveaux arguments

précisant ce mélange d’immunité et de sensibilisation, où à mesure que la syphilis vieillit, la sensibilisation finit par l’emporter, pouvant expliquer ainsi la tendance ulcéreuse et térébrante de la syphilis tertiaire.

Récemment, deux nouveaux cas de syphilis avec gangrène ont été présentés à la Société de Dermatologie et Syphiligraphie, aux séances d’octobre et de décembre 1940 : le premier, en collaboration avec H. GoucERoT, le second avec L. MARCERON, auxquels nous devons joindre un cas inédit étudié à la clinique de l’hôpital Saint-Louis; ce sont ces trois cas qui ont

fait l’objet de notre thèse.

ES

Observation Le Syphilis gangréneuse de la verge et du nez (1).

, — Le malade n° 134.380, né le 1°” septembre 1910, sans

antécédent pathologique, si ce n’est une rougeole non

= compliquée à l’âge de 11 ans, présente en février 1938 un chancre syphilitique du méat, vérifié par un ultra positif. Sans faire de BW on institue un traitement par

l’Arsénomyl (8 injections), qui provoque une érythroder-

mie importante, puisqu'elle dure 2 mois (mars et avril 1938). Par négligence, le malade cesse tout traitement malgré l’insistance de son médecin, et près d’un an plus tard, vers le 15 août 1939, apparaît au méat, une nou-

velle ulcération identique à la précédente; on ne fait ni

ultra, ni BW, mais sans plus attendre 7 injections de

CyHg intra-veineux. Le 1° septembre 1939, le malade est ë 5 mobilisé; il doit se faire hospitaliser immédiatement, à

Châlons-sur-Marne, car l’ulcération ne se cicatrise pas et

devient de plus en plus douloureuse. Dès lors, l’histoire

de ce malade est une promenade interminable dans d’in-

nombrables hôpitaux militaires, où il reçoit au hasard de

(1) Présentée à la Société de Dermat. : 10 octobre 1940.

à dé

ces séjours, ici 2 Bismuth, là 3 Acétyl-arsan, etc., traitements qui, par leur insuffisance, leur courte durée, les

longs arrêts, ne sont pas étrangers à cette évolution ma-

ligne. Pendant cette période, il faut retenir :

1° Qu'après une injection de sérum anti-diphtérique, il fait des accidents importants avec des arthralgies et des éruptions purpuriques. Remarquons que linjection de sérum a été faite pour une angine douteuse et non diphtérique, puisque l’on n’a pas trouvé de bacille de Kloebs Lôffler:

2° Que l'ulcération qui, depuis 1939, ne s’est jamais cicatrisée, creuse progressivement en largeur et en profondeur. Vers le milieu de janvier 1940, elle devient franchement gangréneuse.

Devant cette redoutable complication, on le dirige sur le centre de dermato-vénérologie de Tours, où M. SÉZARY, malgré un traitement conjugué intensif (Acétyl-arsan, Muthanol, Insuline) ne parvient pas à enrayer ce processus gangréneux, qui au contraire retentit gravement sur l’état général.

Vers le 15 avril 1940, il est transporté au centre militaire de Paris où M. GOUGEROT le suit avec GUEX. La gangrène, sous l'influence du traitement mixte (Bismuth, CyHg,etc...), cesse de progresser, un sillon d'élimination se forme, mais à la chute d’une partie de l’escarre, surviennent des hémorragies successives, si sévères, qu'elles obligent à procéder d'urgence à un curettage sous anesthésie générale, suivie d’une transfusion de 350 cm3. Cette

vperation est insuffisante, et il faut avoir recours à une

Page 1