‹ Les Syphiloses Ostéo-GédiquesChapitre 43 sur 51 · LANGUE · texte numérisé non relu

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Il existe des taches claires à peine visibles derrière une hyperostose considérable et très opaque.

On est frappé par ailleurs par le facies d’hérédo du petit malade : les dents sont irrégulièrement implantées et dystrophiques. Il existe une cicatrice cireulaire de gomme à la joue gauche et des taches opaques au niveau des 2 cornées (kératite interstitielle).

De plus l’enfant présente une hémiplégie droite organique qui date des premiers mois de la vie et dont ons’est aperçu quand il a commencé à marcher.

On tente alors un traitement spécifique qui donne une rapide amélioration. En 5 mois, la marche est redevenue facile.

OBSERVATION X. — (SKILLERN.) ë

Un jeune homme de 22 ans, qui a toujours eu une excellente santé vient consulter parce qu’il boite du membre inférieur gauche.

Vers l’âge de 14 ans, il avait souffert de la jambe gauche et sa cuisse s’était incurvée. À 16 ans, 1l fait une chute de cheval sur la hanche du même côté et est traité alors pour une fracture du fémur.

A l’examen, la cuisse gauche présente une courbure à convexité externe qui la raccourcit de 6 em ; le fémurest épaissi et dur.

Songeant à l’hérédo-syphilis tardive, en raison de la longue évolution sans grands accidents, on pratique un B. W. qui est positif. é

La radiographie avait révélé une augmentation importante du diamètre de l’extrémité supérieure de la diaphyse fémorale. À ce niveau, on observait une juxtaposition de zones hyperostosées et de zones géodiques. Il existait une ligne claire incomplète au niveau de l’ancien foyer de fracture.

Après avoir traité le malade par le sublimé, l’iodure et le

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novar pendant près d’un an, les douleurs cessèrent et la marche s’améliora.

Le B. W. était devenu négatif et la radiographie révéla une homogénéité presque complète de l’os avec disparition de l’ancien trait de fracture.

Ogservarion XI (Moucner & MEaux-Sainr-Marc).

Une jeune femme de 24 ans vient consulter pour une tuméfaction douloureuse de la région du coùde droit, tuméfaction qui est apparue progressivement, en 3 semaines, après un traumatisme minime. Les douleurs sont continues et au dire de la malade siègent « dans » le coude.

L’examen clinique de la région olécranienne révèle, sous des téguments normaux, une augmentation régulière, fusiforme de l’extrémité supérieure du cubitus. L’os est lisse et la pression à son niveau légèrement douloureuse, mais on ne détermine aucune crépitation.

L’articulation voisine est gênée, douloureuse aux tentatives de mobilisation ; la malade immobilise le coude à angle droit.

La radiographie (Gasrou) révèle un olécrane comme soufflé sur 5 cm. environ par une apparence de géodes multiples, juxtaposées, séparées par de minces cloisons.

Bref, c’est cliniquement et radiologiquement un aspect de kyste osseux. Maïs un examen complet et un interrogatoire serré précisent que la mère de la malade a fait 7 fausses-couches et a perdu 7 enfants en bas-âge. La malade a encore 8 frères et sœurs vivants ; 3 de ceux-ci ont été examinés et présentent des stigmates nets : malformations dentaires et palatines, crises convulsives, énurésis.

La malade elle-même présente : une déformation ogivale de la voûte palatine, du prognatisme des 2 machoires ; les dents sont petites, mal rangées et présentent des malmalformations, et le B. W. est positif dans le sang.

Enfin, le traitement spécifique (benzoate, KI) amène

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une amélioration rapide des douleurs ; les mouvements du coude redeviennent possibles et la tuméfaction olécranienne paraît diminuer.

. OBservarioN XII (Moucaer & MEaux-Sarnr-Marc)

Un jeune homme de 20 ans vient demander avis sur une tuméfaction de la partie inférieure de l’avant-bras gauche, apparue progressivement à la suite d’un coup sur le poignet,.

Il se plaint aussi de douleurs assez vives pour limiter tous ses mouvements du poignet et le forcer à cesser son travail depuis 15 jours déjà.

A l’examen, l’extrémité inférieure du radius gauche est augmentée de volume. Elle est le siège d’un aspect inflammatoire avec œdème et tension de la peau à ce niveau ; le dos de la main est rouge, œdémateux et chaud lui-aussi. On note un point exquisément douloureux sur la styloïde radiale et l’on perçoit à ce niveau une certaine fluctuation.

La radiographie révèle, incluse dans l’extrémité inférieure du radius une géode claire, uniloculaire, à contours nets, ovoïde dans l’ensemble, de 2 cm. de diamètre environ.

Les antécédents apportent peu de renseignements. Il n’y à ni frère, ni sœur ; le père est mort tuberculeux ; la mère est bien portante et n’a pas fait de fausses-couches.

Parmi les antécédents personnels, on relève seulement une fièvre de. croissance à l’âge de 13 ans, qui aurait récidivé pendant la durée du service militaire. À ce moment, le malade aurait souffert de la cheville et le diagnostic d’abcès fut porté, suivi d’une mtervention locale : évacuation, curettage de là cavité suivi de plombage et de fistulisation qui a duré 4 mois et dont 1l persiste 3 cicatrices adhérentes à . l’os. La tibiotarsienne gauche est enraidie et les mouvements en sont limités.

L'examen complet ne révèle pas de malformations den-

taires ; la voûte palatine est ogivale ; il existe du prognatisme des 2 machoires. Mais le B. W. est positif dans le sang.

Un traitement par KI et benzoate est mis,en œuvre et apporte en 15 jours une amélioration considérable, à tel point qu’on peut éviter une intervention qui avait paru imminente.

Osservarion XIII (Paur-Viraz Bain), +

Une fillette de 6 ans est amenée pour un genu valgum droit très accentué. Le début de cette déformation remonte à l’âge de 13 mois : à ce moment le genou a augmenté de volume et dès les premiers pas, la déformation s’est accentuée, entraînant de la gêne fonctionnelle, mais sans douleur vraie. On songe d’abord à une déformation rachitique et l’on tente le redressement forcé. Puis la déformation s’accentuant, on recourt aux soins d’un empirique qui tente une mécanothérapie très active pendant 2 ans. Mais aucune amélioration n'étant survenue, et le genu valgum s’accentuant même, on demande avis à un chirurgien qui propose une ostéotomie. C’est à ce moment qu’on voit l’enfant.

Elle est petite, mais paraît en bonne santé. L’examen du membre inférieur droit montre un valgus accentué avec raccourcissement important de tout le membre (7 em.) et grosse atrophie de toutes les parties molles. Par contre, le condyle interne du fémur est augmenté de volume et la palpation le montre tuméfié de façon irrégulière avec des saillies mamelonnées dures et indolores. L’extrémité supérieure du tibia est tuméfiée elle aussi. Cependant les mouvements du genou sont conservés et indolores, mais il existe des mouvements de latéralité très nets.

Un examen complet du squelette est alors pratiqué. L’extrémité supérieure du fémur paraît tuméfiée elle aussi, tandis que la diaphyse semble grèle ; mais les mouvements

de la hanche sont comme ceux du genou conservés et indolores. ;

Le tibia gauche paraît un peu incurvé et ses extrémités sont grosses. L’aile iliaque droite est plus massive et plus épaisse ; le cubitus est un peu augmenté de volume à sa partie supérieure. Il existe quelques déformations indolores des mains et un certain degré d’asymétrie faciale.

La constatation de ces multiples déformations appréciables cliniquement trouvesa confirmation par la radiologie. Toute l'extrémité inférieure du fémur droit, région bulbaire et partie basse de la diaphyse est élargie, déformée, inclinée dans son ensemble en bas et en dehors. Mais surtout il existe de nombreuses images lacunaires et vacuolaires qui sont séparées par de petites cloisons osseuses. Des lésions analogues existent dans l’extrémité supérieure du tibia voisin et dans les os du médius et de l’annulaire droits. Par ailleurs le bassin est décacleifé ; 1l existe une coxa valga gauche.

Un examen complet révèle par ailleurs des malformations dentaires et la voûte palatine légèrement ogivale présente une crête médiane saillante. De petites nodosités à la cuisse droite et au niveau de la 6€ côte paraissent être des gommes.

On ne retrouve pas de syphilis chez les parents qui sont vivants et bien portants. La mère n’a pas fait de faussescouches et le petit malade a un frère âgé de 3 ans. Mais la réaction de B. W. est positive dans le sang.

On institue alors un traitement par KI et benzoate mais il ne fait qu’arrêter l’aggravation des déformations et peut-être recalcifier un peu mais incomplètement les géodes osseuses, ainsi que permet de le constater une radiographie pratiquée 10 mois après le début du traitement ; à ce moment le B. W. est devenu négatif.

OgservarTion XIV (Moucner).

Une fillette de 12 ans souffre du pied droit depuis 4 ans. La radiographie révèle une image d’ostéite polykystique dans l’astragale.

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Un traitement spécifique amékhiore les douleurs, mais n’apporte pas de modifications à l’état anatomique de l'os.

OsservarTion XV (Moucner).

Une jeune fille de 17 ans, qui paraît avoir un bon état général, consulte pour des douleurs dans le grand trochanter droit, qui la gènent depuis 6 mois. Elle souffre surtout au début de la matinée et se fatigue vite ; mais la marche reste normale et les mouvements des articulations sont conservés.

La palpation montre que le grand trochanter est sensible mais non augmenté de volume. La radiographie y révèle une image polykystique qui envahit même la partie voisine de la diaphyse.

Le père avoua une syphilis ancienne, mais le B. W. ne fut pas pratiqué. À l’occasion d’un choc minime, une fracture survint au niveau du kyste.

OBservarion XVI (HAarTMann).

A propos de la présentation par Sorrez d’une ostéite kystique multiloculaire, une discussion s’engagea à la Société de Chirurgie.

HarTMANN raconta alors succintement l’histoire d’une jeune fille qui lu avait été envoyée avec le diagnostic d’ostéosarcome de l’extrémité inférieure du fémur et qui présentait une image radiologique de ce type.

Or le père était syphilitique et sous l’action d’un traitement spécifique, les lésions rétrocédèrent.

Osservarion XVII (Trirrer, présentée par Moucuer).

Une jeune Kabyÿle de 13 ans présente depuis plusieurs années une augmentation de volume de toute l’extrémité inférieure du bras gauche, surtout nette depuis 18 mois.

L'examen est indolore ; les mouvements du coude sont très légèrement diminués.

La radiographie révèle dans la région juxta-épiphysaire

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inférieure de l’humérus la présence de plusieurs géodes à bords nets sans lésion appréciable de l’épiphyse ni de la diaphyse humérales voisines, ni des os de l’avant-bras. Il n’y a en particulier pas de décalcification.

Un examen complet révèle alors des stigmates très nets d’hérédo-syphilis : la racine du nez est un peu effondrée, la dentitition irrégulière, les tibias sont fortement hyperostosés, arqués, en lame de sabre. Le B. W. et le Hecht sont fortement positifs.

On tente un traitement par le novar et l’iodure : en 2 mois l’empâtement diminue, mais la malade est ensuite perdue de vue.

OgservaTioN XVIII (Lapoinre).

Une jeune femme de 25 ans présente une tuméfaction de l’extrémité supérieure du tibia droit,

Radiologiquement, l'aspect est celui d’un sarcome central, probablement à myéloplaxes ou d’une ostéite fibrokystique. Le péroné est arqué et présente une hyperostose syphilitique. D'ailleurs dans les antécédents, on retrouve un avortement à 18 ans et il existe une ophtalmoplégie externe de l’œil gauche.

Le B. W. fut négatif, mais la ponction lombaire révéla de la lymphocytose rachidienne.

OBservarTion XIX (Lerr & Linossier).

Une jeune femme de 149 ans, sans antécédents personnels ni héréditaires nets, présentait depuis 18 mois une tuméfaction progressive du volume d’une grosse amande, au dessus de la partie externe de l’orbite gauche.

Depuis 8 mois, à la suite d’avulsions dentaires, apparut une céphalée à prédominance droite, survenant d’abord le soir après le travail, puis la nuit, gênant le sommeil. En même temps : voile devant les yeux et quelques bourdonnements d'oreille.

J.-L. Dubois. 7

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