De Greef, op. cit., p
ment a l'interieur d'une mime banque, mais entre toutes les creances et toutes les dettes de toutes les banques federalisees, ou se communiquant leurs titres reciproques.
Aucun de ces developpements n'aurk et6 inutile, croyons-nous, a nous faire bien saisir le fondement commun de toutes les organisations socialistes de l'echange. Soit qu'ils veuillent agir sur l'echange au comptant, soit qu'ils veuillent agir sur l'echange a credit, les socialistes aboutissent a la creation d'une monnaie artificielle, d'un pur signe, sans support et sans gage metallique.
Cette idee de monnaie-signe n'est pas une idee exclusivement socialiste. II est interessant d'en relever une des premieres traces dans Toeuvre de saint Thomas d'Aquin. D'apres le grand theologien, il faut distinguer dans la monnaie la valeur formelle ou legale de la valeur maUrielle ou commerciale. Si la monnaie, d'apres lui, mesure toutes les valeurs commerciales, ce n'est point qu'elle les mette en relation avec sa propre valeur intrinsfcque, avec son utilite de metal precieux, c'est qu'elle etablit, par suite d'une convention expresse ou tacite entre les hommes, un rapport de proportion entre les choses echangeables elles-mimes. Elle est une mesure qui, comme telle, n'est point mesurie par I'objet ; Tor et l'argent rendent les cho-
44 LES SYSTfiMES SOCIALISTES D'tiCHANGE
ses mesurees entre elles ; ils ne sont pas mesures par elles.
Tel est, selon nous, le sens que comportent deux passages ex traits de Toeuvre de saint Thomas d'Aquin 1 que nous citons en note.
Mais la th6orie de la monnaie-signe n'a pas laisse de trace lointaine que dans^l'histoire des doctrines. Elle en a laisse une dans Thistoire m6me de la vie nationale. C'est elle en effet qui a inspire au xvni e siecle la double experience de la banque de Law et des assignats.
Pour Law, comme tout a l'heure pour saint Thomas d'Aquin, il faut considerer dans la monnaie les deux elements qui la constituent : le Hiatal et Fempreinte. Sans empreinte, le lingot ne servirait pas d'intermediaire. C'est l'empreinte qui le rend circulable et qui lui permet de representer une valeur determinee. Si Ton pouvait abstraire l'element empreinte de l'element marchandise, on pourrait augmenter indefiniment la quantite de numeraire, puisque la creation du premier depend de la volonte humaine. Law con-
i. Commentaires sur VEthique,Y ., 1,9 in fine : « Oportet esse unum aliquid quo hujus modi omnia mensurantur, quod quidem non mensurat ex sui natura sed quia ita position est inter homines. »
Commentaires sur les sentences (D. XXXVII p. 1, a, b, c,J : Omnes aliae res ex se ipsis habent aliquam utilitatem, pecunia autem non t sed est mensura utilitatis alia rum rerum, [ut patet per philosophum (Aristote)] — Et ideo pecuniae usiis non habet mensuram utilitatis ex ipsa pecunia, sed ex rebus qua? per pecuniam mensurantur secundum differentiam ejus qui pecuniam ad res transmutat.
Cit6spar revue n6o-scolastique : Annee 1906, fe\rier..
clut a l'extension a volont6 du numeraire ainsi eompris, par le moyen d'une banque, etce sont ces idees qu'il a essaye de mettre en oeuvre, en donnant pour gage a du papier, a de pures empreintes le profit al6atoire d'expeditions coloniales *.
Le systeme des assignats en 1789 procedait de la m6me th^orie. Le pouvoir social etait consider^ comme pouvant attribuer une valeur mon^taire determin6e et invariable, a des bons de papier auxquels il etait donne pour gage des immeubles. Les faits dementirent avec une suffisante durete cette opinion : 100 livres assignats, m6me a l'origine, ne s'echangeaient que contre 95 livres en monnaie m6tallique (decembre 1789). En 1790, ils s'6changeaient contre 92; en 1791, contre 77 ; en 1794, contre 20 livres ; en 1796, contre o l ,36*.
1. La Banque general e de Law (1716) transformee en Banque royal e (1718) emit pour 2696 millions de billets.
a. Les socialistes (V. de G reef, Vi via ni) ont parfbis fait du comte Mollien un autre thloricien de la monnaie signe. Cclui-ci aurait, dans la note c£lebre qu'il expedia du Havre a la Banque de France, le 29 mai 1810, formula nettement la theorie d'apres laquelle le billet de banque peut cesser d'etre le signe d'uue valeur metallique pour £tre celui d'une valeur quelconque.
Gette interpretation comporte bien des reserves : Voici comment s'exprime le comte Mollien : « Le capital fburni par les actionnaires d'une banque n'etant, a proprement parler, qu'une espece de cautionnement. . . de gage suppletif qu'ils donnent au public, on pourrait presque dire qu'une banque qui serait parvenue a se faire une reputation d'infaillibilite' n'aurait pas meme besoin de capital pour escompter les billets de change qui lui seraient apportes par le commerce avec des billets fabriques par elle. »
A personne, il n'apparaitra qu'il y ait dans ce passage des affirm a-
46 LES SYST&MES SOGIALISTES D'feCHANGE
Une theorie assez analogue par les consequences pratiques qu'on en petit tirer vient d'etre exposee, avec une originality reelle, par le professeur de Strasbourg, Knapp 1 . Son ouvrage : Stoatliche Theorie des Geldes soulfeve en Allemagne des discussions extrGmement vives 2 et m6riterait, ailleurs qu'ici, une analyse tres approfondie. L'auteur y oppose a la conception m6talliste la conception « nominaliste » ou « itatiste » de la monnaie. Ce n'est plus Tempreinte seule qui constitue la monnaie, ce sont les institutions juridiques d'un Etat qui la creent, qui lui constituent sa valeur, qui lui permettent de remplir sa fonction (die Seele des Geldwesens liegt nicht im Stoffe der Platten, Sondern in der Rechtsordnung welche den Gebrauch regelt, § i, p. 2). Primitivernent, il a fallu se servir d'une mati&re que Ton pesait, puis
tions nettes. Od n'y verra pas autre chose qu'une simple hypo these de raisonnement.
D'ailleurs, la lettre se termine par cette phrase categqrique : « II faut qu'une Banque se maintienne en etat de se liquider a tout moment... Pour ne jamais finir, une Banque doit toujours etre prete de finir. » (Lettre reproduite par de Greef, op. cit., p. i33.)
1 . Staatliche Theorie des Geldes, von Georg Friedrich Knapp, Duncker et Humblot. Leipzig, 1905.
a. Voir sur la theorie de Knapp, notamment :
i° Kritische Blatter fur diegesamten S taatswiss ens c haft, 1906, n°3, article de Voigt.
2° Zeitschrift fur die gesamte Staatswissenschaft, 1906, n° a, article de Voigt.
3° Jahrbuch fiir Gesetzgebung, Volkswirtschaft, 1906, n° a, n° 3, n° 4 (article de Knapp lui-meme et article de Bortkiewicz).
4° Jahrbucher fiir Nationaloekonomie und Statistik, octobre 1906.
l'Etat a cree des pieces dont il certifiait le poids (periode du « morphisme »); mais par la se trouvait preparee la periode actuelle ou l'Etat, par proclamation, constitue a la monnaie une valeur nominale differente de. la valeur reelle (p. 25: die Geltung durch Proklamation ist aber gar nicht an den Stoff gebunden). II en est ainsi dans la constitution moderne de la monnaie (,= chartale Zahlungsmittel). — L'unite de valeur d'autre part, que nous d£finissons comme un certain poids d'une certaine quantity de m£tal, n'est necessaire a envisager d'une facon concrete que pour la formation des premiers jugements sur la valeur. Ge qui sert d'interm6diaire et d'etalon dans un Etat est Fobjet d'une creation artificielle purement juridique 1 .
Qu'on n'objecte pas que la monnaie admise dans les rapports internationaux a un caractere tout different. Si, en effet, ce qui circule a Pint6rieur ne peut pas circuler internationalement, c'est la preuve indiscutable de ce fait que les institutions juridiques propres a un pays cr6ent la monnaie, et qu'une monnaie « nominate » pourrait circuler
i . Cette creation, redisons-le, n'est pas seuleraent le fait de l'empreinte attributive de valeur, mais de la loi qui fixe l'emploi et P usage d'une certaine monnaie, qui determine la facon dont se paieront les dettes, la nature des monnaies admises dans les caisses de 1'Etat, etc... II peut ainsi constituer une monnaie avec du papier. La monnaie de papier n'est pas, selon Knapp, une assignation sur les caisses de l'Etat qui ne ferait qu'ajourner la liquidation ; elle est une monnaie dont la remise libere (Y. p. 44)*
48 LES SYSTEMES SOGIALISTES D'feCHANGE
internationalement si, sur ce point, l'accord des institutions juridiques se faisait.
Si elle n'est pas exclusivement socialiste, Tid6e de la monnaie-signe n'en est pas moins le lien le plus general qui unisse entre eux les systemes historiques auxquels nous demanderons de nous livrer le sens des traditions socialistes relatives a l'echange au comptant ou a credit.
Certains socialistes vont d'ailleurs' beaucoup plus loin et ne se bornent pas a adopter une monnaie par elle-m6me denuee de toute valeur, d'en faire la representation des produits eux-m6mes, ils veulent agir sur la determination m6me de la valeur 6conomique.
II y a la un point qu'en terminant, il faut bien mettre en lumtere. Ce n'est point pour substituer a un 6talon imparfait des valeurs, un etalon-marchandise plus parfait 1 que certains socialistes proposent de donner cbmme fondement a la valeur des objets, la quantite de travail 2 contenue dans
1. Les socialistes donnent bien cette raison de I'imperfection de l'e'talon, mais aucun d'eux n'insiste sur les qualit£s techniques de celui qu'ils proposent.
2. Nous trouvons chez les £conomistes classiqaes — sans les conclusions pratiques qu'en ont tiroes les socialistes — comme des aper- $us theoriqucs pouvant servir d'eclaircissement a cette notion de valeur d£termin6e par le travail.
i° Adam Smith. — Nous trouvons chez Adam Smith les trois expressions : prix r£el, prix nominal, prix naturel. Il donne done au mot prix un sens large et non seulement le sens de valeur appreciee en argent, Le sens Itroit dans lequel on entend commun6ment le mot prix est donneVpar Pexpression prix nominal chez Adam Smith.
chaque objet : le travail est une marchandise ; comme. tel, il est lui aussi un etalon imparfait des
Mais qu'entend-il a) par prix r6el.
6) par prix naturel.
a). — Du prix r£el, Adam Smith nous dit qu'il est constitue par la quantity de travail qu'a coute l'effort de production ; le prix r6el qu'un objet coute a l'homme, c'est la peine individuelle et particular e qu'il a fallu se donner pour l'avoir. Et sans doute il y a la les elements d'un Etalon « humain » des valeurs, suivant ^expression de M. Deschamps, c'est-a-dire que la peine plus ou moins grande, causae par la production d'objets differents ou d'un m£me objet a des epoques diff&rentes, peut servir a celui qui Pa £prouv£e a mesurer la valeur qu'ont pour lui les objets differents ou le mime objet dans le temps. Mais cet etalon individuel n'a pas it6 envisage par Adam Smith comme pouvant constituer un etalon social pratique.
6). — Par ailleurs, Ad. Smith a parl6 du prix naturel. « Il est naturel, a-t-il ecrit, qu'un castor qui a coute deux fois plus de temps a tuer qu'un renard, vaille deux fois plus ». Mais la porteedece texte rlsulte du contexte. Adam Smith se place dans l'hypothese d'un 6tat des societes ou le travail fonctionne comme seul element actif sur des capita ux qui ne sont pas appropries.
(V. sur tous ces points la demonstration de M. Deschamps : cours de doctorat : 1905-1906).
2° Ricardo. — Avec Ricardo, la th^orie est plus nette, mais n'est pas sans reserve encore. Tout d'abord, Ricardo declare que Futility est la condition essentielle de la valeur. Entre choses utiles, la yaleur se determine par la quantite de travail qu'a coute" chacune d'elles ; mais Ricardo se place dans un etat des societes ou aucun obstacle ne vient entraver Faction du travail et la multiplication du produit, ce qui semble le rejeter comme Smith dans « l'hypothese preadamique » (expression de Marx). Cependant il considere cette situation comme etant la regie normale.
Remarquons, d'autre part, qu'il donne une solution purement verbale de la difficulty qui se pr^sente des lors : le travail, en effet, n'existe pas a l'etat abstrait ; il differe de qualite avec les individus, d'intensite avec les moments. Comment lui donner les qualit£s d'homogeneite qualitative et quantitative qui lui sont indispensables. Ricardo se borne a declarer que « les differences tenant a une plus
Aucuy. 4
50 LES SYSTtiMES SOGIALISTES D'feCHANGE
valeurs. Le dissentiment est entre deux ecoles: Tune d'apres laquelle la valeur a besoin pour s'exprimer de se comparer, d'aprfes laquelle la notion m^me de valeur implique rapport; l'autre d'apr&s laquelle elle est, comme le poids, la longueur, une qualite inherente aux choses. L'une ne congoit pas que Ton parle de la valeur d'un objet, ou du moins elle ne voit la qu'une fagon elliptique de s'exprimer : la valeur d'un objet n'existe que par rapport a celle d'un autre.
Pour 6tablir Techelle des valeurs il faut une unite de comparaison qui soit une mesure mesuree, done variable.
L'autre n'envisage l'unit6 de mesure que comme une grandeur que chaque objet realise et multiplie.
Cette question de mesure n'est d'ailleurs que la consequence de vues essentiellement differentes sur l'essence m6me de la valeur.
Ceux qui envisagent la valeur comme n'existant que par relation considerent que la valeur est constitute par une foule d'6lements complexes dont le plus indispensable est 1'utilite, e'est-a-dire
grande application ou a un plus long apprentissage sont r£solubles en travail simple. » — II y a done une valeur du travail lui-meme, et on ne voit pas suivant quel principe en sera mesur£ le degre\
On verra, avec Karl Marx, que la th£orie socialiste est toute differente. Jusqu'a Karl Marx, les socialistes se sont appuy^s surles classiques pour conside>er comme d6montr£e la th£orie qui donne a la valeur pour cause et pour mesure le travail. De cette conception the'orique, ils se bornaient a tirer les consequences pratiques et la matiere d'un droit nouveau. [Voir les pr6d6cesseurs que Marx s'est donnas. Critique de VEconomie politique, trad. Remy, p. 46 et suiv.].
un rapport avec les besoins de l'homme, dont un autre est la raret6. II en resulte l'ind^terminabilite des valeurs anterieurement, al'accorddesvolontes sur une relation quantitative de deux objets.
Les socialistes font dependre la valeur d'un 616ment unique, le travail : element quantitatif, susceptible d'une mesure quantitative. lis peuvent des lors parler de la valeur d'un objet, considerant qu'elle est constitute par le travail mesurable qu'il a fallu pour l'accomplir ; et la monnaie, expression de cette quantite de travail, n'est pas un element de comparaison n^cessaire ; elle n'est pas un des termes du rapport par lequel se d6termine la valeur; elle est la notation de la valeur, un bon de valeur, un signe de valeur; elle peut en 6tre par elle-m6me depourvue.
G'est par ces theories qui visent a une transformation totale du regime mfime de la valeur que nous commencerons cette 6tude avec Owen et avec le collectivisme. Le systfeme d'Owen et celui des collectivistes different entre eux, en ce que le premier ne subordonne pas le fonctionnement du nouveau principe d'echange a la transformation prealable du mode de production, tandis que le second cree d'abord un milieu 6conomique d'oii toute concurrence se trouve bannie et ou la production est socialist.
Or, noire but est de montrer que cette organisation de la production est la condition indispensable de toute transformation de I'echange basie sur Vilimination
52 LES SYSTEMES S0CIAL1STES D'feCHANGE
de la monnaie metallique. II ne peut y avoir de socialisme de Techange en dehors d'un socialisms de la production.
L'echec du systeme pratique d'Owen nous fournira a cet 6gard un premier 6l£ment de demonstration. Mais notre demonstration sortira plua complete de Tanalyse des trois systemes dont nous nous occuperons ensuite :
i° Le systeme de Proudhon, dont l'auteur ne voulut faire qu'un syst&me de monnaie-signe, et qui dut 6tre transform^, complete jusqu'a la constitution artificielle de la valeur, nous montrera qu'il n'est pas possible de supprimer une seule des deux fonctions de la monnaie sans rompre l'equilibre de la production et de la consommation et sans 6tre conduit, pour le retablir, a une organisation collectiviste de la production.
2° Les systemes de Vidal et de Haeck fourniront le m6me t6moignage, non par Texpression qu'ils regurent de la part de leurs auteurs, mais au contraire parce que ceux-ci hesit^rent a formuler en systemes pratiques les consequences logiques de leurs theories monetaires. De leurs systemes pratiques, qui ne sont que des systemes d'organisation du credit, mais qui par la restent des systemes d'action indirecte sur les conditions de Techange, nous retiendrons les erreurs essentielles qui, en matihre d'ichange a credit, ont encore cours parmi les socialises.
3° Enfin le comptabilisme social, tel qu'il a ete
formule en ces dernieres ann6es par M. Solvay, nous fournira la derniere preuve a laquelle nous, voulions recourir de l'impossibilite de modifier le regime de l'6change sans modifier d'abord le regime de la production.
On donne souvent le comptabilisme social comme n'6tant qu'un systeme d'application generate des creances a la liquidation des dettes; mais on s'arr6te alors a n'envisager qu'un mecanisme exterieur <jui n'a rien d'original puisque Proudhon, Vidal, Haeck 1'ont examine. Ce qui est essentiel dans le comptabilisme social, c'est le contenu du compte, •c'est la monitisation g^nirale de Vavoir, appele a circuler sans l'intermediaire de la monnaie. De cette suppression de la monnaie metallique comme intermediate des ^changes, resulte, de Taveu de l'auteur, sa disparition comme 6talon des valeurs. Le •comptabilisme fournit une demonstration identique, dans tous ses termes, a celle que l'on peut tirer du systeme de Proudhon, avec lequel a nos yeux, il se confond absolument.
Si notre demonstration, poursuivie avec m6thode par l'analyse de ces systemes, est exacte, nous aurons ramen6 toute transformation socialiste de I'echange a ne pouvoir fonctionner qu'en regime collectiviste. De la condamnation du regime collectiviste dipendra done la condamnation de tous les autres regimes.
Ainsisetrouve determine le plan de cette etude. Elle comprendra quatre chapitres :
54 LES SYSTfiMES S0GIAL1STES D'tiCHANGE
Le i er relatif au systeme d'Owen et au Collectivisme ;
Le 2 e relatif au systeme de Proudhon ;
Le 3 e relatif aux systemes de Vidal et de Haeck ;
Le 4 6 relatif au comptabilisme social.
L'indication de ce plan definit notre methode.
Nous pouvions chercher, dans les ouvrages de chacun des socialistes, ce qu'il avait ecrit de relatif a l'echange, dresser en quelque sorle le catalogue scrupuleux, mais confus, des opinions et des idees.
Nous pouvions choisir, dans Phistoire les systemes, les plus significatifs, ceux qui peuvent 6tre consideres comme des types representatifs, les ramener ainsi a un petit nombre et dessiner de plus vives ar6tes.
C'est cette dernifere methode que nous avons choisie. En le faisant, nous n'avons fait d'ailleurs que limiter les occasions de r6peter les mSmes observations. II n'y a en effet, en dehors du regime de l'echange base sur la monnaie, que deux systemes possibles : i° l'echange direct qui n'eliminerait la monnaie, que comme intermediate et lui conserverait son role d'6talon (Owen en fait, Proudhon, Vidal et Haeck en theorie); 2° l'echange direct, qui eliminerait totalement la monnaie (Solvay) et determinerait arbitrairement la valeur (Owen en th6orie, le collectivisme). Notre but est de montrer que le premier systeme implique le second.