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saïle Saint-Alexis, lit 36. Antécédents tuberculeux; tuberculose pulmonaire. Syphilis remontant à 3 ans, soignée à plusieurs reprises mais irrégulièrement avec mercure et iodure de potassium.
Examen : deux vastes syphilides ulcéreises serpigi neuses de la base de la grande lèvre droite, envahissantle périnée. Adénopathie inguinale très volumineuse sans fluctuation. Traitement : injection de sublimé à 10 milligrammes par jour. Avec 10 injections les syphilides
ulcéreuses se réparent, la tendance phagédénique disparaît.
Larrieu a employé les injections de sublimé chez des malades atteints de tuberculose, sans inconvénients, Smirnoff a fait des injections de calomel dans des cas analogues, et s'en félicite. Il est donc possible que les cas de Balzer et Petersen soient düûs à de simples coïncidences (Eudhtz). Cependant, il est bon d’être prévenu de la possibilté de pareils faits, et de n'employer par exemple les injections insolubles qu'avec la plus extrême prudence et en cas de nécessité absolue.
Ajoutons enfin que chez les variqueux, on devra aussi redoubler de précaution pour ne pas fare l'injection dans une veine.
IL nous reste à examiner lescas où le malade est atteint d'une affection cachectisante générale ou locale qui met son organisme en état de moindre
résistance vis-à-vis de l’intoxication mercurielle. C'est le fait par exemple, chez les convalescents des maladies graves, les cancéreux, les hémophiliques, les paludéens, les chlorotiques, les anémiques et en dernier lieu, les diabétiques.
Quelques autéurs considèrent tout état cachectique comme une contre-indication au traitement par les injections ; nous croyons nécessaire d’établir quelques distinctions. Chez les cancéreux, on sait quelle mauvaise influence le mercure exerce, non pas seulement sur l’état général, mais encore sur les lésions locales ; nous sommes donc d'avis avec Lang de n'employer ici qu'un traitement mercuriel peu actif, par conséquent de rejeter les injections. Pour les hémophiliques, nous sommes obligés de nous fonder sur la seule observation de Lang qui a observé la production d’ecchymoses cutanées et buccales et finalement d’une hémorragie mortelle des voies urinaires. Nous n'avons pas trouvé d'autre observation d'accidents dûs au mercure chez les hémophiliques, nous n’en-avons pas observé nous-mêmes, nous nous bornerons done à recommander la prudence. La septicémie (Kauffman), la convalescence des maladies graves, la malaria, nous paraissent aussi contre indiquer les préparations mercurielles trop acfives en raisondes altérations
4 = que ces maladies déterminent dans la plupart des éimonctoires dont l'intégrité est nécessaire à l'élimination rapide du mercure.
Dans les cas d’altération du sang (anémie, chlorose), nous croyons qu'en raison des altérations du sang que peut provoquer le traitement mercuriel prolongé (v. plus haut), les injections insolubles seront contre-indiquées, mais nous croyons que les injections solubles seront particulhèrement efficaces, en raison du coup de fouet qu'un traitement énergique donne habituellement à la nutrition du syphilitique.
Quant au diabète, 1l peut être une cause d'intolérance pour les injections, celles-ci provoquant au sein des tissus des phénomènes de mortification que le diabète exagère. (P. Raymond, Le Pileur).
Quant au mercure lui-même, il ne paraît pas avoir de fâcheuse influence sur l’évolution du diabète, Morrow 4 traité un malade de ce genre par des doses croissantes de mercure jusqu’à 13centigrammes par jour de protoiodure. Le sucre, pendant cette médication, a beaucoup diminué. Les injections qui provoquent peu de réaction locale, telles que les injections solubles, ou les injections d'huile grise, pourront donc être employées en cas dé besoin : Martineau à beaucoup insisté sur
l’innocuité des injections de peptonate de mercure chez les diabétiques.
Nous concluerons eh disant que peu des maladies qui précèdent contre-mdiquent les injections mercurielles, toutefois, elles nous imposent la nécessité d'examiner nos malades avec soin avant de recourir à ces méthodes énergiques, et elles exigent de la part du médecin plus de précautions que les autres procédés. Ildevra examiner avant: chaque injection, les urines, les gencives, l’état des fonctions intestinales de son malade. Mais en revanche, les injections constituent une méthode précieuse de mercurialisation, chez tous les individus déjà tarés, en raison de ce fait que respectant l'estomac elles permettent de leur associer tous les médicaments nécessaires au traitement des affections concomittantes.