LES RÉFLEXES CUTANÉS NORMAUX
L’excitation électrique des réflexes cutanés a été employée sous la forme de courant faradique (Radovici et Fischgold) (300).
Les réflexes étudiés par nous avec les courants itératifs ont été : le réflexe plantaire, le réflexe crémastérien, les réflexes cutanés abdominaux et le réflexe palmo-mentonnier.
L’excitation est portée sur la peau, le plus souvent dans la zone cliniquement réflexogène : plante du pied, face interne de la cuisse, paume de la main (éminence thénar) en utilisant la méthode bipolaire. L’excitation peut être également portée sur le nerf par voie percutanée : nerf médian, nerf tibial posté-
rieur ; la méthode unipolaire semble alors préférable.
Il faut se préserver de certaines causes d’erreur :
1) Les unes sont dues à la difficulté d'apprécier la réponse. Cette difficulté varie avec les différents réflexes.
Les réflexes crémastérien et palmo-mentonnier se prêtent particulièrement bien à l'excitation électrique, car la réponse réflexe se fait loin de la région stimulée. Pour le réflexe crémastérien, il est facile de dissocier l’ascension du testicule sous le scrotum, des mouvements spontanés du dartos.
Les réflexes abdominaux, par contre, peuvent prêter à erreur, et la contraction directe du muscle
est malaisée à différencier de la contraction réflexe.
ES
L'’excitation bipolaire en évitant la diffusion du cou-
rant dans les plans profonds, tourne cette difficulté. 2) D’autres causes d’erreur sont dues aux variations
physiologiques du réflexe au cours des mesures.
a) L’attention que porte le sujet à l’exploration dont il est l’objet, l’impatience que provoquent les expériences trop longues, sont susceptibles de faire varier largement l’excitabilité réflexe. Des précautions particulières doivent donc être prises. Le sujet doit être dans le relâchement musculaire absolu et dans le calme le plus complet possible.
La durée totale de l’examen doit être limitée. On peut d’ailleurs vérifier la constance de l’excitabilité en reprenant en fin d'expérience une mesure faite au début.
b) D'autre part, une excitation réflexogène entraîne pendant un temps plus ou moins long des modifications de l’excitabilité réflexe ; aussi, chaque excitation devra-t-elle être séparée de la précédente par une durée fixe supérieure à deux minutes.
Ces nécessités, d'ordre physiologique, limitent le nombre des mesures et ne permettent pas de préciser les résultats à l'extrême : par exemple, nous prenons les voltages liminaires à 5 ou même 10 volts près. Cette approximation est largement suffisante comme
nous le verrons.
pi Les lois d’excitabilité
Nous étudions successivement :
— la chronaxie nerveuse sensitive,
— les lois de sommation.
1° Chronatie sensitive. La courbe, obtenue en por-
tant sur un graphique les valeurs du voltage liminaire en fonction de la capacité stimulante, revêt
l’aspect de celle de Horwegg.
Voici les résultats d’une mesure à titre d'exemple :
M. M..., Réflexe crémastérien 20 janvier 1936. Capacité stimulante 2 4 OS D RU O2 ENTILTEE Voltage liminaire .. 130 130 135 200 260 volts.
On est autorisé à calculer une chronatie sensitive ; elle est ici de 0,1 6; en règle elle est de l’ordre de la chronaxie dite de choc. Dans l’ensemble, la chronaxie sensitive diffère peu de la chronaxie du nerf moteur efférent ; le rapport de l’un à l’autre varie de 1 /2 à 2. G. Bourguignon a édicté ce fait sous forme de loi : la loi de l’isochronisme sensitivo-moteur.
20 Sommation. La sommation joue d’une manière importante. La courbe des fréquences est moyennement relevée. La réponse à l’excitation unique existe cependant toujours.
La courbe des nombres permet de mesurer un temps de sommation qui est de l’ordre de une à deux secondes (le même pour les différents réflexes). Dans l’ensemble, le temps de sommation des réflexes cuta-
nés tend à augmenter avec l’âge.
TR Es
Voici, à titre d'exemple, le résultat d’une expé-
rience :
MAP 1PRans Juin 000)
INTer Valle ER Tente 1/10 17/6 1/2 il seconde. Voltage liminaire ....... LOS ALLONS AGO OTTS: Nombre, pour une fréquence de 10 par seconde il 2 6 10 Voltage liminaire ....... 150.122 AIO TO VOIS. Goor / oo
1 EEE URSS —
[2 Ye' % la / Fig. 7. — Courbe des intervalles du réflexe crémastérien de l’homme normal.
Le temps de sommation est ici de 1/2 seconde
environ, et correspond à une chronaxie centrale de
60 Co ;
La sommation réalise pour les grandes fréquences une économie de voltage de 1 /3 environ ; c’est l’ordre de grandeur que nous avons constamment retrouvé.
T. Moldaver (286) a appliqué la méthode de Bremer à l’étude du réflexe palmo-mentonnier. Les contrac-
tions de la houppe du menton étaient enregistrées
RON Le
au moyen d’un oncographe relié à une ampoule de Marey. La courbe d'amplitude de la réponse en fonc-
tion de l'intervalle est caractérisée par un sommet arrondi, entre 3 et 12 o, et par une portion descendante très étalée, d’allure exponentielle, atteignant
la droite des intervalles vers 100 6.
La fatigue des centres réflexes médullaires
Au cours de nos recherches s’est dégagée l’importance de la notion de fatigabilité de l’arc réflexe.
H. Fischgold et J. Bernard ont mis au point une étude de la fatigabilité des centres médullaires (177).
« Cette fatigabilité ne se manifeste pratiquement pas si la période de repos entre deux excitations dépasse une minute; dans ces conditions, le voltage liminaire reste à peu près constant.
« Au contraire, la fatigabilité devient évidente si la période de repos est inférieure à 30 secondes. Il faut alors, après chaque stimulus, augmenter le voltage excitant pour obtenir le seuil du réflexe. Mais, au fur et à mesure que le voltage augmente, les variations dues à la fatigue diminuent et il arrive un moment où la production du réflexe exige toujours le même voltage. Voici le protocole d’une telle expérience (courbe N°1).
« Sujet normal, 22 ans. On excite le réflexe avec un courant itératif. Fréquence : 10. Nombre : 10. Intervalle entre les excitations 15 à 20 secondes.
Temps (en minutes) .... 3 5 7 9 11 13 15 17 19 21 MOITABEME E --esce rise 165 180 200 210 220 230 245 245 245 245
« Voici une autre expérience au cours de laquelle nous avons recherché à plusieurs reprises la chronaxie
centripète. Sujet normal, 16 ans. Excitation par stimulus isolé. Intervalle entre les excitations, 15 secondes.
Temps (en minutes) .... 2 3 4 7 13 17 VOlHATE AE se emradee ee LOGO TONI TO 70 170 CRTONARIE 4 rer. 0,28 0,44 0,36 0,40
« La chronaxie centripète subit des changements minimes qui ne dépassent pas la marge des variations observables chez l’homme.
« En regardant la courbe de fatigue, on constate qu'elle se confond avec l’asymptote ; ce caractère de la
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