‹ Les Syphiloses Ostéo-GédiquesChapitre 30 sur 51 · MAS EN · texte numérisé non relu

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qu'avec les tumeurs bénignes des os qu’on risque de confondre la syphilose ostéo-géodique.

a) L’ostéose parathyroïdienne, au moins à son début, y ressemble cliniquement d’assez près : là encore on retrouve en effet des douleurs rebelles évoluant par poussées, pendant lesquelles elles peuvent aboutir à une fracture pathologique. EE

La radiographie révèle des images géodiques analogues à celle de la syphilis, mais en foyers souvent plus nombreux et disséminés. Il est d’ailleurs à noter en passant que la syphilis a été fréquemment mise en évidence chez ces malades. (Léri (29) et différentes observations de la thèse de Lièvre (31)). Mais surtout, en opposition complète avec ce qu’on trouve dans la syphilis, il existe une décalcification diffuse du squelette même en dehors des foyers géodiques, tellement intense que les os deviennent parfois transparents aux rayons X.

D’autre part l’affection retentit sur l’état général qu’elle amène assez rapidement à un état de cachexie intense. ]l existe également des troubles viscéraux variés (rénaux, cardio-artériels ou digestifs) qui semblent la conséquence des troubles du métabolise calcique.

Le métabolisme calcique est en effet extrêmement troublé : la calcémie est très élevée (0 gr. 236 dans un cas de Lièvre, (45) et même 0 gr. 262 dans le cas de Lanscestre (20) ), mais plus que cette hypercalcémie, c'est l'étude du bilan calcique qui sera importante :

RER ARULE

elle révèlera en effet que la balance calcique est presque toujours fortement déficitaire, le chiffre quotidien du calcium excrété par les urines et les selles dépassant largement le chiffre du caleium ingéré.

Il existe aussi de l’hypophosphatémie avec hyperphosphaturie. Enfin Boureuienox (9) a insisté sur un stigmate neuromusculaire important : la diminulion de la chronaxie constamment retrouvée.

Tous ces troubles paraissent nettement sous la dépendance d’une hyperparathyroïdie : une des parathyroïdes est d’ailleurs hyperplasiée ou adénomateuse et son ablation coupe net l’évolution grave et rapidement progressive de cette affection.

L'ensemble de ces multiples troubles oppose l’ostéose parathyroïdienne à la syphilose ostéogéodique dans laquelle rappelons-le, on n’observe Jamais de décalcification diffuse du squelette et où le métabolisme phosphocalcique n’est nullement troublé.

Mais l’ostéose parathyroïdienne réunit-elle tous les cas cliniques naguère encore décrits sous le nom de maladie de REckLINGHAUSEN ? À cette question M. P. Werc et Lancrois (77), Sainron (63) et J. Wercz (75) semblent répondre affirmativement.

Lièvre au contraire (32) paraît admettre des formes d’ostéite fibro-géodique généralisées dont l’origine ne serait pas parathyroïdienne, mais aucune de celles-ci n’a été publiée avec une étude humorale et physio-pathologique suflisante.

En réalité il semble qu'il y ait là un malentendu

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concernant la terminologie des ostéopathies chroniques. La dénomination d’ostéose parathyroïdienne est basée sur l’étiologie et la physio-pathologie, tandis que l’autre dénomination l’est sur l’anatomie pathologique. Elles ne peuvent donc avoir de commune mesure et il paraît probable qu'on assiste comme y insistait dans un récent article Rier ET Da SizveirA (58) à un démembrement étiologique de l’ancien syndrome de Recklinghausen, qui s’individualisait naguère par un processus de métaplasie fibreuse, commun en réalité à plusieurs affections comportant un traitement différent, basé avant tout sur la recherche de leur cause.

Ces auteurs font d’ailleurs allusion à ce propos à certains cas de Snapper (68 et 69) traités avec succès par ingestion de vitamine D, — de Boëve guéri de la même façon, alors que la parathyroïdectomie aurait échoué, — enfin de FErRERo-Y-cucco où d’excellents résultats auraient été obtenus par une greffe EAST de l'ovaire.

Quant à ce qu’on a appelé formes ti du Recklinghausen il semble qu'il s’agisse d’une ostéopathie chronique toute différente, qu’il faut rapprocher des kystes des os et qui ne comporte aucune manifestation d’hyperparathyroïdie (May, 40). Encore faut-il s’en assurer en recherchant la balance calcique, puisque dans le cas de Barr et Bulger cité par Lièvre (31),1l semblait s’agir d’une « tumeur à myéloplaxes » qui guérit par parathyroïdectomie. Mais lPexamen complet du squelette à l’aide de la

radiographie n'avait. pas été pratiqué. Il s'agissait sans doute là d’une ostéose au début.

b) La maladie de Paget sera moins facilement confondue avec la Syphilose ostéo-géodique, en raison de l’âge plus avancé des sujets atteints et des déformations assez particulières du crâne, de la clavicule, des tibias et du rachis qu’elle entraîne. Radiologiquement d’ailleurs 1l n’existe pas de véritables géodes osseuses, mais un état « ouaté », et poreux des os, qui alterne avec des foyers de condensation.

Cependant Ed. Fournier (15), LANNELONGUE y insistaient déjà (22 et 23), la syphilis est fréquemment retrouvée chez les pagétiques. C’est cette étiologie commune qui explique sans doute dans le cas de MM. Touraine et Decos (72) l’association chez la même malade de géodes syphilitiques et d’une déformation pagétoïde des tibias.

Mais peut-être s’agit-il encore dans le cas du Pacer d’un syndrome clinique que des recherches étiologiques plus précises, faisant d’ailleurs la plus

large part à la vérole, sont appelées à démembrer. On peut probablement parvenir ainsi à expliquer les résultats discordants des chiffres de calcémie et de balance calcique obtenus par les différents auteurs, alors qu'il semble en général n’exister aucune modification des parathyroïdes et que l’ablation de l’une d’elles, parfois tentée, n’ait apporté aucune amélioration à l’évolution de ce syndrome (SxaPPer 68 et 69, LancEroN, PAGET, et CORDONNIER

RAA TA

c) Un dernier groupe d’ostéopathies chroniques est maintenant constitué ainsi qu'OMBRÉDANNE Y insiste (49) : 10 par les kystes osseux dits essentiels de l'adolescence ; — 20 par la plupart des anciennes «tumeurs à myéloplaxes » dont on ne saurait faire une entité morbide, maintenant qu’on sait bien que leur individualisation ne reposait que sur un seul détail histologique sans aucune spécificité mi étiologique, n1 évolutive ; — enfin 30 par les anciennes « formes localisées de la maladie de Recklinghausen » qu’on ne rapportait à cette ostéopathie que par suite de la constatation histologique d’une métaplasie fibreuse de la moelle, nullement spécifique comme nous y avons déjà insisté. Il est d’ailleurs à remarquer qu'aucune de ces formes localisées n’a jamais évolué vers la généralisation ( Gozp et ScaLesiNcEr, 18). Ce groupe, ainsi constitué, est celui des ostéodystrophues fibro-géodiques. Là encore 1l s’agit d’un syndrome en voie de démembrement étiologique. Jun- GLING, SCHEURER et WarpHeim (65) ont signalé des cas où la tuberculose paraît devoir être ineriminée. PHemisrer et Gorpox (52) ont étudié 2 cas dus au streptocoque non hémolytique. Nous insistons nous-mêmes en ce moment sur l’importance étiologique de la vérole dans ces ostéodystrophies.

Enfin, quand la syphilis est reconnue, un dernier diagnostic reste à discuter : c’est celui de gomme sy-

ENGIAS

plulitique des os. En réalité, celles-ci sont bien diftérentes : leur apparition est plus précoce, contemporaine d’autres localisations cutanées ou viscérales. — Sans doute leur aspect radiologique se rapproche de l’image géodique, surtout de la géode uniloculaire ; mais on trouve au pourtour une hyperostose considérable avec véritable éburnation de l’os —et par ailleurs existe toujours une periostite souvent importante et dont l’évolution n’est nullement parallèle à l’atteinte de la corticale. Enfin la gomme a une tendance très nette à franchir le périoste pour envahir les parties molles et peut aboutir à Fouverture à la peau, ce qu’on ne voit jamais survenir dans les syphiloses ostéoséodiques. Un dernier argument serait d’ordre thérapeutique : le traitement d’épreuve fait regresser une gomme avec grande rapidité, alors que nous avons vu sa lenteur d’action sur les syphiloses.

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