SECONDE PARTIE
Cette seconde partie doit comprendre comme nous l'avons dit, l'étude des indications que la syphilis elle-même peut fournir pour le traitement hypodermique, selon sa période d'évolution, son intensité, ses localisations, et selon la forme qu’affeclent les lésions qu’elle détermine. Un dernier chapitre sera conservé aux syphilis incertaines, dont le diagnostic est souvent éclairé par le traitement.
Et d'abord à quelle période de la syphilis héréditaire ou acquise, faut-il faire une cure hypodermique ?
Pourlasyphilis héréditaire, précoce, nous avons déjà dit à propos de la syphilis infantile, combien les injections peuvent rendre des services dans les cas urgents, mais nous n’oserions pas imposer systématiquement ce mode de traitement à tous les nouveaux-nés atteints de syphilis héréditaire. Plus tard, le traitement général de l'infection syphilitique de l’enfant doit reposer sur les ; mêmes bases que le traitement de l'adulte, avec
SE TRE ces restrictions cependant que plus pusillanime et plus impressionnable, il doit être plus ménagé.
Mais il est des accidents de la syphilis héréditaire tardive qui paraissentindiquer absolumentles injections mercurielles en raison de l'énergie et de l'intensité de ce mode de traitement. Telssont les accidents oculaires et auriculaires, tels sont aussi certaines syphilides, apparues tardivement dont le diagnostic serait impossible sans le se: cours du traitement; nous verrons ci-après plusieurs cas de ce genre. La nature du sel injecté a dans ces cas peu d'importance, pourvu que l'on agisse vite et énergiquement. Riff, a employé le glycocollate de mercure et a ainsi guéri 4 syphilitiques héréditaires dont l’un était affecté de coryza intense, un autre d'iritis avec synéchies. De Lavarenne a guéri avec du bioodure un Jeune homme atteint de syphilis héréditaire qu'il observa depuis 1880, et et qui jusqu'en 1892, fut sujet à des accidents divers (gommes pharyngées, nécrose des incisifs), mais surtout à : des poussées continuelles de Kérato-conjonctivite malgré les traitements mercuriels et iodurés les mieux suivis,
Abadie conseille le cyanure de Hg. M. Balzer donne la préférence aux injections insolubles. C’est à son avis que nous nous rangeons en raison
de l'efficacité prolongée du calomel et de l’huile grise, | = En présence d’unesyphilis acquise, la conduite ‘à tenir est encore plus délicate peut-être, que lorsqu'on a affaire à un cas de syphilis héréditaire.
Quelques auteurs (Jullien, Wickham) conseillent de tenter dès le début un violent assaut contre l'injection, « Un syphilome reconnu, étant donné que les conditions ne sé prêtent pas à l’excision, commencer immédiatement l'administration du calomel est une règle. Le premier résultat est l'entrave apportée au développement du chancre : constitué, étalé ou creux, il se cicatrise rapidement; à son début, herpétiformeoumiliaire, il y a de grandes chances pour que son volume reste telet que d'érosifilne devienne plus ulcéreux. ….………. les délais habituels de l’incubation seconde, cette date de six semaines si généralement exacte qu'elle en est presque fatidique, s’écoulent sans manifestation caractéristique. Vainement, multiplie-t-on les inspections pour surprendre érythème, roséole, ou papule, la syphilis peut être enrayée dès le début et pour toujours, c’est l'idéal du traitement abortif, Ou bien c’est dans le cours du deuxième, troisième ou quatrième mois, qu'il m estarrivéde découvrir, d'abord sur lamuqueuse buccale et ensuite sur l'enveloppe cutanée, pres-
que toujours dans cet ordre-là des lésions attribuables à la syphilis. Mais que sont ces lésions ? Sur les amydales etles piliers dépolis, entamures superficielles que les malades et moi-même fûmes souvent tentés de rapporter à une cause vulgaire quelquefois hypertrophie et altération réelle, ce cas est rare. Ces faits attestent bien la une infection inusitée et légère entre toutes, car les sujets devaient rester ultérieurement préservés ainsi que j'ai pu m'en assurer en les observant depuis plusieurs années... Une question se présente maintenant à l'esprit Ces malades sont-ils guéris ? ..…. Lé raisonnement me dit qu'ayant mis en jeu dès la première heure l’action d’un antisyphilitique éprouve, soit qu 1l frappe les organismes morbides eux-mêmes, soit qu'il modifie dans un sens contraire à leur développement, les conditions du milieu humain, j'ai atteint le virus à l'heure des proliférations décisives et que plus tard mes injections réitérées de la même substance ont sans cesse agi sur un produit chaque fois plus affaibli et d'une vitalité graduellement atténuée, probablement atténuée jusqu'à l'extinction. Il se passerait ainsi quelque chose de comparable à ce que les bactériologistes obtiennent in vitro, quand, dans un but d'inoculation préventive et même curative, 1ls préparent avec les micro-
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bes les plus dangereux des cultures que d’atténuation en atténuation ils savent rendre inoffensives. » C’est en ces termes que M. Jullien précomise le traitement abortif de la syphilis. M. Wickam arrive à des conclusions analogues, en partant des principes suivants : on ne sait jamais au début d’une syphilis si elle sera bénigne ou grave, il importe donc de la soigner dès le début par le mode de traitement le plus énergique. Les injections de calomel étant universellement reconnues comme répondant à ce desideratum, c’est par elles qu'il faut commencer le traitement de toute syphilis.
M. Huot, ajoute encore que les injections d'oxyde jaune agissent beaucoup plus lentement pour faire disparaître les accidents chez un sujet qui a subi un traitement antérieur que chez un malade exclusivement traité par la méthode des injections, il y aurait donc intérêt àinstituer celles- ‘ci dès l'apparition du chancre. C'était également l'avis de Martineau qui instituait les injections de sublimé pendant les 30 premiers jours.
Mais les adversaires de cette méthode sontnombreux et comptent parmi eux les syphiligraphes qui ont le plus d'expérience de la clientèle de la ville et des hôpitaux, MM. Fournier, Besnier,