‹ Les Syphiloses Ostéo-GédiquesChapitre 26 sur 51 · LATE · texte numérisé non relu

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sont normales au pourtour de la géode et l’extrémité osseuse ne présente dans l’ensemble ni hyperostose ni surtout nulle trace de décalcification ce qui est un signe différentiel important avec l’image qu’on voit dans la maladie de Recklinghausen où existe tou- Jours un certain degré d’ostéomalacie concomittante.

La géode syphilitique donne done plus l’impression d’un trou percé dans un os par ailleurs normal que d’un processus d'ostéite plus ou moins localisé, ayant abouti à une raréfaction circonscrite, en aire.

Sile tissu osseux au pourtour de la géode est normal d'aspect, le cartilage de conjugaison reste lui aussi ïinaltéré et ce n’est que dans quelques cas exceptionnels, chez des enfants en période de croissance, qu'il peut avoir disparu sur tout ou partie de son étendue.

De même, le périoste, au voisinage des lésions est en général intact. Dans quelques cas cependant, il peut être un peu épaissi et visible sur la radiographie, mais son atteinte est toujours proportionnelle et parallèle à limportance des lésions osseuses.

Quant aux surfaces articulaires voisines, elles conservent leur contour net habituel, même quand les mouvements paraissent diminués cliniquement.

Tel est l’aspect radiologique que prend la syphilose ostéo-géodique non compliquée.

Mais s’il est survenu une fracture pathologique, le trait en sera visible au niveau de la géode qui existait avant lui et qu'il est venu révéler. Ce même, en

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cas de cal vicieux, l’image géodique évidente viendra faire le diagnostic.

Enfin quand la syphilis paraît se traduire par des accidents articulaires, souvent à type d’hydarthrose, la radiographie révèlera l'intégrité des surfaces articulaires, l'absence de décalcification diffuse de l'extrémité osseuse et à l’intérieur de celle-c1 la géode caractéristique.

Mais surtout cette radiographie locale, au niveau du siège des douleurs ou déterminée par l’existence d’une complication locale, ne suffit pas. Elle devra dans tous les cas être complétée par un examen systématique du squelette tout entier.

Il sera alors fréquent de trouver en 2 ou 3 autres points, en des endroits ou rien n’attirait l'attention cliniquement, des lésions géodiques analogues.

Par ailleurs, on vérifiera l’absence de décalecification diffuse du squelette.

Mais surtout, cet examen systématique permettra parfois, alors que la syphilis paraissait douteuse, de mettre en évidence sur d’autres os des lésions dont le caractère indubitablement syphilitique ne permettra plus d’hésitation tels : une périostite en fuseau de la région diaphysaire, ce qui est fréquent surtout chez l'enfant encore jeune (BENAZET) — une hyperostose comme dans le cas de MM. Touraine & Ripsapgau-Dumas — des exostoses (Acæarp & Turers), — une déformation pagétoïde du tibia (TourAINE & Decos) ou des clavicules.

Cette exploration radiologique du squelette, souvent révélatrice, se trouvera done être le point de départ de la seconde partie de l’examen qui s’efforcera de rechercher chez le malade les arguments en faveur de la syphilis:

Cette recherche de la syphilis devra être faite non seulement du point de vue clinique, mais encore à l’aide de la sérologie et par la mise en œuvre d’un traitement spécifique d’épreuve.

1) CLINIQUEMENT. — on précisera par un interrogatoire minutieux les antécédents personnels du malade. Parfois on trouvera ainsi une syphilis déjà ancienne”qui n’a été le plus souvent que très peu traitée et très irrégulièrement, encore que plusieurs des observations recueillies fournissent peu de précisions à ce sujet. Cepeñdant le cas de Nissen-Il concernait un malade ayant contracté la syphilis 34 ans auparavant, et qui semblait s’être très régulièrement traité par de multiples séries de médications. En général, comme nous y avons déjà insisté à propos de l’étiologie, il semble s’agir desyphilis peu actives, ayant donné assez peu de manifestations cliniques. On retrouve cependant la coexistence de lésions méningo-nerveuses dans les cas de GapraT et de BERARD.

Mais, beaucoup plus que de syphilis acquise, nous

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avons vu que les lésions ostéo-géodiques étaient plutôt des manifestations de l’hérédo-syphilis tardive de l’enfant, de l’adolescent ou de l’adulte jeune. La recherche des antécédents personnels sera alors peu fructueuse. L’on devra si possible, faire alors porter l’enquête sur les ascendants. S'ils sont décédés, on s’informera de quelle affection. Le père de la malade de Touraine & RiBapeau-Dumas était mort jeune, probablement d’hémorragie cérébrale.

Si les parents sont encore vivants, 1l est souvent utile de les interroger et de les examiner pour tenter de retrouver chez eux une syphilis déjà ancienne. Dans’ un cas de M. Moucuer, le père avoua avoir contracté autrefois la syphilis.

Mais à défaut d’aveux directs, souvent retenus volontairement, on pourra par une enquête indirecte, surtout auprès de la mère, s’efforcer de savoir si le malade n’était pas né avant terme, s’il n'avait pas présenté tout petit des troubles qui pourraient paraître suspects : énurésis, convulsions.

Îl sera également intéressant touts les fois que ce sera possible, de faire préciser le nombre de grossesses de la mère, la manière dont elles se sont terminées (avortements spontanés, accouchements avant terme) et ce que sont devenus les enfants. On sait en effet en syphiligraphie la valeur qu’il convient d’accorder à la polyléthalité infantile et toutes les fois que plusieurs frères ou sœurs sont moris très jeunes de méningite, de convulsions, la syphilis paraîtra très

probable.

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