C. L'action des antagonistes
1° Parmi les sympatholytiques, le 933 F. agit à l'inverse de l’adrénaline (117) sur les fibres sympathiques et avec élection sur les fibres préganglionnaires (130).
L'yohimbine et l’ergotamine ont une action complexe.
Sur le nerf splanchnique vaso-constricteur (40) (chronaxie 16, temps de sommation 6 secondes) elles ont, à faible dose, une action sympathomimétique (diminution de la chronaxie : 0,3 6); à doses plus fortes, elles deviennent sympatholytiques (le temps de sommation augmente, la chronaxie passe à 2,5 s et le nerf devient inexcitable).
Sur la vaso-motricité linguale t (sympathique cervical vaso-constricteur, lingual vaso-dilatateur) (132) elles augmentent la chronaxie et le temps de sommation des vaso-constricteurs et diminuent la chronaxie et le temps de sommation des vaso-dilatateurs.
1. Nous avons vu que l’adrénaline avait la même action sur l’exci-
tabilité des deux systèmes : diminution de la chronaxie et du temps de sommation.
20 Parmi les parasympatholytiques, l’atropine détermine une augmentation considérable du temps de sommation du système corde du tympan-glande sous-maxi laire (111). Elle augmente aussi le temps de sommation du pneumogastrique nerf d’arrêt du cœur (100), mais, d’une manière assez paradoxale, elle étale la courbe des intervalles tandis qu’elle diminue (de 6 à 3 secondes) le temps de sommation du sympathique accélérateur cardiaque.
Le curare augmente légèrement la chronaxie des vaso-dilatateurs et diminue le temps de sommation (175).
Tels sont les principaux faits relatifs à l’étude électro-physiologique de la pharmacologie du système autonome. Ils nous font pénétrer dans la connaissance du mécanisme de l’action médicamenteuse. Nous n’en voulons donner comme exemple que l’étude qu'ils permettent de l’C inversion d'action » de l’adrénaline. Ce phénomène fut découvert par Dale en 1906 ; les agents sympatholytiques (ergotamine (139), yohimbine (302), diéthylaminobenzodioxane (182), inversent l’effet sympathique de l’adrénaline et transforment, par exemple, son eflet hypertenseur en un effet hypotenseur 1.
1. Pour expliquer ce phénomène, on a fait intervenir successivement :
— une dualité de sensibilité des fibres sympathiques constrictives et dilatatrices (139),
- une action en rapport avec le tonus antérieur des vaisseaux (91),
-— une action vaso-dilatatrice centrale (médullaire ou ganglionnaire)
(203). Puis Dale et Richards (143) ont montré, indubitablement, qu’il
À la lumière de l’excitabilité itérative, A. B.:et P. Chauchard (132) ont pu, récemment, proposer une explication de l’inversion d’action dans le domaine des appareils vaso-moteurs. Ils expérimentent sur l’appareil vaso-moteur de la langue, celui-ci est composé par deux ordres d’éléments :
— les fibres vaso-constrictives qui viennent du sympathique cervical et sont adrénergiques ;
— les fibres vaso-dilatatrices qui viennent du nerf lingual et sont mixtes.
L'adrénaline diminue dans les mêmes proportions le temps de sommation et la chronaxie des vasodilatateurs et des vaso-constricteurs ; l’yohimbine, à la dose de 1 mgr., augmente le temps de sommation et la chronaxie des vaso-constricteurs, diminue le temps de sommation et la cthronaxie des vaso-dilatateurs ; l’ergotamine, sympatho-mimétique à faibles doses, agit à plus fortes doses dans le même sens que l’yohimbine. Les sympatholytiques diminuent l’excitabilité des vaso-constricteurs tandis qu’ils augmentent l’excitabrité des vaso-dilatateurs ; l’adrénaline trouve s’agissait d’un phénomène purement périphérique, et à la lumière de la transmission humorale des excitations nerveuses on a pu bâtir différentes hypothèses : Cannon et Rosenbluet (92) pensent simplement qu’il y aurait suppression de l'effet de la Sympathine E ; Bacq (28) invoque une saturation de l’organe terminal par l’agent inversant qui empêcherait ainsi l’effet de l’adrénaline ; G. Ungar rapproche ce phénomène de ceux de libération (343).
Mais déjà Raymond-Hamet(303) avait montré que l'effet dilatateur
des petites doses d’adrénaline n’était pas inversé tandis que l'était l’effet constricteur des doses moyennes.
alors un terrain profondément modifié, elle ne pourra plus exciter la vaso-constriction sur laquelle son action était si nette, tandis qu’elle excitera plus facilement la vaso-dilatation. On comprend alors facilement le mécanisme de |’ « inversion d’action » par les agents sympatholytiques : en agissant en sens inverse sur les constantes de temps (temps de sommation) des appareils périphériques vaso-constricteurs et vaso-dilatateurs, les sympatholytiques entravent l’action de l’adrénaline sur les vaso-constricteurs et facilitent son action sur les vaso-dilatateurs, réalisant un état inverse de l’état normal.
En résumé, dans le domaine du système autonome, l’adrénaline et l’acétylcholine (lorsqu'on peut saisir son action) agissent dans le sens d’une facilitation par diminution du temps de sommation, c’est-à-dire par diminution de la chronaxie de l’organe d’aboutissement.
Les mimétiques agissent dans le même sens, les
antagonistes en sens inverse.