DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL
Comme nous l’avons vu, le diagnostic repose avant tout sur la recherche minutieuse des preuves de la vérole à l’origine de ces géodes osseuses dont la radiologie permet de vérifier l’existence.
Sans doute les accidents tels qu’une fracture spontanée pourraient faire discuter des affections nerveuses, l’ostéopsathyrose, une métastase néoplasique. Mais un examen plus complet et surtout la radiographie permettront facilement de les éliminer.
Sans doute, une hydarthrose pourrait faire discuter la tuberculose mais là encore les résultats de l’examen sur lesquels nous avons déjà insisté et surtout la radiographie seront concluants.
La maladie de Schüller-Christan coexiste avec d’autres syndromes hypophysares et souvent possède un stigmate humoral caractéristique : l’hypercholestérolémie.
Enfin les ostéopathies de carence rares en France donnent surtout une décalcification diffuse des os qui peuvent s’incurver et s'accompagne d’hypocalcémie
CN SRE
et de tétanie latente qu'on peut extérioriser par les épreuves habituelles.
En pratique, on n’aura guère à discuter devant une image radiologique de géode osseuse que deux grands diagnostics : l’ostéosarcome et les tumeurs bénignes des os. x
1) L’ostéosarcome surtout lorsqu'il a un début central donne habituellement des douleurs beaucoup plus violentes, mais sans retentir non plus sur l’articulation voisine mi les ganglions lympatiques.
Rapidement la déformation © en massue » du membre devient apparente. La peau à son niveau est blanche, lisse et chaude et parcourue de veinosités.
Au palper, on peut percevoir la crépitation osseuse caractéristique ou plus rarement de la fluctuation et des battements.
Puis le retentissement sur l’état général devient évident : l’amaigrissement est rapide ; il peut exister de la fièvre.
En réalité tous ces signes particuliers à l’ostéosarcome, sont souvent tardifs dans leur apparition et le diagnostie précoce, le seul utile, est est d’ordre radiologique ainsi que LecÈNE (26) l’a bien montré. À la radiographie, en effet, il existe une géode dans la zone justa-épiphysaire, mais les limites en sont toujours imprécises ; de plus, elle est floue, peu homogène, pommelée avec quelques travées ré-
ticulées. L’os est normal au pourtour, mais seulement au début. Très précocement en effet, la tumeur va gagner et entraîner des images de réaction périostée assez spéciales au sarcome : aspect flou et estompé de la corticale et souvent formation d’épines osseuses saillantes, en face de la géode.
S1 l’évolution a été déjà longue, le périoste peut être envahi, taraudé comme à l’emporte-pièce ou éclaté en « cratère de volcan ». Le sarcome fuse alors à travers les parties molles où l’on distingue son ombre irrégulière.
Même si la radiographie ne révèle pas d’aspect caractéristique emportant le diagnostic, dans tous les cas où des présomptions suflisantes existeraient en faveur de la tumeur maligne, il sera indiqué de recourir, selon le conseil de LECÈNE, à l’ostéotomie exploratrice, qui seule pourra permettre de recourir suflisamment précocement à l'intervention largement mutilante, la seule indiquée en cas de sarcome.
Seul, l’examen du sang venant révéler des modifications qui rappellent la leucémie différencie l’ostéosarcome des myélocytomes dont l’évolution est souvent d’ailleurs encore plus rapide.
Quant aux reticulo sarcome d’'Ewing, il sera moins souvent une cause d’erreur car outre sur image radiologique qui n’est pas franchement géodique, ses caractères cliniques un peu particuliers en permettront encore la différenciation.
2) En réalité c’est moins avec les tumeurs malignes