‹ Les SyphilisChapitre 21 sur 26 · LL SD · texte numérisé non relu

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Hallopeau, Ducastel, etc... Ils ont reconnu, en effet, combien la méthode des injections était plus difficile à faire accepter aux malades atteints de lésions dont ils ne comprenaïent pas la gravité, et d'autre part 1l n’est pas prouvé à leurs ÿeux que les injections mettent plus que les aütres procédés de mereurialisation à l’abri des récidives. Leloir, Tavernier et Ducastel prétendent même qu'elles prédisposent aux plaques muqueuses.

Cependant, 1l est impossible de ne pas tenir compte des faits publiés par dés observateurs aussi conséiencieux que Scarenzio, Liégeois, Jullren, A. Marün, Guillot, Bergh, Rosolrmos, etc... de plus, il est dit, et à peu près prouvé, que les in- Jections de ealomel constituent le mode de traite- . ment le plus énergique de lasyphilis, nous éroyons donc qu'elles sontindiquées comme méthode abortive si l’on à affaire à des malades suffisamment intelligents et courageux, si le malade fortement neurasthénié par sa syphilis a besoin d’être remonté moralement par un traitement qui l’impressionne.

Mais dans les stades suivants de l’évolution de la syphilis, faut-il continuer les injections ? Scaren- 210 avaitinstitué la méthode suivante : Il injectait pendant la période secondaire 0, 10 centg. de calomeltous les 15 jours. Pendant la période tertiaire,

LU Nétée

il injectait 0,05 tous les 15 jours et donnait de l'iodure dans l'intervalle. Chaque traitement était constitué par 4 ou 6 injections. Sibilat conséille de faire pendant là première aimée 4à 6 injections de 0,10 centig. à dix jours de distance. Les années süivantes ? à 3 injections. Il considère qu'en 4ans 12 à 15 injections constituent un traitement suffisant correspondant à la méthode des traitements successifs de M. le P' Fournier.

Jullien; pendant les premiers mois; fait tous lé$ 15 jours desinjections de8à 10 centig. de calomel; puis 1} inet un intervalle de 20 à 25 jours pendant les 4 mois Suivants. Après le sixième mois, 1l conseille de substituer au colomel l'huile grise, le thymol acétate ou tout autre traitement soluble, voire au gré de l'intéressé les préparatons qui S’administrent par la voie bucale. M. ‘Fhibierge conseille une méthode analogue. Martmeau après 30 injections de sublimé continuerait le traitement par la voie buccale.

C'est, en somme, l'opinion de cès dérniers auteurs qui semble rallier le plus de partisans. Une fois les deux preiniérs mois passés, on à recours du mode dü traitement le plus pratique, c'est-à dire à la méthode par injection, jusqu'à ce qu'une dés complications qué nous allons étudier viènne

de nouveau indiquer une intervention plus éner-

gique.

Syphins graves.

Les facteurs de gravité d’une syphilis sont multiples, en effet, ou bien ces lésions peuvent être très nombreuses, ou profondes, ou très étendues en surfaces (syphilides phagédéniques, etc.). ou bien l'évolution de la syphilis peut se faire avec une rapidité anormale (syphilis galopantes, tertiarisme précoce, etc.), ou bien encore unesyphilhs peut être remarquable par ses récidives, par sa résistance au traitement (syphilis permanente, syphilis rebelle...)

Enfin, la maladie peut prendre un caractère de gravité exceptionnelle en raison de l’atteinte qu’elle porte à l’état général de l'individu (syphilis cachetisantes, pseudo-chloroses syphilitiques..….). Nous nous réservons d'étudier dans un chapitre spécial le traitement à suivre selon les localisations de la syphilis, c’est pourquoi nous n'en parlons pas ici quoiqu'elles constituent souvent un facteur important de gravité.

Presque tous les auteurs sont d'accord au su- Jet de la conduite à suivre en cas de syphilis maligne tant que l'état général n’est pas profondé-

LS ment atteint, tous reconnaissent le bon effet des injections, à part quelques cliniciens restés fidèles aux frictions ; cependant les injectionsse montrént supérieures dans quelques-uns des cas que nous relatons ci-après. Néanmoins, pour êtreimpartial, nousne devons pas oublier l'observation de M. Ducastel qui, dans un cas de syphilis héréditaire caractérisé par des ulcérations du cou, des gommes de la langue, fit des injections mercurielles.

Dans le cours même du traitement survint une kératite parenchymateuse: sur le conseil de M. Galezowski on mit le malade aux frictions, et l’amélioration fut rapide. Nous ne savons pas à quelle dose ni combien de temps les injections avaient été pratiquées, mais de toute façon, ce fait n’a rien de bien déconcertant. Tout le monde reconnaï que les injections pas plus que les autres modes de traitement, n'arrêtent l’évolution de la syphilis, mais exercent une sorte d'action d'inhibition sur les accidents existant. On a vu souvent des iritis, des éruptions cutanées apparaître au commencement d’un traitement mercuriel par les injections, tandis que des accidents antérieurs guérissaient. Puis les injections étant continuées, tout rentre dans l’ordre. Peut-être en eût-1l été de même dans l'observation citée plus haut. En tout

PART: ms cas, la majorité des faits est en faveur des injections.

M. de Lavarenne, par exemple, cite cinq cas de syphilis rebelle, qui, toutes avaient été traitées par les frictions sans résultat et qui ont été rapidement améliorées par les injections. Quant à la supériorité du traitement hypodermique sur le traitement par la voie stomacale il a été remarquablement établi par Martineau dont nous citons ci-après les observations qui nous ont paru les plus typiques.

OBsErvaTION L, du Mémoire de Martineau (resumée).

Marie L..., 17 ans, femme de chambre, entrée le 14 septembre 1880, salle St-Louis, n° 11.

Nombreuses syphilides papulo-hypertrophiques et papulo-érosives sur les grandes et les petites lèvres. au pourtour de l’anus, dans les plis génito-cruraux.

On traite la malade par la liqueur de Van Swieten pendant 3 mois (de septembre 80 à janvier 81).

Les syphilides vulraires persistent, une éruption de syphihdes papuleuses se montre le 7 janvier 1884, On donne de l’iodure de potassium, les lésions actuelles vont un peu mieux; le 4 mars on reprend la liqueur de Van Swieten et les injections de sublimé. Les juillet il persiste encore des syphilides papulo-squameuses sur les membres supérieurs, sur les fesses et sur les membres inférieurs. La malade a été pendant érois

EE ER mois à la liqueur de Van Swieten à la dose d’une cuillère à café par jour; {rois mois à l’iodure de potassium à la dose de 4 gramme par jour; deux mois à la liqueur àe Van Siwieten, deux cuillères à café par jour, depuis un mois, iodure de potassium à 2 grammes par jour,

On fait alors des injections de peptome mereurique à 5 milligr. par jour, avec 40 injections la malade est complètement guérie.

OBsERvATION XLI du Mémoire de Martineau. Bull. de la Société Méd. des hôpitaux de 1881, p. 82.

Dora A..., 26 ans, couturière. entrée le 1% mars 1881 salle St-Louis n° 18.

Début de la maladie il y a quinze jours.

Syphilides papulo-érosives hypertrophiques volumineuses de la vulve, des plis génitaux cruraux, du pourtour de l’anus. Polyadénito-inguinale indolente. Syphilide érythémateuse généralisée sur tout le corps. Courbature, alopécie, insomnie, fièvre. Grossesse de 5 mois et demi. On traite la malade pendant un mois, avec une cuillerée à café par jour, de liqueur de Van Suwieten. Au bout d’un mois les syphilides vulvaires ont presque totalement disparu. Mais augmentation des syphilides cutanées et buccales. Syphilides ulcéreuses nombreuses du cuir chevelu ; quelques syphilides ecthymateuses de la région cervicale postérieure. Douleurs très vives donnant lieu à l’insomnie. On donne alors deux cuillerées par jour. Au bout d’un mois, Les syphilides ulcé-

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