L’INFLUX NERVEUX
On sait que chaque cellule vivante est polarisée : sa surface est chargée positivement et son centre négativement. L'entrée en activité de cette cellule
s'accompagne d’une dépolarisation temporaire.
Sur le nerf, cette dépolarisation, née en une section au point excité, se propage de proche en proche, tout au long de la cellule nerveuse. C’est ce qui constitue l’influx nerveux.
On a pu l'enregistrer, et étudier sa forme, son amplitude et sa vitesse de propagation (Helmotz).
1° La forme de l'influx nerveux. C’est une onde monophasique. Elle rappelle par sa forme les oscillations totalement amorties (Monnier) et ceci a permis de la comparer aux phénomènes de pararésonance. Elle présente une forme de double exponentielle dont la partie ascendante plus brève correspond au tiers de la durée totale, et la partie descendante plus longue, aux deux tiers restants.
20 La vitesse et la durée de l’influx nerveux. — La vitesse et la durée de l’onde fixent l’espace qu’à un instant donné, la perturbation occupe sur la fibre. Chez la grenouille, (nerf sciatique), l’influx dure 2 0, sa vitesse est de 30 mètres par seconde.
On a pu montrer que la durée était en rapport avec la chronaxie (la durée est de l’ordre de 6 +), que la vitesse et la chronaxie sont en rapport avec le diamètre de la fibre 1, que ces grandeurs sont en rapport avec la période réfractaire (211).
Ainsi, à propos de la corde du tympan, nerf com-
plexe, L. Lapicque (239) trouve deux ordres de fibres : les unes de 3 à 4u, les autres de 6 y, correspondant aux chronaxies de 1 6 et de 0,6 © des fibres vasodilatatrices et sécrétrices.
3° L’amplitude. — Pour les fibres à myéline, l’amplitude de l’influx est constante le long du nerf, elle est caractéristique de la fibre, et est indépendante de l'intensité de l’excitation ; à une excitation donnée, la fibre répond ou ne répond pas, mais ne gradue pas sa réponse. C’est la loi du « fout ou rien »1.
Pour les fibres sans myéline, l’amplitude de l’onde
va décroissant tout au long du nerf.