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AFFECTÉE PAR LES LÉSIONS

Nous avons vu combien les formes scléreuses de la syphilis nerveuse résistait à tout traitement, il en est souvent de même des lésions tardives scléreuses de la syphilis acquise où héréditaire (syphilome lingual. rectal, etc.), lésions oculaires’ ou auriculaires de la syphilis acquise ou héréditaire tardive. Dans tous ces cas, on sera autorisé à employer le traitement reconnu jusqu'ici comme le plus énergique, c’est-à-dire les injections mercurielles. Rappelons cependant que si dans les

glossites tertiaires les effets sont merveilleux, M. Panas préfère l’iodure au mercure, dans la kératite interstitielle, et M. Lépine a rapporté à la Sociéte de Médecine de Lyon, en 1893, des faits de syphilis médullaires qui s'étaient mieux trouvés de l'iodure de potassium que du mercure.

Nous ne répéterons pas que dans les cas où les deux médicaments doivent agir de concert, les injecüons qui respectent l'estomac constituent une méthode de choix.

Les syphilides érosives et même les syphilides ulcéreuses, ont paru à quelques observateurs, être peu Imfluencées par les injections. Actuellement encore, M. A. Fournier, par exemple, reconnaît volontiers leur efficacité contre le chancre phagédénique de la langue, la syphilis Hinguale secondaire qui persiste si longtemps chez les fumeurs etquiest appelée glossite dépapillante, mais il les considère non indiquées contre les plaques muqueuses simples. D'après Hoffmann ,lessyphilides Jlinguales sont plutôt aggravées à cause dela salivation. Cependant, les mémoires et les thèses de Martineau, Scarenzio, Thérault, Cochery, etc. ; contiennent tous des faits de plaques muqueuses très améliorées par les mjections. Galliot est d’avis que ce sont les plaques muqueuses buccales et anales qui ont semblé après la roséole le plus

rapidement sensibles aux injections. Rosolimos qui a étudié spécialement ce sujet pendant deux

ans, conclut que le subliméadministré par la voie

hypodermique réussit mieux que tout autre traitement. M. P. Raymond, (Gaz. des Hôp. 1892), explique ces divergences, par ce fait que dans une syphilide érosive, il faut tenir compte d’un élément microbien surajouté et1l suffit d’un antiseptique quelconque pour faire cicatriseren quelques heures, ces plaques que les mjections ne pouvaient à elles seules faire disparaître. Quant aux syphilides ulcéreuses on a cru autrefois qu'elles n'étaient pas justiciables des injections, parce que cette pratique exposaitaux ulcérations aux points piqués, (1) mais aujourd’hui que les abcèssont devenus une exception, cette contre-indication a disparu. La méthode a encore donné quelques succès dans des cas variés de syphilide pigmentaire, guérie en 8 mois Le Pileur (2), syphilide tuberculocroûteuse (de Lavarenne), syphilides palmares et plantaires rebelles (de Lavarenne). Elles paraissent avoir moins bien réussi dans les syphilides lichenoïdes, malgré une observation favorable de Lang, et dans les syphildes squammeuses.

Quant aux syphilides exanthématiques, elles se-

(1) Diday. Pratique des maladies vénériennes, p. 426. (2) Le Pileur. Société de Dermatologie, janvier 1896.

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raient très sensibles aux injections pour quelques auteurs (Raymond, Balzer), mais tel n'est pas l'avis de M. le Professeur Fournier.

Nous terminerons en insistant sur la valeur diagnostique des injections mercurielles, grâce à la rapidité de leur action. Certaines syphiides séborrhéiques dont la nature paraît douteuse, sont modifiées par une seule injection de calomel. Martineau rapporte en 87, une. observation de syphilide ulcéreuse de la langue et de la paroi buccale gauche prise dans plusieurshôpitaux pour

une ulcération tuberculeuse et dont la guérison :

rapide par les injections décida le diagnostie. Certaines syphilides cutanées d’allures serpigi- neuses sont ainsi facilement distinguées du lupus, qu’elles simulent parfois d'une façon si complète. M. Abadie à montré le grand parti qu’on pouvait tirer de ce procédé pour le diagnostie des lésions oculaires dues à la syphilis héréditaire. Il a été ainsi amené à soupconner la nature syphilitique de la choroïdite maculaire des jeunes sujets, cette choroïdite qui fait hésiter le diagnostic entre une malformation congénitale et une affection véritable susceptible d’accroissement, Dans plusieurs cas, la méthode des

injectuons a éclairé son diagnostie par les bril-,

lants résultats qu’elle lui a donnés. Mais c’est

ue

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surtout dans le cas de lésions syphilitiques tardives de la langue que le diagnostic hésitant a pu rapidement se dessiner, grâce aux injections : témoins les cassuivants dûs à Scarenzio.

En mars 1885, un homme de 42 ans se présente, portant au côté droit de la base de la langue, une intumescence exulcérée de la grosseur d’une aveline, de couleur jaune roux, d'aspect lardacé, à fonds sanieux, à bords très découpés. L’analyse la plus attentive excluait toute attaque antérieure de syphilis et l’opération immédiate avait été conseillée par plus d’un chirurgien. A la suite de consultations avec divers professeurs de Pavie, l’amputation de la langue avait été décidée, et tout était préparé pour la pratiquer, quand Scarenzio sursit à l’opération et fit une injection de 0 gr. 10-centigr. de calomel dans le bras droit. On le croira difficilement, mais rien cependant n’est plus vrai, deux jours ne s'étaient pas écoulés que l’aspect de la lésion était modifié, le volume était moindre, les bords se régularisaient, le fond était plus propre, et, en moins d’une semaine, on n’aurait pu trouver qu’une minime trace du néoplasme si redouté, lequel fut définitivement réduit à néant, après une 2° injection.

Un second cas presque parfaitement semblable au premief fut observé dans le même institut cette année même.

Giuseppe Soiffiantini termine ainsi le mémoire

qu'il publie à ce sujet : « Ce serait donc aller

contre la logique des faitsque de mettre en doute la grande puissance de cette méthode, même au point de vue du diagnostic. Mon assertion reçoit du reste, la plus ample confirmation dans le récent travail de Manino (scrofule et syphilis. — Giorn. Ital. de mal. ven. e. d. pelle sept. 88) et je consens pleinement à la conclusion de lauteur : négliger dans les cas douteux d'interroger ce signe apodictique, c'est une grande faute, et pour le médecin et pour le chirurgien.

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