‹ Les Syphiloses Ostéo-GédiquesChapitre 27 sur 51 · EE RENE · texte numérisé non relu

EE RENE

Il pourra également être intéressant d'examiner les frères et sœurs actuellement vivants pour rechercher chez eux des stigmates d’hérédo-syphilis qui peuvent être plus caractéristiques que chez le malade lui-même. Dans une observation de M. Moucner, la mère avait fait 7 fausses-couches et perdu 7 enfants en bas âge. Sur les 9 qui restaient, 3 avaient pu être vus et présentaient des stigmates nets.

Mais c’est souvent, à défaut de rensiegnements familiaux, difficiles à préciser, pour peu que le malade soit déjà un adulte jeune, l'examen complet du malade qui mettra la syphilis en évidence.

On s’efflorcera de voir s’il n'existe pas de lésions d'infection tréponémique en évolution. On recherchera des cicatrices de gommes des téguments, une taie cornéenne, vestige d’une kératite ancienne. On examinera le foie, la rate, les testicules ; on auscultera le cœur et l’aorte, on prendra la tension artérielle ; on cherchera la possibilité d’une néphrite chronique et surtout on pratiquera un examen neurologique et psychiatrique complet pour s’efforcer de mettre en évidence une modification des réflexes tendineux ou pupillaires ou des troubles en rapport avec une syphilis nerveuse ou une P. G. L'examen de l’œil et de l'oreille par des spécialistes sera parfois utile.

En réalité, il est assez rare, sauf peut-être dans les cas de syphilis acquise de trouver des signes de syphilis en évolution. En particulier le syndrôme de Parrot n’a jamais été signalé chez les jeunes

malades. Comme nous y avons déjà insisté, c’est plutôt une hérédo-syphilis dystrophique qui paraît devoir être incriminée. On s’efforcera donc surtout chez de tels malades de tenter de trouver l’un des stiomates habituels : | — modifications du facies (nez en lorgnette, asymétrie faciale, front olympien), l'existence d’un bec-dehèvre ; =— lésions bucco-dentaires : déformations en ogive de la voûte palatine, dents d’Hutchinson et toutes les dystrophies dentaires dont la valeur, si elles sont isolées, peut être discutable, mais sera importante quand on aura retrouvé par ailleurs d’autres dystrophies suspectes, telles une axyphoïdie, un vitiligo, la persistance d’une fossette coccygienne (TOURAINE). C’est de ces dystrophies qu'il faut rapprocher le retard intellectuel, les troubles du caractère, la possibilité d’énurésis, de convulsions chez l’enfant. Cette enquête clinique sera complétée encore par l’examen systématique du squelette à l’aide de la radiographie qui, ainsi que nous y avons déjà insisté, pourra apporter encore des arguments en faveur de la syphilis. Rappelons en particulier l'importance que cette exploration du squelette prend chez le jeune enfant chez qui, ainsi que ‘Peuv l’a bien montré (66, 67) entre maintenant nécessairement dans l’examen : complet de tout malade suspect d’hérédo-syphilis.

2) Mais dans les cas où l’interrogatoire n’aura rien établi d’intéressant, et aussi pour confirmer les autres

SARL LUC

cas, on s’attachera à mettre ensuite en évidence les su gmates biologiques.

C’est ainsi qu'on pratiquera toujours un examen du sang à l’aide de la réaction de Borper-Wasser- MANN ou d’autres plus sensibles (HEcar, DEesmou- LIÈRES). La positivité de ces réactions aura une énorme valeur dans tous les cas douteux mais si elle est négative, même après réactivation, on ne saurait éliminer pour cela la nature syphilitique des lésions observées. On sait en effet avec quelle fréquence elle peut être négative dans une syphilis ancienne et surtout en cas d’hérédo-syphilis tardive, que nous avons vu prendre dans la plupart des cas une forme avant tout dystrophique.

La ponction lombaire pourra également être indiquée, pour peu qu'il existe le moindre signe nerveux, dont elle pourra venir attester par les résultats de l’analyse albununo-cytologique, les réac- “tions de Wassermann et du benjoin colloïdal la nature indubitablement syphilitique.

3) Enfin, un dernier argument en faveur de la syphilis serait théoriquement : l’action du traitement anti-syphilitique d’épreuve.

Mais l’amélioration des lésions locales est toujours extrêmement lente, exigeant des semaines et des mois pour aboutir au comblement des géodes. C’est d’ailleurs, ainsi que nous le verrons plus loin, un argument en faveur de la nature plus dystrophique qu'infectieuse de ces lésions.

Il ne faut donc pas trop demander au traitement d’épreuve, car même énergique et polymédicamen teux, il ne saurait faire disparaître rapidement ces véodes. |

Par contre, il calme très rapidement les douleurs, souvent dès les 3 ou 4 premières piqûres, et alors même que celles-ci évoluaient depuis des mois, sans avoir été soulagées par aucune médication. Si l’on ne veut pas lui demander plus, il conserve toute son importance diagnostique car son action est vraiment remarquable et rapide sur la cessation des douleurs.

On voit donc que par ces différents moyens, on parviendra toujours facilement, pourvu qu’on veuille se donner la peine de faire une recherche attentive, à reconnaître la nature syphilitique des lésions observées.

Mais cette étude, clinique avant tout, serait incomplète si l’on n’y joignait actuellement les recherches physio-pathologiques qu’on pratique maintenant dans toutes les ostéopathies chroniques, pour juger de la part qu'il convient d’accorder à une atteinte des parathyroïdes.

RECHERCHES PHYSIO-PATHOLOGIQUES. — Pratiquement nous n’avons trouvé qu’un seul cas, celui de MM. Touraine & Risanrau-Dumas, où elles aient été effectuées. Cependant nous pouvons déduire

Ro EN

des résultats analogues de recherches du même genre, : pratiquées chez des malades porteurs de kystes osseux, chez lesquels l’origine syphilitique ne fut pas invoquée.

Tout d’abord, l'étude de la chronaxie, renouvelée à 2 reprises par M. BourGuIGNon montra qu'elle n’était nullement modifée. |

L'étude humorale révéla également une calcémie normale à 2 reprises, puisque, pratiquée selon la technique de GurzLaumix, elle donna les chiffres de 0 gr. 092 et O0 gr. 120.

Le bilan calcique pratiqué avec soin pendant 3 jours selon la méthode préconisée par M-P. Wir (77) ne révéla pas de déperdition calcique de l'organisme. Le chiffre de calcium ingéré fut en effet pendant ce temps de 7 gr. 44 et celui de calcium excrété de 3 gr 02 ce qui correspond à une rétention dans l’organisme de 4 gr. 42 de calcium pendant ces 3 jours.

De même le phosphore dosé en P?05 futretenu à raison de 2 gr. 37 (11 gr. 22 ingérés et 8 gr. 85 excrétés).

Rappelons par ailleurs que dans cette observation l’absence de stigmates humoraux se trouva confirmée par l’exploration chirurgicale des parathyroïdes, qui ne fit découvrir aucune modification de ces glandes.

J.-L. Dubois. 4

Page 1