‹ Les SyphilisChapitre 22 sur 26 · MAR · texte numérisé non relu

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reuses et ecthymateuses persistant, ainsi que les syphilides cutanées et buccales, on met la malade aux injections quotidiennes de 4 milgrammes de sublimé, puis de 5 millig.

Amélioration sensible sous l'influence du nouveau traitement, puis guérison complète après 45 injections. Accouchement à terme d'un enfant pesant 7 livres et fort bien portant sans aucune trace de syphilis. Pas de suites de couches pathologiques.

OBsERvVATION XLIV du Mémoire de Martineau. Bul. de la Société Médicale des hôpitaux de 1881, pages 83 et 90.

B..., Françoise) agé de 34 ans, entré le 29 mars salle St-Alexis n° 23. Syphilides papulo-hypertrophiques de la vulve, du pourtour de l’anus, des grandes et des petites lèvres. Polyadénite inguinale. Grossesse de 4 mois. Glossiste syphilitique érosive. Donnée pendant 2 mois 112 à la dose d’une puis deux cuillerées à café, la liqueur de Van Siwieten n'agissant que fort lentement et n'empêchant pas la reproduction des syphilides papulo-hyvertrophiques de la vulve et des ailes du nez; on met la malade aux injections de 4 puis 5 millig. de sublimé par jour.

Elle sort le 8 juillet très améliorée par 7 injections à 4 millig. et 7 injections à 5 millig.

A côté des syphilis dont les lésions sont rebelles d’une facon permanente, citons celles qui ne

cèdent que momentanément au traitement pour reparaître dès qu'on l'interrompt. Fréquemment les injections se sont montrées dans ces cas, remarquablement efficaces, quoiqu'on leur reproche de ne pas mettre à l'abri des récidives.

Scarenzio déjà avait rapporté l'observation d'un malade traité par le mercure et l’iodure de potassium, et chez lequel, les douleurs ostéocopes des céphalées atroces reparaissaient dès qu’on interrompait le traitement ; en 17 jours, après & injections, ces phénomènes avaient disparu.

Eudlitz (Thèse p. 11) a fait disparaître rapiment une syphilis récidivente de la lèvre supérieure, qui en dernier lieu résistait depuis deux mois aux pilules.

Citons encere l'observation suivante de A, Martin.

OBsERvarIOoN de À. Martin in Archives gérérales de Médecine 1869, T. II, page 308.

Is’agissait d’un ecthyma superficiel chez un malade atteint de syphilis depuis dix ans. Cet ecthyma qui occupait presque toute la partie antérieure de la cuisse droite existait depuis quatre ou cing ans. Sous l'influence de l’iodure de potassium, il disparaissait en partie et il se reproduisait, dès qu’on cessait le traitement. Nous avons pratiqué dans ce cas, 12 injections.

Lorsque le malade que ses affaires appelaient en province, a quitté Paris, les croûtes de l’ecthyma étaient tombées et les taches rouge sombre qui caractérisent cette affection, avaient sinon complètement disparu, au moins päli d’une manière très notable.

Tous les sels injectés dans ces différents cas (calomel) peptonate de Hg, sozoidolate, biiodure, sel alembrath (observation de Héron) ont donné des succès. Mais nous croyons préférable d'employer le calomel, qui par l'énergie et la durée de son action, l'emporte sur les autres.

Pour les syphilides à marche très rapide, les injections sont également supérieures aux autres méthodes, même aux frictions. Welander par les frictions quotidiennes, n’a pu dans certains cas retrouver le Hg qu'au bout de 4 à 8 jours. Àu contraire, par les injections quelles qu’elles fussent, il est toujours apparu dans les 24 heures, il en conclut qu'elles constituent le procédé de choix quand il faut agir vite.

À quel sel donner la préférence? La plupart des auteurs (Besnier, Soc. Méd. des hôp. 1887) préférait les injections solubles, ce serait, dit-il, perdre son temps que d'employer les insolubles, c'est ce que fit Martineau dans l'observation ciaprès. Mais quand on a affaire seulement à une syphilis maligne qui ne fait courir aucun risque

immédiat, et dont on veut seulement arrêter ou ralentir l’évolution trop rapide, on peut recourir aux injections de calomel, (Hartung, Gastou 25 cas, Sociéte de dermatologie février 1896.)

OBsERVATION XXXIV du Mémoire de Martineau, Bulletin dela Société Méd. des Hôpitaux, 1881, page 80. Eugénie A.., 22 ans, salle St Alexis, n. 2, entrée le 23 mai 1881.

Début de la maladie il ya un mois. Actuellement, ulcération volumineuse non indurée à bords décollés de la grande lèvre gauche ; puis une autre apparait sur la petite lèvre; puis une troisième sur la grande lèvre droite. Cesulcérations s’agrandissent considérablement, bien que la malade les cautérise au nitrate d’argent trois ou quatre fois par jour. Tuméfaction considérable des grandes et petites lèvres. L'aspect de ces ulcérations est absolument celle des chancres non infectants. L’inoculation étant faite trois fois et chaque fois négative, on diagnostique : chancres syphilitiques modifiés par les cautérisations répétées et intempestives. Polyadénite inguinale, double aphlegmasique, céphalée, insomnie,

courbature, dyspepsie.

Le 9 juin, apparition de syphilis papuleuses, érythémateuses, squameuses du tronc et des membres se dé-

veloppant avec une rapidité énorme.

On institue de suite le traitement : injection tous les

‘jours des milligrammes ; du 9 juin au 23 juin, 15 in-

jections. Sous l'influence de ce traitement les chancres

SONT de la vulve diminuent très rapidement maisles syphilides cutanées augmentent chaque jour, apparition de quelques syphilides buccales. Le 23 juin, l’évolution des syphilides cutanées semble arrêtée. Grande amélioration des syphilides vulvaires.

Lorsque la gravité d’une syphilis dépend de l'atteinte qu’elle porte à l’état général del'individu, on observe soit des phénomènes de cachexie généralisée, comme cela se voit fréquemment chez le vieillard, soit un conplexussymptômatique simulant plus ou moins la chlorose vraie (anémie, pseudo-chlorose syphilitique), soit très exceptionnellement de la glycosurie.

Pour ce qui est de la cachexie, il est peu d’auteurs qui se montrent opposés à son traitement par les injections. Presque tous les expérimentateurs ontinsisté sur l'augmentation de l’embonpoint et du poids des malades, comme le dit Galliot (Semaine Médicale 1887, p. 498). L'’acüon du Hg se fait sentir rapidement d'une facon heureuse dans tout l'organisme du syphilitique.

Le facies vieillot qu'il présente va s’éclaircissant,

l'appétit renaît et l'aptitude au travail reparaît. Cette véritable régénération s'obtient dès la fin de la première semaine du traitement.

On trouvera dans les observations de Scarenz10, dans l'observation CLXXII du mémoire de

roues Martineau, dans les observations V et VII de Thérault des faits de ce genre. Le fait suivant publié par A. Martin, mérite d’être rapporté :

OBSERVATION de M.A. Martin. In Archives générales de Médecine, 1869, Tome II, p. 306.

M. X.., agé de 30ans, employé d'administration, d’une constitution vigoureuse, était atteint depuis plus de deux ans de Jésions secondaires de la peau et des muqueuses, il avait subi sans succès et à de très courts intervales un certain nombre de traitements différents, ou du moins de formes différentes du traitement mercuriel interne, il avait pris plus de 300 pilules de protoiodure sans modification appréciable dé son état. Nous le vimes pour la première fois dans les derniers jours de décembre 1867. A cette époque, vingt-sept mois après l’apparition du chancre infectant, source de lous ses maux, notre malade était couvert de papules syphilitiques qui occupaient surtout la poitrine, les bras et la partie supérieure du dosoû elles se trouvaient en très grand nombre. On en remarquait en nombre plus restreint dissé-

minées sur les reins et la partie extérieure des cuisses, quelques-unes de ces papules recouvertes de croûtes peu épaisses semblaient indiquer un mélange d’éruption pustuleuse, symptôme d’une période déjà avancée de la maladie. L’alopécie, les papules caractéristiques de la paume des mains et de la plante des pieds, les ulcérations profondes des amygdales, de la langue, des gen-

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cives et des parois internes des joues, quelques énormes pliqués muqueuses de la vérge, de l’äñus ét du gland au point où avait jadis siégé le chancre, de l'indurâtiof duquel on retrouvait encore quelques traces ; un engorgement très marqué de ganglions inguinaux et cervicaux pôstérieurs, complétaient li liste dés accidents variés que nous avions à observer: Qu'on joigne à ces lésions un afjaiblissement considérable, une inappétence presque complète, une décoloration des tissus; une flacidité des chairs et des nruscles, une mollesse et un découragement profond et on aura une idée de l’état dans lequel était notre malade. Nous ne pouvions songer à Jui faire continuer le traitement mercuriel à l’intérieur, il avait été déjà plusieurs fois obligé de Piñterrompre à cause de Pintolérance de l'estomac et de l'intestin et d'un gonftement douloureux des gencives accompagné de salivation. |

Noûs essaÿämes en prernier lieu péndant près dan mois outre le fraitéméent local des ulcérations buccales par la cautérisation, une médication toniqué et recons= titüante qui ne p'oduisit aucun effet et le 10 janviér 1868 nous nous décidions à pratiquer üné première injection de detix ceñtigrammies de biiodure de mercure et dé po: tassitm.

Nous pratiquâmes cette injection à la partie éxtérieuré de {a poitrine au niveau de là partié moyeñne du sternum, le malade accusa üne cuisson assez forte aü point ou avait eü lieu la piqûre. Cette cuisson ne cessa qüé quatre ou cinq heures après la petite opérätion qui né fut Suivi d'aucune réaction inflammatoire ét qüi ñe pro-

5, dr.

duisit aücun effet fâcheux local où général. Nous ne revVimes le malade que huit jours après, le 18 janvier ; à cette date, son état s'était considérablèment ainélioré, l’éruption papuleuse était en voie de résolution ; les plaques muqueuses du glandet de l’anus avaient presque disparu ; les adénopathies cervicales et inguinales avaient diminué et l’état général nous sembla meilleur : nous n’hésitâmes pas à pratiquer une seconde injection dé ? centigrammes de biiodure à 2 centimêtres au-dessoùs dù point où nous avions fait la première. Cette séconde opération awssi inoffensive que là première, sauf un gonflement léger des gencives qui né persista pas plus de huit ou dix jours produisit un résultat vraiment inespéré. Quinze jours après cette injection et sans autre traitement, tous les symptômes que nous avons énumérés avaient disparu, les forces étaient revenues én partie et l’état moral s'était fort amélioré. Nous avons pu depuis lors soumettré notre malade à ün traitement tonique qui lui à rendu rapidement s4 santé d’autrefois, et nous avons même pùü au mois de mai f868; pourune récidive légère des ulcérations des amygdales et des papules cutanées discrètes, lui faire prendre à l’intérieur quelques cuillerées de liqueur de Van Svieten et de solution d'iodure de potassium qu’il à très bien süpportées et qui ont eu rapidement raison de ces lésions autréfois si tenaces.

Nous avons vu plüsieürs fois depuis cette époque, c'est-à-dire depuis 15 mois notre malade qui na plus eù aucune récidive et que nous pouvons considérer comme définitivement guéri.

On a beaucoup plus longuement discuté au sujet de la conduite à tenir en présence d’un cas d’anémie, de pseudo-clhorose syphilitique. Quand on a commercé le traitemént hypodermique, quelques auteurs ont observé, nous l’avons dit plus haut, des faits d’anémie mercurielle qui ont fait craindre, par la suite, que ce traitement ne fût nuisible aux individus déjà en état d'hypoglobulie de par leur syphilis. Mais ces faits étaient dûs à l’exagération des doses, et depuis que la méthode est mieux connue, les observateurs s’accordent pour reconnaître les bons effets du traitement mercuriel sur l’état du sang des syphilitiques.

Martineau avait déjà observé que de par les injections les globules du sang augmentent : Galliot n'a Jamais observé l'hypoglobulie redoutée à la suite de l'application de la méthode de Scarenzio, Maclaud a vu le souffle anémique disparaître au bout de 2 ou 3 injections, le pouls prendre de la force et la tension du liquide sanguin s’accroître. La quantité d'hémoglobine augmente vers le huitième jour et se maintient maxima pendant longtemps. Willebruchewitch, Keyes, Galliard, Schlezinger, Birganski, Conte, Leroy, Ritter, ont montré par leurs travaux que le nombre des globules rouges augmente pendant le traitement mereu-

SHOP riel. Il en est de même de l’hémoglobine. Tout récemment Zeleneff et Karried ontrepris ces travaux avec le benzoate de Hg.

Zeleneff et arrivé aux résultats suivants :

Déjà 6 à 7 heures: après la première injection de benzoate de Hg il a constaté une augmentation de l’hémoglobine et des hématies et une diminution des leucocytes. Pendant les 15 premières injections les éléments augmentent ou oscillent autour de la normale. Ensuite il y a inversion de proportion : les hématies et l’oxyhémoglobine diminuent, et les leucocytes augmentent, 6 à 8 Jours après la cessation des injections les leucocites deviennent très nombreux, les hématies et l’'hémoglobine diminuent très notablement.

Il explique ainsi cette action du mercure : l’amélioration rapide sous son influence est due à son action sur les centres nerveux (altérés par le virus syphiltique) qui peuvent très rapidement modifier l’étatdu sang. Le mercuredétruitle virus à la fois dans le sang et dans les centres nerveux. Mais ilarrive un moment ou l’intoxication hydrargyrique vient se faire sentir et ajouter ses effets à ceux de l’intoxication syphiltique. Il faut alors suspendre le traitement mercuriel pour éviter l’accoutumance ; mais pour reconnaître le moment

is, 7

exact où Gcetté suspension devient nécessaire, l'examen du sang s'impose.

Karried a employé les frictions mercurielles à la dose de4 gr., la restauration du sang s’obtenait aprés 20 ou 30 frictions et le commencement de l’anémie après 30. Ces chiffres prouvent clairement la plus grande rapidité d'action de minimes quantités de métal introduits sous la forme d'injections de benzoate de Hg, minimes en comparaison de l'énorme quantité de Hg mtroduites sous la forme métallique par la méthode des frictions. (6 centig. dans le 1% cas et 1 gr. 25 dans leve)

F. Justus (tirage à part des Archives de Wirchow, 1895, t. 140), W. Reiss (Arch. f. Dermatologie, 1895, t. XXXII, p. 207) donnent des conclusions analogues aux précédentes.

Signalons cependant un travail de Kozlowski qui a récemment repris la question et a publié des résultats qui demandent à être confirmés.

La grande majorité des auteurs, en somme, reconnaissent les bons effets du traitement mercuriel sur l’anémie syphilitique, et son innocuité quand il est judicieusement administré. Ce ne serait pas là, Cependant, une raison suffisante pour faire des injections à un malade atteint de cette

PO autel VA 7 av, ? L 1

affection, car tous les traitements mercuriels, nous l'avons vu, produisent ce résultat. Mais les injections permettront d’administrer par la voie stomacale, des toniques, des ferrugineux, qui renforcent l’action du Hg et peut être éviteront l'intolérance de la nutrition que l’on doit craindre particulièrement chez ces malades.

Nous avons vu plus haut à quelles faibles doses le benzoate produisait d'excellents effets sur l’anémie Ssyphilitique, pourra-t-on jamais étre sûr que la quantité introduite par les frictions n’est pas trop considérable étant donnée la difficulté qu'il ya à se rendre compte de la quantité absorbée. . Enfin, nous ne devons pas oublier qu'il y a des cas d’anémie pernicieuse consécutive à la syphi- . lis qui ont pu amener la mort, dans ces cas, il faudra agir avec énergie et à coup sûr, c’est encore les injections qui constituent le procédé de choix.

Ce sont les injections solubles qui auront la préférence, car on pourra les arrêter dès que l'examen du sang ou des urines révèlera la moindre intolérance de la nutrition (1).

Il nous reste à dire un mot de la glycosurie sy-

(1) Voir à cesujet l'observation très instruclive de Zeneleff. Annales de Dermatol. 1895, p. 845. Chloro-anémie syphilitique avec œdème de même nature chez un paludéen, traité par les injections de Benzoate de Hg.

philtique. Quand elle apparaît au cours de lasyphi- Jis tertiaire elle peut être due aux troubles généraux ou à la syphilis cérébrale. Quand elle se montre à la période secondaire, il est probable qu’elle reconnaît également pour cause l’altération des échanges nutritifs de l’économie chez le syphilitique (Tchistiahnof Wratsch, 1894, t. XV, et 4 et5, p. 105 et 139). Il est évident que ces cas sont jus ticiables des injections au même titre que la cachexie en général, en raison du coup de fouet que ce mode de traitement donne souvent à la nutrition.

Les localisations de la syphilis peuvent modifier les mdications du traitement de plusieurs . façons : Elle peuvent atieindre un organe particulièrement fragile et qui sera rapidement et profondément altéré par les lésions syphilitiques (gommes du voile du palais), ou bien l'intégrité de l'organe atteint est indispensable à l’accomplissement des grarides fonctions de l’économie (syphilis du larynx, syphilis du rein), ou bien parce que l'expérience a montré que certaines localsations de la syphilis sont particulièrement rebelles au traitement (syphilis oculaires, cérébrales, ete) M. Horowitz explique de la façon suivante l'action des injections dans ce dernier cas : avec ce mode d'administration du Hg on

tend à obtenir une saturation des tissus par le Hg et à étendre l'imprégnation mercurielle à tous les üssus, à obtenir ce résultat d’une façon rapide, sûre et durable. Des expériences faites dans le laboratoire de M. Ludwig de Vienne, et consistant à empoisonner des animaux avec du Hg, démontre d'ailleurs, que ce poison se répand d’une façon très inégale dans les différents tissus. On s’explique ainsi la résistance qu'opposent à l’action thérapeutique du Hg les altérations syphiliques de la moelle et de la cornée.

Les gommes syphilitiques du voile du palais nécessitent un traitement rapide, quand on peut espérer éviter la perforation palatine, M. le professeur Fournier (Revue g. de ch. et Théra. 26 mars 1890), recommande avant tout l’iodure de potassium, peut-être pourrait-on lui associer les injections solubles, avec prudence, pour éviter la stomatite.

Les localisations laryngées de la syphilis peuvent menacer la vie par l’obstacle qu’elles ap portent au passage de l'air, il faudra donc agir vite, l'iodure devra être donnéavec prudence pour éviter l’ædème congestif, le Hg au contraire sera donné à doses très puissantes, c’est la conduite que conseillent A. Martin, M. le professeur Fournier (Société de Dermatologie, février 1896),c’est celle

qu'ont tenue récemment M. Mendel(1), M. Horowitz(2) dans des cas de laryngite grave, et Guilo- Masini (3) dans les cas suivants :

OBSERVATIONS résumées du D'Guilo-Masini (Gazetta degli ospidali, 1888).

1. — Homme de quarante ans atteint de syphilis depuis 5 ans. Gomme ulcérée à la base de l’épiglotte et sur le ligament ary-épiglottique droit; douleurs à la déglntition, suffocation. Sous l'influence d’une première injection de 0,15 centig. de calomel dans les muscles de la fesse, la tumeur disparut presque complètement au bout de 3 jours. Dans l’espace des 15 jours suivants on fit encore deux injections de 0, 10 centig. de calomel. Vingt jours après la première injection 1l n’y avait plus trace de l’affection gommeuse du larynx.

IL. — Femme de trente ans. — Affection gommeuse diffuse des cordes vocales. Injection de 0,10 centig. de calomel. Dès le lendemain, amélioration de l’état général. Deux autres injections de 0,15 centig. de calomel dans l’espace de qnatre semaines. La guérison complète fut constatée 35 jours après la première injection.

HT, — Homme de vingt-quatre ans, syphilitique depuis huit ans; gomme à la base de l’épiglotte. La tumeur dis.

(1) Archives de Dermatologie, 1895, p. 562.

(2) Médecine Moderne, 4 mars 1896.

(3) Voir encore l'observation CLXXI du Mémoire de Marineau.

parut presque complètement vers le quatrième jouraprès la première injection de 0,10 centig. de calomel. Une deuxième injection faite 10 jours plus tard suffit pour la guérison définitive, a

La syphilis viscérale ne réclame pas toujours un traitement spécial, mais les injections seront quelquefois nécessaires pour amener leur guérison, ou pour empêcher leur extension quand elles semblent évoluer très rapidement ; comme cas rebelles ainsi améliorés, citons l'observation de M. de Lavarenne, (Presse Médicale, février 1896, p. xxxv1), chez un malade atteint d’hépatite syphilitique avec énorme hypertrophie du lobe gauche, teinte subictérique, accidents de dyspepsie, les injections amenèrent rapidement la marche vers la guérison qui semblait être arrêtée après avoir commencé sous l'influence des frictions mercurielles ordonnées par les D Florand et Faisans. Dans deux cas d’ictère syphilitique précoce, Losch (Berlin Klin. Woschenchrist, 1894, p. 906) a obtenu de très bons résultats des injections dé sublimé.

La syphilis rénale donne lieu à des indications plus particulières. Nous avons vu plus haut les dangers auxquels on exposait les individus atteints de lésions rénales. quand on les soumettait à une cure mercurielle énergique. Dans le cas actuel,

par conséquent, il faut comme dans les cas de cachexie, chloro-anémie, etc. s'assurer que c’est l'infection syphilitique et non pas une maladie ou un traitement mercuriel antérieur qui a lésé le rein. Rappelons que Welander a récemment montré que la syphilis ne serait par elle-même qu'exceptionnellement une cause d’albuminurie et de cylindrurie. Lang, Wagner, Farbinger, Petersen, Régnier, (1896), en ont cependant rencontré quelques cas etils ne paraissent pas les considérer comme des raretés, Lang à vu quelquefois l’albumine renfermée dans les urines diminuer pendant et après une cure active. Martineau cite une observation de néphrite albumineuse chez un jeune homme ayant contracté la syphilis deux ans auparavant. A la 12° injection, l'albumine n'existait plus dans l'urine. Si donc on est sûr de son diagnostic, on pourra imiter la conduite des auteurs précédents étant donné surtout l'intolérance fréquente des voies digestives et du revêtement cutané, chez les albuminuriques. C'est la conduite que conseillaient à la Société de Dermatologie (février 96), MM. A. Fournier et Gastou. .

Nous passerons rapidement sur les altérations osseuses et ganglionnaires de la syphilis, contre lesquelles les injections n’ont pas donné de bien

brillants résultats. D'après Neumann les injections n'ont d'influence n1 sur le gonflement périostique, m1 sur la douleur qui l'accompagne. Lewin a constaté cependantla disparition rapide des douleurs ostéoscopes, mais l'os n'était pas ramené complètement à son volume normal. Enfin, pour Smirnoff, les injections sont contre-indiquées dans les périostites déjà traitées par le Hg. De même pour M. Fournier, les injections n’ont aucun effet sur les ganglions altérés par la syphilis, citons cependantle cas du docteur de Lavarenne, qui à vu guérir par les injections biiodurées, un malade atteint d'adénopathie bronchique avec réflexes laryngo-trachéal, toux, spasmes, bronchite qui avait résisté aux frictions et à l’iodure.

Il nous reste enfin à étudier une des localisations dont le traitement est le plus délicat, nous voulons parler de la syphilis nerveuse. Elle peut atteindre, le cerveau, la moelle, le cervelet, les nerfs périphériques etenfin les organes des sens.

Dans le cas d'altérations du système nerveux central, 1l est admis par presque tous les auteurs, que les injections réussissent très souvent, quand elles n'ont pas à lutter contre des lésions scléreuses qui sont particulièrement rebelles à tous les modes de traitement. On peut encore modifier cette formule en disant que les injections

n’ont pas d'effet sur les affections parasyphilitiques du système nerveux. Peut-être même date, ces cas sont-elles inférieures à l’iodure de potassium. Mais elles sont particulièrement indiquées quand il faut porter d'emblée un violent assaut à l'infection syphilitique. M. Balzer conseille dans ces cas de faire immédiatement une injection de dix centigrammes de calomel répartie en deux ou trois points différents pour que l'absorption soit plus rapide. Voici ce que conseille M. Mauriac qui cependant est peu partisan des injections en général :

OBSERVATION (Revue générale de clinique et de Thérapeutique, 1889, p. 293, tome 48).

« Comment faut-il attaquer une cérébro-syphilose en germe ou comfirmée ? Très énergiquement. Il serait dangéreux d’hésiter, de tergiverser, de donner pour prétexte à la modération thérapeutique le peu d'intensité des phénomènes. 11 est essentiel dans tous les cas, en conservant la mesure qui convient à chacun deux, d’aller bien au-delà des doses qui suffisent, par exemple pour les accidents secondaires. La vigueur, je dirais presque la violence, est de rigueur, le tout autant et peutêtre plus que dans la syphilose gommeuse suraigüe du voile du palais.

Et plus bas : , ujourd’hui c'est surtout en injections sous-cutanées qu'on emploie ce médicament d’après la

méthode de Scarenzio. Elle a certes beaucoup d’inconvénients. Il est incontestable, néanmoins, que très souvent dans les cas les plus graves ou en a obtenu d’étonnants effets curatifs.

M. le professeur Fournier arrive à peu près aux mêmes conclusions; il conseille même les in- Jections contre les céphalées syphilitiques, quisont souvent les symptômes précurseurs d'accidents plus graves.

De nombreuses observations viennent à l'appui des opinions précédentes.

Lewin, dès 1868, publie deux cas de guérison, touten insistant sur la résistance au traitement qu'il a parfois observé. Martineau cite un fait de paralysie générale, deux cas d’hémiplégie et un dernier de syphilis cérébrale avec accès épileptiformes où les accidents cessèrent après la 10° injection.

Sacage et Meynal ont publié les 3 observations suivantes :

4° OBSERVATION RÉSUMÉE : Céphalée intense, chez une syphilitique récente, cette céphalée date de 5 mois, elle résiste aux frictions et à l’iodure, guérit rapidement par les injections d’huile grise.

2° OBSERVATION RESUMÉE : Syphilis cérébrale caractérisée par des attaques épileptiformes et divers troubles

intellectuels graves. Guérison rapide par les injections d'huile grise.

3 OBSERVATION : Syphilis cérébrale se manifestant par de petites attaques épileptiformes et quelques symptomes de démence. Guérison rapide par les injections d'huile grise.

Aussi en raison de cette action énergique et prompte vont-ils jusqu’à conseiller l’emploi de ces injections comme moyen de diagnostic, chez des sujets présentant des phénomènes graves épileptiformes, comateux ou autres dont la nature est un peu obscure, et qui cependant, exigent pour conjurer le danger une intervention immédiate.

Nous donnons encore les trois observations suivantes empruntées à Hale Wite,telles que nous lesavonstraduites de son mémoire :

OBservaTIon |. The Lancet, 6 juin 1891, p. 1255.

Frédéric M. reçu le 21 juin 1890 à l’hôpital. Antécédents syphilitiques. Les 12 et 19 juin il a été pris d’attaques convulsives avec perte de connaissance. A l’examen on trouve une hémiplégie droite. On lui fit quotidiennement des injections de perchlorure de mercure pendant un mois, et il prit de l’iodure de potassium à l’intérieur. Il récupéra rapidement l’usage de sa main, et quand nous le revimes six mois après, il n’avait plus eu d'accidents.

OBSERVATION IV. Du même mémoire :

Marguerite H. reçue le 16 janvier 1891, antécédents syphilitiques. Il y a quelque temps elle a graduellement perdue l’ouïe. Quatre mois après la surdité a beaucoup augmenté,elle est devenue sujette aux vertiges et a commencé à souffrir de sérieux maux de tête. Quand on l’a reçue elle présentait outre les signes précédents du ptosis de la paupière supérieure gauche, de la parésie du droit interne gauche et une éruption syphilitique.

Le 18 février on commence les injections quotidiennes de perchlorure.

Le 24 février les syphilides ont presque disparu, les maux de tête sont moins violents.

Le 28, ptosis et maux de tête améliorés, les injections sont interrompus pendant 4 jours à cause de la salivation.

Le 12 mars, le ptosis et les maux de tête ont disparu. Elle peut entendre les personnes qui marchent autour de son lit.

Le 22 mars, elle quitte l’hôpital, tous les symptômes ont disparu excepté la surdité et celle-ci va beaucoup mieux.

OBSERVATION VII. Syphilis cérébrale.

Arthur M.., reçu le 3 mars 1891. Il a eu la syphylis, et souffre actuellement de maux de tête, de vertiges, d'attaques transitoires de cécité et de névrite optique. Pendant son séjour d'environ trois semaines à l’hôpital,

il fut traité par des injections quotidiennes de perchlolure de mercure, et à sa sortie ses maux de tête étaient très améliorés, et le vertige ainsi que les attaques d’amaurose avaient disparu.

Nous pourrions remplir un volume avec toutes les observations publiées, mais à côté de ces résultats brillants il faut rappeler de nombreux imsuccès.

M. Gastou, dans 14 cas de syphilis nerveuse,

a obtenu des résultats négatifs. M. de Lavarenne après une longue énumération de guérisons de paralysie générale, de méningo-myélite, de tabès même, cite un cas de tabès où 1l n’obtint aucune amélioration. Enfin, rappelons l'observation de M. Besnier, qui a vu apparaître des accidents de syphilis cérébrale au cours d’une cure par les injections de calomel. Mais ces insuccès doivent-ils décourager complètement les partisans des injections hypodermiques? Nous ne le pensons pas, nous pensons qu'il est indispensable de leur associer l’iodure de potassium, de le donner même de préférence au mereure dans certains cas,maisles injections hypodermiques n’en restent pas moins une ressource des plus précieuses dans le cas de syphilis grave du système nerveux.

Les névrites périphériques ont été récemment étudiées par Champenier (Thèse 95-96). Dubois,

en 1884, avait déjà obtenu une guérison par les injections de peptonate de Hg. Champenier a employé le benzoate dans les trois faits ci-après.

Névrite syphilitique du nerf cubital, par MM. E. Gaucher et Barbe. — Société de Dermatologie 10 janvier 1895.

Après avoir pris pendant quelques jours des pilules de sublimé, la malade fut soumise le 15 décembre, à cause de son intolérance gastrique, pour le médicamentauxinjections sous-cutanées de benzoate de Hg. Trois semaines après, elle quittait le service pouvant remuer les deux doigts, l’atrophie musculaire des quatre espaces inter-osseux avait disparu.

Deuxième cas de névrite syphilitique du nerf cubital, par MM. E. Gaucher, Sergent et Champenier, Société de Dermatologie, 18 avril 1895.

Même traitement que dans le cas précédent.

Il s’agissait d’un cas de syphilis secondaire avec manifestations nerveuses multiples. (Céphalées, névralgies faciale, intercostale, cubitale.

La malade quitte le service six semaines après, très améliorée, quoique incomplètement guérie.

Troisième cas de névrite syphilitique du nerf cubital, par MM. E. Gaucher et Champenier (Société de Dermatologie juillet 1895).

Névrite du nerf cubital chez une syphilitique à la période secondaire.

La malade avait été traitée avant sa névrite par des pilules de sublimé, puis par des injections de benzoate de Hg., à partir du 20 avril. Elle était sortie le 19 mai à peu près guérie après un mois de traitement par conséquent.

Une fois sortie, elle se traite irrégulièrement, elle revient le 14 juin, atteinte de névrite cubitale, on lui fait alors de nouveau des injections quotidiennes de benzoate, l'amélioration est rapide. 1l faut ajouter que plus tard, la malade fut guérie d’une sciatique syphilitique par les pilules de sublimé et l’iodure de potassium.

Les conclusions de Champenier qui constituent le travail le plus nouveau sur ce sujet, sont les suivantes :

Nous avons tout d'abord donné des pilules de sublimé que nous avons remplacées par des injections hypodermiques de benzoate de Hg, quand les accidents ont exigé un traitement plus actif.

Aumercure, on peutadjoindre l’iodure de potassium et les courants continus.

ASE

Les lésions du côté de l'appareil oculaire sont une des manifestations de la syphilis contre laquelle on a le plus employé les injections hypodermiques. Ilest vrai que les succès obtenus expliquent suffisamment la préférence des ophtalmologistes pour ce mode de traitement. Lewin 1868, Quaglina 1870, paraissent l'avoir expérimenté les premiers ; depuis, nombre de travaux ont paru que l’on trouvera analysés dans la thèse de Vibert, (1892). Vibert conclut ainsi : L'ophtalmologiste devra se servir des injections de Hg, toutes les fois qu’il croira nécessaire l'emploi du Hg., et ces conclusions tout enthousiastes qu'elles paraissent, sont cependant celles de la plupart des observateurs.Cependant MM. GalezowskietDucastel ont vu une kératite parenchymateuse apparaître au cours d’un traitement par les injections et retrocéder après une cure par les frictions ; et M. Galezowski considère'les frictions prolongées, comme seules capables de guérir définitivement les lésions syphilitiques de la choroïde ou du nerf optique. :

M. le professeur Panas préfère l’iodure de potassium au mercuredansle cas dekératite mterstitielle mais chaque fois quele Hg, est indiqué, il conseille les injections de préférence aux frictions.

Nous n'insisterons pas, car la question paraît

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jugée. Nous ajouterons cependant, que c'est surtout dans les manifestations htréditaires de la syphilis oculaire que les injections seront nécessaires pour amener la guérison, et, que d'autre part, s’il faut quelquefois associer l'iodure au Hg, comme le conseille Chibret, il faut savoir que dans certains cas, il peut être nuisible. M. Abadie pense qu’on doit le rejeter dans les formes graves de la kératite parenchymateuse : à son avis, 1l est possible que cesdeux médicaments fornienten se combinant un sel d’iodure de Hg, trop irritant pour la cornée. M. Vidal a vu de son côté cette pratique occasionner de la conjonctivite et du chémosis.

Les otologistes ne paraissent pas avoir pour les injections mercurielles la même prédilection que les ophtalmologistes. On sait cependant combien certaines surdités syphilitiques sont foudroyantes dans leur marche et rebelles à tout traitement, (Voy.Hermet, Barthélemy, Fournier, Société de Dermatologie déc. 94. Minos. France Méd: 89; n%4et6);

À. Delied’Ypres, quiconsacre un long mémoire à la surdité syphilitique dans les Annales des maladies de loreille et du larynx (1893), préconise peu les injections sans les rejeter absolument.

Les frictions mercurielles constituent à son

115 = avis le mode d'administration le plus rapide, le plus efficace et le plus durable.

Ajoutons qu 1@i une petite difficulté pratique se présente, on adjoint en général au traitement mercuriel les injections de pilocarpine et de strychnine, de sorte que ce serait une véritable torture pour le malade de subir quotidiennement trois injections plus ou moins douloureuses. Il est donc probable que la méthode de mercurialisation hypodermique prendra peu d'extension de ce côté, malgré l’avisfavorable de MM. Fricano, Pol, ete. (XI congrès de Médecine. internationale. — Rome). ;

Après ce que nous avons dit dans les chapitres précédents, nous n’aurons pas à nous étendre

bien longuement sur l'importance de la FORME

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